Chroniques du Capitaine 2017-01: Et c’est un départ!

Aujourd’hui je vais rejoindre Nomade II pour 4 mois. Ça commence par l’avion, le métro, le traversier et le taxi avant d’arriver sur Nomade, et là de me faire un petit coin pour dormir, avant que ne commence la mise en forme de ma passion. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Nomade est un voilier suédois (Maxi95) de 32 pieds avec lequel j’ai navigué du Lac Champlain à la Méditerranée commençant en 2005, déjà plus de 17,000 milles nautiques sous sa coque. Mon amoureuse et moi publions des chroniques de voyage ainsi que photos régulièrement sur notre site maler999.wordpress.com.

Donc une fois arrivé à bord, commence la danse de la préparation, du nettoyage, de la mise à niveau des instruments, Tout doit sortir, tout doit être lavé, désinfecté, relavé, rangé, vérifié, mis à l’essai et réparé au besoin, intérieur comme extérieur sans oublier que je remplace mon anémomètre ainsi que mon profondimètre et mon lecteur de cartes. Bien hâte d’essayer tout ça et surtout de l’intégrer à mes autres équipements à bord. Si tout va bien, la peinture antisalissure devrait être appliquée sur la coque et la mise à l’eau dans environ 10 jours après mon arrivée.

Ensuite, une tournée vers le Sud en attendant l’arrivée de Mado et sa grande amie Guylaine pour 3 semaines. Donc comme je disais, l’étrave vers le sud, je pars à la découverte d’une autre partie de la Grèce, la Saronic, avec ces îles Égine (Aigina), Dhoroussa, Poros, Hydra, Spetsai, Dhokos ainsi que Spathi avant de me rendre à Athènes (Zea Marina) pour recevoir mes deux sirènes. Zea marina sera notre ancrage pour visiter une partie de la Grèce continentale, entre autres les Météores ainsi que quelques incontournables îles dont Santorin.

Ensuite, commence ma remontée vers le Nord en commençant par la côte et l’île d’Évia (Eubée) qui m’accompagneront pendant plus de 125 milles avant de faire escale à Skiathos et Skópelos pour mieux repartir vers la Thessaloniki. Ensuite la péninsule du mont Athos où les femmes ne sont pas encore admises. Visite de Thassos avant de repartir pour le Sud-Est soit la mer de Marmara, Turquie, où après quelques visites à terre je laisserai Nomade dormir pour l’hiver à Yalova au Sud d’Istanbul.

À bientôt

Serge

 

 

 

Femme de marin 2017-07: Spike is my hero!!

Ce matin, à mon lever, je jase sur Facebook avec ma pote Linda Vachon (https://www.tetedecaboche1965.com). On niaise. Heureuse propriétaire de quelques-unes de ses oeuvres, je lui dis à la blague qu’elle est mon héroïne, tout comme le dessin animé que je regardais quand j’étais petite.

Il y a 65 ans, en 1952, Warner Bros. créait un dessin animé, tiré de la série des Looney Tunes, qui mettait en vedette Sylvestre le chat, mais aussi, pour la première fois, Chester et Spike, personnages qui ont meublé les fins d’après-midi de mon enfance, lorsque je revenais de l’école.

Tree for two est un dessin animé de Friz Freleng qui raconte l’histoire de deux chiens, Spike et Chester. Au début de l’histoire, une panthère se sauve d’un zoo et se cache dans les environs où Spike,  un gros bouledogue épeurant, et Chester, son copain qui est un petit épagneul adorable, règnent en maîtres sur le quartier. Un jour que les deux chiens se promènent, Chester à bout d’idées pour satisfaire son héros Spike et un peu pour soutirer son admiration, lui propose de lui trouver un chat pour le tabasser. Ils rencontrent Sylvester qu’ils commencent à poursuivre. Ce dernier, apeuré, va se réfugier dans le même entrepôt où la panthère se cache, mais sans le savoir.

Spike confronte Sylvester mais se voit tabassé par la panthère, pensant qu’il s’agit de Sylvester. La peur le gagne au grand dam de Chester qui ne comprend pas l’attitude de son héros. Chester, ne voyant que Sylvester et non la panthère, confronte le chat et réussit à avoir le dessus sur lui. À la fin, Spike est convaincu que Chester est plus dur qu’il n’y paraît et les rôles s’inversent : Chester devient le « dur » et Spike, le suiveur.

Ce « cartoon » a meublé mon enfance et même encore aujourd’hui, je le trouve très pertinent parce qu’il exprime que derrière l’image qu’on projette, il existe des peurs qui nous façonnent, nous protègent, mais qui en même temps, parfois, nous fragilisent. Je déteste avoir une mauvaise idée des gens, mais parfois c’est plus réconfortant et plus sécurisant de s’en tenir à ces idées toute faites que faire le chemin pour les contrer.

Je donne l’image d’une fille forte. Je le suis, c’est vrai, en partie. Mais quelque part en moi, je suis percluse de peurs. La seule différence c’est qu’avançant en âge, je les assume. J’ose les dire. C’est ainsi que lorsque les gens apprennent que je vais traverser l’Atlantique, la majorité du temps, ils sont béats d’admiration. J’encaisse avec un rire niais en n’omettant pas de dire, la plupart du temps d’une façon humoristique, que je suis tétanisée mais que je préfère ne pas trop y penser pour l’instant. Ça reste quelque chose d’abstrait pour moi. C’est comme lorsqu’on me dit: « Le monde pense que… ». Le monde est pour moi quelque chose d’abstrait tant qu’on ne nomme pas c’est qui. « Le monde », ça veut rien dire. C’est personne tant que LA personne ne se présente pas à moi avec ses préjugés, ses préconceptions qu’elle consent à mettre sous examen. Tant qu’on ne se retrouve pas devant, on peut inventer mille scénarios pour régler la chose. Spike et Chester sont victimes de ça, et ils y croient.

« L’identité se nourrit de la fréquentation régulière de son visage dans le miroir. Nous ne connaissons de notre apparence que des reflets fugaces. Pourquoi un tel aveuglement? Notre perception de nous-mêmes ne peut qu’être fausse, déformée par nos émotions, nos souvenirs d’enfance et le regard des autres. Cet hiatus inévitable, entre notre être de chair et d’os et l’image que nous avons, nous fait parfois souffrir. Nous ne voyons souvent que nos défauts, nous nous imposons des tares ». (Laurence Lemoine, citée dans Luc Breton, Qui se cache derrière le miroir?’ Huffpost, 10/12/2015).

“Se mentir à soi-même, c’est d’abord un abri chaud, et ensuite, une prison froide.” (María Jesús Torres)

Mon superviseur de stage clinique de maîtrise en orientation, lorsqu’il nous racontait les histoires de certains de ses patients, disait toujours: « Dites-vous que vous auriez pu être tout ça… et que vous pourriez, un jour, être tout ça! ». Ça m’a marquée. Ça m’a donné un peu plus d’humilité devant la défaite, et ça m’a aidée à penser qu’entre projeter une image et se montrer tel qu’on est, il y a une marge sur laquelle on peut avoir du pouvoir. Jusqu’où puis-je me permettre d’aller avec aisance avant que quelqu’un me démasque? Quels sont les coûts et les bénéfices de me montrer sous toutes mes facettes? Qu’ai-je à perdre et à gagner? Je suis rendue à un âge où je peux me payer le luxe de n’avoir plus rien à perdre. Parce qu’en fait, j’ai passé plusieurs décennies à perdre suffisamment, si bien que seul l’essentiel reste, ou presque…

Soixante-et-un ans, ça commence à être un âge vénérable. Pour l’avoir vécu de près, je sais que bien des gens n’ont pas eu ce luxe de vivre aussi longtemps. Alors, je me déleste.

Chester et Spike me font encore rire. Un rire d’enfant qui résonne en moi parce que ce que j’aime le plus de ce dessin animé c’est la fin où les choses s’inversent. Il y a un changement de tempo que tous les auditeurs, ou presque, avaient vu venir. Mais dans la vraie vie, pourquoi n’est-on pas aussi prédictif pour soi-même? C’est sacrant, je sais!

Même si ça me fait tempêter la majorité du temps, j’aime les aléas de la vie. C’est comme une bougie d’allumage, quelque chose qui met le feu à la rampe de lancement en soi qui dort. Comme disait mon ancien professeur de statistiques à l’université : « Faut que le mollusque bouge un peu de temps en temps ».Ça prend forcément un déclencheur.

Il arrive encore parfois que derrière la façade, se cache un hôtel fatigué. Dans ce temps-là, alors oui, je sacre, je tempête, je chigne, je déprime, je rage, je suis rancunière (euh… correction : je n’oublie pas!), mais quand je suis seule dans mon salon et que tout est calme dans la maison, je dois admettre que c’est quand même bien fait la vie! Tout se place au moment où la vie le décide (pas soi!).

Ben oui, je vais exposer encore cette année à la fin novembre avec Artistes de cœur. Et encore cette année, je ne suis pas satisfaite de ma production parce que j’ai pas eu assez de temps pour réfléchir sur ma créativité et ma « recette ». Ben oui, je vais prendre l’avion juste après pour m’embarquer pour la traversée en me demandant pendant les semaines qui vont suivre ce que je fais là alors que je pourrais être bien au chaud, chez moi, à me soucier de rien!

Donc, pour revenir à l’idée du début, Linda est mon héroïne. Tout comme bien d’autres artistes dans ma vie, et des femmes qui ont jonché le parcours dans ma vie. Moi qui me projetais dans une soixantaine tranquille et pépère, c’est muffé!!! J’ai certes plus de certitudes, mais encore plus de questionnements. Pour tout dire, je ne suis pas plus sage qu’avant! Alors, j’ai rien trouvé d’autre que descendre dans mon atelier, de prendre mon pinceau et de focuser sur le moment présent pour créer.

Chester ou Spike… on s’en fout. Je suis les deux Dr. Jekyll et M. Hyde!

 

Femme de Marin: 2017-06 Bientôt les vacances de tout, yé!!!

Dixièmr saison qui débute bientôt. Hey oui, le chéri part dans 10 jours pour rejoindre Nomade II qui est stationné en Grèce présentement, plus précisément sur l’île d’Égine, au sud-ouest d’Athènes.

Cette année, j’aurai le bonheur de voyager avec ma sœur spirituelle, Guylaine.

Nous irons rejoindre le Capitaine un mois plus tard à Athènes pour un heureux périple qui nous mènera tant dans la partie continentale (entre autres les Météores) que sur certaines îles telles Sefiros, Sifnos, Paros, Hydra, et  la réputée Santorini, sans oublier Nauplie et Épidaure (https://www.google.com/maps/d/edit?mid=1_yMX28J155Hmx6VrskoeIP4FOk4&ll=38.06266696974552%2C23.532155200000034&z=8).

Nul doute que ce voyage promet d’être fertile en émotions et en rencontres agréables et surprenantes. Mes indispensables m’accompagneront : chapeau Tilley, mon fidèle Olympus, ma tablette de dessins, crème solaire et maillot Lili-les-Bains. Balades et marches sous un soleil de plomb à la rencontre de fabuleuses découvertes, de gens stimulants, de flâneries au bord de la mer avec petits cocktails comme accompagnements, bouffe du tonnerre et rires aux larmes. Je nous y vois déjà. A nous écouter placoter et raconter des histoires avec nos expressions légendaires, le Capitaine n’est pas prêt de nous oublier!

Débordées de part et d’autre par le travail et nos nombreuses occupations quotidiennes, nous réalisons à peine présentement (sinon pas du tout) que le temps arrive. J’ai commencé à jeter un look sur les billets d’avion, à penser à me discipliner pour faire une valise compacte (histoire d’imiter Guylaine), mais pour l’instant je dois finaliser les nombreux documents qui accompagnent l’homologation du mandat d’inaptitude de ma mère et à la mettre à l’abri durant mon séjour au loin. Mes deux seuls moments d’arrêt dans la semaine sont d’assister à mes ateliers de créativité avec Sylvie Santerre de la Galerie l’Artiste (http://www.galerielartiste.com) – je vous les recommande chaudement – quelle belle gang nous sommes) et de descendre dans mon atelier commencer la production pour l’exposition Artistes de cœur en novembre 2017. L’atelier est un bordel de pinceaux, de peintures, de satisfactions et de frustrations mais ça fait partie du processus de créativité.

D’autres projets m’attendent pour cette été : passer une fin de semaine à Québec avec ma pote Claudine, recevoir mon frérot chez moi, passer une journée avec l’artiste Linda Vachon pour observer son travail (https://www.tetedecaboche1965.com/) et prendre plein de photos, rédiger le début d’un projet conjoint d’animation de créativité avec Sylvie Santerre dans le 10 e anniversaire d’Artistes de Cœur l’an prochain (vous dévoile pas encore pour quel organisme) (www.artistesdecoeur.com), et préparer les séances de supervision que je donnerai dans un organisme communautaire d’orientation et de recherche d’emploi cet automne. L’automne sera également chargé : je me suis inscrire à un cours de création artistique dans le cadre de mon programme court de 2e cycle en art-thérapie, je serai quasi à plein temps pour l’exposition de novembre et j’assisterai Sylvie pour la maintenance à la galerie au besoin.

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Tous ces projets me permettront de ne pas focuser autre mesure sur la traversée de l’Atlantique que j’entreprendrai en décembre prochain. J’applique le truc de Gigi qui est habituée de naviguer et qu’on accompagnera sur le Magibourg III : ne pas y penser trop avant le temps. J’applique le truc de ma collègue et mon amie préférée qui se résume ainsi : « LÂCHE LA CORDE!!!!

Guylaine venant me rejoindre la veille du départ, nous célébrerons le début des vacances par un bon Chardonnay et des sushis. Rien de trop beau pour les amies de Zorro!

Donc, d’ici la mi-juin vous aurez droit au Chronique du Capitaine et à mon arrivée, je prendrai la relève avec les chroniques de Femme de marin.

Alors, chères lectrices et lecteurs, j’espère que vous apprécierez votre voyage de cette année.

We’’ll be back! 🙂

Mado

Femme de marin 2017-5: My name is human!

Une chanson que j’écoute en boucle ces temps-ci : My name is human de Highly Suspect :

I’m feeling the way that I’m feeling myself
Fuck everyone else

Gotta remember that nobody is better than anyone else, here

(Do you need some time to think it over?)
Look what they do to you
Look what they do to me
Must be joking if you think that either one is free, here

Get up off your knees, girl
Stand face to face with your God

And find out what you are

(Hello, my name is human)
Hello, my name is human
And I came down from the stars

(Hello, my name is human)

I’m ready for love, and I’m ready for war
But I’m ready for more
I know that nobody’s ever been this fucking ready before, hey

(Do you need some time to think it over?)
So figure it out, or don’t figure it out
I figured it out
The bigger the river (the bigger the river)
The bigger the drought (the bigger the drought)

Fire world, I love you
I’m up off my knees, girl
I’m face to face with myself
And I know who I am
(Hello, my name is human)
I stole my power from the sun
I’m more than just a man
(No longer disillusioned)

 
Ma pote Claudine et moi, on a jasé 2h30 ce soir. Il n’y a qu’avec elle que je dure aussi longtemps au téléphone. On parle de ce que nous vivons, de la vie, de la signification que la vie prend pour nous avec l’âge, de l’importance d’accorder nos énergies aux bonnes priorités parce qu’on sait jamais quand ça va s’arrêter. Elle et moi, on en sait quelque chose, mais je vous dirai pas quoi! C’est pas important. L’important c’est les questions que vous vous posez et qui donnent un sens à votre vie.

Lu un jour : « Posez des questions que les réponses ne viendront jamais endormir ». C’est ça! Les gens qui se posent jamais de questions, moi je trouve ça suspect. Et c’est toujours ces gens-là qui vous font douter de vous-même!! Des visionnaires, des forts-en-gueule, des « je sais tout mais je remets jamais en question ». Moi, j’aime ceux qui doutent, ceux qui se remettent toujours en question, ceux qui n’ont pas de réponses toutes faites à l’avance. J’aime ceux qui n’ont pas de diplôme sauf celui de la vie. Pourtant, j’en ai des diplômes mais qu’est-ce que j’en ai retenu au fond? Pas grand-chose, sauf que ça m’a structurée, moi qui n’avais pas de cadre. Une enfance erratique, une âme presque perdue…Et les gens continuent à glorifier la connaissance reçue par un diplôme. Je ne suis pas contre ça, au contraire : ça donne une ligne directrice, une rigueur, une structure de pensée, mais faut être capable d’en sortir! Quand on vieillit, qu’est-ce qu’il reste? L’amitié, les bons moments passés avec les gens qu’on aime, à rire autour d’un verre de vin ou autre chose, rien que ça. Rien d’autre….

Y’a des moments heureux, comme aujourd’hui : peindre avec un petit verre de vino, parler avec sa pote Claudine, écouter de la bonne musique, cuisiner un plat qu’on aime, faire du ménage dans la maison, savoir que quelqu’un au loin pense à vous. La distance importe peu au fond… Des choses simples qui vous protègent des down de la vie. Faut savoir les prendre au moment où elles passent. Ne penser à rien d’autre. Juste profiter du moment pour ce qu’il est. Faire en sorte que la structure ne s’effondre pas malgré les aléas de la vie. Rester debout jusqu’à la fin, avec quelqu’un qui saura vous tenir la main, que ce soit un amour ou un ami.

Ce qu’il faut retenir c’est qu’un diplôme ça donne pas forcément le don de réfléchir sur soi-même. Tu l’as ou tu l’as pas. Un diplôme c’est juste un titre ou un grade délivré par une autorité qui atteste d’un niveau d’enseignement, d’un degré d’aptitudes et de connaissances sur une chose bien précise. Y a rien de spécifié pour les connaissances que t’as obtenues sur tes expériences de vie.  Bien sûr, si t’as pas ça, ça te limite sur les emplois sur lesquels tu peux postuler, parce que la société est faite de même. Mais en amitié, il n’y a aucune loi, aucune règle qui peut la régir.

Alors, peu importe où on se trouve, célébrons l’amitié!!

Femme de marin 2017-4: nouveau site artistique

Je viens de refaire mon site artistique et j’ai mis une liste de diffusion sur la page d’accueil. Venez vous y inscrire – c’est gratuit! – pour obtenir les plus récentes nouvelles et créations, ou tout simplement pour avoir le plaisir de lire les articles de mon blog. Je vous y attends!

L’adresse est la même: http://www.madeleinehamel.com

 

FEMME DE MARIN 2017-3: LINDA : THAT’S MY GIRL!

Bon, faut que je vous parle de Linda Vachon (https://www.tetedecaboche1965.com/). Ça existe des coups de foudre qui ne sont pas à connotation sexuelle. Il y a toutes sortes de coup de foudre. C’est quoi un coup de foudre? C’est avant tout une expérience qu’on ne comprend pas vraiment, c’est une chose qui arrive à une personne et que l’on ne peut ni expliquer ni contrôler.

Des coups de foudre, il en existe dans plusieurs domaines, pas seulement amoureux, mais en amitié ou pour quelqu’un qu’on admire ou qui nous touche. C’est ça : Linda Vachon est un coup de foudre. J’en ai eu pour d’autres artistes : Chantal Chabot (http://chantalchabot.com     ) et Sylvie Santerre (http://sylviesanterre.com). Mais Linda Vachon, celle-là vient me chercher dans les tripes. Pourquoi? Parce que c’est moi que je vois. Comme m’a déjà dit une acheteure, « c’est tout à fait moi ». Il y a quelque chose dans ses toiles qui vient me remuer du dedans, du très fond, qui me parle de mon passé, de ce qui m’a faite et qui fait que je suis ce que je suis aujourd’hui. Elle me rend ma fierté d’être en ce monde.

Ce soir, je suis arrivée à la galerie l’Artiste (http://www.galerielartiste.com) heureuse, fébrile. Ce lieu qui m’habite, où je me sens comme chez moi, où je prends des cours avec la propriétaire Sylvie Santerre à qui j’ai demandé d’être mon mentor, ce lieu donc où je me sens bien, où la musique m’emporte et la couleur me transporte. C’est chaleureux : il y a toujours du bon café qui vous attend ou une coupe de vin qui vous invite. Il y a aussi Sylvie avec son cœur grand comme une maison, qui vous prend dans ses bras et qui est toujours contente de vous voir, qui tempête et tolère. Tout ça dans une même personne; fascinant!

Il y a les artistes que je commence à connaître et avec qui il fait bon renouer parce que ça fait un bout de temps qu’on s’est pas vus. On parle, on papote, on discourt. Et ce soir, il y avait Linda Vachon avec qui j’échangeais des petits mots depuis un bout de temps sur Facebook mais que je n’avais pas encore rencontrée.

Donc, je suis là. Personne n’est arrivé encore sauf Sylvie et sa copine Doris. Puis, Linda arrive. Petit bout de femme, une émotion sur 2 pattes. Toute simple, elle ne prend pas de place, on lui voit rien que les yeux dans’face. Des grands yeux bleus, bleu de mer, bleu de ciel du matin qui se lève. Et tout à coup, on se reconnaît. Elle me dit : « C’est toi Mado! », et on se fait un colleux. Moment de grâce d’être à côté d’elle, de lui parler comme si on s’était vues la veille… et qu’on s’était toujours connues.

Y a plein de monde et toute le monde l’interpelle. Notre conversation est coupée mais je comprends. Il y a plein de gens qui veulent lui poser des questions sur sa démarche artistique, ou tout simplement sur « comment elle fait ». On jase un peu de l’effet que ses toiles ont sur moi et elle fait preuve de tellement d’humilité, ébahie de ce que j’ai pu écrire sur elle. Me surprend à être surprise de sa réaction, moi qui suis moi-même surprise de la réaction qu’ont les gens qui me lisent. Un trop-plein d’humilité et de gêne traversent la pièce….

Elle est vite entourée de gens qui veulent lui parler. Moi qui suis d’une nature timide, je m’efface. Jamais je n’arriverais à faire ce qu’elle fait. C’est unique! Et beaucoup de gens que je connais trouve ça déprimant. Moi, je vois une beauté intérieure, son discours m’interpelle du dedans. Ça fait mal et ça réconforte en même temps. « Ne comprennent que ceux qui y sont », comme disait un défunt journaliste de guerre que j’ai connu autrefois. Il faut avoir eu mal, vraiment mal, au point d’avoir voulu disparaître pour comprendre ce que ses toiles dégagent.

Loin de moi l’idée d’analyser ses intentions lorsqu’elle les a créées, mais ses toiles me parlent. C’est à moi qu’elles s’adressent. Un message bien personnel qui ne s’adresse qu’à moi et qui, j’en suis consciente, pourrait dire autre chose de bien différent à quelqu’un d’autre.

Je lui raconte donc l’effet que ses toiles font sur moi. Je lui parle qu’un jour, il y a longtemps, j’étais allée voir une exposition de Rodin au Musée de la Civilisation à Québec. Je me rappelle avoir été prostrée au moins une demi-heure devant une de ses œuvres, « le baiser », et avoir versé quelques larmes. Mon conjoint, qui avait eu le temps de faire le tour de l’exposition, était revenu me voir, pantois devant ma réaction. Je ne faisais que dire : « C’est tellement beau! », et lui, du genre : « Bon, ok, reviens-en! ». Je lui dis donc, à Linda, qu’elle est la deuxième artiste à me faire cet effet. Que devant ses œuvres, j’ai le cœur à l’envers, ou plutôt à l’endroit, là où normalement il doit être. Parce que la vie nous amène souvent à se mettre en position inconfortable et qu’il faut trouver sa place. Bon, Linda, je te mets sur le même pied que Rodin. Donc, si un matin tu te réveilles et que tu as le cœur dans la flotte, ben, pense à ce que je viens d’écrire. Ça devrait te remonter le moral pour un maudit boutte!!

Je viens de lui acheter une 3e œuvre : Le fou du village. À l’endos de sa toile, elle a écrit : L’expression vient du fait que dans tous les villages il existait une personne souffrant d’un handicap intellectuel qui faisait partie de la communauté et que tout le monde connaissait. Ça me réconforte. Ça me dit que j’ai ma place et que même si je suis d’une nature gueulante, c’est nécessaire pour réveiller les consciences.

La deuxième toile que je lui ai achetée s’appelle « L’absence », une autre qui me touche. On peut être parfois absent de soi-même, mais pas de son œuvre.

Linda est une émotion sur 2 pattes, je l’ai dit et le redis. J’espère juste qu’on aura l’occasion de jaser une autre fois, sans la foule et sans distractions. Je suis repartie avec sa toile, « ma » toile, sous mon bras, comme une voleuse qui ne veut pas être prise en flagrant délit. Comme quelqu’un qui garde un grand secret. Rencontrer une artiste de son vivant, c’est rare et précieux.

« Le Fou du village »

En haut: « Et nous serons par centaines » En bas: « L’absence »

Femme de marin 2017-2: Ok, J’y vais!!!

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C’est dimanche matin. Je relève d’un long congé où je récupère d’un gros rhume qui m’a laissée knock-out à faire la patate de divan pendant 4 jours et à badigeonner ce qui me reste de nez comme une grosse fraise au milieu du visage (le truc qui consiste à s’enduire de pâte de zinc – oui, oui, ce qu’on met sur les fesses rougies des bébés – me vient de ma pote Guylaine. Et ça marche!!!!).

Je vacille entre quelques incursions dans mon atelier où je tente de donner forme à un quelconque début de créativité (plus d’erreurs que d’essais), et l’ordinateur où je perds de précieuses minutes de ma vie à jouer à un jeu de cartes insipide; pas d’énergie pour autre chose…

Le téléphone sonne. Je réponds, nonchalante. C’est Serge St-Martin des Escadrilles canadiennes de plaisance, section Beloeil. Il m’explique qu’il connaît mon Capitaine qui lui a donné l’adresse Web de notre site. Il a lu ma dernière chronique (https://maler999.wordpress.com/2017/01/16/femme-de-marin-2017-01-omg-je-peux-pas-croire-que-je-vais-traverser/). Il me parle de mon site qu’il trouve très intéressant. Réponse laconique. Puis, il me dit avoir fait lire l’article à sa femme (Jocelyne Guimont) qui se trouve être l’éditrice en chef de « Le Hublot », publication officielle des membres de CPS-ECP. Celle-ci  aimerait justement publier cet article de même qu’une série d’articles portant sur le sujet (https://www.cps-ecp.ca/public_fr/public_fr.asp?WCE=C=47|K=235669|RefreshT=235670|RefreshS=LeftNav|RefreshD=2356705). Là, j’émerge de mon coma enrhumé.

Depuis mon souper éthylique avec Marcel et Gigi, ma décision penchait du bord de « j’y vais » mais rien n’était encore coulé dans le béton. Avec cette offre de publication, mon cerveau, bien qu’ankylosé, m’a rebondi en pleine face,  gueule enfarinée, pour me crier : « Hey, Pocahontas, saute dans le train (pour pas dire le bateau, ehehehe) avant qu’il soit passé! ».

Tout le monde connaît la fameuse phrase : « J’aime mieux avoir des remords que des regrets »…J’ai donc répondu : « Que ça me ferait donc plaisir! » comme si j’avais fait ça toute ma vie! J’ai hérité de mon père deux talents : peindre et raconter des histoires. Je vais donc faire cette traversée, contre vents et marées, et mettre en mots ce que mes tripes tritureront au fil des flots. En d’autres mots, ma décision est prise : je vais faire la traversée de l’Atlantique en décembre prochain.

Ma vie a été singulière, ma retraite ne le sera pas moins. Mais que veut dire vraiment le mot « retraite »? Si on se fie à différentes définitions du dictionnaire, on lit :

  • Action de se retirer de la vie active, d’abandonner ses fonctions ; état de quelqu’un qui a cessé ses activités professionnelles

Disons que selon cette formulation, il est vrai que je vais cesser les activités professionnelles que j’occupais depuis 15 ans et ce, sans peine aucune.

  • Lieu où quelqu’un se retire pour vivre dans le calme, la solitude, ou pour se cacher

Le calme, oui. La solitude? Je la vis depuis les quinze dernières années que je vis à Montréal et lorsque mon Capitaine part au loin. La solitude ne me fait pas peur et est même devenue une amie indispensable pour me ressourcer. Me cacher? Je crois, au contraire, que la solitude permet de se retrouver et de s’assumer. Elle permet d’aller vers les autres, plus confiante.

  • Terme d’escrime. Mouvement en arrière, par lequel on se met hors de l’atteinte des bottes que porte l’adversaire.

L’adversaire étant le travail que je faisais, je n’ai plus envie de perdre de précieuses minutes de ma vie pour des gens qui n’en valent pas la peine. Comme on dit, il faut choisir ses batailles et celle-là (i.e. délaisser mon travail professionnel) n’est pas une perte.

  • Se dit des eaux qui reviennent dans leur lit.

Moi qui ai toujours aimé l’eau, qui suis un signe d’eau (Poissons), peut-être avais-je peur d’une partie de moi-même que j’ose maintenant confronter avec respect et crainte. Je reviens à la maison…

  • L’art de prendre sa retraite sans battre en retraite

Je prends ma retraite de mon milieu professionnel mais non de la vie! J’ai envie de faire ce qui me rend heureuse : superviser des intervenants, peindre et exposer, m’exposer à la vie, partager cette partie qui rend mon Capitaine si vivant, et par surcroît moi aussi.

L’année 2017 promet d’être radieuse : Deux projets me tiennent maintenant à cœur : l’exposition d’Artistes de cœur (http://artistesdecoeur.com/) et ma traversée.

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Maudit que j’ai aucun regret face à la décision que j’ai prise. L’aventure et l’inconnu m’attendent. On verra bien 🙂

Femme de marin 2017-01: OMG!! Je peux pas croire que je vais traverser!!!

C’est venu comme ça, d’un coup! Comme une voix qui contrôle votre cerveau : j’allais traverser. Enfin, probablement…

En fait, l’aventure a commencé en 2008 lorsque le Capitaine avait décidé de faire le Retour aux sources : une traversée de l’Atlantique en flottille entre Québec et La Rochelle, une activité de portée internationale, présentée par la Fédération de voile du Québec (FVQ) dans le cadre des célébrations du 400e anniversaire de la ville de Québec, et qui a eu lieu du 6 juillet au 24 août 2008.

Il s’agissait d’un véritable retour aux sources puisque trois siècles et demi auparavant, en mai 1665, c’est de La Rochelle que partit Pierre de Saurel avec ses hommes, appelés à devenir les premiers Sorelois, pour aller rebâtir le fort de 1642 et donner une seconde naissance à notre région.

Quarante-quatre jours en mer et 3557 milles nautiques … une expérience maritime fantastique et un événement historique unique dont un bilan technique a été publié : http://www.escalenautique.qc.ca/pdf/archives/bilan%20tech.pdf.. Moi, j’étais restée sur le quai à regarder mon Capitaine partir, braillant comme une grosse baleine échouée. J’avais l’impression que je ne le reverrais plus. Une vraie honte!

Un an auparavant, le Nomade II, notre voilier, s’inscrivait à la course avec, à son bord, le Capitaine Serge Paul, Chantal Massicotte, Germain Gobeil et moi pour se tester lors d’une traversée aux Iles-de-la-Madeleine. C’est là que j’ai su que je n’étais pas faite pour une traversée. Moi qui m’étais contentée toute ma vie de patauger sur les bords d’un lac, de prendre la traverse de Lévis ou d’embarquer dans une chaloupe (méchantes expériences!), je n’avais aucune espèce d’idée de ce que représentait une traversée en mer. Pour un complément d’information, vous devez savoir que j’ai appris à nager à l’âge de 18 ans, forcée par l’obligation de ce cours pour avoir mon DEC, et que c’est de peur bleue foncée que j’ai passé la session à en faire des cauchemars. C’est par l’aide de ma belle-sœur de l’époque, Linda Liboiron, que j’ai fini par apprendre à nager mais que je ne me suis jamais sentie en sécurité de nager en eaux profondes puisque je ne sais pas nager sur place. Plusieurs personnes ont essayé de me l’apprendre mais sans succès. C’est comme si mon corps se transformait en bloc de béton! Revenons aux Iles-de-la-Madeleine…

Je n’ai jamais pu dormir en mer, trop stressée par ce que mon imagination s’amusait à inscrire dans ma tête sur le pire qui allait arriver. En débarquant à l’Étang-du-Nord, je me rappelle très bien avoir pris une décision : il n’était pas question pour moi de revenir en voilier, encore moins de traverser l’Atlantique. J’allais prendre le traversier, quitte à les attendre toute la journée à Souris (Ile-du-Prince-Edouard). C’est ce que je fis. Je gardais frais en mémoire un mauvais temps qui nous avait obligés à réunir toutes nos compétences ensemble, telle une équipe. Je me rappelle entre autres que le Capitaine et Germain tentaient à la proue du navire de poser le foc tempête, tandis que Chantal barrait. Où étais-je durant tout ce temps? Simplement assise sur un banc du cockpit, tétanisée par les rafales qui s’abattaient sur nous. Un moment donné, les deux gars à la pointe du bateau nous ont crié qu’il fallait border une drisse et comme Chantal était à la barre du bateau et la drisse à distance respectable, elle n’arrivait pas à coordonner les deux. C’est là que la colère s’est emparée de moi, colère d’être là plutôt que dans un ailleurs douillet, me demandant si c’était vraiment nécessaire ce que je vivais présentement dans ma vie. Je me suis alors levée d’un bond et j’ai saisis la drisse que Chantal n’arrivait pas à contrôler. Tout ce dont je me rappelle c’est d’avoir bordé la drisse telle que demandée et d’avoir tiré tout le long sans cesser de descendre tous les Saints du ciel! C… d’h… de tab…. !

La grande question existentielle était de me demander pourquoi je m’infligeais tout ce stress, inutile à mon avis. C’était une bonne question et qui valait la peine de s’arrêter. J’ai lâché prise et j’ai décidé que je resterais au quai.  Ça m’a pris quelques années avant d’accepter cette défaite, d’être à l’aise avec cette décision.

Mais ce n’est qu’en 2012 que j’ai formulé une décision définitive. C’était l’été où j’allais rejoindre mon Capitaine en Italie. J’arrivais à Rome, nous avions loué une voiture et longions la côte amalfitaine. De là, nous récupérions le bateau et traversions le détroit de Messine pour aller en Sicile. Il faut savoir que le détroit de Messine a un trafic maritime continu. Ce jour-là, il y avait une mer croisée importante, ce qui me rendait particulièrement anxieuse tout au long du voyage. Ce ne fut pas de tout repos ni pour moi, ni pour le Capitaine malheureux de me voir si inconfortable. Lorsque nous avons enfin réussi à arriver à bon port, c’est là que j’ai pris une décision importante : consciente que je n’étais pas faite pour de longues traversées, j’offrais à mon chum de naviguer seul, pu capable de naviguer! Ce n’était pas des vacances pour moi mais une torture!  Le Capitaine me proposa alors de visiter les villes et l’intérieur de certains pays sans naviguer, ce que nous fîmes à mon grand soulagement. Les voyages qui suivirent furent des plus agréables car je n’avais plus à me soucier de prendre la mer, tout en vivant sur le bateau.

Le dernier voyage du Capitaine cette année fut écourté par un problème de transmission sur Magibourg II, voilier de nos amis Marcel et Ghyslaine Bourgeault (https://maler999.wordpress.com/2016/12/28/2016-2-chronique-dun-matelot-2/). La suite du voyage a donc été remise à la fin de 2017. Samedi dernier, nous les invitons à souper chez nous. Nous parlons du prochain voyage et l’alcool me rendant guillerette, v’là ti pas que je dis que « peut-être » je pourrais faire la traversée Îles Canaries-Martinique avec eux. OMG!!!! Je peux pas croire que j’ai dit ça!!!

Je vais débuter ma retraite progressive le 1er avril prochain. Je voyais l’année se dérouler comme à l’habitude : le Capitaine part (habituellement) en avril. J’allais passer l’été seule à travailler et entreprendre le début de mon congé de 6 mois, l’automne prochain, d’une façon « pépère », pour pas dire « mémère », en me levant tard, en peignant et me prélassant dans la maison. Ben non! Moi j’aime ça la misère!!! Tant qu’à rusher, rushons!!! Vais faire l’édition 2017 d’Artistes de Cœur et après hop!, embarquons sur Magigourg II pour une traversée à se faire brasser le popotin pendant 3 semaines sans arrêt. Vive les sacres, les faces de boeuuuu et le manque de sommeil!!! Je vais avoir 61 ans et je peux pas croire que j’ai dit oui à ça!!!! Attachez-moé kékun!!!   Crissss de folle qui aime se donner de la misère!!!

Bon, j’ai pas dit un oui définitif mais ça s’enligne pour ça. Gigi est heureuse d’avoir une compagne de voyage, Marcel (le Capitaine du Magibourg) est soulagé de ne pas être le seul souffre-douleur des humeurs de mon Capitaine et ce dernier voit son rêve réalisé! Je ne le fais pas pour les autres mais pour relever un défi. Moi qui m’emmerde royalement dans ma job, je me dis qu’on a juste une vie à vivre et vaut mieux avoir des remords que des regrets. Bon, j’exagère un peu et personne ne m’y force mais je dois être un peu folle ou inconsciente, faut croire. Y a des tas de gens qui l’ont fait sans expérience et qui ont réussi. J’entends d’ici ma chum Alice qui s’exclame : « Hey, t’es malade? ». Ben oui, je pense…. Le truc de Gigi : ne pas y penser d’ici là.

Donc, samedi dernier, entre le mets principal et le dessert, on va fumer sur la galerie. Gigi, qui est d’un naturel désarmant et insouciant (elle s’énarve jamais avec rien), me dit : « On a tout fait pour essayer de renverser le bateau et ça a jamais marché. De toute façon, faut ben mourir de quelque chose. Si t’es pour mourir noyée, ce sera ça ». Batinsse!!,dis-moé pas ça!!! Bon, je sais qu’elle veut m’encourager, minimiser les dégâts mais je suis pas rendue là. Le temps va faire son œuvre….

Je m’en suis voulue de ne pas traverser malgré ma peur en 2008. Je l’ai jamais dit à personne mais je me suis trouvée « chicken ».  Là, j’ai une seconde chance. Ce sera pas 6 semaines de traversée mais la moitié. Bon, je leur ai dit : « Si vous êtes prêts à m’entendre sacrer et tempêter pendant 3 semaines, l’affaire est ketchup! ».

Sylvie (Santerre), faut que je te parle quand tu seras de retour de Thaïlande!!!! Je peux pas abandonner Artistes de Cœur. C’est trop important pour moi. Je veux faire les deux!!! Du moment que j’ai le temps d’exposer une dernière fois, après on verra. Pour l’instant, je suis plus préoccupée par les œuvres que je vais réaliser pour l’édition Artistes de Cœur 2017… Égocentrique de même….

Morale de l’histoire: faut jamais dire jamais!

2016-2: Chronique d’un matelot #2

Déception est le mot qui décrit le mieux ce que nous vivions lundi matin, Marcel et moi, nous nous regardions et hochions la tête ensemble et pas de dire l’an prochain !

Le tout débuta jeudi passé, le vent du nord qui entrait dans le cockpit faisait que la température était inconfortable sans coupe-vent ou chemise extra. Donc, Marcel suggéra de retourner le voilier pour que le vent puisse arriver de la proue et que nous soyons bien à l’abri du cockpit et dodger. Aussitôt sortis des quais, je vois Ghislaine qui embraye la transmission avant, ensuite arrière. Je lui demande ce qui se passe, nous n’avons plus de propulsion avant, me dit-elle.

Après quelques essais, l’avant fonctionne. On se dirige vers notre place à quai et plus de propulsion avant, le bout du quai sous le vent est libre. Je lui suggère de se diriger là du reculons. Manœuvre bien exécutée, le bateau est amarré. Il faut savoir que nous avions vécu un problème similaire en partant d’Almérimar et par la suite en entrant à Barbate. Un mécanicien était venu regarder le problème et en avait conclu que ce n’était qu’un problème d’ajustement des câbles d’embrayage. Il faut admettre qu’à ce moment-là nous étions un peu sceptiques, mais comme le tout fonctionnait à merveille, nous nous étions donc convaincus que le problème était résolu.

Je me dépêche de regarder l’ajustement du câble, il semble bon. Je le défais, nous essayons d’embrayer la transmission d’avant, d’arrière manuellement, le même problème persiste! Nous sommes vendredi le 23 décembre en fin d’après-midi. Marcel va voir à la marina, pas de mécanicien disponible avant lundi matin le 26, date qui était notre journée prévue de départ. Pas le choix, il faut faire avec! Nous avons des doutes sur une réparation facile, surtout que la transmission de Magibourg est un sail-drive et qu’advenant le fait qu’il faille l’ouvrir, il faudra sortir le voilier de l’eau. Dans ce cas, comme nous sommes dans le temps des Fêtes et que Marcel doit retourner au plus tard fin janvier pour le travail, la traversée semble fichue pour le moment

L’arrivée le lendemain de Maude et Samuel, les plus vieux des petits-enfants de Ghislaine et Marcel, aura quand même lieu et nous essayons de garder espoir malgré tout.

Donc l’annonce par le mécanicien qu’il n’aura pas le choix de sortir le bateau de l’eau, qu’il sera impossible de commander les pièces avant le début janvier et que ça prendra au moins deux semaines en janvier avant de pouvoir remettre le bateau à l’eau au mieux, tout cela a scellé notre destinée.

Nous en profiterons pour visiter l’île que tout le monde apprécie et de préparer le retour. J’essaie de prendre le premier avion disponible pour revenir à la maison le plus tôt possible, les autres vont fermer le bateau et ensuite iront visiter Londres quelques jours avant le retour à la maison.

Ainsi se termina notre traversée, un tour dans la marina.

Bonne journée à vous tous et surtout une très bonne Année!

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2016-1: Chronique d’un matelot #1

Nous sommes sur Magibourg III, un Dufour425 appartenant à Ghislaine et Marcel Bourgault. Cet automne je leur avais donné un coup de main pour faire transiter leur voilier de la marina di Ragusa en Sicile jusqu‘ici à la Marina de Lanzarote en faisant deux arrêts, soit la premier a Almérimar en Espagne côté méditerranéen pour faire le plein de diesel et un deuxième arrêt à Barbate après avoir franchi le détroit de Gibraltar où nous avons attendu une fenêtre météo favorable pour continuer vers Lanzarote aux Canaries.

Le trajet Montréal-Lanzarote, ne fut pas ce que j’appellerais un plaisant voyage: 2 heures de retard pour le départ de Montréal, assis dans l’avion à attendre qu’ils sortent les bagages de la soute pour les recompter et les remettent à bord, ensuite presque 4 heures de retard a Gatwick où un épais brouillard semblait être la cause de retard de la majorité des avions de l’aéroport. Une fois atterris à la marina de Lanzarote qui se trouve dans la ville d’Arrecife, marina que je n’aurais aucune difficulté à recommander d’ailleurs. Ce fut les préparatifs pour le retour à Montréal avec l’intention de revenir 5 semaines plus tard, soit un départ de Montréal le 16 décembre via Londres. Une fois de retour nous trouvons un bateau qui nous attend paisiblement, sans mauvaise surprise sinon que le support pour le pilote automatique que Marcel avait fait refaire avait un défaut de fabrication. Nous avons dû trouver un atelier d’usinage et attendre le nouveau morceau qui était prêt jeudi après-midi tel que promis. Donc en attendant le départ prévu pour le lendemain de Noël lundi le 26, ce sera la révision générale du bateau, incluant une sortie de l’eau pour l’inspecteur maritime, l’installation des bracelets pour personne à la mer, le AIS d’ICOM receveur et transmetteur et l’achat d’un deuxième équipement de pêche car nous aimerions bien un peu de poisson frais pour notre traversée.

Les deux plus vieux petits-enfants de Marcel et Ghislaine (Maude et Samuel) qui seront dans leur congé scolaire du CEGEP nous rejoindrons le 24 décembre avec un départ planifié vers le Cap Vert avant la destination finale au Marin en Martinique. Notre trajet planifié se fera en deux étapes, soit une première de 972 milles nautiques et une deuxième de 2096 milles nautiques, avec une vitesse espér. de 5,5 nœuds. Nous devrions naviguer pendant environ 23 jours. On verra bien à notre arrivée si mes projections sont bonnes.

Bonne journée à vous tous