Femme de marin 2015-29: Quand le concret et l’abstrait se complètent

La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille ou un flot ininterrompu d’événements qui se succèdent. Il y a des moments qui s’étirent et d’autres qui vous poussent sérieusement dans le cul! Il y a des hauts et des bas, des moments de grâce et de creux. Des moments de fébrilité aussi. Et c’est dans cette vague que je me situe présentement.
Résumé des derniers mois :
Quand on forme un couple, les grandes décisions de la vie ne peuvent se prendre seul. Il faut savoir s’ajuster et faire en sorte que les deux y trouvent leur compte. Depuis quelques mois, je réfléchissais à une discussion que nous avions eue, le Capitaine et moi, l’an passé, à savoir ce que nous allions faire lorsque je serais à ma retraite. Vendre la maison et s’installer à Québec ou pas? Une phrase m’avait laissée songeuse depuis et qui se résumait ainsi : Le Capitaine, en déménageant ses pénates dans ma ville natale, abandonnerait sa vie ici à Montréal. Les amis communs, les cours de navigation qu’il donne et qui le fait tripper, les rencontres mensuelles de retraités, tout cela me laissait songeuse.
Moi, quand j’avais décidé de venir vivre à Montréal il y a de ça 15 ans, personne ne m’avait suivie et n’avait abandonné sa vie pour moi. J’arrivais seule, inquiète, angoissée de ne pas connaître ce qui allait m’arriver. Je me lançais dans le vide et ma seule consolation était que si je me pétais royalement la gueule, moi seule allait en souffrir. Quand je songeais à ce que le Capitaine allait abandonner par amour, je n’arrivais pas à m’en réjouir. Reconstruire son réseau social dans la soixantaine est plus hasardeux que lorsqu’on est plus jeune. J’aurais retrouvé mes amies, la famille, mais une question me taraudait : comment en profiter pleinement alors que mon conjoint se coupait de la sève qui l’alimentait? Certes, connaissant le Capitaine et sa faculté d’adaptation, il demeurait que les choses ne seraient pas aussi faciles pour ce Citoyen du monde. Mon petit hamster s’activait dans ma tête pour trouver une solution qui fasse en sorte que tous les deux, on puisse s’épanouir.
La maison me fatiguait. Ce que j’appelle « ma maison croque » où rien n’’est à l’équerre, n’est pas « conviviale » selon mes critères. J’avais donc proposé une alternative : ne plus aller à Québec et lui laisser décider à quel endroit on allait vivre afin qu’il puisse continuer ses activités. Quant à moi, comme je planifiais de donner des cours de peinture à ma retraite, j’avais juste besoin d’un atelier suffisamment grand pour recevoir des artistes en herbe. La rive-sud de Montréal fût donc choisie. Cet automne, nous avions mis la maison en vente après y avoir fait quelques rénovations prioritaires. Nous avions choisi sa nièce Stéphanie comme courtier immobilier pour réaliser ce projet. En passant, si jamais vous demeurez dans la région de Montréal ou en périphérie, je vous la conseille (http://www.remax-quebec.com/fr/courtiers-immobiliers/stephanie.paul/index.rmx). Elle est vraiment hot!!!
Donc, visites de maisons et coup de cœur : on jette notre dévolu sur un magnifique petit semi-détaché de Candiac : table mise comme si on était à une heure de recevoir les amis, petits chocolats sur le comptoir de la cuisine, tentures qui « fit » avec la décoration. Tout y était, et moi je flottais.
Offre d’achat conditionnelle acceptée faite à la vente de notre maison. Le stress commençait à se poindre le bout du nez. Ma deuxième visite avec l’inspecteur de la maison m’a fait déchantée. Il y avait beaucoup de travaux à faire, si bien que cela relevait considérablement l’investissement à y injecter. Déjà je me demandais comment j’allais faire pour tout caser dans cet espace beaucoup plus petit que notre maison, et ce, même en se débarrassant du superflu. Le « home staging » avait atteint sa cible la première fois, mais la deuxième visite était plus « terre-à-terre ». Marcel, notre inpecteur, m’avait prise par les épaules en me disant : « Ce soir, c’est pas l’ami qui est là mais l’inspecteur en bâtiment. Tout ce que je vais te dire va être négatif ». C’était son rôle et je vous jure qu’on lui doit une fière chandelle pour tout le travail accompli!
Je vous passe les péripéties qui ont suivi en vous disant simplement que cela a abouti à un retrait de notre part. Nous revenions à la case départ puisque notre maison n’était  toujours pas  vendue. Le hamster se remettait à faire un marathon dans ma tête et c’était loin d’être un bon signe…
Quand tout se bouscule dans votre boîte à poux,i il est toujours sage de prendre du recul et de se donner le temps de réfléchir. Je peux vous dire que pour moi, arrêter de réfléchir c’est pas de la tarte! Mais en contrepartie, comme j’aime toujours à dire : « Après tout, on n’est pas dans une urgence d’hôpital et aucune vie n’est en danger ! »,
Toutes les maisons visitées m’apparaissaient trop petites, si bien que j’ai réalisé que nous avions déjà une très bonne maison mais qu’elle était mal utilisée. J’ai donc révisé mes plans.

Deuxième alternative proposée au Capitaine : « Et si on ne vendait pas la maison et qu’on décidait de faire des rénovations pour la mettre à notre goût? ». Là, je revois encore le Capitaine me fixer avec des yeux de merlan frit, l’air un peu inquiet à l’idée d’entendre ce que j’allais proposer mais aussi de dire, le regard acéré : « Cause toujours, tu m’intéresses ».
« Sacrament », je me lance : « On finit tout le sous-sol. On met les planchers sur le béton à l’époxy, on ferme les murs dans ton atelier. La chambre du fond devient ton atelier. Mon atelier devient la salle de séjour et la bibliothèque. Ton atelier devient mon atelier où je pourrai donner des cours de peinture ». (Ça va? Vous me suivez toujours?) Et je continue, volant d’une pièce à l’autre: « On abat le mur entre la cuisine et la bibliothèque et on se fait une belle salle à manger avec un ilôt. On rajoute des armoires dans la cuisine. Plus tard, on fait un walk-in dans la chambre à coucher et on refait un beau grand meuble dans la salle de bains »,
BINGO!!! Bonsoir, on est partis!!!
On dessine des plans, on fait évaluer les travaux par notre cher Marcel, on fera les travaux nous-mêmes. Durant les dernières trois semaines, le Capitaine est parti aider notre ami Robert à traverser son voilier de la Tunisie aux Iles Canaries. Durant ce temps, je magasine des chaises pour notre nouveau set de cuisine, des luminaires, des chaises d’ilôt, stores et rideaux, rencontre la designer pour concrétiser notre projet. Je trippe fort!!! J’ai la tête aux rénovations et le hamster n’a pas le temps de s’en faire sur le « que fais-je, que peux-je, que veux-je? ». Les rénovations c’est vraiment la solution aux problèmes existentiels.
Futile, direz-vous? Quand j’étudiais en orientation, on était une gang de filles à se dire que l’Homme idéal c’était un gros R (R pour type réaliste selon la typologie de Holland). Pour ceux et celles qui ne savent pas de quoi je parle, sachez que le type de Holland se décrit ainsi : «
Les personnes de ce type exercent surtout des tâches concrètes. Habiles de leurs mains, elles savent coordonner leurs gestes. Elles se servent d’outils, font fonctionner des appareils, des machines, des véhicules. Les Réalistes ont le sens de la mécanique, le souci de la précision. Plusieurs exercent leur profession à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur. Leur travail demande souvent une bonne endurance physique et même des capacités athlétiques. Ces personnes sont patientes, minutieuses, constantes, sensées, franches, pratiques, concrètes, simples ».
Toutes les femmes souhaitent avoir un type R dans leur maison (avis aux gars qui ont les mains pleins de pouces!). C’est un secret de polichinelle. C’est bien beau de se centrer sur son nombril et se poser des questions sur le sens de la vie, mais quand on n’arrive pas à poser une tablette, c’est toute notre journée qui est foutue en l’air! Je vous entends déjà: « Tabarnak d’ostie de tablette! ». Y a juste ça qui vire dans la tête!
Moi, j’ai besoin d’un environnement zen pour finir mes jours. Toute ma vie, je me suis questionnée sur le pourquoi du comment. Aucune réponse ne m’a complètement satisfaite. Mais quand je vois à quel point une tablette bien posée ou une armoire à l’équerre ne me gruge pas d’énergie négative et me laisse tout le loisir de focuser sur mon nombril, je ne taris pas d’éloges sur le gros R qui m’a permis de me concentrer sur des choses plus importantes dans la vie. C’est niaiseux mais c’est de même!
En passant, je ferai ma première exposition du 2 au 6 décembre au centre multifonctionnel de Saint-Lambert (http://www.artistesdecoeur.com/acceuil/Bienvenue.html). Le vernissage aura lieu le 2 décembre, de 18h00 à 21h00. Venez m’encourager. J’espère vous y voir en grand nombre!

2 réflexions au sujet de « Femme de marin 2015-29: Quand le concret et l’abstrait se complètent »

  1. Mado, on ne s’est jamais rencontré mais j’ai toujours un immense plaisir à lire tes rubriques, le Capitaine est bien chanceux et je pense que tu l’es tout autant. Vous formez une drôle de paire et je suis honoré de faire partie même de loin de votre cercle de connaissances.

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