Femme de marin 2014-5: Cette singularité qui nous lie…

Il me souriait et j’ai eu la conviction intense et immédiate que le bonheur est un effleurement et que le miracle prend parfois les traits d’un homme (Denise Bombardier, Et quoi encore!)

 

Parfois, je ferme les yeux pour capter la grâce du moment. Cela ne concerne en rien ce que je vois : un paysage enchanteur, une famille de canards qui traverse la route de façon impromptue, un arc-en-ciel après la pluie, la brume qui se lève sur le lac tôt le matin, ou la voûte étoilée qui s’étire sous mon regard alors que je suis étendue sur l’herbe.

Non, je ferme les yeux pour mieux reconstituer certaines images de mon passé et me rappeler que je viens de loin. La grâce c’est de sentir le moment parcouru et d’être là, simplement, « groundée » au sol..

Je suis entrée dans cette relation sur la pointe des pieds, comme on ouvre une porte délicatement, convaincue qu’il vaut mieux, parfois, ne pas réveiller les silences.

Il faisait un froid sibérien ce jour-là. Nous nous étions donné rendez-vous dans un petit bistro près de chez-moi parce que je n’avais pas de voiture et que ça ne me tentait pas de me taper des kilomètres supplémentaires pour aller rencontrer un homme dont je n’étais pas sûre qu’il me plaise vraiment. Nos quelques conversations téléphoniques et échanges épistolaires semblaient prometteurs mais j’avais accumulé un nombre record d’échecs amoureux durant les deux années qui avaient précédé et mes ardeurs s’étaient considérablement  refroidies. À force de jouer aux montagnes russes avec mes espoirs, mon cœur s’était dangereusement affadi avec le temps.

En fait, c’était toute ma conception de l’amour qui était remise en question et depuis un moment, je jonglais avec l’idée qu’il valait peut-être mieux demeurer célibataire jusqu’à la fin de mes jours. Ainsi, je limiterais les dégâts, pour moi-même et pour les autres.

Après dix ans de vie commune, j’ai toujours cette même conviction, non plus parce que l’amour a fait des ravages en moi, mais parce qu’au contraire, il m’a donné la chance de vivre, à l’automne de ma vie, une relation qui ne ressemble à aucune autre. Je ne crois pas qu’il y aura un « après-Capitaine », car pour cela il faut avoir envie de laisser entrer quelqu’un…

Vendredi, ce sera mon intervention. Il sera là pour me soutenir. Ne restera que 4 semaines avant la début de la 7e saison de navigation. Nous ajouterons des briques et du ciment à cette relation.

Vogue, vogue mon petit navire…

 

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2 réflexions au sujet de « Femme de marin 2014-5: Cette singularité qui nous lie… »

  1. Ah mon amie Mado, que j’aime te lire… que je t’aime. 😀 Je pense toi trs fort et t’envoie ma tendresse pour que ton opration se passe dans les meilleures conditions et que tu retrouves une sant digne de toi par la suite. Je t’embrasse fort, xxxxve

    Date: Tue, 11 Mar 2014 17:39:35 +0000 To: evemarcon@hotmail.com

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