Femme de marin 2017-08: Merci la vie!

Viens d’aller mener le Capitaine à l’aéroport. Arrête à la Galerie l’Artiste pour aller chercher mes petites toiles que Sylvie Santerre, la propriétaire, m’a faites. Je suis admirative. Petite jasette devant un café, puis retour à la maison pour les installer. En chemin, le Capitaine appelle. Il attend son embarquement. Il me dit

  • J’espère que tu vas profiter de ta liberté.

Je rigole. Comme si j’étais pas libre quand il est là. Je rectifie :

  • Dis plutôt : J’espère que tu vas profiter de ta solitude!

Les petites mésententes et les humeurs en dents de scie des derniers jours s’estompent et s’effacent. C’est toujours comme ça la dernière semaine avant qu’il parte. Tous les deux, on a hâte qu’il s’envole. Notre couple est fait de même. C’est pour ça qu’on s’ennuie jamais ensemble! On a hâte au départ, on attend fiévreusement les retrouvailles et on trépigne au retour. Je ne saurais plus vivre autrement. Je ne ressens plus les déchirements du début, il y a 10 ans, lorsque mon Capitaine partait pour quelques mois, même si chaque départ me rend encore un peu vaseuse. C’est devenu ma vie. Au début, j’attendais de longs mois sur le quai. Maintenant, je le meuble. Ce quai qui n’était pas le mien, est devenu un espace à habiter, à personnaliser.

Arrive à la maison, installe mes nouveaux Santerre et prends une photo, satisfaite de ce nouvel ajout de beauté et de zénitude à mon environnement. Devant moi, 3 petits Santerre. A gauche, 7 petits Hamel. Dans le salon, 1 Vachon. Au sous-sol, dans mon atelier, 2 Vachon et 1 Chabot, en plus de mes toiles. Tous des artistes que j’admire pour leur talent, mais aussi pour leur authenticité (bon, je m’inclus aussi avec modestie, ahahah).

Un nouveau cycle commence. Le vélo est sorti de son antre, nettoyé, pneus gonflés. J’irai demain s’il fait beau. Pour l’instant, j’ai besoin d’ordre. Je me sers un verre de Sablette (ça fait la job) et je me demande par où commencer. L’atelier est dans un foutu désordre. Quand je veux créer, j’aime que l’espace soit clean, histoire de laisser la créativité prendre toute la place. Sylvie et moi, on se ressemble entre autres sur ce point. Je reçois 2 Sacoches (peut-être 3) à souper vendredi, j’ai donc la semaine pour ramasser.

Mon deuxième article dans la revue l’Escale (et sa version québécoise Le Hublot) sera publié sous peu. Me reste quelques toiles à faire pour l’exposition d’Artistes de cœur en novembre. J’ai le temps. C’est comme un second souffle où je remercie la vie de me faire un cadeau d’exister encore : des toiles d’artistes que j’aime profondément, des voyages qui me permettent de voir des contrées auxquelles je n’aurais jamais pensé accéder sans le Capitaine, un voyage en Grèce avec ma grand chum que je ne pensais pas possible, un tattoo pour célébrer une décision que je n’aurais jamais pensé prendre, soit traverser l’Atlantique cette année (il y aura sûrement une conférence qui va suivre l’an prochain),  des projets de créativité qui n’auraient pas été possibles sans la rencontre de Sylvie dans ma vie, un événement triste autrefois qui a fait naître une amitié profonde entre Claudine et moi, des voyages réguliers à Québec qui entretiennent mon lien indéfectible avec mes potes Guylaine et Christine.

Je tempête, je chiale, je rage, mais au fond je sais que je suis bénie d’avoir des liens aussi profonds avec certaines personnes même si je suis une louve plutôt solitaire. Sylvie m’a dit aujourd’hui : « T’as pas l’air de quelqu’un avec qui c’est difficile de vivre ». Me voyais pas de même et je suis pas sûre que le Capitaine en dirait autant, mais ça m’a fait du bien. Mis à part le fait que je n’endure pas trop longtemps plein de monde autour de moi, il est vrai que je m’allège avec les années. J’endure moins de choses qui font pas mon affaire et je dis plus ce que je pense, n’en déplaise à certaines personnes. J’essaie de porter moins de stress sur mes épaules et je relativise plus.

Au début, je pensais que ce qui définissait notre vie c’était nos réalisations. Maintenant, je pense que c’est plutôt les contacts qu’on entretient et qui nous nourrissent. Journée satisfaisante, somme toute. Merci la vie!

Linda Vachon

Toile de Chantal Chabot

Mon nouveau tattoo: une ancre incorporée dans un signe de l’infini

Sylvie Santerre

Le fou du village -Linda Vachon

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