Je lézarde…

Avez-vous déjà fait ce rêve où vous tentez d’avancer, le temps presse mais en fait, plus vous avancez, plus vous reculez? Il me semble que l’automne qui vient me laisse dans cet état dont je ne sais trop comment sortir.

Il faut que je m’active mais je lézarde… En langage québécois, on dirait : « je me pogne le cul », ce qui signifie que je ne fais pas grand chose.

Oh, ce ne sont pas les activités qui manquent car depuis que le Capitaine est revenu, il n’y a pas grand place pour la farniente et les weekends sont déjà bien remplis. Je suis en pleine production de nouvelles toiles et j’attends que les rénovations dans la maison soient terminées pour reprendre le collier de la production de mosaiques.

Au travail, c’est déjà la rentrée et cela signifie que les mêmes vieux problèmes qui ne trouvent pas de solutions réapparaîtront comme par magie, et il nous faudra encore faire preuve de créativité et d’imagination pour satisfaire tout le monde. Comme je suis quelqu’un de pragmatique, cela ne devrait pas être trop difficile de pallier aux urgences. Cependant, le cœur y est moins, beaucoup moins…., et je lézarde.

Je tarde à finaliser mon dossier artistique pour proposer à certaines galeries et au Conseil des Artistes Québécois mais je traîne la patte depuis 2 mois et je n’arrive pas à savoir pourquoi. J’accumule toiles et mosaïques dans le sous-sol et il commence à n’y avoir plus de place pour les ranger. Je le sais, chéri… J’ai même songé à faire une vente à rabais de mes œuvres mais un côté de moi me dit que je ne peux dénaturer mon travail de la sorte.

Autrefois, écrire a été une forme d’auto-thérapie qui m’a vidée de mes énergies physiques, même si j’ai réussi à gagner un prix littéraire et dénouer bien des nœuds de mon existence. Quand ce fut fait, le « génie de l’écriture » s’est enfui vers d’autres cieux et j’ai dû trouver une autre forme de créativité qui puisse combler ma vie. La peinture et la mosaique se sont imposées d’elles-mêmes et sont devenues des lieux de création spontanés, libérateurs et hors de toutes contraintes. En conséquence, tout le côté administratif de la chose (organiser une exposition, vendre mon talent, etc.), tout cela me rebute car c’est complètement à l’opposé de ma nature. C’est d’une difficulté qui est du même ordre que lorsque j’ai débuté dans le métier de l’orientation et que je voulais faire du privé. Il faut toujours se vendre quelque part…. Maudit, que j’hais ça!! Je procrastine, je me dis que je m’occuperai de ça demain…

Bien souvent, on investit dans l’art quand on croit qu’il nous aide à vivre, que l’artiste est connu et qu’on a de l’argent à y mettre, autrement, on le félicite…. Ce qui fait problème pour le moment n’est ni l’atteinte de ce but, ni le médium choisi pour l’atteindre, mais la diffusion at large du médium…..

A ma défense, je dirais que c’est comme une distance nécessaire à prendre pour ne pas me tirer dans le pied avant le passage à l’acte dans un projet. Ce qui veut dire que je vais sous peu faire quelque chose pour qu’il se passe quelque chose, mais en attendant, je lézarde…

« Ce n’est pas seulement parce que dans l’âme de l’artiste le rôle joué par le sentiment est prépondérant et dominateur ; c’est surtout parce que chez lui le sentiment est affranchi du besoin, du désir, de tout but égoïste et intéressé : il déborde le cadre de l’étroite individualité humaine pour se mettre en harmonie avec la Nature tout entière. L’âme de l’artiste vibre à l’unisson de tout ce qui vit, pense et souffre dans l’Univers et, ainsi, elle entre en relation immédiate avec l’essence intime et profonde des choses. Aussi les images concrètes qui constituent, les matériaux de l’imagination reproductive se transforment-elles dans le génie créateur de l’artiste, par une sorte de chimie mentale mystérieusement subtile, en des images symboliques, où s’expriment, non plus des sensations affaiblies et des souvenirs, mais des formes nouvelles et originales, représentatives ,de l’Idée et dont la signification acquiert de ce fait une portée universelle. Dans la création esthétique l’Idée se revêt d’images pour devenir symbole. (…) En ce sens, l’art est à sa manière une philosophie, qui procède, non par concepts, mais par intuitions et qui s’adresse, non plus à la raison, mais au sentiment. Et c’est pourquoi précisément la leçon qui s’en dégage est à la fois si pénétrante et universelle : elle touche notre coeur et parle à tous les hommes. L’artiste ne nous enseigne pas d’autres vérités que le philosophe ; mais il nous les enseigne autrement. Ou pour mieux dire, il ne se propose pas de nous instruire, mais la beauté de son oeuvre est assez éloquente en soi pour que, à la contempler, notre pensée découvre des horizons infinis où l’essence de l’être se communique directement à nous dans le symbole esthétique. » (Gabriel Huan, La signification de l’art)

Une réflexion au sujet de « Je lézarde… »

  1. Mado

    Je comprends comment tu peux te sentir quand tout nous dit plus rien
    j’ai été comme ça tout l’été, là sa va mieux, mais il faut dire que tout fini par passer, quelques fois il arrive des choses plus positives, c’est le soleil aprés la tempête, comme la température de ce temps-ci. écoute ta mére hi hi hi bonne journé xxx

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