Femme de marin 2011-4: Merci, Marc Hervieux!

Ceux et celles qui me connaissent intimement savent 2 choses sur moi. La première est que je suis «zéro-groupie » de qui que ce soit; les gourous de sectes auraient de la misère avec moi (mais ça, j’y reviendrai plus loin).

La deuxième chose est  que je ne suis pas une grande fan des artistes francophones. Ben oui, c’est comme ça! Non pas que je les déteste, il m’arrive de les écouter à l’occasion à la radio. Quelques chanceux (Isabelle Boulay, Marie-Jo Thério, Bernard Lavilliers, Corbeau, Bashung et j’en passe) font partie de ma bibliothèque musicale, la majorité des titres francophones appartenant plutôt à mon chum. C’est juste qu’étant née dans les années cinquante, ma culture musicale me provient des Américains. Je suis une petite fille du Heavy Metal : Judas Priest, Metallica, Iron Maiden, Ozzy Osbourne,  entre autres, font toujours partie de ce que j’écoute régulièrement. Je peux vous dire que les matins de ménage,  ça torche!!

J’ai tout aimé, ou presque : The Who, les Rolling Stones, Led Zeppelin, Aérosmith, Jethro Tull, Black Sabbath, Genesis, Deep Purple, Neil Young, Joe Cocker, Soundgarden, Stone Temple Pilots, Yes, et combien d’autres…

J’ai tout écouté: Disco, Soul, New Wave, Electro Pop, Folk, Blues, Hard Rock, Rock progressif, Punk, Rock alternatif, name it! J’ai parfois même flirté avec le Country. C’est pour ça que j’aime CHOM-FM. Le jour où la station fermera ses portes, je serai en deuil.

Non, je ne me suis pas enfuie à Woodstock (j’avais 13 ans à l’époque), mais j’ai écouté suffisamment de musique pour savoir non seulement les paroles, mais aussi me rappeler les riffs de guitares de certaines chansons comme Highway to hell de AC/DC ou encore Smoke on the water de Deep Purple.

J’ai dirigé mon amour vers ce genre de musique parce que c’était l’époque, certes, mais probablement en partie à cause du style musical qui sévissait chez nous. Mon père avait une collection impressionnante de musique de films, mais surtout de classique et d’opéra, styles qui, à l’époque, n’apportaient aucune résonance en moi. C’était possiblement une façon de m’opposer subtilement à un père dont l’ego occupait toute la place dans une maison où j’avais souvent l’impression que les enfants étaient de trop…. Dans un monde où toute individualité était étouffée, le Heavy Métal faisait vibrer en moi des cordes que je croyais déjà mortes à un si jeune âge. Mon père imposait ses genres musicaux dans la maison, je contrebalançais avec les miens dans l’intimité. La musique sauve parfois. M’enfin… point n’est sujet à psychanalyse ici.

Tout cela pour dire que les années ont passé. Étant aussi baignée dans la musique francophone, il est normal que ces chansons se soient incrustées dans ma tête comme un ver d’oreille et je fais régulièrement rire mon chum qui n’en revient pas que je puisse  connaître (presque) toutes les paroles des chansons que je m’amuse à fredonner lorsqu’elles passent à la radio ou lors d’un spectacle que nous allons voir.

Samedi soir. Théâtre de la ville à Longueuil. Spectacle de Marc Hervieux « Après nous ». Hey oui, Marc Hervieux! Tellement sympathique, le bonhomme, pas prétentieux pour 2 sous, le genre de gars qu’on aimerait avoir à sa table un soir de fiesta. Le genre de surprise qu’on aimerait voir apparaître à côté du sapin, un scotch à la main, foulard dans le cou, nous chanter Minuit Chrétien, histoire de faire vibrer la baraque en cette nuit de Noël. Mais comme il y a fort à parier que Marc ne viendra pas chez moi le 24 au soir, c’est donc moi qui suis allée l’entendre.

Rares sont les chanteurs qui m’ont bercée, impression douce-heureuse lorsque je fermais les yeux, surprise de me balancer d’un côté à l’autre sur mon siège en tenant la main de mon chum. Après vous avoir énuméré tous les groupes que j’ai toujours écoutés, je vous imagine, un petit sourcil soulevé d’étonnement à l’idée de savoir où j’étais hier soir. C’est parce que tout est dans la voix  qui fait vibrer à nouveau l’intérieur. Ma fille dit souvent que tel plat goûte le bonheur. Sachez que ce bonheur a aussi un son…

L’artiste est vivant, généreux, chaleureux, drôle, L’étendue de ses choix musicaux étonne, ravit : Aznavour, Jean-Jacques Goldman, Jean-Pierre Ferland, Luc Plamondon. On y va d’un petit I feel good de James Brown, It’s not unusual de Tom Jones. Une comique imitation de Eric Lapointe, Mille après mille de Willie Lamothe, mais aussi du Andrea Bocelli (Vivo per lei), des tounes comme Always on my mind ou encore Save the last danse for me. Il pousse même un Torna O Surriento a cappella, rien de moins! Quant à Marco Calliari qui me tombe royalement sur les nerfs, Marc Hervieux peut se vanter de m’avoir fait bouger sur ma chaise lorsqu’il a interprété 2 de ses chansons, soit Bella Ciao et Americano. Surprenante également la chanson J’ai un bouton sur le bout de la langue de La Bolduc, en exemple à son idée d’ « opératiser » des chansons populaires (une blague, bien sûr). Et aussi une chanson de Luc Plamondon, Si tu me revenais, qui était particulièrement touchante dans la simplicité des mots pour dire combien on pourrait faire les choses différemment. Les arrangements des musiques m’ont fait aimer certaines chansons qui me laissaient, autrefois, indifférente.

Le plus étonnant de tout ça était de voir aussi certaines femmes autour de nous, dont l’âge avait largement dépassé la cinquantaine, crier comme des malades, des fans finies, se tenant les côtes, overreact lorsqu’il lançait une petite blague. Bon, c’est drôle mais quand même!!!! Le chanteur a forcément un charisme très fort pour ramener ces femmes à un comportement adolescent (un peu énervant, je dois l’avouer)! J’ai beau avoir adoré certains groupes rock, je n’ai jamais été une groupie pour qui que ce soit, je n’ai jamais crié lors d’un spectacle, plutôt observatrice, stoïque sur mon siège, ben plate la fille!!!

Pas groupie, certes, mais je me suis rendu compte que ma culture musicale était pas mal plus étendue que je l’avais pensé, que cette culture m’a permis de passer au travers du temps, qu’elle me ramène à certains souvenirs qui m’ont forgée et qui ont fait que je suis la personne que je suis aujourd’hui. Oui, on m’a imposé des musiques différentes dans ma jeunesse, mais cela m’a permis d’offrir à ma fille son premier opéra lorsqu’elle a émis le fait qu’elle aimerait en voir un. C’est avec émoi qu’au troisième acte de Madame Butterfly, lorsque celle-ci décide de mourir avec honneur, nous nous sommes tenues la main en sanglotant.

Ce moment de grâce vous était offert par mon père…

Hey oui, car c’est à lui que je dois l’étendue de ma culture musicale, mes états d’âme (que ça lui ait plu ou pas). C’est, somme toute, un bel héritage. Étrangement, lorsque j’imagine les moments forts de ma vie, ce n’est jamais les mots qui les traduisent le mieux émotivement, ce n’est pas de cette façon qu’ils me reviennent en mémoire, mais par le biais d’une musique quelconque qui me fait voyager. Le pire serait, au fond, de devenir sourde.

Et cette chanson, A mon père,  de Marc Hervieux (Merci!) qui me trotte encore dans la tête :

Oui, je m’ennuie depuis ton départ

De ton sourire et de ton regard

Plus vrai que l’absence et les souvenirs

Tu vis au fond de moi

Tout autour de moi

Même si le ciel t’a emporté

Tu ne m’as jamais vraiment quitté

 

J’ai l’impression que tu as guidé

Tous les bonheurs que j’ai rencontrés

L’amour, la musique…. Le plus beau de moi…..


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