Femme de marin 2014-6: Post-op

Vendredi, 14 mars, jour de mon opération. Ils m’ont gardé toute la journée et j’étais bien contente car j’étais plus étourdie que la première fois. La douleur est aussi différente. Plus pénible et ressentie, comme une chape qui m’entoure le corps. Ce n’est que le soir que je retourne à la maison et la première nuit est assez pénible. Je dois dormir légèrement assise afin d’éviter les reflux gastriques. De toute façon, la douleur au ventre me transperce le dos et ravive mon hernie dorsale. Aucun médicament anti-douleur ne fait effet. Ils m’ont donné un dérivé de la morphine mais ça n’agit pas et en plus, ça me donne des maux de cœur et je dois vomir le moins possible!

Samedi, 15 mars. On dirait que je régresse. La douleur est toujours aussi présente et je crois que c’est dû aux effets de l’anesthésie, mais aussi à l’air injecté dans l’abdomen afin de repousser les organes pour mieux travailler. La douleur est vraiment pénible et ne me laisse aucun repos. J’essaie de nouveau le dérivé de la morphine : même réaction, mêmes maux de cœur. Je délaisse le médicament pour mon anti-douleur pour le dos. Celui-ci semble faire plus effet mais il est dur à avaler.

J’ai maintenant une belle « sleeve » (gastrectomie verticale [i]) et je dois y aller lentement et par toutes petites quantités au début afin d’habituer mon nouvel estomac à l’ingestion de nourriture. La grande différence avec la plicature gastrique que j’avais eue il y a 2 ans réside dans le lieu de la douleur. La première opération consistait à replier l’estomac, si bien que ce dernier cherchait naturellement à reprendre sa position normale au début, ce qui donnait de violents spasmes et des reflux gastriques assez impressionnants. Cette fois-ci, comme il s’agit de l’ablation d’une partie de l’estomac, il n’y a presqu’aucun spasme et aucun reflux à date, mais je ne prends pas de chance et continue d’absorber mon anti-reflux. J’ai peu mangé aujourd’hui. A peine quelques bouchées de Jello protéinée et de jus d’orange additionné de protéines. Le premier mois, on doit mettre des protéines dans tout, ceci afin d’aider l’organisme qui ingère peu. Par contre, je dors beaucoup et partout : devant la télé, devant l’ordinateur. Je dois récupérer le plus possible ce que je perds la nuit. Les journées n’en finissent plus et sont un peu ennuyantes mais je fais mon temps, comme on dit. Je sais que cette étape ne devrait pas être trop longue.

Je dois aussi m’injecter un anti-coagulant dans le ventre pendant 21 jours, ceci afin d’éviter les éventuels caillots. Ce n’est pas vraiment une partie de plaisir mais ce qui doit être fait, doit l’être… Je me couche en espérant que cette fois-ci, la nuit sera un peu mieux. Je dois aussi porter des bas-support, 24 heures sur 24, jusqu’à lundi, bas que je passe mon temps à remonter et je me rappelle combien j’ai toujours détesté les bas jarretières autofixants. Je blague avec mon chéri en lui disant qu’à mon âge les bas n’ont pas la même fonction qu’autrefois. Il  me répond que de toute façon, cette lingerie ne l’a jamais excité!

Dimanche, il est 1h30 du matin. Comme par les 2 nuits passées, je dors peu (par tranche de 1 à 2 heures). Je me lève et marche un peu, puis retourne me coucher et fais un autre bout. La douleur est encore présente et je dois réveiller le Capitaine pour qu’il puisse m’aider à me lever et, par la suite, me recoucher. A chaque fois je m’en excuse; à chaque fois, il répond que ce n’est rien, que ce n’est pas grave et que ça ne le dérange pas. La manœuvre consiste à mettre mes bras autour de son cou afin qu’il me soulève pour me mettre debout. A chaque fois, j’en profite pour lui voler un baiser. Même petit stratagème au coucher. Nous avons aussi un autre système : quand il est au sous-sol et qu’il fait ses exercices sur le tapis roulant ou qu’il écoute un de ses programmes à la télé, si j’ai besoin de lui je dois donner 2-3 coups de canne au plancher afin qu’il me comprenne. Parfois, je l’appelle. Il ne rechigne jamais et s’exécute avec le sourire.  J’ai l’homme le plus dévoué au monde. Je suis vraiment chanceuse!

La convalescence suit son cours.


[i] Cette intervention consiste à enlever par laparoscopie, la partie externe de l’estomac. On laisse, à toute fin pratique, un mince tube gastrique vertical qui ne pourra contenir qu’une portion restreinte d’aliments,et qui se laissera plus difficilement distendre. De plus,en enlevant ce qu’on appelle la grosse tubérosité gastrique, on se trouve à enlever une source de sécrétion d’hormones qui contrôlent la faim

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