Femme de marin 2014-20: Miscellaneous

J’aurais voulu en cet instant lui offrir le corps parfait de mes vingt ans, que j’avais abandonné si facilement parfois à des garçons légers ou insouciants.(L’anglais, Denise Bombardier)

Le poids et moi…

Ce matin, j’étais à la cafétéria de mon lieu de travail quand j’entends prononcer mon nom sur un ton du genre : « Hein! C’est vraiment toi que je vois? ». Je me retourne et vois une collègue d’un autre service que je n’ai pas rencontrée depuis au moins 2 ans. Lorsqu’elle se rend compte que c’est vraiment moi, elle redouble de surprise, me soulignant que j’ai donc maigri et me demande si j’ai été malade.

Je lui résume en quelques phrases mes aventures « bariatriques » des 2 dernières années, on jase un peu et je me dirige par la suite à mon bureau. Je ressentais quelque chose d’étrange en-dedans de moi car même si la balance m’indique que j’ai perdu 20 kilos (43 livres exactement), même si j’ai dû m’acheter de nouvelles pointures de vêtements, même si je vois bien que mon visage a dégonflé, il me semble que le miroir ne me renvoie pas une image si changée de moi-même. Je conçois cependant que c’est plus apparent pour quelqu’un qui ne me voit pas souvent. Serait-ce moi qui ai imprimé dans mon cerveau une image difforme depuis si longtemps au point que cette image refuse de s’estomper au profit de ce que les autres voient dans une réalité toute différente? Je me pose cette question parce que dernièrement j’ai retrouvé une image de moi à 18 ans, photo qui me montre que j’ai un poids relativement normal alors que je me voyais plutôt très enrobée. Et je peux comprendre facilement les femmes qui ont perdu 100, 200 livres et plus. Certes, elles ont perdu du poids et gagné une fierté, mais ont-elles perdu l’image qu’elles se sont toujours faites d’elles-mêmes?

Moi 18 ans

Les hommes, pour la majorité, se voient toujours mieux qu’ils le sont (ou du moins ne s’en font pas trop avec ça), tandis que nous les femmes… J’ai développé tellement d’inquiétudes inutiles sur l’image que je projetais, sur le physique que j’avais. Tout ce temps perdu alors que j’aurais pu en profiter tellement plus que ça. Et je me dis aussi que si j’avais consommé davantage, je me serais probablement consumée, et je n’aurais pu vivre d’autres joies par la suite. Maudit qu’on est mal faites, surtout dans notre tête!! Il y a une amélioration par contre : j’ai décidé que ce n’est pas moi qui décide (paradoxal, je sais) mais mon corps. Je le nourris du mieux que je peux et c’est lui qui verra à stabiliser son poids.

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L’univers et moi…

Ma psy m’a dit l’autre jour que j’avais un esprit beaucoup plus hyperactif que la moyenne des gens. En d’autres mots, le petit hamster dans ma tête n’arrête jamais de tourner, usant les batteries pas mal plus vite que leur durée normale (me demande souvent pourquoi je suis fatiguée à ce point!!).

Il appert que malgré toutes les connaissances que j’ai en psychologie, en observation et comportement humain, en existentialisme, en philosophie, en orientation et en tout ce que vous voudrez, ma réaction première est souvent de pester contre les « imprévus » de la vie lorsqu’ils se présentent. Ben oui, comme disait mon mentor lors de mes études de maîtrise : « On est comme nos clients, tout aussi humains et faillibles. Et tout comme eux, lorsqu’il s’agit de prendre des décisions pour nous-mêmes, on n’est pas meilleurs juges! ».

Donc à chaque fois qu’un aléa arrive, j’ai besoin d’un temps d’adaptation nécessaire afin de passer à l’étape d’acceptation de ce qui m’arrive. Et la durée de ce temps d’adaptation dépend de ce que j’ai vécu dans la journée ou dans les jours qui ont précédé. Si une constellation de problèmes s’est abattue à mon bureau durant le jour et que je doive, en plus, régler des problèmes d’ordre pratique lorsque j’arrive à la maison (surtout durant la période où le Capitaine est absent), il y a de fortes chances pour qu’il me soit très difficile de me mordre le gros nerf en respirant d’une façon zen. Vous aurez compris qu’il y a eu dernièrement un trafic inhabituel de petits imprévus à régler, qu’à cause du stress généré je mange beaucoup moins (je fais de l’obstruction face à mon corps, hon!), et pourquoi le Capitaine me manque particulièrement. Il y a beaucoup d’avantages à vivre avec un homme, vous savez 🙂

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A l’âge respectable où je suis rendue, je devrais définitivement accepter que la vie ne se déroule pas sur un beau fil tendu vers la récompense ultime. Je devrais aussi accepter une fois pour toute que ce n’est pas la destination qui est importante mais le parcours, aussi sinueux puisse-t-il être. Et si je faisais cela, je sais que je m’éviterais bien des moments d’angoisse et de désagrément… mais je perdrais le titre dont m’a affublé la pote Guylaine un jour : « Oh, Drama Mado », et je ne ferais plus rire personne!

 

Le Capitaine et moi

A chaque fois que le Capitaine part, je ressemble toujours à ça :

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Puis, au fur et à mesure que les semaines passent et que les obligations domestiques m’incombent seule, je commence à ressembler à ça :

Femme de marin breton

Bon, j’ai de moins en moins l’air de la Bretonne mais passons. Mon plan de vie ressemble à un joli petit Manoir habité par un cuisinier qui me ferait des petits plats santé, un psychologue qui m’accompagnerait dans mes prises de conscience à tous les niveaux, un homme à tout faire qui saurait tout faire et un jet privé qui m’attendrait à l’extérieur pour m’amener vers mon Capitaine quand je m’ennuie trop de lui. Mais l’Univers a décidé de m’installer dans une petite maison ou rien n’est à l’équerre et où les plats ne se cuisinent pas tout seul, où je me sens dépendante dès que j’ai besoin de quelqu’un de bricoleur plus doué que moi et le seul avion qui m’attend m’a soutiré 1,600 $ pour aller rejoindre le Capitaine. Quant au psy, je n’ai droit qu’à 12 séances par an, donc si je l’utilise, aussi bien être concise et aller droit au but!

Mais une chose que je sens profondément en moi c’est qu’au-delà des transformations que je subis par l’âge, la maladie ou les problèmes, je sais que le Capitaine m’aime. Et s’il arrive des jours où j’en doute plus, il y a toujours ce petit miracle qui arrive au bon moment, un petit mot ou une caresse emportée par le vent qui me dit que j’ai tort de douter. Le Capitaine a toujours le bon timing.

 

 

 

 

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