Femme de marin 2014-01: La relativité des choses

A. − Caractère de ce qui est relatif.
− PHILOS. Caractère attribué à la connaissance humaine, soit parce qu’elle est imparfaite, limitée, soit parce qu’elle dépend de la constitution organique ou mentale du sujet connaissant, soit encore parce qu’elle varie en fonction de la relation même qui est établie (d’apr. Foulq.-St-Jean 1962).

Lundi, 6 janvier. Je suis au bureau et quelqu’un me dit : « Wow, tu as l’air vraiment reposée! ». Réponse de ma part : « Normal, je rentre de vacances. Reviens me voir vendredi. J’aurai l’air plus scrapée, plus normale quoi! ». Tout le monde rigole. Fondu au noir…

Début de la 2e semaine et je retrouve l’angoisse du travail et l’obligation d’attarder mon attention et mon énergie sur des choses relativement sans importance pour moi. C’est comme se dire que notre fonction de thérapeute nous fait comprendre notre client alors que dans notre vie intime on ne l’accepterait jamais dans notre entourage immédiat. C’est ça : je me retrouve dans des situations horripilantes, et incapable de m’en débarrasser alors que dans ma vie personnelle je serais à dix lieux de cet enfer! Go to hell and don’t come back!

Dîner avec deux collègues. La première revient d’une longue traversée du désert qui a duré 3 ans. La deuxième prend définitivement sa retraite après une transition progressive qui lui a été pénible. Elles ont un point commun : les maladies dont elles ont été affligées ont relativisé les choses. Fondamentalement, elles n’ont pas changé mais je les sens plus libres, plus sereines.

Moi, je me réveille toujours la nuit après une série de rêves qui n’ont rien de reposant : je me retrouve souvent dans une maison dont les portes ferment mal ou qui ont des serrures défectueuses. A tout moment, je crains qu’on entre chez moi. Ou encore, je suis à l’aéroport et je cherche mon passeport ou ma valise et craint de manquer mon vol. Parfois, c’est le stress d’arriver en retard à un examen scolaire.

Cette nuit, je devais déménager et malgré l’aide d’amis, je n’arrivais pas à empaqueter tout le fourbi qui traînait dans mon sous-sol. Mais malgré les variantes de ce qui semble être un thème récurrent, c’est toujours le sentiment ressenti au réveil qui est indicateur que les choses ne vont pas si bien : une angoisse diffuse qu’il me faut mettre de l’ordre dans ce que je fais, vague impression que je ne suis pas en paix, comme si le rêve continuait même si je suis réveillée.  

Je pense à une scène typique qu’on voit au cinéma : Notre agent spécial vient de se faire prendre et on le torture pour le faire parler. Sous les coups qui pleuvent, visage défiguré, il laisse poindre un rictus et sort de sa poitrine un rire gargantuesque. Ah! Il est fort, le type! Toutes ces années d’entraînement, de sacrifices et d’abnégation ont été récompensées! Vous êtes assis sur votre divan à manger un pop-corn et vous ne pouvez vous empêcher de fermer le poing et de lâcher un gros « Yes! » dans votre salon.

Sérieux, là…. Moi, ça m’est tellement difficile de relativiser les choses lorsque je suis prise dedans! J’en suis plutôt à jongler en me demandant comment je vais encore pouvoir « toffer », et combien de temps. Et c’est pas faute d’avoir essayé, deux, trois fois plutôt qu’une! Mais à si peu de temps de la retraite, je ne peux pas faire n’importe quoi là…

En fait, il me reste 5 ans. Cinq ans… C’est le temps que j’avais entre le moment où j’ai rencontré le Capitaine et sa traversée de l’Atlantique. C’est maintenant la moitié des années passées avec lui. Dans 5 ans, beaucoup de choses seront déjà reléguées au titre de souvenirs : la reprise de ma chirurgie bariatrique qui n’a pas marché la première fois, mon voyage en Irlande avec ma chère Alice, tous les autres avec mon cher amour, et toutes ces petites guerres intestines qui n’avaient tellement pas d’importance…

Peut-on relativiser sur le coup? J’écoute les propos de Lise Payette et je bave devant son implacable calme et sa belle sérénité. Tout le contraire de ce que je suis, argn…..

Une récente étude affirme que 52 % des Québécois sont heureux au travail (http://journalmetro.com/plus/carrieres/364022/le-travail-source-de-bonheur-pour-la-moitie-des-quebecois/). Comme le dit Pierre Côté, président de l’IRB, « Si le travail était un élément accessoire, on pourrait dire que c’est bon 52%, mais le travail, c’est incontournable, on bosse et on passe beaucoup de temps là-dessus».

Le travail c’est relatif, certes, mais si le travail c’est la santé, la souffrance au travail, c’est clairement une sale maladie. Et si j’en juge par la théorie des 5R du bonheur au travail (http://www.indicedebonheur.com/fr/articlesfr/theorie-cinq-r-bonheur-travail.htm), faut que je me pousse ou que je trouve des moyens pour relativiser de plus en plus les choses…

Durant ce temps, les nuits sont courtes et je peins…

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