Femme de marin 2008-10: Personne ne possède personne. Ensemble, nous disposons l’un de l’autre, de la nature, du temps (Liv Ullmann)

Cher amour,

Durant tous ces moments que tu passes seul avec toi-même à faire des quarts, je me demande à quoi tu penses. Es-tu trop occupé à admirer les beautés de l’océan? A tracer la route à venir? Aux petits soucis sur le bateau? T’arrive-t-il de penser à ce que sera désormais ta vie, notre vie, à ton retour, puisque tu es maintenant à la retraite?

Moi, j’y songe parfois. Je regarde une photo de toi à la barre du bateau et je te sens si heureux d’y être. Ta ligne d’horizon s’étire plus loin que la mienne. Cela me remplit de joie mais parfois aussi d’inquiétude car il m’arrive de me demander comment tu pourrais être plus heureux. Il m’arrive de me demander en quoi je peux ajouter à ton bonheur.

Comme dit le poème : « Le vrai marin ne perd pas son temps à raconter ses aventures sur le quai; il est en mer ». De quoi cause-t-on à quelqu’un qui a vu l’immensité? Mais voilà que je réagis comme si ma vie n’était pas intéressante, ou si peu excitante devant ce défi que les navigateurs relèvent. Pourtant, j’y suis dans cette expérience, mais d’une autre façon.

Le silence de la maison vogue sur les flots de la réflexion.

Je me demande comment cette expérience change ta perception es choses. En quoi ta vie quotidienne auprès d’un couple redéfinit ton propre couple puisque nous sommes loin l’un de l’autre. J’imagine aussi que n’ayant plus les soucis du bureau, le stress doit avoir moins d’emprise sur ton caractère. Tu dois être plus calme et plus serein.

Je sais que tu n’es pas un « écriveux » et qu’il m’est plus facile de jeter des mots sur le papier que toi. Ils sont comme des bouteilles à la mer qui tentent de te rejoindre. Toi, tu le fais autrement.

Alors, voilà pourquoi je t’écris ces choses car lorsqu’on vit au quotidien près de l’autre, on oublie souvent de se questionner et on prend pour acquis le couple qu’on a formé sans chercher parfois à l’entretenir.

C’est bien connu que ce qui cimente le couple est les projets communs. Puisque désormais tu seras absent quelques mois par an, nous devons encore plus garder cet objectif en tête.

Tu avais dit qu’avec toi, jamais je ne m’ennuierais. Maintenant que tu as déserté la maison, je vois combien tu avais raison.

J’aurais dû vous filmer tous les trois durant notre voyage aux Iles-de-la-Madeleine, et j’aurais vraiment dû vous faire une « cassette-à-emporter » de mes meilleurs moments de folie, mon best of! Et j’aurais pu me passer ça ad vitam nauseam, ne sachant plus si je pleure de rire ou si je ris à en pleurer.

P.S. Je commence à dresser le menu de votre souper de retour!

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