Femme de marin 2015-30: Chronique d’un matelot de Carthagène aux Iles Canaries

J’ai déjà dit dans une de mes chroniques antérieures que j’acceptais une vie de couple à distance, mais qu’au-delà de 5 mois d’absence, c’était trop. Mon idéal de couple n’a jamais été de vivre avec un fantôme! Par contre, parfois, il y a des exceptions. Il y a Robert et Denise qui ont toujours navigué ensemble. Il y a Denise qui a perdu sa bataille contre le cancer au printemps dernier. Il y a Robert qui est assis dans mon salon et qui raconte sa peine et l’obligation de ramener le bateau de l’Europe, maintenant que Denise n’est plus là. Assise devant Robert et le Capitaine, je sens le désarroi de Robert et l’envie silencieuse du Capitaine de faire quelque chose pour aider son ami… Et il y a moi qui ouvre la bouche pour proposer au Capitaine de faire une partie de la traversée…

Voici donc un petit compte-rendu du Capitaine redevenu matelot, l’espace de 3 semaines, pour mettre du baume au coeur d’un ami:

« Je suis parti de Montréal le 11 novembre dernier pour Malaga où je devais rejoindre Robert sur son voilier Eccentricity afin de lui donner un coup de main à convoyer son bateau jusqu’aux îles Canaries. Il faut savoir que Robert, avec l’aide de Benoit, avait déjà préparé le bateau, l’avait mis à l’eau et avait quitté Marmaris en Turquie le 21 octobre dernier pour le convoyer jusqu’à Valetta à Malte, en passant par la splendide île de Symi (Grèce) d’où ils avaient fait leur entrée dans l’Union Européenne. Ensuite, ils s’étaient arrêtés à Santorini le 23 octobre avant d’arriver à Malte le 29 octobre pour une navigation de 530 milles marins de Santorini.

De Malte, Eccentricity fût rejoint par Alain pour la deuxième partie du convoyage, soit le départ de Malte le 4 novembre pour Carthagène le 11 novembre. Ce fût un trajet sans problème de 775 milles marins, mais aussi sans vent donc presque complètement au moteur. Vu que le bateau était déjà à Carthagène et que j’arrivais à Malaga le 12, j’ai offert à Robert de prendre le train de Malaga pour les rejoindre. Nous avons donc quitté le port de Carthagène le 13 en après-midi, direction les Îles Canaries. Après 7 jours de navigation, nous sommes entrés à la marina Lanzarote sur l’île de Lanzarote, avec un total de 878 milles nautiques. Lors de notre séjour, nous avons loué une voiture pour faire le tour de cette île splendide avec des gens qui savent recevoir. J’y aurais passé plus de temps.

Le 22 novembre, nous quittions Lanzarote pour l’île de Fuerteventura qui se situe un peu plus au Sud. Après 57 milles, nous atterrissions à Gran Tarajal, une autre bonne marina, mais la disponibilité des services ne se compare pas à Lanzarote. Benoît et Alain en ont profité pour faire une randonnée pédestre jusqu’à Las Plagiats et revenir en autobus, tandis que Robert et moi prenions l’autobus direction de Cala Calma avec l’espoir de louer une moto. Arrivés trop tard, nous en avons profité pour explorer cette station touristique avec ses plages de sable fin à perte de vue et axée sur le surf et kite surf. Nous avons ensuite repris l’autobus jusqu’à Morro Jable, qui se trouve être la fin de la route, avec son port pour traversiers et bateaux de plaisance. Jolie promenade, mais c’est tout ce que nous avons pu explorer. De retour au bateau en soirée, nous avons décidé de quitter le lendemain matin pour Las Palmas, la capitale des Îles Canaries sur l’île Gran Canarie. Avec un trajet de 77 milles, nous avons quitté le port à 4h10 pour une belle traversée sous génois et trinquette, vent de travers variant de 10-15 nœuds pour augmenter à 15-20 et des pointes de 25. Une fois passé la pointe Sud-Ouest de Fuerteventura, nous avons été bercés par des vagues d’une bonne moyenne de 15 pieds.

Arrivés le 24 en fin d’après-midi à Las Palmas, après avoir rangé sommairement le bateau, nous en avons profité pour aller prendre un bon repas sur le bras du capitaine. Les jours suivants ont été occupés à nettoyer, ranger et réparer le voilier le plus possible. Samedi le 26, Robert, Benoît et moi-même en profitions pour louer une auto et faire le tour de l’île de Gran Canarie, plutôt sans grande beauté sur le littoral sinon de merveilleuses plages plus au Sud. Il faut dire, cependant, que la beauté de ses paysages montagneux une fois à l’intérieur des terres est à couper le souffle!

Aujourd’hui, 1er décembre, je suis à Charles-de-Gaule attendant mon vol pour Montréal.

Bonne journée à vous tous.

Serge »

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