Enfin, l’Etna!

Enfin, j’ai pu faire mon excursion sur l’Etna. Nous avons choisi de faire celle de fin d’après-midi car la lumière est fabuleuse pour prendre des photos. Notre guide Marco arrive en jeep avec un autre couple d’Italiens vers 16h30. Puis, nous partons chercher 4 autres Italiens à leur hôtel. L’excursion se fera en italien et en anglais, langue que maîtrise très bien notre guide. J’ai appris par la suite que celui-ci avait fait des études de géologie et son doctorat à Londres. Nous avons été choyés côté informations. Marco était bien renseigné, connaissait son sujet et on voyait toute la passion qui l’animait lorsqu’il répondait aux questions.
L’Etna se situe sur une zone de contact entre la plaque africaine et celle européenne, là où l’écorce terrestre est structurellement plus mince et faible parce que fracturée et abaissée par un important système de failles de distension qui, avec une direction parallèle à l’actuelle ligne côtière de la Sicile orientale, a généré un grand escarpement en gradins qui se poursuit dans les profondeurs de la mer ionienne. Il y a 200,000 ans, ont émergé les premiers volcans dont le Calanna, volcan désormais éteint. Lorsque l’activité du Calanna cessa, l’érosion de ses flancs et de ses cônes volcaniques commença, il y a environ 80,000 ans, puis commencèrent l’activité des volcans Trifoglietto I et II. Ceux-ci étendirent leurs flancs dans le golfe. Il y a environ 64,000 ans, de terribles explosions vidèrent la chambre magmatique qui alimentait ces 2 derniers volcans. Ceci entraîna l’éboulement de leur cratère respectif créant ainsi la Valle del Bove, une énorme et désolée caldera volcanique, large de plus de 5 km. Par la suite, tout cessa pendant 30,000 ans. L’activité volcanique a repris il y a 34,000 ans avec l’ouverture d’un cône éruptif placé sur la zone occidentale par rapport aux volcans qui le précédèrent. Ceci donna naissance au volcan Mongibello (le dernier encore actif dans cette zone) qui, avec l’énorme quantité de lave éruptée, a soudé définitivement le massif volcanique de l’Etna et la côte orientale de la Sicile. Du point de vue strictement géologique, l’Etna est le résultat de la superposition d’au moins 4 différents édifices volcaniques, dont seul le dernier est actuellement actif (le Mongibello).
Le guide nous a expliqué que comme le volcan dégage toujours de la pression (la fumée qu’on voit au sommet en est la preuve), celui-ci est moins dangereux que le Vésuve qui lui ne dégage rien, gardant ainsi toute sa pression à l’intérieur, ce qui rend les explosions encore plus dévastatrices. La lave qui s’écoule de l’Etna avance à environ 5-6 mètres à la minute, ce qui laisse le temps aux habitants d’évacuer le territoire. On ne peut arrêter la lave mais simplement la détourner parfois. Les maisons sont détruites mais les habitants ont le temps de fuir. Il est quand même impressionnant de voir que tant de gens habitent si près du volcan, même si cela comporte un danger et que les maisons ne sont pas assurables.
Le guide nous informe qu’aux 10 ans à peu près il y a une grande explosion. La dernière ayant eu lieu en 2002, il était « réconfortant » de savoir qu’ils étaient dus pour une autre prochainement!!
De puissantes explosions sont générées par les cratères sommitaux ou par les cratères qui s’ouvrent le long des flancs du volcan. Ces explosions peuvent atteindre une hauteur de diverses centaines de mètres et projettent dans l’atmosphère une grande quantité de matériels rocheux, soit en fusion soit solide, créant de spectaculaires chorégraphies pyrotechniques visibles à plusieurs kilomètres de distance. Pour notre part, nous n’en avons vues aucune lors de notre visite. Mais à la lumière du jour, que voit-on sur les flancs de la montagne après une nuit de terribles explosions? Rien d’autre que des fragments rocheux, plus ou moins grands, distribués sur les flancs du volcan en fonction de leur dimension. Les plus grands fragments ont un diamètre entre 10 et 50 cm et on les appelle des bombes volcaniques. Les Lipilli, fragments plus petits de l’ordre de quelques centimètres peuvent être lancés plus loin, tandis que les cendres volcaniques sont transportées par le vent et rejoignent souvent les centres habités le long des pentes du volcan, la ville de Catane et parfois sont même disséminées dans la Méditerranée. Aucun risque de pluie incandescente ne menace les villes parce que la distance parcourue est telle que les cendres ont le temps de refroidir en vol et retombent au sol complètement inertes.
Le guide nous a montré en premier le résultat de la coulée de lave de 1992, un amoncellement de lave transformée en roches sur lesquelles nous avons marché. Il nous expliquait que la lave est si forte et chaude que lorsqu’elle effleure à peine une maison, celle-ci s’écroule en en temps record. Le refroidissement commence déjà dans les premières phases d’écoulement et intéresse les portions les plus externes, celles qui sont en contact direct avec l’air froid. Rapidement, une épaisse croûte, qui se solidifie en blocs dentelés et en plaques anguleuses, recouvre les zones les plus intenses et chaudes de la coulée de lave, ralentissant ainsi la dispersion de chaleur, la maintenant fluide et en mesure d’avancer. Les blocs et les plaques de la partie supérieure de la coulée flottent amassés de manière désordonnée sur la lave fluide et forment parfois des tunnels dans lesquels la lave continue d’avancer. J’ai pris une photo d’un de ces tunnels. Rien ne peut arrêter la lave qui, lorsqu’elle rencontre un obstacle sur son parcours, l’entoure, la surmonte et l’englobe. L’énorme masse de lave chaude avance. A peine si parfois on peut tenter de contourner la lave, mais jamais on ne peut l’arrêter. Nous voyons sur une photo une maison presque engloutie par la lave. Par la suite, nous avons été voir les résultats de l’explosion de 1792, drôlement plus étendue et impressionnante. Après 200 ans, la végétation commence à peine à repousser.
Nous avons été visiter un cratère et le spectacle était hallucinant. On se serait cru sur la lune. Les photos en font foi. Le paysage est féérique! Quand on se situe dans la ville de Catane et qu’on regarde le volcan au loin, on ne voit qu’une masse foncée et on a l’impression qu’aucune végétation y vit. Cependant, en explorant le volcan, on constate une immense végétation qui fleurie et qui donne l’impression qu’aucun danger n’y règne. Le Lentisque, l’Olivier sauvage, le Térébinthe, le Carroubier, l’Euphorbe arborescent et le Genêt commun côtoient les cultures d’oliviers et d’agrumes. Les anciennes étendues de chênes toujours verts ont été remplacés par les vignobles, les châtaigniers, les pistachiers et les pommiers. Au-delà de 1,500 mètres d’altitude, on retrouve le Pin Lariccio, le conifère le plus représentatif de l’Etna. Entre 1,600 et 2,250 mètres, on y voit du hêtre. Des plantes comme la Saponaire et la camomille poussent parmi les pierres volcaniques.
Les Siciliens sont très créatifs. Avec la lave, ils ont fait des carrières de pierre qui servent à la construction d’édifices (j’ai mis une photo), de maisons, de murs et de rues. Ils sont devenus des tailleurs de basalte pour former les décorations sur les façades des villas et des palais. Ils en font des objets vendus aux touristes. Les produits agricoles foisonnent : pistaches, noisettes et amandes, miel, champignons et vins.
Serge a déjà visité 2 autres volcans (Volcano et le Stromboli) et il avait vu des explosions spectaculaires. Il était donc un peu déçu de ne rien voir de tel sur l’Etna même s’il a apprécié sa visite. Par contre, lors de notre visite à Pompéi et à Naples, nous avons pu très bien voir le Vésuve de loin. Pour ma part, j’ai adoré cette première expérience même si je n’ai pas vu d’explosions. Le guide que nous avons eu était très professionnel et intéressant. Nous avons fait l’excursion avec Geo Explorer (www.geoetnaexplorer.it). J’ai vu de belles choses en Italie et en Sicile, entre autres, Rome, la côte amalfitaine, Riposto, Siracuse, mais l’Etna demeure un moment fort pour moi. Je peux maintenant apprécier tous les efforts que j’ai faits pour ma santé durant l’année qui s’est écoulée car sans cela, je ne crois pas que j’aurais pu faire ce genre d’excursion.

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