Femme de marin 2013-42: Un chasseur sachant chasser…

Répétez après moi : « Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien ».

Je suis allée reconduire le Capitaine à l’autobus. Il s’est travesti en chasseur. Après 2 ans d’abstinence, le « call » de l’orignal a résonné dans ses oreilles, et c’est tout guilleret qu’il se dirige vers sa région natale, Rouyn-Noranda. Une retraite fermée, en plein bois, avec l’espérance de rapporter quelque chose à mettre dans le congélateur. Je ne l’envie pas du tout : les mouches, l’humidité, le froid…

Quant à moi, j’ai le cerveau dans la brume après 12 heures en ligne de travail sur la plus grosse révision du programme que notre département universitaire a entrepris depuis 10 ans. Même pas le temps d’aller pisser…

Ça a toujours été comme ça. Quand je travaillais à l’université Laval, je me claquais des semaines de 7 jours à corriger des journaux de bord et à mettre des commentaires personnalisés en espérant que mes étudiants pourraient y trouver matière à réflexion. Travail de moine… Calcul rapide : 26 semaines par an d’enseignement X moyenne de 12 journaux par semaine X une moyenne de 10 commentaires différents par journal X 7 ans d’enseignement = 21,840 commentaires, et tous individualisés. De quoi se faire une tendinite! Et ça vous développe une argumentation critique!

Une de mes forces : ma grande rapidité d’exécution. Ma chum Guylaine m’appelait « Ricochet-va-vite ». Je livrais à la vitesse de l’éclair. Mais avec les années, la madame commence à accuser du recul même si elle est toujours rapide. Autrefois, je me tapais des journées-marathon et je trouvais le tour de sortir en boîte 3-4 soirs par semaine. Le lendemain, j’étais fraîche comme une rose! Aujourd’hui, quand je me lève le lendemain, j’ai un air de déterré! Mon corps se venge… Dur, dur de vieillir parfois.

Discussion avec ma psy :

–          Si je comprends bien, vous êtes moins rapide qu’avant mais demeurez toujours plus rapide que les autres?

–          Euh… oui, mais je suis vidée présentement.

–          Bien, quelle raison votre patron aurait-il de vous fournir une assistante si vous livrez quand même dans les temps?

–          Euh… ouin!

Eh, la bonne femme, t’as 57 ans! Je dois ralentir le rythme, ou plutôt le répartir autrement. Je ne m’ennuie pas de l’ancien temps, loin de là. J’ai été performante, je le suis encore mais ça laisse des marques. Je rêve plutôt d’une job où je me la coulerais douce. Huit ans encore à tirer, mais j’aime à dire que c’est plutôt 6 ans, les deux dernières étant en retraite progressive.

Je me rappelle de mon mentor, Jean Leahey (un homme remarquable), du temps que j’étudiais à l’université, qui m’avait dit un jour qu’il en était à redéfinir ce qu’il voulait faire pour ses 10 dernières années de travail. Son statut lui permettait de faire ça. J’ai atteint le statut de Professionnelle et je m’épuise au travail.

Comme le chantait si bien Dalida, je rêve de « Caramels, bonbons et chocolat », de regarder la mer et me demander quelle sera la prochaine photo que je prendrai, la prochaine toile que je créerai, quel sera le prochain pays que je visiterai, quel visage aura l’enfant de ma fille et comment j’organiserai mon temps pour aller garder le petit ange le plus souvent possible. Des rêves simples, sans fioritures.

Répétez après moi : « Un rêveur sachant rêver doit savoir rêver sans… »

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