La chronique du Capitaine 2020-7 : Lyon

Et voilà la première partie du voyage terminée.  Le Rhône avec ses 14 écluses, 323 kilomètres de Port-Saint-Louis-du-Rhône à Lyon. Prochaine étape la Saône jusqu’à Saint-Symphorien kilomètre 219, après on verra bien car les niveaux d’eau sont présentement problématiques. Revenons au Rhône, si on se demande si ça se fait seul la réponse est oui, mais si vous avez un mât sur le pont je vous le déconseille car lorsque l’eau emplit le sas le bateau se promène beaucoup et ce n’est pas trop recommandé d’aller frapper le mur du sas avec le mât, ce qui a de grandes chances d’arriver. Pour ma part nous étions 3 et le mât ne nous a pas accompagnés, il a plutôt pris la route par camion. Il y a la navigation à contre-courant mais assez négligeable en cette période de l’année, c’est beaucoup plus problématique au printemps. La beauté du Rhône ne se fait pas vraiment apprécier avant Avignon, ensuite de plus en plus joli jusqu’à la dernière écluse Pierre-Bénite où nous avons pour quelques kilomètres de raffineries, Lyon étant quand même la troisième plus grande ville de France. Les vignobles, les villages, les pistes cyclables, les ponts se côtoient pour notre plus grand plaisir tout le long du Rhône.

Mercredi le 16 septembre à 13h22 de France on quittait le Rhône pour la Saône et 16 minutes plus tard j’arrêtais le moteur dans la marina de la Confluence, endroit que je recommande pour tout plaisancier passant à Lyon. Réception impeccable et pour la première fois de ma vie de marin une douche avec chauffage dans la douche même, chauffage à eau chaude. Ensuite visite du Musée de la Confluence, mais honnêtement la chaleur de la journée m’a empêché d’apprécier pleinement cette visite car j’étais trop fatigué. La chaleur ne nous épargne pas, entre 32 et 34 le jour présentement. Ensuite succession de visites avec notre guide Jean-François en prenant le vaporetto pour se rendre dans la vieille ville, ensuite revenir par autobus et tramway. Eh oui le tramway existe et il est fonctionnel ici. J’ai eu la chance de voir de très beaux endroits de la vieille ville de Lyon, mais maintenant c’est un départ pour la Saône.

Bonne journée

Serge sur Nomade

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La chronique du Capitaine 2020-6 : Condrieu

Condrieu, est renommée pour ses vins Côtes-Rôties.  Disons que Jean-Bernard salivait à l’idée de déguster quelques-uns de ces vins mais à notre arrivée lundi, pas de chance c’était fermé donc on se reprend mardi matin, mais pas avant le marché qui nous a bien servis. Disons que le réfrigérateur est plein, mais bien bonne nouvelle : Clémentine et ses deux filles (Lilith et Marguerite) sont venues manger hier soir sur le bateau. Pour ceux qui ne se rappellent pas, Clémentine est une des filles de Jean-François et Sylvie qui étaient venus nous voir à Port-Saint-Louis-du-Rhône.

Mais avant Condrieu, ou devrais-je dire les roches de Condrieu, en partant de Tournon nous passons la ‘Table du Roi’ rocher plus tôt. Selon la légende, Saint-Louis ou Louis IX aurait fait arrêter sa flotte qui descendait le Rhône en direction de la guerre sainte (on ne s’en sort pas) pour y festoyer. Ensuite l’écluse de Gervais qui s’est passée comme un charme avant celle de Sablons qui, elle,  fut la plus pénible à date avec plus de deux heures.

Les paysages sont de plus en plus jolis, les pistes cyclables qui longent le Rhône et l’arrivée à la marina des roches de Condrieu. Nous avons quand même pu déguster quelques vins, mais disons que Condrieu n’est pas des plus accueillants :  les bars ne sont pas légion, mais nous avons trouvé. Mais il faut dire que c’est à Condrieu que j’ai vu mes premières bises depuis mon arrivée en France. Généralement les gens sont plutôt discrets et font attention avec la Covid mais là à  ce bar, les bises affluaient entre certains habitués.

Ce matin nous sommes partis pour Lyon qui n’est qu’à 40 kilomètres mais ça sera pour la prochaine chronique.

À plus

Serge sur Nomade

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La chronique du Capitaine 2020-5 : Valence et Tournon

Disons que les niveaux d’eau sont un peu justes pour les arrêts, gratter la boue à Valence et un bloc de ciment à Tournon, mais le voyage se passe bien. Belle et courte visite de Valence, il faut dire que nous étions à 20 minutes de marche du marché, ensuite  30 minutes de marche du centre-ville. Nous nous étions arrêtés à la marina de l’Épervier, supposément la plus grosse marina fluviale de France.  Malgré la distance un très bon choix car l’autre choix c’est la halte fluviale, moins cher mais juste à côté de l’autoroute. Ici, le masque est obligatoire parfois même à l’extérieur, il y a des récalcitrants mais de façon générale tout se passe bien.

J’ai bien aimé le peu que j’ai vu de Valence. Quant au Rhône, et bien il est de plus en plus joli, piste cyclable incluse. Ce matin nous avons quitté Valence pour Tournon, une seule écluse mais ce fut la plus longue à passer à date. Par contre, Tournon est une jolie ville dont les plus vieux vestiges datent de 3 siècles AD. Balade, arrêts pour bière, visite de musées et retour au bateau. Mais il fait chaud 32/33 Celsius.

Mis à part un problème de batterie que je vais devoir régler, tout se passe bien. Il nous reste moins de 100 kilomètres pour Lyon et la fin du Rhône pour nous.

Bonne journée

Serge sur Nomade

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La chronique du Capitaine 2020-4 : Viviers

Nous voici à Viviers. Très belle surprise, la vieille ville est splendide ainsi que le port, mais un peu juste d’accès. J’ai le profondimètre marqué 0,2, 0,1 et même 0,0 mètre sous la quille mais j’ai passé et nous en profitons pour une bonne soirée et une bonne nuit de repos.

Par contre le trajet à date n’a pas été de tout repos. Une mise à l’eau impeccable le mardi matin où j’avais deux copains du port venus me saluer pour mon départ. La journée précédente Mireille était venue me saluer et Françoise et Gilles étaient venus me saluer à mon arrivée à la marina de Port-Saint-Louis-du-Rhône, mais une fuite d’eau que je n’arrivais pas à trouver me causait des ennuis, mais une fois trouvée ça n’a pris que 5 minutes et tout était réglé, mais malheureusement je n’ai pas pu leur accorder l’attention voulue, excusez-moi. Ensuite 3 allers-retours à l’inter-marché pour faire le plein de diesel ­et dring, le téléphone sonne, c’est Jean-Bernard qui me dit être arrivé au port. J’étais au marché pour quelques achats, je m’empresse d’aller les rejoindre et nous voilà au bateau que je n’ai pas encore eu le temps de tout remettre en ordre, pas pour la meilleure impression, mais j’ai eu la chance de connaître Sylvie, la femme de Jean-François,  à Barbentane pas loin d’Avignon.

Après une nuit pas mieux qu’il ne faut, le lendemain c’est le départ. L’écluse ouvre à 8h45, nous sommes 4 bateaux à tourner en rond pour attendre que le pont et l’écluse s’ouvrent et voilà notre 1ère écluse est passée. Le Rhône ne semble pas décidé à nous faire découvrir ses charmes, disons même qu’il est plutôt monotone et c’est encore pire avec les averses, les orages et même des éclairs et tonnerre, mais voilà Arles, notre premier arrêt. Déception :  il y a bien un ponton tel qu’annoncé dans le guide nautique mais on ne peut pas en sortir et le numéro de téléphone affiché ne répond pas. Nous avons tous déjà vue Arles donc on décide de quitter pour Vallabrègues,  le prochain arrêt selon le guide où nous pouvons y passer la nuit.

Vallabrègues, petit quai et reçus à la merveille par des plaisanciers de l’endroit. Surprise pour moi mais Barbentane n’est pas loin, Jean-François appelle Sylvie qui nous invite pour le souper. On accepte, mais avant on va aller visiter Vallabrègues pour ensuite être pris en charge par Sylvie. Très bon souper et là on décide de rester coucher avant le départ le lendemain matin pour Avignon.

Arrêt à Avignon, quelques photos dont le célèbre pont, le palais des papes, la librairie L’eau Vive qui a déjà appartenu à Jean-François et Sylvie et départ pour Saint-Étienne-des-Sorts. Une autre mauvaise surprise, aucun endroit pour s’arrêter sinon à l’épaule, d’anciennes péniches qui ont des signes de ne pas s’amarrer, merde il est 19h15 et je décide d’y passer la nuit, au moins nous avons bien dormi.

Le lendemain matin , 7h45 départ pour Viviers, mais il faut quand même dire que nous passerons la plus grosse écluse de France ‘Bollène’ avec 23 mètres de dénivellation et qui est déjà notre cinquième écluse du voyage et nous sommes dans un bel endroit. Pour ceux à qui ça peut intéresser nous avons déjà parcouru 159 kilomètres et 5 écluses.

Là-dessus bonne journée

Serge sur Nomade

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La chronique du Capitaine 2020-3: Le départ

Finalement, le départ est imminent. Mardi le 8 je vais à l’eau et je devrais me diriger vers la marina de Port-Saint-Louis-du-Rhône d’où Jean-Bernard et maintenant aussi son frère seront mes coéquipiers jusqu’à St-Jean-de-Losne que nous devrions atteindre le 25 septembre.

Mais que de difficultés pour en être où j’en suis. ProblèmeS (ce n’est pas une faute) d’assurances, Covid, trouver des équipiers, démâter, préparer le mât pour le voyage car le mât a déjà pris la route avec https://www.fastmast.com. Beaucoup plus plaisant de naviguer dans les rivières et canaux sans avoir le mât dans la face à longueur de journée. Car le mât doit être couché, le tirant d’air permis est de 3,5 mètres seulement. Ensuite il y a le tirant d’eau (TE) ça c’est plus compliqué car je ne peux pas couper la quille, mon seul choix est d’alléger le bateau si j’ai besoin d’être moins profond. L’été passé,  mon TE était de 1,67 mètres en eau salée, maintenant sans le mât, sans les poteaux d’éolienne et radar, sans le canot de survie j’espère être aux environs de 1,65m en eau non salée. Mais, autre problème, passé St-Jean-de-Losne le niveau d’eau me permet seulement 1,60m donc je ne passe pas si je suis à 1,65m mais la sécheresse se terminera peut-être ou il y a peut-être d’autres solutions pour alléger le bateau (j’en ai quelques-unes en tête). Normalement la profondeur permise est de 1,80 m dans ce canal.

Ce soir Bruno, un copain Français rencontré à Rivière-aux-Renard avant la traversée en 2008, puis revu à Marseille, en Corse et ici à Port-Saint-Louis-du-Rhône, me fera le plaisir de sa présence ainsi que sa conjointe et lundi Mireille viendra me faire un coucou avant le départ. Sans oublier les 5-7 avec Frédéric un Québécois sur son catamaran Manawa, Jenny et Lius, Suédois sur Mouni et Niklas un Suédois vivant en Suisse sur son Nauticat 34. Je suis choyé d’avoir plein de gens bien avec qui échanger et apprendre. Que dire de ce voyage qui commence? Premier arrêt : Arles, mais ça vous allez attendre que j’y pense avant d’en savoir plus.

Je suis prêt, du moins je le pense.

Serge sur Nomade qui est encore sur la terre ferme.

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La chronique du Capitaine 2020-2 L’arrivée

Un petit compte-rendu à date.

21 août 2020 : Me voilà assis confortablement dans le carré, le ventilateur sur moi, il fait quand même 29C et il est 22 :00. J’ai pris le train à Québec à 8 :00 mercredi matin pour arriver à l’aéroport de Montréal à midi. Avec tous les bagages que je transportais c’était ma meilleure option, ensuite attente de l’avion qui ne part qu’à 22 :30 c’est long. Et l’aéroport était quasi vide, vous pourrez juger pas vous-même sur les photos.

Le vol s’est très bien passé sur un avion à moitié plein. Arrivé à Marseille, Mireille y était déjà pour me recevoir, En arrivant à son appartement Gilles y arrive en même temps que nous, Françoise n’y est pas, la grand-maman fait du gardiennage à Lyon, qui sait on se verra peut-être là-bas ou ici? En après-midi je fais une sieste, pour ensuite accompagner Mireille pour sa cueillette de légumes. Au retour on mange, jase un peu et c’est le dodo. Le lendemain matin après le petit déjeuner c’est l’épicerie avant de partir pour Port-Saint-Louis-du-Rhône où se trouve Nomade. Ouff qu’il est sale! Je passerai le reste de la journée à laver frotter, je n’ai pas fini mais tout s’est bien passé. Disons que c’est le début des travaux sur Nomade qui dureront au minimum 2 semaines.

27 août 2020 : Encore moi il y a une semaine j’arrivais sur Nomade, du ménage, du lavage, des petites réparations, du classement, Nomade reprend forme tranquillement mais encore plusieurs jours de préparations et une plaisante rencontre d’un Québécois qui vient de passer près de 9 mois sur son catamaran et maintenant sur son retour au Québec pour quelques mois pour mieux revenir avec sa famille.

29 août 2020 : 18C ce matin au réveil, une petite pluie occasionnelle. Quel contraste avec les plus 30C depuis mon arrivée. Hier j’ai travaillé toute la journée sur le moteur, fermé la porte d’inspection du réservoir diesel, modifié la tuyauterie entre le réservoir et le filtre primaire, remplacé ma pompe à eau de mer qui fuyait et la maintenance habituelle. J’ai aussi eu le plaisir d’un 5 à 7 avec Jenny et Linus de Suède, ils sont arrivés de Suède par les canaux l’an dernier, mais n’avaient malheureusement pas beaucoup d’infos à partager.

Je n’ai pas encore d’assurance, c’est à n’y rien comprendre et frustrant, de plus en plus frustrant. Ma date de mise à l’eau est reportée au 8 septembre, c’est le plus tard selon mes planifications de route pour arriver à destination avant mon délai de 90 jours dans l’espace Schengen. Si je pars plus tard je devrai probablement m’arrêter en route.

Pour le moment je travaille sur le bateau et tout va bien.

Serge sur Nomade II

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FEMME DE MARIN 2020-08 : BABY’S GONE…

Hier matin, je suis allée le reconduire à la Gare du Palais. Il prenait le train jusqu’à Dorval et devait patienter toute la journée jusqu’à son départ à 22h30 avec Air Transat pour Marseille où il a atterri à 11h50 jeudi. Le Capitaine est heureux!

Contrairement aux autres années, je ne sais pas quand il reviendra. La situation « covidienne » fait qu’il est parti 3 mois plus tard que prévu. Outre cette situation, le niveau des eaux dans les canaux en France jouera sur la longévité de son séjour, entre autres. S’il ne peut pas naviguer, il y restera environ un mois, le temps de faire les réparations annuelles sur le bateau, et s’il peut naviguer, jusqu’où pourra-t-il se rendre? Dans le meilleur des cas, il reviendra fin novembre.

Suis-je inquiète? Oui et non. Je sais que le Capitaine va être prudent. Il sait quoi faire et il ne commettra pas d’imprudences, la sagesse venant avec l’âge (c’est selon, ahahah). Ce qui m’inquiète, entre autres, est la situation du COVID car j’espère juste qu’il ne me ramènera pas ce maudit virus à la maison. Nous avons prévu qu’il fera une quarantaine dans le sous-sol de la maison, là où se trouve son bureau et un divan-lit pour dormir. On se plaît à blaguer que je lui descendrai ses repas tout comme si j’avais un otage enfermé dans la maison!

Il m’a appelée aujourd’hui et il était rendu chez Mireille, une amie française. Demain, il va se rendre au bateau. Il m’a dit que le voyage en avion a bien été, peu de personnes à bord et arrivée tranquille à Marseille. Donc, tout va bien pour le moment. Quant à moi, j’ai passé une partie de la journée à mettre du sable polymère sur les pierres du chemin qui borde la maison, fait à manger pour recevoir les amies demain soir et regardé les colibris venir se nourrir dans la mangeoire.  Petite vie tranquille comme je l’aime.

La chronique du Capitaine 2020-1 Alléluia!

Ok , j’y vais un peu fort, mais finalement, malgré la Covid, malgré les problèmes d’assurance (eh oui un bateau de plus de 40 ans d’âge avec pavillon canadien ,c’est de plus en plus difficile à assurer peu importe votre feuille de route) je retourne sur Nomade. Mon plan a été modifié plusieurs fois, je devrais dire mes plans car ça va du plan A au plan F et il y a d’autres possibilités, mais je crois en avoir assez fait et pour le moment c’est le plan ‘C’ que je planifie faire mais qui sait on verra bien.

 

Pour commencer un petit rappel : L’automne 2019 nous rénovons l’extérieur de notre maison avec l’aide de nos bons amis Ghislaine et Marcel, l’automne prochain on fait la cour me dit Mado, pas de problème à mon retour d’Europe ça sera la cour, lui dis-je. Noël arrive, je démissionne de mon poste avec les ECP/CPS car je suis trop déçu de l’amateurisme que je vois avec l’implantation de leur nouveau système informatique. Mado qui n’en manque pas une, me dit : « Tu te rappelles ce que je t’ai déjà dit? ».  Heu… de quoi tu parles? « Que j’aimerais retourner à Québec avec mes amis un jour quand plus rien ne nous retiendra à Montréal ». Humm oui, laisse-moi y penser, lui dis-je. Quelques jours plus tard je lui dit : « Ok on y va et là on contacte Stéphanie, la fille de mon cousin germain qui est agente chez Remax. « Stéphanie, on vend et on s’en va à Québec. Tu veux t’occuper de notre maison? »

 

Après s’être rencontrés, Stéphanie nous propose de mettre la maison en vente immédiatement quitte à se trouver une maison à Québec à l’automne si jamais on ne trouve pas avant notre départ pour l’été. Car il faut savoir que Mado avait décidé de faire le voyage avec moi cette année. C’était sans savoir que lors de notre prochaine visite à sa mère à Québec nous avions trouvé sa santé si abaissée que sur notre retour à Montréal, Mado m’annonce qu’elle préfère ne pas faire le voyage étant trop inquiète pour sa mère. La maison se vend pour le 1er avril un peu plus tôt que planifié mais nous ferons avec. Ensuite arrive la Covid, ils annoncent la fermeture des différentes régions, nous sommes le 26 mars je crois, on appelle les déménageurs qui acceptent de tout ramasser le lendemain et l’entreposer à Québec. Ensuite, grâce au Domaine Frais Air, nous trouverons un chalet pour les trois mois suivants avec vue sur le fleuve et des gens des plus amiables, des plus gentils. Vous voulez vous gâter une journée quelques jours ou une semaine, peu importe la saison je vous le recommande.

Après une nuit sur un matelas soufflable on part direction La Malbaie https://www.domainefraisair.com/ . Les trois prochains mois seront tout simplement merveilleux pour nous, surtout grâce à l’emplacement de rêve et des gens formidables (Benoit, Josée, Louis, Léon, Nancy et Thomas). Mais oui il y a un mais, je vous fais fi de mes problèmes d’assurances pour le bateau, avec la Covid je ne peux pas partir pour la France (Port-Saint-Louis-du-Rhône) où se trouve le voilier. Par contre la maison que nous avions achetée à Québec et qu’au début ne pensions pas en prendre possession avant la mi-août, soit à notre retour d’Europe, deviendra disponible le 19 juin. En passant, autant que nous sommes contents de notre nouvelle acquisition, autant nous sommes ravis de nous entendre aussi bien avec les vendeurs Francine et Denys. On nous a même préparé un ensemble d’urgence vaisselle et autre pour notre arrivée car nos meubles n’arriveront pas avant le 2 juillet.

Par contre on en profite pour se mettre à la peinture, on réussit à tout peinturer ce que nous voulions peinturer avant l’arrivée des meubles. Malgré quelques bris de vaisselle qu’ils ne veulent pas rembourser http://www.demenagementlacapitale.com/ – on est pas mal déçus de leur service, mais la vie continue.

En attendant que la frontière avec la France s’ouvre et que je règle mes problèmes d’assurances nous continuons à mettre notre nouvelle demeure à notre main. Maintenant notre Fiat 500 nous donne des problèmes encore. Mado suggère de remplacer la Fiat pour une auto électrique. Nous venons d’acheter une nouvelle maison, les finances pourraient être mieux lui fais-je savoir, on s’arrangera me dit-elle, ok regarde et on en reparle. Elle contacte son gendre pour lui demander conseil, il dit avoir un garage Kia et nous propose quelque chose de bien soit une Kia Soul électrique 2019 9,000 km. On dit ok on va la voir, on l’aime on l’achète et moi je suis sur mon départ pour 1, 2, 3 mois dépendamment si mes problèmes d’assurances se règlent, si le niveau d’eau me permet de faire la route ou pas. Il faut savoir que le niveau d’eau dans les rivières et canaux peut descendre assez bas vers la fin de l’été. Il me faut aussi des équipiers(es) pour passer toutes ces écluses et quelques souterrains (170 pour le plan « C’) mais pour le moment je pars rejoindre Nomade, le préparer et on verra comment ça se passe.

Avec la quarantaine qui vient d’être réimposée aux visiteurs arrivant en France, je n’ai aucune idée si je pourrai même aller à l’eau, mais dans le pire des scénarios Nomade sera en parfait état lorsque je reviendrai au Canada.

Serge sur mon départ

Femme de marin 2020-7: Quelle année!

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My God qu’il s’en est passé des affaires depuis le début de l’année 2020, autant pour ce qui a trait à notre petite vie personnelle qu’à la COVID!!  Depuis, on a eu le temps de terminer les rénovations extérieures de notre maison à Montréal, de la vendre, d’aller s’isoler 3 mois à la Malbaie, d’arriver à Québec pour préparer la maison avant le déménagement des meubles et de s’installer, puis de prendre notre respir.

Maintenant que toutes ces étapes sont passées, que j’ai du temps pour cuisiner et me déposer, les visites n’arrêtent pas. C’est qu’il faut savoir qu’à chaque fois que le Capitaine revient pour l’automne et l’hiver, les amis réalisent qu’il va repartir un mois avant la date. Donc, on se retrouve toujours avec des tonnes d’invitations ou de réceptions le mois précédant son départ. C’est un vrai feu roulant! Avec la COVID, la donne a changé. Maintenant que les frontières sont ouvertes pour les étrangers avec l’Europe, Serge planifie son départ sous peu. Le problème demeure les assurances pour le bateau, soit parce que pour les Européens, il est trop vieux (i.e. le bateau et pas le Capitaine!), ou qu’ils ne veulent pas assurer les bateaux étrangers parce qu’ils sont frileux. Nous sommes donc en stand by  pour avoir une réponse. Si cela ne fonctionne pas, le Capitaine devrait partir moins longtemps, ne serait-ce que pour faire l’entretien annuel et les rénovations sur le bateau.

Pour ma part, je recommence tranquillement à peindre (mais si peu pis je m’en sacre), j’apprécie le fait que la retraite me permette de me lever le matin au son des oiseaux et de ne pas courir après une quelconque activité professionnelle, de boire mon café en toute quiétude, d’observer mon chum qui s’active autour de la maison et d’admirer sa persévérance, profiter des amis qui sont à proximité et bénir le ciel à chaque soir de ne plus être obligée de me taper 2h30 de route pour revenir à Montréal, ville déshumanisée où j’ai vécu pendant presque 20 ans, regarder mes fleurs s’épanouir et mes fines herbes pousser, profiter des conseils des amies plus averties que moi dans ce domaine, boire un petit verre de vin en bonne compagnie et rire, tout simplement, parce que pour prendre une distance avec ce qui nous arrive il est nécessaire d’en rire, simplement. L’air de la banlieue me va à ravir et je savoure le fait que pour la première fois de ma vie, je ne ressens plus la pression de performer, de la reconnaissance à tout prix. Là-dessus, j’ai donné.

Pour celles et ceux qui travaillent encore, je vous le dis : la retraite est un nouveau souffle si vous savez la planifier, ne serait-ce que pour les activités, même si du côté monétaire on en paie le prix!

Oui, il m’arrive encore de faire des cauchemars sur ce que fut ma vie professionnelle dans les dernières années et sur mon expérience douce-amère d’avoir été co-propriétaire d’une galerie d’art, mais lorsque je me réveille le matin, je suis soulagée de me rendre compte que ce n’était qu’un mauvais rêve.

2020 est une année en dents de scie pour tout le monde, c’est selon, mais cette année a permis de me déposer, de chasser certaines angoisses (pas toutes, mais bon…), de me rapprocher de ma famille et mes amis, de concrétiser le style de vie que je souhaite pour les années à venir. Pas de projets gargantuesques, pas d’objectifs qui demandent une énergie du maudit, pas d’ambitions extérieures qui pourraient me définir encore plus; juste l’envie de vivre le moment présent, d’être présente aux gens que j’ai choisis dans ma vie.

La vie est courte. J’ai juste l’ambition d’espérer que dans mes derniers moments je puisse dire : « Somme toute, j’ai eu une maudite belle vie! ». Vous savez pourquoi? Parce que j’ai décidé que je voulais juste me rappeler des meilleurs moments. Vieillir a du bon!.

P.S. Crédit photo: Jean Gosselin