Chronique 2012-2 du Capitaine: Mon excursion dans le sud tunisien

De Tozeur à El Djem

Départ pour Metlaoui où nous retrouverons le Lézard Rouge. nom donné à ce train qui servait de moyen de transport lorsque les Français contrôlaient la Tunisie.  Nous arrivons donc avec 10 minutes d’avance, le temps de prendre les tickets et de se trouver une place. On voit bien que les wagons ont déjà été très luxueux : intérieur fait de bois travaillé à la main, du brass partout, mais disons qu’ils ont souffert d’un manque de maintenance chronique. Dans le wagon où j’étais assis, deux des fenêtres se sont ouvertes d’elles-mêmes et il a fallu de la patience et j’ajouterais de l’ingéniosité aux gens près de ces fenêtres pour réussir à les refermer!

Les sifflets se font entendre, la locomotive fait vrombir son moteur et nous partons. Nous sommes escortés par une jeep et un scooter de la police. La jeep fait tourner ses gyrophares et nous précède à chaque passage à niveau. Il semble qu’ils ont besoin de s’assurer que le trafic n’essaie pas de passer en même temps que le train et vu leur façon de conduire, cela ne me surprendrait en rien. Nous faisons quelques arrêts pour nous permettre de descendre, prendre quelques photos et on repart. Je ne sais pour quelle raison mais nous ne nous rendons pas au bout du chemin de fer, mais le voyage vaut quand même la peine d’être fait. À notre retour, nous arrêtons manger dans un autre restaurant typiquement tunisien; cela nous permet de nous imprégner encore plus de leur culture. La nourriture est bonne ainsi que l’addition! Disons que ça aussi, ça fait partie de leur culture. Il y en a pour qui chaque voyageur est une proie facile, mais c’est moins grave car ce n’est pas moi qui fais les pourparlers et j’en suis bien content!

Nous voici donc sur la route pour Douz, mais avant d’y arriver nous passerons par les lacs salés de ‘Chott El Jerid’ et de ‘Chott El Fejej’. Les Tunisiens n’ont pas assez du désert mais en plus leurs lacs sont salés, ok pas tous mais plusieurs.  Dans le cas de nos deux lacs,  ils ne sont pas seulement salés, mais ils s’assèchent aussi et créent d’immenses étendues de sel.

À la sortie des lacs, nous faisons un arrêt pour visiter les sources chaudes et sulfuriques de Souk Lahad ainsi que regarder des vestiges de dunes. En fin de compte, c’est le vent qui pousse le sable pour laisser apparaître des « quasi » rochers tellement le sable est compacté et dur; c’est quasiment des roches friables.

On reprend la route et on fait un arrêt à Kebili pour boire un autre thé. Nous en profitons pour nous faire notre réserve de vin et de bière car pour le reste du voyage, il sera quasiment impossible de trouver de la boisson.

Douz, nous voici! Nous allons visiter la Médina. Montassar retrouve une connaissance, un berbère de la région qui a marié une belge qui est partie en voyage chez ses parents. Nous décidons d’aller dormir chez Mohamed pour ce soir. Entretemps, nous allons visiter Douz, une autre oasis où il y a possibilité de faire des tours de dromadaire, de cheval, d’U.L.M.(ultra-léger motorisé) et même de Quad. Je décide que demain matin avant notre départ, je reviendrai faire un petit tour de dromadaire dans le désert.

Les cours des maisons ont parfois des dromadaires, parfois des ânes qui y sont attachés. Il n’y a aucune signalisation aux intersections, le dépaysement est total et je me considère pas mal chanceux de pouvoir vivre cela. Nous arrivons à la maison de Mohamed, une très belle maison avec 4 appartements distincts, deux chauffe-eau solaires sur le toit, une grande piscine, mais il ne fait pas encore assez chaud et il n’y a pas d’eau. Le tout est entouré d’un grande muraille de briques et une porte de métal pour laisser entrer l’auto. Horreur! Il y a un calice de gros berger Allemand, le sang me glace! Je ne sors pas de cette auto tant qu’il ne sera pas attaché, leur dis-je. Là, je regrettais de ne pas être allé à l’hôtel, mais en moins de deux, le chien était attaché à l’autre bout de la cour et même si je ne me sentais pas à mon meilleur lorsque dehors, tout le monde a tout fait pour me permettre de me sentir mieux.

Mohamed et un cuisinier nous préparent un splendide repas que nous arrosons avec notre vin. Mohamed part regarder un match de foot. Moi, je retourne dans ma chambre pour aller dormir. Je me lève avec le lever du soleil comme la plupart du temps, mais là je trouve le temps long car même si le chien est attaché, je ne suis pas confortable d’aller dehors pour marcher et je n’ai pas pris de la lecture dans l’auto. Pas grave, tout le monde finit par se lever et nous partons pour aller déjeuner.  Pas moyen de trouver un restaurant qui veut nous servir autre chose qu’un café ou un thé. Pas de problème, nous trouvons un petit dépanneur, achetons pain, fromage, yaourts, mais petit problème : la femme qui vient de nous servir ne peut ou ne veut pas nous dire combien ça nous coûte. Elle nous dit que nous devons attendre le propriétaire. Peut-être ne sait-elle pas compter? Nous lui offrons de faire le calcul. Elle ne veut pas et nous dit qu’il faut attendre. Après un certain temps on lui explique qu’on va aller manger sur la terrasse d’un café pas trop loin et qu’on va revenir la payer, elle accepte sans sourciller même si elle ne nous connait pas. Je suis surpris mais quand même ravi de voir ces gens aller et venir et faire autant confiance à de purs étrangers. C’est un peu ça la Tunisie : un pays d’extrêmes, des gens qui n’ont pas grand-chose et qui te font confiance et d’autres qui te regardent dans les yeux et te disent « tu es mon ami » et essaient de t’arnaquer. Nous allons donc sur la terrasse du café avec de la nourriture achetée d’ailleurs. Nous demandons quand même la permission au propriétaire qui semble tout content de nous recevoir. À notre départ, nous lui remettons un dinar pour le remercier.

Nous partons pour Ksar Ghilane, notre dernière oasis où nous dormirons sous la tente. Quelques heures désertiques avec parfois des dromadaires, parfois des chèvres ou des moutons toujours accompagnés de leur ‘berger’. Je suis quelqu’un qui aime essayer à peu près tout au moins une fois, mais ce travail ne m’intéresse nullement.

Nous nous faisons arrêter par la police, c’est la deuxième fois. Ils nous demandent nos papiers, ensuite ils vont écrire des notes dans un cahier. Cette fois ils demandent d’ouvrir la valise. Je me demande si ce pays pense vraiment que tous ces policiers, gendarmes, douaniers et j’en passe, sont tous utiles ou pas?

Les dunes de sable sont de plus en plus grosses et finalement on voit des palmiers au loin. C’est l’oasis  de Ksar Ghilane, pas mal plus petite que Douz et Tozeur mais pas mal plus grande que Chebika. L’armée y a une base mais ils se font discrets. Quelques maisons ont été bâties pour les Berbères et les Touaregs, les vrais Nomades du désert, et il y a trois campements pour les touristes qui veulent vivre le désert un peu plus pleinement dont un de luxe avec air conditionné et chauffage. Nous optons pour un campement de base, campement avec 6 lits de bois sur le sable et des tapis pour marcher. Deux grosses couvertures de laine au pied de chaque lit qui ne sont pas de trop, mais j’ai quand même bien dormi tout habillé. Anne, qui avait un mauvais rhume, a mal dormi avec 5 couvertures. Avant le souper, nous sommes allés marcher dans le désert, des dunes à perte de vue et il ventait. Il y avait du sable partout et je suis bien content d’avoir la caméra que j’ai car elle résiste très bien autant aux chocs, à l’eau qu’au sable. Le vent forme plein de vagues de sable sur les dunes, ce qui crée des vagues encore plus grosses. Je ne sais pas si mes photos rendront justice à la beauté du paysage, mais c’est vraiment beau à voir. Et il y a de la vie, pas grand-chose je sais, mais j’ai vu 3 sortes différentes d’insectes qui sortaient et disparaissaient dans le sable. De retour à l’oasis, j’en profite pour aller me baigner dans une des sources et l’eau qui en sort est très chaude. Maintenant, nous allons manger à une table que les gens du campement nous ont préparée à la demande du guide, ce qui est bien plaisant comparativement  aux autres qui mangent dans une salle communautaire très sombre. Nous finirons notre repas avec deux bouteilles de vin sous les étoiles, ensuite c’est le dodo.

Je me lève à 5h45. Le sommeil a été correct même si je me suis réveillé plusieurs fois et qu’il faisait assez froid, mais je suis quand même reposé. Je ne peux pas dire la même chose pour Anne. Je pars marcher dans l’oasis, retourne dans le désert. J’adore marcher comme ça le matin : le vent n’est pas encore levé, le soleil pointe à l’horizon, on voit des gens qui commencent à se réveiller. Un petit feu s’allume ici et là, un Berbère commence à faire du pain dans une grosse poêle de fonte. Je lui achète une galette (pain) pour un dinar que je mange tranquillement en marchant. Les gens se lèvent finalement, nous déjeunons et on reprend la route.

Direction Matmata, ville troglodyte (http://fr.wikipedia.org/wiki/Habitat_troglodytique). Eh oui, il y a trois villages séparés qui forment cette petite ville. La plupart des gens vivent maintenant dans des maisons, certains ont gardé leur maison troglodyte pour la faire visiter aux touristes. Il y a même un hôtel avec des chambres creusées dans le roc et ça me fait penser à l’hôtel de glace de Québec. Nous avons la chance par notre guide d’aller visiter une maison troglodyte où l’homme et la femme y habitent encore, ont leurs animaux et font pousser leur blé qu’ils moulent eux-mêmes pour faire du pain, mais ils ont un panneau solaire qui leur donne de l’électricité pour les lumières et la radio. Le toit a été recouvert de ciment et  fait de telle façon que l’eau de la pluie y est récupérée et passe dans deux bassins distincts pour la nettoyer avant d’aller dans leur puits. Nous avons même le plaisir de boire et manger à leur table. Disons qu’on n’appellerait pas ça une table, mais c’était très bien et le tout sans rien demander en retour. Nous leur avons quand même laissé un pourboire. Il faut savoir qu’une partie du film « La guerre des étoiles » a été filmée ici.

Maintenant direction El Jem, un des plus gros amphithéâtres encore debous et un musée qui vaut la peine d’être vu, surtout pour ses mosaïques qui sont splendides. Mais avant, on arrête manger à Bou Said du mouton au BBQ. Les agneaux sont pendus par un pied comme dans les boucheries, mais c’est dehors sur le bord du chemin. Ça coûte 17 dinars le kilo et on demande deux kilos pour nous quatre. L’homme descend la peau du mouton, découpe environ un quartier, amène le mouton à la balance. Après quelques coups de couteau, nous avons nos deux kilos. Puis, il les coupe en morceaux qui finissent sur le BBQ. Pour ma part, j’ai trouvé qu’il n’y avait pas assez de viande et que c’était trop gras à mon goût mais c’est une expérience à vivre. Le plus drôle c’est de voir l’argumentation lorsque le temps de payer est arrivé. Nous en sommes quittes pour 50 dinars car il en demandait presque 70 mais on s’attendait à payer 40. Nadim, qui avait fait les pourparlers avant de commander, n’est pas le négociateur qu’est Montassar, mais c’est une autre expérience vécue et ce n’est pas moi qui avais à négocier, une très bonne chose car le voyage n’aurait pas été aussi plaisant. Puis, nous partons pour Sousse,  notre dernière destination.

J’ai adoré notre voyage et je recommande ce groupe www.into-tunisia.com. Ils m’ont fait vivre de très beaux moments.

Merci Montassar, merci Nadim et toi, Anne, retrouve la santé et profite du reste de ton voyage!

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