Quand les boeufs manquent de cornes

 

Lundi soir, nous avons invité John à souper: une autre belle soirée à parler de la situation des Indiens au Québec, de la royauté en Angleterre, d’Obama et de la situation de l’Islam dans le monde. John a 68 ans et il est comme Serge: deux hommes toujours curieux d’en apprendre sur les autres.

Nous avons fait goûter à John notre boeuf bourguignon à l’orignal et il se roulait à terre presque tellement il a aimé ça. Il n’avait jamais pensé manger de l’orignal un jour et surtout pas en Espagne en plus! Nous avons décidé que si mardi, le mauvais temps persistait sur la mer, nous prendrions le train qui dessert la Galice, Cantabria et le pays basque, soit la compagnie Feve (lire Fébé) pour passer la journée à San Vicente de la Barquera, un petit village de pêcheurs où nous avions l’intention d’aller comme prochaine destination

Hier matin, il faisait encore un temps de chiotte car une dépression sévit toujours sur les côtes et elle est lente à partir. Les vents ont cessé mais il pleut toujours. Comme à notre lever nous n’avions pas accès à Internet pour vérifier la météo maritime, nous avons décidé d’exécuter notre plan de visite à San Vicente, car selon les prévisions d’avant-hier soir la houle serait de l’Ouest de 2 à 3 mètres.

Nous nous sommes levés à 6h00 du matin pour pouvoir prendre le premier autobus (à une demi-heure de marche) qui était à 7h50 et attraper le train pour San Vicente à Santander qui partait à 9h10. Le trajet ferroviaire aller-retour ne coûte que 8,10 euros. Pas si pire!! Nous avons invité John à se joindre à nous pour la journée. A 9h30, il faisait 14 degrés. Le temps est un peu moche et très changeant depuis une semaine. J’ai hâte que ça change car je pensais qu’il ferait plus chaud en Espagne à ce temps-ci de l’année. Quoique les 9 premiers jours, cela variait entre 22 et 28 degrés quand même.

Dans le train qui nous menait vers San Vicente, John nous a dit que la campagne espagnole ressemblait beaucoup à la campagne anglaise. C’est très joli. Il y a plein d’arbres et de fleurs, parfois des palmiers. Toutes les maisons ont des toits fabriqués en tuiles. Même si certaines petites villes ne sont pas très jolies, ça n’a pas l’aspect de délabrement qu’on trouve au Mexique. Le niveau de vie de ces 2 peuples sont très différents et ils n’ont pas grand chose en commun sauf la langue.

Nous avons fait des arrêts à Torrelavega, Puente San Miguel, Cabezon de la Sal, Treceno, Roiz, El Barcenal, et San Vicente. Sur notre parcours, les maisons sont souvent de couleurs pêche, orange, jaune; en briques, toujours décorées avec beaucoup de fleurs. Près de Cabezon de la Sal, on monte en montagne. Les villages sont parfois «jouqués» très haut, la végétation luxuriante, et parfois il y a des palmiers. Impressionnant!

Lorsque le train est arrivé à San Vicente de la Barquera, la gare était au milieu de nulle part, dans un endroit plutôt désert et à force de marcher, nous avons fini par atteindre le village environ une demi-heure après. La gare étant fermée, il n’y avait personne pour nous dire dans quelle direction aller.

Après avoir cherché le maître de port sans jamais le trouver, un gentil monsieur nous a expliqué en espagnol comment entrer à marée haute dans le port. Faut dire que les dessins qu’il faisait sur la carte nous a beaucoup aidés à comprendre.

Nous sommes allés visiter le Château del Rey (Castillo del Rey), un château construit au 12e siècle et aussi l’église de Notre-Dame (Iglesia de nuestro senora) construite dans la même période. Trois heures ont suffi à faire le tour du village. Après avoir mangé dans un pub où la serveuse était aussi chaleureuse qu’un glaçon en hiver, nous avons passé le temps à surfer de terrasse en terrasse à boire bières, cafés et à manger une glace. Comme à bien d’autres places, nous constatons malheureusement que le service à la clientèle dans le nord de l’Espagne semble être un concept méconnu ou presque ici. A San Vicente, les souvenirs à acheter ne sont pas plus mémorables qu’ailleurs et je me suis abstenue d’en acheter.

Comme le train était seulement à 19h00 et que nous étions un peu tannés d’être là, nous avons décidé de revenir plus tôt par autobus.

Mercredi, on annonce un temps plus calme et nous devrions partir tôt pour une longue journée de navigation avec l’intention de se rendre jusqu’à Llanes si la météo le permet. Comme on a déjà vu San Vicente de la Barquera, nous ne ressentons aucun appel supplémentaire à s’y barrer les pieds.

Dernière nouvelle ce matin: on vient de se lever avec un vent à écorner encore une fois les boeufs. Pas grand boeuf qui garde ses cornes dans le coin ces temps-ci. Devinez la suite….

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