Chronique du Capitaine 2017-02: Enfin sur Nomade II

Me voici bien confortable à l’abri de la pluie. Eh oui,  il pleut en Grèce, je suis un peu surpris, moi qui, les deux dernières années, n’avait vu aucune goutte de pluie à partir du début mai, pas plus en Turquie qu’en Grèce. Mais, me dit-on, c’est un phénomène normal de la mi-mai au début juin d’avoir des orages autour d’Athènes. Rien qui ne dure longtemps par contre.

Déjà ma cinquième journée sur Nomade, le temps passe vite. J’ai un numéro de téléphone, quelques visites à l’épicerie. À l’exception de la cabine, l’intérieur est lavé, les voiles à poste. Maintenant les travaux commencent : système de barre à roue, changement du lecteur de carte, profondimètre, anémomètre, modification du système de prise de ris automatique, révision de mes batteries qui ne fonctionnent pas bien. Je verrai ce qu’il en ressort.

Aujourd’hui j’avais besoin de me changer les idées. Donc je saute sur la moto de location, direction le Sanctuaire d’Aphaia, dédié à la fertilité de la femme. La plupart des sculptures se retrouvent au musée Glyptothèque à Munich. Mais il y a quand même d’intéressantes choses à voir. Ce que nous voyons date de 500 ans AC, mais le site date de l’ère préhistorique. En revenant, j’ai repassé par la Chora que j’avais visitée l’an dernier. J’en ai profité pour prendre quelques photos de la route.

Une petite pensée à tous ceux que j’aime!

Si tout va bien, ma prochaine chronique sera sur l’eau…

À bientôt

Serge

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Femme de marin 2017-9 : Jeudi confession

Note à moi-même avant de débuter cette chronique : Me rappeler que cette chronique n’a pas pour but d’obtenir des hourras et des bravos, mais plutôt d’élaguer et d’épurer le chemin vers la transparence et l’honnêteté face à soi-même, ce qui est, somme toute, une forme d’auto-thérapie. Méchant programme!

Pendant que le Capitaine s’affaire sur l’île d’Égine à préparer Nomade II pour sa mise à l’eau et son plan de navigation pour l’été 2017, je peins dans mon atelier. Hier, j’étais en plein atelier de créativité avec ma mentor Sylvie Santerre, propriétaire de la Galerie l’Artiste et je n’étais pas fière de moi (bon, il m’arrive de l’être mais c’est pas as usual…). Je suis arrivée épuisée de 2 jours à me battre avec des maudites statistiques dont j’ai rien à foutre et j’avais les deux yeux cross side et la tête prête à éclater. Si ce n’avait été de mon amour inconditionnel pour Sylvie et de ma certitude que les ateliers de créativité me font le plus grand bien, je serais allée direct chez moi sans passer par Go et réclamer 200 $!!! Je me serais servi un bon verre de vino et je l’aurais cuvé sur mon couch en écoutant quelque émission insipide, histoire de faire de la place dans mon cerveau.

Mais bon, je me suis dirigée vers la Galerie et j’ai eu le temps de décompresser en soupant avec Sylvie avant l’atelier. C’était une bonne chose. Les ateliers me font un plus grand bien, mais ça me confronte aussi à quelque chose que je n’avais pas vécu avant. Je m’explique. Je crois l’avoir déjà écrit dans une ancienne chronique mais pour celles et ceux qui me suivent depuis peu, je vais résumer.

Mon père était peintre narcissique. Des trois enfants, j’étais la seule qui a hérité de son don. A l’adolescence, je m’étais mise plus sérieusement à peindre et j’avais exposé sur les murs de ma chambre mes premières œuvres. Un jour que j’arrive à la maison, tout avait disparu. Devant mon étonnement, mon père me dit qu’il avait jeté mes « cochonneries », étant le seul dans la maison à décider de ce qu’il y aurait sur les murs. Inutile de vous dire que ma réaction fut de jeter tout mon matériel au bout de mes bras! Toute ma vie, jusqu’à 50 ans, je n’ai plus jamais retouché à un pinceau, oubliant même que j’avais ce don. Ici, s’arrête le bout larmoyant de cette chronique. Vous pouvez serrer vos mouchoirs…

N’importe quel être humain, aussi complexe soit-il, a besoin de reconnaissance et la première manifestation doit, idéalement, arriver de ses parents. Bon, on peut dire que cet épisode de mon histoire a été complètement raté… Mais l’être humain faisant preuve de ressources insoupçonnées, j’ai surmonté (du moins, c’est ce que je croyais) cette défaite et j’ai continué mon chemin en prenant une autre route… jusqu’à ce que je rencontre Sylvie et ses ateliers de créativité!

C’est que, voyez-vous, pour celles et ceux qui ne la connaissent pas, il faut savoir que Sylvie est passé maîtresse dans l’art de déjouer votre contrôle. Vous pensez gérer quelque chose dans votre vie? AHAHAHAHAHA, damn you!! Et le pire c’est que vous vous surprenez à vous laisser aller dans son sillage, et vous vous laissez guider béatement!

Donc, depuis que je suis ses ateliers, je découvre plein de possibilités, mais aussi mes limites. Je me bats sans cesse avec moi-même à me stopper dans ma comparaison avec ce qu’elle fait, ce que Linda Vachon fait et tous les artistes que je connais de près ou de loin. Je me surprends à me demander comment ils font pour obtenir tel ou tel résultat, tel ou tel effet. Argnnnn!!! Encore hier, je faisais un fond de toile que je trouvais personnellement dégueulasse alors que toutes les autres participantes trouvaient ça super. Ben coudonc…Je dois souffrir de myopie artistique!

Je suis rarement satisfaite de moi-même, surtout en ce qui a trait à mes talents artistiques. Je vis toujours un moment de grande détresse lorsqu’arrive une exposition collective. Ne me demandez surtout pas si je suis proche de faire une exposition solo. OMG!!!

Ce soir, je suis dans mon atelier et je peins un fond de toile. Je sais que mon idée de départ va changer en cours de route. Sylvie m’a appris ça. Elle m’a appris aussi que c’est pas grave, que c’est une étape obligée et nécessaire parce que ça fait partie du processus. Mais malgré tout ça, les vieilles habitudes font comme Donald Trump à l’OTAN dernièrement : ils tassent tout le reste pour se mettre à l’avant! Crissss…. Donald, étouffe!!!!  Je pensais que c’était réglé cette affaire-là!

Mais le simple fait que j’en sois consciente, c’est au moins ça de pris, hein? Je suis un Work in Progress jusqu’à la fin de mes jours. C’est quand même réconfortant et c’est une façon de me reconnaître.

Fond de toile qui va servir à créer quelque chose un moment donné…. Laisse glisser, ma vieille!!

Femme de marin 2017-08: Merci la vie!

Viens d’aller mener le Capitaine à l’aéroport. Arrête à la Galerie l’Artiste pour aller chercher mes petites toiles que Sylvie Santerre, la propriétaire, m’a faites. Je suis admirative. Petite jasette devant un café, puis retour à la maison pour les installer. En chemin, le Capitaine appelle. Il attend son embarquement. Il me dit

  • J’espère que tu vas profiter de ta liberté.

Je rigole. Comme si j’étais pas libre quand il est là. Je rectifie :

  • Dis plutôt : J’espère que tu vas profiter de ta solitude!

Les petites mésententes et les humeurs en dents de scie des derniers jours s’estompent et s’effacent. C’est toujours comme ça la dernière semaine avant qu’il parte. Tous les deux, on a hâte qu’il s’envole. Notre couple est fait de même. C’est pour ça qu’on s’ennuie jamais ensemble! On a hâte au départ, on attend fiévreusement les retrouvailles et on trépigne au retour. Je ne saurais plus vivre autrement. Je ne ressens plus les déchirements du début, il y a 10 ans, lorsque mon Capitaine partait pour quelques mois, même si chaque départ me rend encore un peu vaseuse. C’est devenu ma vie. Au début, j’attendais de longs mois sur le quai. Maintenant, je le meuble. Ce quai qui n’était pas le mien, est devenu un espace à habiter, à personnaliser.

Arrive à la maison, installe mes nouveaux Santerre et prends une photo, satisfaite de ce nouvel ajout de beauté et de zénitude à mon environnement. Devant moi, 3 petits Santerre. A gauche, 7 petits Hamel. Dans le salon, 1 Vachon. Au sous-sol, dans mon atelier, 2 Vachon et 1 Chabot, en plus de mes toiles. Tous des artistes que j’admire pour leur talent, mais aussi pour leur authenticité (bon, je m’inclus aussi avec modestie, ahahah).

Un nouveau cycle commence. Le vélo est sorti de son antre, nettoyé, pneus gonflés. J’irai demain s’il fait beau. Pour l’instant, j’ai besoin d’ordre. Je me sers un verre de Sablette (ça fait la job) et je me demande par où commencer. L’atelier est dans un foutu désordre. Quand je veux créer, j’aime que l’espace soit clean, histoire de laisser la créativité prendre toute la place. Sylvie et moi, on se ressemble entre autres sur ce point. Je reçois 2 Sacoches (peut-être 3) à souper vendredi, j’ai donc la semaine pour ramasser.

Mon deuxième article dans la revue l’Escale (et sa version québécoise Le Hublot) sera publié sous peu. Me reste quelques toiles à faire pour l’exposition d’Artistes de cœur en novembre. J’ai le temps. C’est comme un second souffle où je remercie la vie de me faire un cadeau d’exister encore : des toiles d’artistes que j’aime profondément, des voyages qui me permettent de voir des contrées auxquelles je n’aurais jamais pensé accéder sans le Capitaine, un voyage en Grèce avec ma grand chum que je ne pensais pas possible, un tattoo pour célébrer une décision que je n’aurais jamais pensé prendre, soit traverser l’Atlantique cette année (il y aura sûrement une conférence qui va suivre l’an prochain),  des projets de créativité qui n’auraient pas été possibles sans la rencontre de Sylvie dans ma vie, un événement triste autrefois qui a fait naître une amitié profonde entre Claudine et moi, des voyages réguliers à Québec qui entretiennent mon lien indéfectible avec mes potes Guylaine et Christine.

Je tempête, je chiale, je rage, mais au fond je sais que je suis bénie d’avoir des liens aussi profonds avec certaines personnes même si je suis une louve plutôt solitaire. Sylvie m’a dit aujourd’hui : « T’as pas l’air de quelqu’un avec qui c’est difficile de vivre ». Me voyais pas de même et je suis pas sûre que le Capitaine en dirait autant, mais ça m’a fait du bien. Mis à part le fait que je n’endure pas trop longtemps plein de monde autour de moi, il est vrai que je m’allège avec les années. J’endure moins de choses qui font pas mon affaire et je dis plus ce que je pense, n’en déplaise à certaines personnes. J’essaie de porter moins de stress sur mes épaules et je relativise plus.

Au début, je pensais que ce qui définissait notre vie c’était nos réalisations. Maintenant, je pense que c’est plutôt les contacts qu’on entretient et qui nous nourrissent. Journée satisfaisante, somme toute. Merci la vie!

Linda Vachon

Toile de Chantal Chabot

Mon nouveau tattoo: une ancre incorporée dans un signe de l’infini

Sylvie Santerre

Le fou du village -Linda Vachon

Chroniques du Capitaine 2017-01: Et c’est un départ!

Aujourd’hui je vais rejoindre Nomade II pour 4 mois. Ça commence par l’avion, le métro, le traversier et le taxi avant d’arriver sur Nomade, et là de me faire un petit coin pour dormir, avant que ne commence la mise en forme de ma passion. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Nomade est un voilier suédois (Maxi95) de 32 pieds avec lequel j’ai navigué du Lac Champlain à la Méditerranée commençant en 2005, déjà plus de 17,000 milles nautiques sous sa coque. Mon amoureuse et moi publions des chroniques de voyage ainsi que photos régulièrement sur notre site maler999.wordpress.com.

Donc une fois arrivé à bord, commence la danse de la préparation, du nettoyage, de la mise à niveau des instruments, Tout doit sortir, tout doit être lavé, désinfecté, relavé, rangé, vérifié, mis à l’essai et réparé au besoin, intérieur comme extérieur sans oublier que je remplace mon anémomètre ainsi que mon profondimètre et mon lecteur de cartes. Bien hâte d’essayer tout ça et surtout de l’intégrer à mes autres équipements à bord. Si tout va bien, la peinture antisalissure devrait être appliquée sur la coque et la mise à l’eau dans environ 10 jours après mon arrivée.

Ensuite, une tournée vers le Sud en attendant l’arrivée de Mado et sa grande amie Guylaine pour 3 semaines. Donc comme je disais, l’étrave vers le sud, je pars à la découverte d’une autre partie de la Grèce, la Saronic, avec ces îles Égine (Aigina), Dhoroussa, Poros, Hydra, Spetsai, Dhokos ainsi que Spathi avant de me rendre à Athènes (Zea Marina) pour recevoir mes deux sirènes. Zea marina sera notre ancrage pour visiter une partie de la Grèce continentale, entre autres les Météores ainsi que quelques incontournables îles dont Santorin.

Ensuite, commence ma remontée vers le Nord en commençant par la côte et l’île d’Évia (Eubée) qui m’accompagneront pendant plus de 125 milles avant de faire escale à Skiathos et Skópelos pour mieux repartir vers la Thessaloniki. Ensuite la péninsule du mont Athos où les femmes ne sont pas encore admises. Visite de Thassos avant de repartir pour le Sud-Est soit la mer de Marmara, Turquie, où après quelques visites à terre je laisserai Nomade dormir pour l’hiver à Yalova au Sud d’Istanbul.

À bientôt

Serge

 

 

 

Femme de marin 2017-07: Spike is my hero!!

Ce matin, à mon lever, je jase sur Facebook avec ma pote Linda Vachon (https://www.tetedecaboche1965.com). On niaise. Heureuse propriétaire de quelques-unes de ses oeuvres, je lui dis à la blague qu’elle est mon héroïne, tout comme le dessin animé que je regardais quand j’étais petite.

Il y a 65 ans, en 1952, Warner Bros. créait un dessin animé, tiré de la série des Looney Tunes, qui mettait en vedette Sylvestre le chat, mais aussi, pour la première fois, Chester et Spike, personnages qui ont meublé les fins d’après-midi de mon enfance, lorsque je revenais de l’école.

Tree for two est un dessin animé de Friz Freleng qui raconte l’histoire de deux chiens, Spike et Chester. Au début de l’histoire, une panthère se sauve d’un zoo et se cache dans les environs où Spike,  un gros bouledogue épeurant, et Chester, son copain qui est un petit épagneul adorable, règnent en maîtres sur le quartier. Un jour que les deux chiens se promènent, Chester à bout d’idées pour satisfaire son héros Spike et un peu pour soutirer son admiration, lui propose de lui trouver un chat pour le tabasser. Ils rencontrent Sylvester qu’ils commencent à poursuivre. Ce dernier, apeuré, va se réfugier dans le même entrepôt où la panthère se cache, mais sans le savoir.

Spike confronte Sylvester mais se voit tabassé par la panthère, pensant qu’il s’agit de Sylvester. La peur le gagne au grand dam de Chester qui ne comprend pas l’attitude de son héros. Chester, ne voyant que Sylvester et non la panthère, confronte le chat et réussit à avoir le dessus sur lui. À la fin, Spike est convaincu que Chester est plus dur qu’il n’y paraît et les rôles s’inversent : Chester devient le « dur » et Spike, le suiveur.

Ce « cartoon » a meublé mon enfance et même encore aujourd’hui, je le trouve très pertinent parce qu’il exprime que derrière l’image qu’on projette, il existe des peurs qui nous façonnent, nous protègent, mais qui en même temps, parfois, nous fragilisent. Je déteste avoir une mauvaise idée des gens, mais parfois c’est plus réconfortant et plus sécurisant de s’en tenir à ces idées toute faites que faire le chemin pour les contrer.

Je donne l’image d’une fille forte. Je le suis, c’est vrai, en partie. Mais quelque part en moi, je suis percluse de peurs. La seule différence c’est qu’avançant en âge, je les assume. J’ose les dire. C’est ainsi que lorsque les gens apprennent que je vais traverser l’Atlantique, la majorité du temps, ils sont béats d’admiration. J’encaisse avec un rire niais en n’omettant pas de dire, la plupart du temps d’une façon humoristique, que je suis tétanisée mais que je préfère ne pas trop y penser pour l’instant. Ça reste quelque chose d’abstrait pour moi. C’est comme lorsqu’on me dit: « Le monde pense que… ». Le monde est pour moi quelque chose d’abstrait tant qu’on ne nomme pas c’est qui. « Le monde », ça veut rien dire. C’est personne tant que LA personne ne se présente pas à moi avec ses préjugés, ses préconceptions qu’elle consent à mettre sous examen. Tant qu’on ne se retrouve pas devant, on peut inventer mille scénarios pour régler la chose. Spike et Chester sont victimes de ça, et ils y croient.

« L’identité se nourrit de la fréquentation régulière de son visage dans le miroir. Nous ne connaissons de notre apparence que des reflets fugaces. Pourquoi un tel aveuglement? Notre perception de nous-mêmes ne peut qu’être fausse, déformée par nos émotions, nos souvenirs d’enfance et le regard des autres. Cet hiatus inévitable, entre notre être de chair et d’os et l’image que nous avons, nous fait parfois souffrir. Nous ne voyons souvent que nos défauts, nous nous imposons des tares ». (Laurence Lemoine, citée dans Luc Breton, Qui se cache derrière le miroir?’ Huffpost, 10/12/2015).

“Se mentir à soi-même, c’est d’abord un abri chaud, et ensuite, une prison froide.” (María Jesús Torres)

Mon superviseur de stage clinique de maîtrise en orientation, lorsqu’il nous racontait les histoires de certains de ses patients, disait toujours: « Dites-vous que vous auriez pu être tout ça… et que vous pourriez, un jour, être tout ça! ». Ça m’a marquée. Ça m’a donné un peu plus d’humilité devant la défaite, et ça m’a aidée à penser qu’entre projeter une image et se montrer tel qu’on est, il y a une marge sur laquelle on peut avoir du pouvoir. Jusqu’où puis-je me permettre d’aller avec aisance avant que quelqu’un me démasque? Quels sont les coûts et les bénéfices de me montrer sous toutes mes facettes? Qu’ai-je à perdre et à gagner? Je suis rendue à un âge où je peux me payer le luxe de n’avoir plus rien à perdre. Parce qu’en fait, j’ai passé plusieurs décennies à perdre suffisamment, si bien que seul l’essentiel reste, ou presque…

Soixante-et-un ans, ça commence à être un âge vénérable. Pour l’avoir vécu de près, je sais que bien des gens n’ont pas eu ce luxe de vivre aussi longtemps. Alors, je me déleste.

Chester et Spike me font encore rire. Un rire d’enfant qui résonne en moi parce que ce que j’aime le plus de ce dessin animé c’est la fin où les choses s’inversent. Il y a un changement de tempo que tous les auditeurs, ou presque, avaient vu venir. Mais dans la vraie vie, pourquoi n’est-on pas aussi prédictif pour soi-même? C’est sacrant, je sais!

Même si ça me fait tempêter la majorité du temps, j’aime les aléas de la vie. C’est comme une bougie d’allumage, quelque chose qui met le feu à la rampe de lancement en soi qui dort. Comme disait mon ancien professeur de statistiques à l’université : « Faut que le mollusque bouge un peu de temps en temps ».Ça prend forcément un déclencheur.

Il arrive encore parfois que derrière la façade, se cache un hôtel fatigué. Dans ce temps-là, alors oui, je sacre, je tempête, je chigne, je déprime, je rage, je suis rancunière (euh… correction : je n’oublie pas!), mais quand je suis seule dans mon salon et que tout est calme dans la maison, je dois admettre que c’est quand même bien fait la vie! Tout se place au moment où la vie le décide (pas soi!).

Ben oui, je vais exposer encore cette année à la fin novembre avec Artistes de cœur. Et encore cette année, je ne suis pas satisfaite de ma production parce que j’ai pas eu assez de temps pour réfléchir sur ma créativité et ma « recette ». Ben oui, je vais prendre l’avion juste après pour m’embarquer pour la traversée en me demandant pendant les semaines qui vont suivre ce que je fais là alors que je pourrais être bien au chaud, chez moi, à me soucier de rien!

Donc, pour revenir à l’idée du début, Linda est mon héroïne. Tout comme bien d’autres artistes dans ma vie, et des femmes qui ont jonché le parcours dans ma vie. Moi qui me projetais dans une soixantaine tranquille et pépère, c’est muffé!!! J’ai certes plus de certitudes, mais encore plus de questionnements. Pour tout dire, je ne suis pas plus sage qu’avant! Alors, j’ai rien trouvé d’autre que descendre dans mon atelier, de prendre mon pinceau et de focuser sur le moment présent pour créer.

Chester ou Spike… on s’en fout. Je suis les deux Dr. Jekyll et M. Hyde!

 

Femme de Marin: 2017-06 Bientôt les vacances de tout, yé!!!

Dixièmr saison qui débute bientôt. Hey oui, le chéri part dans 10 jours pour rejoindre Nomade II qui est stationné en Grèce présentement, plus précisément sur l’île d’Égine, au sud-ouest d’Athènes.

Cette année, j’aurai le bonheur de voyager avec ma sœur spirituelle, Guylaine.

Nous irons rejoindre le Capitaine un mois plus tard à Athènes pour un heureux périple qui nous mènera tant dans la partie continentale (entre autres les Météores) que sur certaines îles telles Sefiros, Sifnos, Paros, Hydra, et  la réputée Santorini, sans oublier Nauplie et Épidaure (https://www.google.com/maps/d/edit?mid=1_yMX28J155Hmx6VrskoeIP4FOk4&ll=38.06266696974552%2C23.532155200000034&z=8).

Nul doute que ce voyage promet d’être fertile en émotions et en rencontres agréables et surprenantes. Mes indispensables m’accompagneront : chapeau Tilley, mon fidèle Olympus, ma tablette de dessins, crème solaire et maillot Lili-les-Bains. Balades et marches sous un soleil de plomb à la rencontre de fabuleuses découvertes, de gens stimulants, de flâneries au bord de la mer avec petits cocktails comme accompagnements, bouffe du tonnerre et rires aux larmes. Je nous y vois déjà. A nous écouter placoter et raconter des histoires avec nos expressions légendaires, le Capitaine n’est pas prêt de nous oublier!

Débordées de part et d’autre par le travail et nos nombreuses occupations quotidiennes, nous réalisons à peine présentement (sinon pas du tout) que le temps arrive. J’ai commencé à jeter un look sur les billets d’avion, à penser à me discipliner pour faire une valise compacte (histoire d’imiter Guylaine), mais pour l’instant je dois finaliser les nombreux documents qui accompagnent l’homologation du mandat d’inaptitude de ma mère et à la mettre à l’abri durant mon séjour au loin. Mes deux seuls moments d’arrêt dans la semaine sont d’assister à mes ateliers de créativité avec Sylvie Santerre de la Galerie l’Artiste (http://www.galerielartiste.com) – je vous les recommande chaudement – quelle belle gang nous sommes) et de descendre dans mon atelier commencer la production pour l’exposition Artistes de cœur en novembre 2017. L’atelier est un bordel de pinceaux, de peintures, de satisfactions et de frustrations mais ça fait partie du processus de créativité.

D’autres projets m’attendent pour cette été : passer une fin de semaine à Québec avec ma pote Claudine, recevoir mon frérot chez moi, passer une journée avec l’artiste Linda Vachon pour observer son travail (https://www.tetedecaboche1965.com/) et prendre plein de photos, rédiger le début d’un projet conjoint d’animation de créativité avec Sylvie Santerre dans le 10 e anniversaire d’Artistes de Cœur l’an prochain (vous dévoile pas encore pour quel organisme) (www.artistesdecoeur.com), et préparer les séances de supervision que je donnerai dans un organisme communautaire d’orientation et de recherche d’emploi cet automne. L’automne sera également chargé : je me suis inscrire à un cours de création artistique dans le cadre de mon programme court de 2e cycle en art-thérapie, je serai quasi à plein temps pour l’exposition de novembre et j’assisterai Sylvie pour la maintenance à la galerie au besoin.

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Tous ces projets me permettront de ne pas focuser autre mesure sur la traversée de l’Atlantique que j’entreprendrai en décembre prochain. J’applique le truc de Gigi qui est habituée de naviguer et qu’on accompagnera sur le Magibourg III : ne pas y penser trop avant le temps. J’applique le truc de ma collègue et mon amie préférée qui se résume ainsi : « LÂCHE LA CORDE!!!!

Guylaine venant me rejoindre la veille du départ, nous célébrerons le début des vacances par un bon Chardonnay et des sushis. Rien de trop beau pour les amies de Zorro!

Donc, d’ici la mi-juin vous aurez droit au Chronique du Capitaine et à mon arrivée, je prendrai la relève avec les chroniques de Femme de marin.

Alors, chères lectrices et lecteurs, j’espère que vous apprécierez votre voyage de cette année.

We’’ll be back! 🙂

Mado

Femme de marin 2017-5: My name is human!

Une chanson que j’écoute en boucle ces temps-ci : My name is human de Highly Suspect :

I’m feeling the way that I’m feeling myself
Fuck everyone else

Gotta remember that nobody is better than anyone else, here

(Do you need some time to think it over?)
Look what they do to you
Look what they do to me
Must be joking if you think that either one is free, here

Get up off your knees, girl
Stand face to face with your God

And find out what you are

(Hello, my name is human)
Hello, my name is human
And I came down from the stars

(Hello, my name is human)

I’m ready for love, and I’m ready for war
But I’m ready for more
I know that nobody’s ever been this fucking ready before, hey

(Do you need some time to think it over?)
So figure it out, or don’t figure it out
I figured it out
The bigger the river (the bigger the river)
The bigger the drought (the bigger the drought)

Fire world, I love you
I’m up off my knees, girl
I’m face to face with myself
And I know who I am
(Hello, my name is human)
I stole my power from the sun
I’m more than just a man
(No longer disillusioned)

 
Ma pote Claudine et moi, on a jasé 2h30 ce soir. Il n’y a qu’avec elle que je dure aussi longtemps au téléphone. On parle de ce que nous vivons, de la vie, de la signification que la vie prend pour nous avec l’âge, de l’importance d’accorder nos énergies aux bonnes priorités parce qu’on sait jamais quand ça va s’arrêter. Elle et moi, on en sait quelque chose, mais je vous dirai pas quoi! C’est pas important. L’important c’est les questions que vous vous posez et qui donnent un sens à votre vie.

Lu un jour : « Posez des questions que les réponses ne viendront jamais endormir ». C’est ça! Les gens qui se posent jamais de questions, moi je trouve ça suspect. Et c’est toujours ces gens-là qui vous font douter de vous-même!! Des visionnaires, des forts-en-gueule, des « je sais tout mais je remets jamais en question ». Moi, j’aime ceux qui doutent, ceux qui se remettent toujours en question, ceux qui n’ont pas de réponses toutes faites à l’avance. J’aime ceux qui n’ont pas de diplôme sauf celui de la vie. Pourtant, j’en ai des diplômes mais qu’est-ce que j’en ai retenu au fond? Pas grand-chose, sauf que ça m’a structurée, moi qui n’avais pas de cadre. Une enfance erratique, une âme presque perdue…Et les gens continuent à glorifier la connaissance reçue par un diplôme. Je ne suis pas contre ça, au contraire : ça donne une ligne directrice, une rigueur, une structure de pensée, mais faut être capable d’en sortir! Quand on vieillit, qu’est-ce qu’il reste? L’amitié, les bons moments passés avec les gens qu’on aime, à rire autour d’un verre de vin ou autre chose, rien que ça. Rien d’autre….

Y’a des moments heureux, comme aujourd’hui : peindre avec un petit verre de vino, parler avec sa pote Claudine, écouter de la bonne musique, cuisiner un plat qu’on aime, faire du ménage dans la maison, savoir que quelqu’un au loin pense à vous. La distance importe peu au fond… Des choses simples qui vous protègent des down de la vie. Faut savoir les prendre au moment où elles passent. Ne penser à rien d’autre. Juste profiter du moment pour ce qu’il est. Faire en sorte que la structure ne s’effondre pas malgré les aléas de la vie. Rester debout jusqu’à la fin, avec quelqu’un qui saura vous tenir la main, que ce soit un amour ou un ami.

Ce qu’il faut retenir c’est qu’un diplôme ça donne pas forcément le don de réfléchir sur soi-même. Tu l’as ou tu l’as pas. Un diplôme c’est juste un titre ou un grade délivré par une autorité qui atteste d’un niveau d’enseignement, d’un degré d’aptitudes et de connaissances sur une chose bien précise. Y a rien de spécifié pour les connaissances que t’as obtenues sur tes expériences de vie.  Bien sûr, si t’as pas ça, ça te limite sur les emplois sur lesquels tu peux postuler, parce que la société est faite de même. Mais en amitié, il n’y a aucune loi, aucune règle qui peut la régir.

Alors, peu importe où on se trouve, célébrons l’amitié!!

Femme de marin 2017-4: nouveau site artistique

Je viens de refaire mon site artistique et j’ai mis une liste de diffusion sur la page d’accueil. Venez vous y inscrire – c’est gratuit! – pour obtenir les plus récentes nouvelles et créations, ou tout simplement pour avoir le plaisir de lire les articles de mon blog. Je vous y attends!

L’adresse est la même: http://www.madeleinehamel.com

 

FEMME DE MARIN 2017-3: LINDA : THAT’S MY GIRL!

Bon, faut que je vous parle de Linda Vachon (https://www.tetedecaboche1965.com/). Ça existe des coups de foudre qui ne sont pas à connotation sexuelle. Il y a toutes sortes de coup de foudre. C’est quoi un coup de foudre? C’est avant tout une expérience qu’on ne comprend pas vraiment, c’est une chose qui arrive à une personne et que l’on ne peut ni expliquer ni contrôler.

Des coups de foudre, il en existe dans plusieurs domaines, pas seulement amoureux, mais en amitié ou pour quelqu’un qu’on admire ou qui nous touche. C’est ça : Linda Vachon est un coup de foudre. J’en ai eu pour d’autres artistes : Chantal Chabot (http://chantalchabot.com     ) et Sylvie Santerre (http://sylviesanterre.com). Mais Linda Vachon, celle-là vient me chercher dans les tripes. Pourquoi? Parce que c’est moi que je vois. Comme m’a déjà dit une acheteure, « c’est tout à fait moi ». Il y a quelque chose dans ses toiles qui vient me remuer du dedans, du très fond, qui me parle de mon passé, de ce qui m’a faite et qui fait que je suis ce que je suis aujourd’hui. Elle me rend ma fierté d’être en ce monde.

Ce soir, je suis arrivée à la galerie l’Artiste (http://www.galerielartiste.com) heureuse, fébrile. Ce lieu qui m’habite, où je me sens comme chez moi, où je prends des cours avec la propriétaire Sylvie Santerre à qui j’ai demandé d’être mon mentor, ce lieu donc où je me sens bien, où la musique m’emporte et la couleur me transporte. C’est chaleureux : il y a toujours du bon café qui vous attend ou une coupe de vin qui vous invite. Il y a aussi Sylvie avec son cœur grand comme une maison, qui vous prend dans ses bras et qui est toujours contente de vous voir, qui tempête et tolère. Tout ça dans une même personne; fascinant!

Il y a les artistes que je commence à connaître et avec qui il fait bon renouer parce que ça fait un bout de temps qu’on s’est pas vus. On parle, on papote, on discourt. Et ce soir, il y avait Linda Vachon avec qui j’échangeais des petits mots depuis un bout de temps sur Facebook mais que je n’avais pas encore rencontrée.

Donc, je suis là. Personne n’est arrivé encore sauf Sylvie et sa copine Doris. Puis, Linda arrive. Petit bout de femme, une émotion sur 2 pattes. Toute simple, elle ne prend pas de place, on lui voit rien que les yeux dans’face. Des grands yeux bleus, bleu de mer, bleu de ciel du matin qui se lève. Et tout à coup, on se reconnaît. Elle me dit : « C’est toi Mado! », et on se fait un colleux. Moment de grâce d’être à côté d’elle, de lui parler comme si on s’était vues la veille… et qu’on s’était toujours connues.

Y a plein de monde et toute le monde l’interpelle. Notre conversation est coupée mais je comprends. Il y a plein de gens qui veulent lui poser des questions sur sa démarche artistique, ou tout simplement sur « comment elle fait ». On jase un peu de l’effet que ses toiles ont sur moi et elle fait preuve de tellement d’humilité, ébahie de ce que j’ai pu écrire sur elle. Me surprend à être surprise de sa réaction, moi qui suis moi-même surprise de la réaction qu’ont les gens qui me lisent. Un trop-plein d’humilité et de gêne traversent la pièce….

Elle est vite entourée de gens qui veulent lui parler. Moi qui suis d’une nature timide, je m’efface. Jamais je n’arriverais à faire ce qu’elle fait. C’est unique! Et beaucoup de gens que je connais trouve ça déprimant. Moi, je vois une beauté intérieure, son discours m’interpelle du dedans. Ça fait mal et ça réconforte en même temps. « Ne comprennent que ceux qui y sont », comme disait un défunt journaliste de guerre que j’ai connu autrefois. Il faut avoir eu mal, vraiment mal, au point d’avoir voulu disparaître pour comprendre ce que ses toiles dégagent.

Loin de moi l’idée d’analyser ses intentions lorsqu’elle les a créées, mais ses toiles me parlent. C’est à moi qu’elles s’adressent. Un message bien personnel qui ne s’adresse qu’à moi et qui, j’en suis consciente, pourrait dire autre chose de bien différent à quelqu’un d’autre.

Je lui raconte donc l’effet que ses toiles font sur moi. Je lui parle qu’un jour, il y a longtemps, j’étais allée voir une exposition de Rodin au Musée de la Civilisation à Québec. Je me rappelle avoir été prostrée au moins une demi-heure devant une de ses œuvres, « le baiser », et avoir versé quelques larmes. Mon conjoint, qui avait eu le temps de faire le tour de l’exposition, était revenu me voir, pantois devant ma réaction. Je ne faisais que dire : « C’est tellement beau! », et lui, du genre : « Bon, ok, reviens-en! ». Je lui dis donc, à Linda, qu’elle est la deuxième artiste à me faire cet effet. Que devant ses œuvres, j’ai le cœur à l’envers, ou plutôt à l’endroit, là où normalement il doit être. Parce que la vie nous amène souvent à se mettre en position inconfortable et qu’il faut trouver sa place. Bon, Linda, je te mets sur le même pied que Rodin. Donc, si un matin tu te réveilles et que tu as le cœur dans la flotte, ben, pense à ce que je viens d’écrire. Ça devrait te remonter le moral pour un maudit boutte!!

Je viens de lui acheter une 3e œuvre : Le fou du village. À l’endos de sa toile, elle a écrit : L’expression vient du fait que dans tous les villages il existait une personne souffrant d’un handicap intellectuel qui faisait partie de la communauté et que tout le monde connaissait. Ça me réconforte. Ça me dit que j’ai ma place et que même si je suis d’une nature gueulante, c’est nécessaire pour réveiller les consciences.

La deuxième toile que je lui ai achetée s’appelle « L’absence », une autre qui me touche. On peut être parfois absent de soi-même, mais pas de son œuvre.

Linda est une émotion sur 2 pattes, je l’ai dit et le redis. J’espère juste qu’on aura l’occasion de jaser une autre fois, sans la foule et sans distractions. Je suis repartie avec sa toile, « ma » toile, sous mon bras, comme une voleuse qui ne veut pas être prise en flagrant délit. Comme quelqu’un qui garde un grand secret. Rencontrer une artiste de son vivant, c’est rare et précieux.

« Le Fou du village »

En haut: « Et nous serons par centaines » En bas: « L’absence »

Femme de marin 2017-2: Ok, J’y vais!!!

artistes-de-coeur-2016

C’est dimanche matin. Je relève d’un long congé où je récupère d’un gros rhume qui m’a laissée knock-out à faire la patate de divan pendant 4 jours et à badigeonner ce qui me reste de nez comme une grosse fraise au milieu du visage (le truc qui consiste à s’enduire de pâte de zinc – oui, oui, ce qu’on met sur les fesses rougies des bébés – me vient de ma pote Guylaine. Et ça marche!!!!).

Je vacille entre quelques incursions dans mon atelier où je tente de donner forme à un quelconque début de créativité (plus d’erreurs que d’essais), et l’ordinateur où je perds de précieuses minutes de ma vie à jouer à un jeu de cartes insipide; pas d’énergie pour autre chose…

Le téléphone sonne. Je réponds, nonchalante. C’est Serge St-Martin des Escadrilles canadiennes de plaisance, section Beloeil. Il m’explique qu’il connaît mon Capitaine qui lui a donné l’adresse Web de notre site. Il a lu ma dernière chronique (https://maler999.wordpress.com/2017/01/16/femme-de-marin-2017-01-omg-je-peux-pas-croire-que-je-vais-traverser/). Il me parle de mon site qu’il trouve très intéressant. Réponse laconique. Puis, il me dit avoir fait lire l’article à sa femme (Jocelyne Guimont) qui se trouve être l’éditrice en chef de « Le Hublot », publication officielle des membres de CPS-ECP. Celle-ci  aimerait justement publier cet article de même qu’une série d’articles portant sur le sujet (https://www.cps-ecp.ca/public_fr/public_fr.asp?WCE=C=47|K=235669|RefreshT=235670|RefreshS=LeftNav|RefreshD=2356705). Là, j’émerge de mon coma enrhumé.

Depuis mon souper éthylique avec Marcel et Gigi, ma décision penchait du bord de « j’y vais » mais rien n’était encore coulé dans le béton. Avec cette offre de publication, mon cerveau, bien qu’ankylosé, m’a rebondi en pleine face,  gueule enfarinée, pour me crier : « Hey, Pocahontas, saute dans le train (pour pas dire le bateau, ehehehe) avant qu’il soit passé! ».

Tout le monde connaît la fameuse phrase : « J’aime mieux avoir des remords que des regrets »…J’ai donc répondu : « Que ça me ferait donc plaisir! » comme si j’avais fait ça toute ma vie! J’ai hérité de mon père deux talents : peindre et raconter des histoires. Je vais donc faire cette traversée, contre vents et marées, et mettre en mots ce que mes tripes tritureront au fil des flots. En d’autres mots, ma décision est prise : je vais faire la traversée de l’Atlantique en décembre prochain.

Ma vie a été singulière, ma retraite ne le sera pas moins. Mais que veut dire vraiment le mot « retraite »? Si on se fie à différentes définitions du dictionnaire, on lit :

  • Action de se retirer de la vie active, d’abandonner ses fonctions ; état de quelqu’un qui a cessé ses activités professionnelles

Disons que selon cette formulation, il est vrai que je vais cesser les activités professionnelles que j’occupais depuis 15 ans et ce, sans peine aucune.

  • Lieu où quelqu’un se retire pour vivre dans le calme, la solitude, ou pour se cacher

Le calme, oui. La solitude? Je la vis depuis les quinze dernières années que je vis à Montréal et lorsque mon Capitaine part au loin. La solitude ne me fait pas peur et est même devenue une amie indispensable pour me ressourcer. Me cacher? Je crois, au contraire, que la solitude permet de se retrouver et de s’assumer. Elle permet d’aller vers les autres, plus confiante.

  • Terme d’escrime. Mouvement en arrière, par lequel on se met hors de l’atteinte des bottes que porte l’adversaire.

L’adversaire étant le travail que je faisais, je n’ai plus envie de perdre de précieuses minutes de ma vie pour des gens qui n’en valent pas la peine. Comme on dit, il faut choisir ses batailles et celle-là (i.e. délaisser mon travail professionnel) n’est pas une perte.

  • Se dit des eaux qui reviennent dans leur lit.

Moi qui ai toujours aimé l’eau, qui suis un signe d’eau (Poissons), peut-être avais-je peur d’une partie de moi-même que j’ose maintenant confronter avec respect et crainte. Je reviens à la maison…

  • L’art de prendre sa retraite sans battre en retraite

Je prends ma retraite de mon milieu professionnel mais non de la vie! J’ai envie de faire ce qui me rend heureuse : superviser des intervenants, peindre et exposer, m’exposer à la vie, partager cette partie qui rend mon Capitaine si vivant, et par surcroît moi aussi.

L’année 2017 promet d’être radieuse : Deux projets me tiennent maintenant à cœur : l’exposition d’Artistes de cœur (http://artistesdecoeur.com/) et ma traversée.

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Maudit que j’ai aucun regret face à la décision que j’ai prise. L’aventure et l’inconnu m’attendent. On verra bien 🙂