Femme de marin 2017-13: L’Acropole

C’est sur l’Acropole que naquirent la justice, la démocratie, l’art et la beauté. Au 6e siècle avant Jésus-Christ, l’Acropole fut définitivement consacrée au culte. On y retrouve, entre autres, les vestiges du Parthénon, le théâtre de Dyonisos et le temple d’Athéna Niké. De nombreuses guerres et invasions se sont chargées d’en détruire une grande partie.

Nous nous étions conditionnés à devoir monter pendant longtemps pour atteindre le site mais quelle ne fut pas notre surprise de nous rendre compte qu’à peine 10 minutes de marche suffisent pour admirer le paysage. Les temples sont en constante rénovation depuis des années et on y voit des grues qui n’enlèvent cependant rien à leur beauté. Comme le pays est en difficulté économique et que la restauration coûte cher, on comprend qu’ils sont loin de terminer le parachèvement des travaux. Du temple d’Athéna Niké la vue est extraordinaire. On voit tout le golfe Saronique, le Pirée, Salamine, Égine, le Péloponnèse, et les monts Aigaléo et Poikilo. On peut comprendre facilement que dès l’époque préhistorique, cette position stratégique servait d’observatoire et protégeait Athènes d’éventuelles invasions, surtout depuis la mer. On dit que Niké est arrivée à Athènes en volant, mais qu’il ne fallait pas qu’elle reparte et donc que ses ailes lui étaient inutiles. Son temple fut détruit en 1687 par les Turcs qui utilisèrent les matériaux de construction pour des travaux de défense.

Le Parthénon, le summum de la civilisation grecque antique, se dresse à l’endroit le plus élevé et le plus visible du rocher sacré. Ce monument n’est pas l’œuvre d’un seul artiste ou d’une seule décennie. C’est la création de tout un peuple, de toute une civilisation. Celui que nous voyons aujourd’hui n’est pas le premier (détruit par les Perses en 480 av. J.C.).C’est en 449 av. J.C. que Périclès confie la construction du Parthénon final à des architectes. Ce dernier est davantage considéré comme un symbole politique et culturel. Il est complètement construit en marbre.

Le Parthénon s’est maintenu en bon état jusqu’à l’époque romaine. Il a commencé à se détériorer à l’époque chrétienne lorsque, sous Justinien, il fut décidé de transformer les grands temples en églises. En 1460, les Turcs en firent une mosquée. En 1687, le doge de Venise installa son artillerie sur la colline de Philopappos et tira à coups de canon sur l’Acropole. Un boulet qui tomba sur le Parthénon provoqua l’explosion de la poudre que les Turcs y avaient entreposée et transforma le chef-d’œuvre en ruines.

Après avoir visité les autres temples, nous descendons jusqu’au nouveau musée de l’Acropole qui a été créé 2009, remplaçant celui de 1878. C’est un bâtiment de 14,000 mètres carrés tout de verre, de marbre et de ciment. Les œuvres exposées y sont uniques, universelles et surtout lumineuses. On y voit aussi une petite maquette très intéressante sur la façon dont les Grecs montaient les pierres jusqu’en haut de l’Acropole. Impressionnant !

La chaleur est plutôt accablante et me fait penser à mon séjour en Sicile. Je voulais faire un petit somme pendant que Guylaine et Serge sont partis à la plage, mais comme c’est étouffant dans le bateau, je n’y arrive pas. Je me suis donc mise à l’écriture de la chronique. Ce soir, nous souperons sur le bateau et nous nous coucherons tôt car nous devons partir vers 6h45 demain matin pour prendre le traversier en direction de Santorini pour y passer quelques jours, puis visiter deux autres îles.

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Femme de marin 2017-12: Athènes

Nous voici enfin arrivées en Grèce. Après un vol qui a duré 8h30, les jambes serrées entre deux sièges, nous avons atterri à Athènes vers 11h00 du matin. Serge était là pour nous accueillir, photo de circonstance, puis nous avons pris un autobus pour se rendre à Zéa Marina où se trouve notre voilier Nomade II. Le trajet a pris une heure trente et l’autobus n’était pas climatisé. Inutile de vous dire qu’on avait hâte d’arriver, d’autant plus qu’on a peu dormi dans l’avion. Moi qui, d’habitude, ne ressens pas le jetlag, je dormais assise quasiment !

Notre première surprise fut d’arriver dans une ville qui vit une grève des éboueurs depuis une semaine. Des détritus et des poubelles partout, avec l’odeur de circonstance. Paraît qu’à Athènes, il y a 4,000 éboueurs et l’administration municipale veut diminuer le nombre à 2,000. Pas sûre que les choses vont se régler prochainement. Il est à souhaiter que nous ne verrons pas les rats se promener allégrement.

Après avoir défait les bagages et s’être reposés un peu, nous sommes allés faire un tour le long de la côte, prendre un petit verre sur une terrasse et admirer les gens et le paysage. Ici, la mode se concentre sur 2 choses : des jeans en lambeaux et des souliers à talons très compensés. Beaucoup de filles portent des leggings noirs. C’est à se demander comment elles font pour endurer la chaleur.

Par la suite, nous sommes allés dans le coin des yatchs de luxe où se trouve une magnifique piscine entourée d’un immense bar lounge comme dans les films de rich and famous. On y a pris un verre et célébré la fête du Capitaine (64 ans).

Ce matin, nous sommes partis faire un tour d’autobus jaune qui nous montre les principales attractions de la ville. Athènes n’est pas une ville particulièrement attrayante. Les immeubles sont délabrés, beaucoup sont abandonnés mais les petites rues et boutiques sont animées mais intéressantes et diversifiées. Nous avons aussi beaucoup marché sous une chaleur accablante et nos corps doivent s’habituer tranquillement. Ma première journée fut pénible en terme d’endurance, d’autant plus que je n’avais pas apporté de barres tendres, car comme certains le savent, je ne peux pas manger beaucoup et la faim se faisait ressentir. En revenant, nous avons été faire l’épicerie dans un super marché sur 3 étages et les barres tendres étaient sur la liste !

Le Capitaine a installé une douche extérieure sur le bateau et c’est pleines de gratitude que vous nous douchons en costume de bain lorsque nous arrivons au bateau. Pendant que j’écris cette chronique, Guylaine fait un petit roupillon sur une banquette du bateau. Par la suite, on se fera un bon souper (côtelettes de porc sur BBQ et salade), et on ira se promener et boire une autre sangria blanche au bar lounge. Grosse vie plate !

Demain, visite de l’Acropolis et du musée d’Acropolis. Après demain, nous partirons pour Santorini. Que de joie d’être ici et de profiter de ce que nous offre la vie !

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Femme de marin 2017-11: God blesses friendship!

Derniers milles avant les vacances. Maudit qu’on est ben quand on se lève sans cadran le matin et qu’on a juste à décider quand on va boire notre café : après le premier pipi ou après une demi-heure? (sentiment prémonitoire de ce qui m’attend à ma retraite en octobre prochain…).

Ce soir, ma compagne de voyage, Guylaine, arrive à la maison après son assemblée générale annuelle : sentiment d’accomplissement (comme toujours). Ça fait 15 ans qu’elle fait des AGA et qu’elle se chie le corps avant et pourtant ça va toujours bien. Bon, c’est son karma, faut croire! Mais moi, je sais toujours que ça va bien aller (bon j’ai pas de mérite, je connais son potentiel!). Elle s’en va se « domper » la feuille dans son lit pendant que je bois un verre à notre super-aventure qui va commencer demain. Petite virée chez le coiffeur demain matin, histoire de remettre en place les quelques couettes qu’il me reste sur la tête et après, arrivée de ma sœur spirituelle, souper chez Yoko et jeudi matin, hop la vie vers la Grèce pour rejoindre le Capitaine après un long mois de séparation. My God que la vie est sale parfois!!!!!!!!!!!!!!!!

Même si ça fait 14 ans que je vis une histoire d’amour avec mon Capitaine, dont 9 ans du genre Anaïs Nin-Henry Miller (parce qu’il est au loin 5 mois sur 12), et que j’ai beau faire une face du genre qui sonne « engagée » quand quelqu’un me dit : « Wow!, c’est dont ben hot ce que vous vivez! » quand je leur conte mon histoire, je ne m’habitue pas à devenir blasée par ce genre de vie. Tant mieux! Ça veut dire que je ne me place pas au-dessus de la mêlée et que je demeure « groundée ».

Le Capitaine, « as usuel », a tout prévu, ou presque… : réservations pour notre périple dans les îles, réservation d’une voiture, il a même fait le trajet jusqu’à l’aéroport pour savoir combien de temps ça va lui prendre pour venir nous récupérer. Un vrai gentleman!  Faut dire que Guylaine et moi, on a une longue histoire de voyages manqués : rénos de la maison, manque d’argent, manque de temps, dates qui ne concordent pas avec nos priorités… Name it! Il y a 2 ans, je lui ai dit : « Tu peux pas manquer la Grèce, c’est capital! ». Malgré les décès, les maladies, les aléas de la vie, nous voilà enfin à destination : on va y aller! J’ai manqué l’Irlande l’an passé avec ma pote Alice (« cause » décès de ma sœur). cette année, je reviens à bon port avec Guylaine. Et ça promet!

On aura beau dire et lire tout ce qu’on voudra sur « le bel âge », il demeure que maturer a certains avantages. Ben oui, tu deviens plus mou. Ben oui, tu oublies certaines affaires (non mais, ce que tu oublies est peut-être ce qu’il y a de moins important). Ben oui, tu te délestes. Mais ce qu’il demeure a, j’en suis sûre, plus de poids que tout le reste. Et l’amitié fait partie du lot. God blesses friendship!

Chronique du Capitaine 2017-5: Spetsai & Spathi

Bonjour,

Deux belles journées si ce n’était de la chaleur, une chance que mes ventilateurs sont là pour me permettre de bien dormir la nuit. Spetsai, île qui m’était beaucoup moins connue que plusieurs autres, est quand même très jolie et avec une histoire des plus riche. Je ne savais pas mais sous l’occupation Ottoman (Turque) qui avait duré plus de 400 ans, c’était deux des îles qui s’en sortaient le mieux et avec des populations de plus de 15,000 chacune et de grosses flottes de navires. À Spetsai, on peut voir au fond de la baie les chantiers maritimes encore fonctionnels, même si on a un peu l’impression d’être à la même époque. Les espaces pour la plaisance se font plutôt rares, mais il y a moyen de s’arranger. Pour ma part, ce fut cul au quai avec l’ancre pour me retenir, mais pas d’eau, pas d’électricité, ni douche. Disons que je m’en sors quand même assez bien. Je n’ai pas eu d’eau, ni d’électricité à nulle part depuis mon départ. Être autonome est des plus plaisant, pour ne pas dire nécessaire. Et l’île à sa légende soit Laskarina Bouboulina, une des personnes-clé pour la libération de la Grèce face aux Ottomans, son histoire est des plus impressionnante et vous pouvez y un coup d’œil sur le site suivant :

http://www.bouboulinamuseum-spetses.gr/

J’en ai aussi profité pour me louer une moto et faire le tour de l’île. Charmant paysage et plage, mais rien d’autre. Tout comme à Hydra, tout se trouve dans la ville qui porte le nom de l’île. Par contre, je dois admettre une erreur de pilotage. Ok, j’allais trop vite pour la courbe, mais si peu trop vite, juste assez pour glisser sur du sable très fin, il était si fin vous ne me croiriez pas, mais… oui j’ai tombé, snif snif, et j’en suis quitte pour des égratignures : pied, mollet, genou, coude, main. Ok, c’est assez, vous pouvez arrêter de rire, moi je n’ai pas trouvé ça si drôle que ça!

Après deux jours, le temps d’apprécier l’endroit un peu, je quitte pour Spathi, petite île sur la pointe Nord-Est de la Péloponnèse à mi-chemin entre Hydra et Poros, et oui je remonte déjà car je dois rencontrer mon amoureuse avec sa grande copine Guylaine à Athènes le 23, le jour de ma fête, donc  je préfère y être un peu plus tôt. Notre port d’attache sera Zea marina dans le Pirée. Et après 3 semaines, elles me quitteront pour retourner à Montréal et moi le nord de la mer Égée avant d’entrer dans les Dardanelles et la mer de Marmara pour y laisser Nomade pour l’hiver.

Prochaine île? Probablement Égine dans sa partie Sud.

Serge

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Chronique du Capitaine 2017-4: Poros et Hydra

Je ne pouvais mieux dire ‘Je partais pour Hydra, l’île de Leonard Cohen. J’arrive au lendemain des festivités pour Léonard Cohen. Eh bien oui, en fin de semaine il y avait inauguration d’une plaque en son honneur et plus de 200 personnes d’un peu partout à travers le monde y étaient présentes. Je ne fais pas partie de ce genre de fans qui suivraient son idole, ou pire les festivités en faveur de… , mais quand même, c’est une bonne excuse pour voyager et rencontrer des gens j’imagine.

En plus, un groupe de Trois-Rivières avait un vernissage que je me suis fait plaisir d’aller voir.

Mais revenons au départ de Poros. Tout commence pour le mieux, après quelques minutes en approche du passage de Poros et le continent. Une grosse fumée blanche, je suis à 2,500 tours minute, je ralentis en vitesse. La fumée blanche disparaît et n’est jamais revenue. J’en suis quand même demeuré avec une certaine crainte et je n’y comprends rien.

Donc en approche de Mandraki, la dernière baie en approche d’Hydra la ville, je commence à faire le tour de la baie et merde je ne contrôle plus bien le bateau. Je parviens quand même à m’ancrer et après plus de deux heures, je parviens à réajuster mes câbles reliant ma barre à roue et le safran. Un ré-ancrage pour plus de sécurité, mais le fond n’est pas ce qu’il y a de mieux, mais avec 50 mètres de chaîne tout semble tenir. Direction Hydra la ville, deux choix : le bateau-taxi ou la marche, environ 25 minutes pour la marche, on y va.

Hydra : jolie ville réputée pour le fait qu’il n’y a pas d’auto ni de moto. Donc si vous avez des bagages ce sera à dos de cheval, des petits chevaux juste un peu plus grands que des mules, sinon vous les traîner. Il y a toujours le bateau-taxi pour les petits ports comme Mandraki. Il n’y a pas de doute, ça donne un certain cachet à l’endroit qui est joli, mais qui dit pas d’auto, pas de moto ne dit pas, pas de camion ha, ha, ha!  Comment pensez-vous que les pierres, le gravier, le ciment et tout ce qui est nécessaire sont déplacés? Par camion! Donc s’il y a construction, attendez-vous à entendre des camions.

Quand même une jolie île avec son cachet des îles grecques. Prochaine île : Spetsai au Sud d’Hydra.

Serge

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Femme de marin 2017-10: Et hop! On passe par Go et on réclame 200!

Bon, qu’est-ce qu’on disait déjà? Ah oui… les vacances qui arrivent bientôt et qui permettent de refaire le plein.  Vivement qu’arrive le temps où je pourrai m’éloigner du genre humain qui vous suce jusqu’à la moelle au point de vous demander ce que vous avez fait dans une autre vie pour que ça vous arrive!

Dîner ce midi pour célébrer le temps des vacances. Moi qui, d’habitude, exècre ce genre de manifestation, me voilà-ti pas qui me retrouve autour d’une table à bouffer du St-Hub en me demandant de quoi je pourrais bien parler avec mes congénères. Bon, le dîner est payé, alors aussi bien en profiter!

Il y a une vidéo de Michel Chartrand qui existe sur le Web. Ça se passe en 1998 lors de la soirée électorale. Michel Chartrand est interviewé par un journaliste avec Bernard Derome en duplex. Chartrand s’était présenté contre Lucien Bouchard et avait perdu. Derome essaie d’être sympathique et Chartrand lui sort une phrase coup de poing, lui exprimant qu’il n’est pas dupe du faux intérêt que certaines personnes peuvent porter aux autres. Un moment fabuleux et rare! Des hommes de même, il en existe peu maintenant.

 

Ouin, ben c’est ça que je ressens souvent! Après 14 ans passés dans ce tombeau à geler comme une crotte et à me battre avec des valeurs qui ne sont pas les miennes, j’aspire au calme de mon antre à déguster un café seule ou entourée de gens qui me ressemblent. Ce qu’il faut pas se coltiner de niaiseries avant d’entendre un propos intelligent! Bon, je suis sévère mais l’existence est si courte qu’il faut choisir ses batailles. Alors, je m’assois loin de la foule et je cuve mon poulet enrobé d’un minimum de mots. Ce soir, je pourrai dire qu’il y a eu un moment de grâce avec ma nouvelle copine Nicole que j’ai rencontrée dans mon cours d’art-thérapie.

Il y a quelque chose de sympa à vieillir. C’est que malgré les pertes de mémoire qui commencent à se manifester, malgré le tonus qui lâche et suit l’attraction terrestre, malgré la pharmacie qui prend plus de place dans les valises que les dessous affriolants, il demeure que généralement, l’affirmation de soi ose se manifester et s’enrober de mots. On s’éloigne des maux. On perd moins de temps avec les fioritures et on se fout plus de l’opinion des autres. Au diable ceux qui ne peuvent pas me suivre. J’ai perdu trop de temps à attendre les autres. Et c’est bizarrement au moment où on décide qu’on avance seul, sans attendre le consentement des autres, que certains se manifestent. C’est comme un chemin de Compostelle où des « étranges » sortent de la meute pour vous accompagner. Et ça fait drôlement du bien. C’est fait de même la vie!

Cette année, je rencontre plein de beau monde sur le chemin que j’ai décidé de prendre. Et malgré ce qu’il m’en coûte, je ne regrette pas ma décision. L’année s’annonce grandiose en terme de relations nouvelles… et pour longtemps.

Alors, vive les vacances, les longues soirées sur le bord de la mer avec mon amoureux et ma sœur spirituelle. Et vive les projets qui s’annoncent, les collaborations qui s’en viennent. Je vous en souhaite tout autant!

Chronique du Capitaine 2017-3: Angistri et Poros

9 Juin 2017 Angistri

Me voici finalement à l’eau. Eh oui,  finalement après 4 jours de niaisage, plus 7 visites et deux appels par la police du port, j’ai finalement reçu mon Decpa qui est le nouveau formulaire grec requis pour naviguer. Et demandez- moi pas ce qu’il faut faire avec sinon payer 50 Euros par année et il est bon pour 5 ans. Il semblerait que nous ayons encore besoin du transit log qu’il faut faire étamper à chaque arrêt pour la police du port, du moins c’est ce que la policière m’a dit, celle qui a quasiment fait une crise d’hystérie en regardant mon transit log, page par page, en se faisant aller le moulin à parole sans arrêt.  Je lui demande s’il y a un problème? Oui il y a un problème me dit-elle, tu dois faire étamper ton transit log par la police du port à chaque arrêt me dit-elle. Ok,  je lui réponds en haussant les épaules, car le niaisage avec les policse de port j’en ai mon voyage. Donc, quand je peux je ne vais pas les voir, tu te fais recevoir comme quelqu’un qui dérange trop souvent à mon goût et le pire, vous savez quoi? Ils n’ont même pas estampillé mon transit log, eux non plus. Donc si tout va bien la prochaine fois que je les verrai, ça sera à Kavala pour mon départ pour la Turquie.

Tout ça pour vous dire qu’à 15 h 00 cet après-midi, ils descendaient Nomade à l’eau, un peu trop long à mon goût dans un chantier, mais j’ai pu faire quand même pas mal de travaux, et oui il y en a toujours sur un bateau et admettons que le ménage que j’ai fait était plus que dû. Ceux qui me connaissent un peu plus que les autres savent que j’aime bien tout garder, et bien là je n’ai pas tout gardé. J’espère juste que je n’ai rien jeté qui me manquera un jour?

Trente minutes plus tard, l’annexe, bien amarrée à l’arrière, les voiles toutes grandes déployées, je filais à plus de 5 nœuds à 12 – 14 nœuds de vent apparent, mais le vent a continué à forcir jusqu’à 22 nœuds. À mon approche pour l’ancrage, j’avais deux ris de pris et qu’un mouchoir qui faisait office de génois. Mais quelle belle promenade! Seulement 2h 30 avant de mettre l’ancre et un dauphin, mais qu’un fois donc pas de photo, désolé!

Le vent a commencé à baisser, 14-15 nœuds présentement et la pétole demain si je me fie à la météo.

À la prochaine avec probablement un peu plus d’informations sur la Grèce et pas seulement de leur adorable police de port, car oui j’aime bien les Grecs! Et que dire de la Grèce : tout un pays! Donc à la prochaine!

11 Juin 2017 Poros

Après ma première baignade de l’année dans la mer Égée, je me sens fin prêt pour cette saison de navigation qui a débuté, faut bien l’avouer, d’une façon non optimale. Mais pour ceux qui me connaissent, vous savez que j’aime chiâler…  mais je sais aussi apprécier 😉

Donc après une merveilleuse nuit de sommeil et mon premier ancrage de la saison, comme je disais une baignade, un petit déjeuner à admirer l’eau limpide de la baie, on peut suivre la chaîne et voir son ancre par 6 mètres de fond. Départ pour Poros, l’ancre levée, je glisse entre Angistri et Dhoroussa, suis la côte de Methana pour suivre Poros jusqu’à la baie de Neorion en laissant sur mon bâbord le méga yacht Queen K qui, j’apprendrai plus tard, appartient à un riche Russe (confidence de Natacha, une Sud-Africaine travaillant à son bord, rencontrée à la taverna Paridiso).

Première journée somme toute tranquille à préparer l’annexe et son hors-bord qui n’avaient pas servi depuis l’an dernier. Après quelques coups de manivelle, le hors-bord roule comme un neuf ou presque. Mais depuis départ au deuxième coup à chaque fois, un coup pour l’étrangleur et un coup pour moi 😉

Visite à la taverna de Petros, employés avenants et sympathiques, Wifi gratuit, car mon Wifi Vodafone n’est pas des plus docile cette année. Impossible de capter le signal à Angistri, même chose ici, du moins dans la baie de Neorion. Je peux quand même envoyer mes positions par airmail, mettre à jour ma carte Google et transmettre ma troisième chronique et quelques photos.

De retour au bateau après un Kleptico pour souper et une bonne nuit de sommeil. Ce matin une petite saucette à l’eau, déjeuner, un cappuccino chez Petros et le taxi pour la ville de Poros. Jolie ville grecque de bord de mer avec ses bateaux de plaisance et de pêcheurs, plein de boutiques pour les touristes que je vois, mais quand même pas en effusion. Je loue une moto pour faire le tour de l’île en commençant par le monastère de Zoodohou Pigis qui me laisse sans commentaire, il ne valait même pas une photo. Ensuite le temple de Poséidon, disons que la route pour s’y rendre est beaucoup plus intéressante que le site du temple, car mis à part la base du temple et quelques pierres ici et là, il n’y a rien d’autre à voir. La végétation est surtout composée de pins omniprésents à la grandeur de l’île et qui dégagent un merveilleux arôme, quelques oliviers et encore moins de citronniers. Les plages sont jolies et propres, disons que ma saison ne commence pas les yeux tout écarquillés, mais ayant rencontré des Américains de la Floride qui ont loué un voilier il y a une semaine, eux étaient tout émerveillés. Je suis peut-être un peu trop sévère, mais c’est ce que moi je ressens et vois.

Demain départ pour Hydra l’île de Leonard Cohen 😉

Serge

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Chronique du Capitaine 2017-02: Enfin sur Nomade II

Me voici bien confortable à l’abri de la pluie. Eh oui,  il pleut en Grèce, je suis un peu surpris, moi qui, les deux dernières années, n’avait vu aucune goutte de pluie à partir du début mai, pas plus en Turquie qu’en Grèce. Mais, me dit-on, c’est un phénomène normal de la mi-mai au début juin d’avoir des orages autour d’Athènes. Rien qui ne dure longtemps par contre.

Déjà ma cinquième journée sur Nomade, le temps passe vite. J’ai un numéro de téléphone, quelques visites à l’épicerie. À l’exception de la cabine, l’intérieur est lavé, les voiles à poste. Maintenant les travaux commencent : système de barre à roue, changement du lecteur de carte, profondimètre, anémomètre, modification du système de prise de ris automatique, révision de mes batteries qui ne fonctionnent pas bien. Je verrai ce qu’il en ressort.

Aujourd’hui j’avais besoin de me changer les idées. Donc je saute sur la moto de location, direction le Sanctuaire d’Aphaia, dédié à la fertilité de la femme. La plupart des sculptures se retrouvent au musée Glyptothèque à Munich. Mais il y a quand même d’intéressantes choses à voir. Ce que nous voyons date de 500 ans AC, mais le site date de l’ère préhistorique. En revenant, j’ai repassé par la Chora que j’avais visitée l’an dernier. J’en ai profité pour prendre quelques photos de la route.

Une petite pensée à tous ceux que j’aime!

Si tout va bien, ma prochaine chronique sera sur l’eau…

À bientôt

Serge

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Femme de marin 2017-9 : Jeudi confession

Note à moi-même avant de débuter cette chronique : Me rappeler que cette chronique n’a pas pour but d’obtenir des hourras et des bravos, mais plutôt d’élaguer et d’épurer le chemin vers la transparence et l’honnêteté face à soi-même, ce qui est, somme toute, une forme d’auto-thérapie. Méchant programme!

Pendant que le Capitaine s’affaire sur l’île d’Égine à préparer Nomade II pour sa mise à l’eau et son plan de navigation pour l’été 2017, je peins dans mon atelier. Hier, j’étais en plein atelier de créativité avec ma mentor Sylvie Santerre, propriétaire de la Galerie l’Artiste et je n’étais pas fière de moi (bon, il m’arrive de l’être mais c’est pas as usual…). Je suis arrivée épuisée de 2 jours à me battre avec des maudites statistiques dont j’ai rien à foutre et j’avais les deux yeux cross side et la tête prête à éclater. Si ce n’avait été de mon amour inconditionnel pour Sylvie et de ma certitude que les ateliers de créativité me font le plus grand bien, je serais allée direct chez moi sans passer par Go et réclamer 200 $!!! Je me serais servi un bon verre de vino et je l’aurais cuvé sur mon couch en écoutant quelque émission insipide, histoire de faire de la place dans mon cerveau.

Mais bon, je me suis dirigée vers la Galerie et j’ai eu le temps de décompresser en soupant avec Sylvie avant l’atelier. C’était une bonne chose. Les ateliers me font un plus grand bien, mais ça me confronte aussi à quelque chose que je n’avais pas vécu avant. Je m’explique. Je crois l’avoir déjà écrit dans une ancienne chronique mais pour celles et ceux qui me suivent depuis peu, je vais résumer.

Mon père était peintre narcissique. Des trois enfants, j’étais la seule qui a hérité de son don. A l’adolescence, je m’étais mise plus sérieusement à peindre et j’avais exposé sur les murs de ma chambre mes premières œuvres. Un jour que j’arrive à la maison, tout avait disparu. Devant mon étonnement, mon père me dit qu’il avait jeté mes « cochonneries », étant le seul dans la maison à décider de ce qu’il y aurait sur les murs. Inutile de vous dire que ma réaction fut de jeter tout mon matériel au bout de mes bras! Toute ma vie, jusqu’à 50 ans, je n’ai plus jamais retouché à un pinceau, oubliant même que j’avais ce don. Ici, s’arrête le bout larmoyant de cette chronique. Vous pouvez serrer vos mouchoirs…

N’importe quel être humain, aussi complexe soit-il, a besoin de reconnaissance et la première manifestation doit, idéalement, arriver de ses parents. Bon, on peut dire que cet épisode de mon histoire a été complètement raté… Mais l’être humain faisant preuve de ressources insoupçonnées, j’ai surmonté (du moins, c’est ce que je croyais) cette défaite et j’ai continué mon chemin en prenant une autre route… jusqu’à ce que je rencontre Sylvie et ses ateliers de créativité!

C’est que, voyez-vous, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, il faut savoir que Sylvie est passé maîtresse dans l’art de déjouer votre contrôle. Vous pensez gérer quelque chose dans votre vie? AHAHAHAHAHA, damn you!! Et le pire c’est que vous vous surprenez à vous laisser aller dans son sillage, et vous vous laissez guider béatement!

Donc, depuis que je suis ses ateliers, je découvre plein de possibilités, mais aussi mes limites. Je me bats sans cesse avec moi-même à me stopper dans ma comparaison avec ce qu’elle fait, ce que Linda Vachon fait et tous les artistes que je connais de près ou de loin. Je me surprends à me demander comment ils font pour obtenir tel ou tel résultat, tel ou tel effet. Argnnnn!!! Encore hier, je faisais un fond de toile que je trouvais personnellement dégueulasse alors que toutes les autres participantes trouvaient ça super. Ben coudonc…Je dois souffrir de myopie artistique!

Je suis rarement satisfaite de moi-même, surtout en ce qui a trait à mes talents artistiques. Je vis toujours un moment de grande détresse lorsqu’arrive une exposition collective. Ne me demandez surtout pas si je suis proche de faire une exposition solo. OMG!!!

Ce soir, je suis dans mon atelier et je peins un fond de toile. Je sais que mon idée de départ va changer en cours de route. Sylvie m’a appris ça. Elle m’a appris aussi que c’est pas grave, que c’est une étape obligée et nécessaire parce que ça fait partie du processus. Mais malgré tout ça, les vieilles habitudes font comme Donald Trump à l’OTAN dernièrement : ils tassent tout le reste pour se mettre à l’avant! Crissss…. Donald, étouffe!!!!  Je pensais que c’était réglé cette affaire-là!

Mais le simple fait que j’en sois consciente, c’est au moins ça de pris, hein? Je suis un Work in Progress jusqu’à la fin de mes jours. C’est quand même réconfortant et c’est une façon de me reconnaître.

Fond de toile qui va servir à créer quelque chose un moment donné…. Laisse glisser, ma vieille!!

Femme de marin 2017-08: Merci la vie!

Viens d’aller mener le Capitaine à l’aéroport. Arrête à la Galerie l’Artiste pour aller chercher mes petites toiles que Sylvie Santerre, la propriétaire, m’a faites. Je suis admirative. Petite jasette devant un café, puis retour à la maison pour les installer. En chemin, le Capitaine appelle. Il attend son embarquement. Il me dit

  • J’espère que tu vas profiter de ta liberté.

Je rigole. Comme si j’étais pas libre quand il est là. Je rectifie :

  • Dis plutôt : J’espère que tu vas profiter de ta solitude!

Les petites mésententes et les humeurs en dents de scie des derniers jours s’estompent et s’effacent. C’est toujours comme ça la dernière semaine avant qu’il parte. Tous les deux, on a hâte qu’il s’envole. Notre couple est fait de même. C’est pour ça qu’on s’ennuie jamais ensemble! On a hâte au départ, on attend fiévreusement les retrouvailles et on trépigne au retour. Je ne saurais plus vivre autrement. Je ne ressens plus les déchirements du début, il y a 10 ans, lorsque mon Capitaine partait pour quelques mois, même si chaque départ me rend encore un peu vaseuse. C’est devenu ma vie. Au début, j’attendais de longs mois sur le quai. Maintenant, je le meuble. Ce quai qui n’était pas le mien, est devenu un espace à habiter, à personnaliser.

Arrive à la maison, installe mes nouveaux Santerre et prends une photo, satisfaite de ce nouvel ajout de beauté et de zénitude à mon environnement. Devant moi, 3 petits Santerre. A gauche, 7 petits Hamel. Dans le salon, 1 Vachon. Au sous-sol, dans mon atelier, 2 Vachon et 1 Chabot, en plus de mes toiles. Tous des artistes que j’admire pour leur talent, mais aussi pour leur authenticité (bon, je m’inclus aussi avec modestie, ahahah).

Un nouveau cycle commence. Le vélo est sorti de son antre, nettoyé, pneus gonflés. J’irai demain s’il fait beau. Pour l’instant, j’ai besoin d’ordre. Je me sers un verre de Sablette (ça fait la job) et je me demande par où commencer. L’atelier est dans un foutu désordre. Quand je veux créer, j’aime que l’espace soit clean, histoire de laisser la créativité prendre toute la place. Sylvie et moi, on se ressemble entre autres sur ce point. Je reçois 2 Sacoches (peut-être 3) à souper vendredi, j’ai donc la semaine pour ramasser.

Mon deuxième article dans la revue l’Escale (et sa version québécoise Le Hublot) sera publié sous peu. Me reste quelques toiles à faire pour l’exposition d’Artistes de cœur en novembre. J’ai le temps. C’est comme un second souffle où je remercie la vie de me faire un cadeau d’exister encore : des toiles d’artistes que j’aime profondément, des voyages qui me permettent de voir des contrées auxquelles je n’aurais jamais pensé accéder sans le Capitaine, un voyage en Grèce avec ma grand chum que je ne pensais pas possible, un tattoo pour célébrer une décision que je n’aurais jamais pensé prendre, soit traverser l’Atlantique cette année (il y aura sûrement une conférence qui va suivre l’an prochain),  des projets de créativité qui n’auraient pas été possibles sans la rencontre de Sylvie dans ma vie, un événement triste autrefois qui a fait naître une amitié profonde entre Claudine et moi, des voyages réguliers à Québec qui entretiennent mon lien indéfectible avec mes potes Guylaine et Christine.

Je tempête, je chiale, je rage, mais au fond je sais que je suis bénie d’avoir des liens aussi profonds avec certaines personnes même si je suis une louve plutôt solitaire. Sylvie m’a dit aujourd’hui : « T’as pas l’air de quelqu’un avec qui c’est difficile de vivre ». Me voyais pas de même et je suis pas sûre que le Capitaine en dirait autant, mais ça m’a fait du bien. Mis à part le fait que je n’endure pas trop longtemps plein de monde autour de moi, il est vrai que je m’allège avec les années. J’endure moins de choses qui font pas mon affaire et je dis plus ce que je pense, n’en déplaise à certaines personnes. J’essaie de porter moins de stress sur mes épaules et je relativise plus.

Au début, je pensais que ce qui définissait notre vie c’était nos réalisations. Maintenant, je pense que c’est plutôt les contacts qu’on entretient et qui nous nourrissent. Journée satisfaisante, somme toute. Merci la vie!

Linda Vachon

Toile de Chantal Chabot

Mon nouveau tattoo: une ancre incorporée dans un signe de l’infini

Sylvie Santerre

Le fou du village -Linda Vachon