Femme de marin 2017-9 : Jeudi confession

Note à moi-même avant de débuter cette chronique : Me rappeler que cette chronique n’a pas pour but d’obtenir des hourras et des bravos, mais plutôt d’élaguer et d’épurer le chemin vers la transparence et l’honnêteté face à soi-même, ce qui est, somme toute, une forme d’auto-thérapie. Méchant programme!

Pendant que le Capitaine s’affaire sur l’île d’Égine à préparer Nomade II pour sa mise à l’eau et son plan de navigation pour l’été 2017, je peins dans mon atelier. Hier, j’étais en plein atelier de créativité avec ma mentor Sylvie Santerre, propriétaire de la Galerie l’Artiste et je n’étais pas fière de moi (bon, il m’arrive de l’être mais c’est pas as usual…). Je suis arrivée épuisée de 2 jours à me battre avec des maudites statistiques dont j’ai rien à foutre et j’avais les deux yeux cross side et la tête prête à éclater. Si ce n’avait été de mon amour inconditionnel pour Sylvie et de ma certitude que les ateliers de créativité me font le plus grand bien, je serais allée direct chez moi sans passer par Go et réclamer 200 $!!! Je me serais servi un bon verre de vino et je l’aurais cuvé sur mon couch en écoutant quelque émission insipide, histoire de faire de la place dans mon cerveau.

Mais bon, je me suis dirigée vers la Galerie et j’ai eu le temps de décompresser en soupant avec Sylvie avant l’atelier. C’était une bonne chose. Les ateliers me font un plus grand bien, mais ça me confronte aussi à quelque chose que je n’avais pas vécu avant. Je m’explique. Je crois l’avoir déjà écrit dans une ancienne chronique mais pour celles et ceux qui me suivent depuis peu, je vais résumer.

Mon père était peintre narcissique. Des trois enfants, j’étais la seule qui a hérité de son don. A l’adolescence, je m’étais mise plus sérieusement à peindre et j’avais exposé sur les murs de ma chambre mes premières œuvres. Un jour que j’arrive à la maison, tout avait disparu. Devant mon étonnement, mon père me dit qu’il avait jeté mes « cochonneries », étant le seul dans la maison à décider de ce qu’il y aurait sur les murs. Inutile de vous dire que ma réaction fut de jeter tout mon matériel au bout de mes bras! Toute ma vie, jusqu’à 50 ans, je n’ai plus jamais retouché à un pinceau, oubliant même que j’avais ce don. Ici, s’arrête le bout larmoyant de cette chronique. Vous pouvez serrer vos mouchoirs…

N’importe quel être humain, aussi complexe soit-il, a besoin de reconnaissance et la première manifestation doit, idéalement, arriver de ses parents. Bon, on peut dire que cet épisode de mon histoire a été complètement raté… Mais l’être humain faisant preuve de ressources insoupçonnées, j’ai surmonté (du moins, c’est ce que je croyais) cette défaite et j’ai continué mon chemin en prenant une autre route… jusqu’à ce que je rencontre Sylvie et ses ateliers de créativité!

C’est que, voyez-vous, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, il faut savoir que Sylvie est passé maîtresse dans l’art de déjouer votre contrôle. Vous pensez gérer quelque chose dans votre vie? AHAHAHAHAHA, damn you!! Et le pire c’est que vous vous surprenez à vous laisser aller dans son sillage, et vous vous laissez guider béatement!

Donc, depuis que je suis ses ateliers, je découvre plein de possibilités, mais aussi mes limites. Je me bats sans cesse avec moi-même à me stopper dans ma comparaison avec ce qu’elle fait, ce que Linda Vachon fait et tous les artistes que je connais de près ou de loin. Je me surprends à me demander comment ils font pour obtenir tel ou tel résultat, tel ou tel effet. Argnnnn!!! Encore hier, je faisais un fond de toile que je trouvais personnellement dégueulasse alors que toutes les autres participantes trouvaient ça super. Ben coudonc…Je dois souffrir de myopie artistique!

Je suis rarement satisfaite de moi-même, surtout en ce qui a trait à mes talents artistiques. Je vis toujours un moment de grande détresse lorsqu’arrive une exposition collective. Ne me demandez surtout pas si je suis proche de faire une exposition solo. OMG!!!

Ce soir, je suis dans mon atelier et je peins un fond de toile. Je sais que mon idée de départ va changer en cours de route. Sylvie m’a appris ça. Elle m’a appris aussi que c’est pas grave, que c’est une étape obligée et nécessaire parce que ça fait partie du processus. Mais malgré tout ça, les vieilles habitudes font comme Donald Trump à l’OTAN dernièrement : ils tassent tout le reste pour se mettre à l’avant! Crissss…. Donald, étouffe!!!!  Je pensais que c’était réglé cette affaire-là!

Mais le simple fait que j’en sois consciente, c’est au moins ça de pris, hein? Je suis un Work in Progress jusqu’à la fin de mes jours. C’est quand même réconfortant et c’est une façon de me reconnaître.

Fond de toile qui va servir à créer quelque chose un moment donné…. Laisse glisser, ma vieille!!

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