Chronique du Capitaine 2015-36: La plage de Cléopâtre et la baie de Gokova

Hier le 17 aout, j’ai fait ma dernière excursion de ma saison de navigation, soit la baie de Gokova pour ses baignades et la plage de Cléopâtre. Eh oui, cette plage ou ce qui en reste, selon un couple turc rencontré sur place et vivant maintenant au Michigan. Le sable de cette plage aurait été apporté d’Égypte par Anthony qui voulait plaire à Cléopâtre, son amoureuse. Il n’y a pas à dire, ces deux-là ont laissé des traces de leur passage en Turquie ainsi qu’en Égypte. J’admets que le sable de cette plage est très fin et beau, mais c’est du sable. J’en ai aussi profité pour visiter ce qui reste des murs de la forteresse, de l’agora, d’une église, d’une basilique et du théâtre quand même pas trop mal préservé.
Mais ce que j’ai retenu, la fraîcheur de l’eau, parfaite et limpide, une belle journée et quelques rencontres intéressantes : une voyageuse turque mais qui voyage exclusivement en Turquie, un couple turc qui vit au Michigan (États-Unis) depuis 35 ans mais qui a gardé un pied-à- terre ici en Turquie, lui se promenait avec un t-shirt qui avait un orignal dessus, et un nouveau couple lui importateur de Santiago (Chili) et elle de l’Ukraine. Il a beaucoup voyagé et nous avons pu parler de plein de beaux endroits vus ou à voir.
Le départ approche, jeudi je quitte pour Istanbul et vendredi c’est l’avion pour Montréal.
Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-35: Marmaris et la baie d’Hisaronu

Bonjour,
Pour ceux qui se demandent comment se passent mes journées maintenant que je suis sorti de l’eau, disons que c’est un mélange de travaux sur le bateau et de promenades dans Marmaris pour me changer les idées et faire mes commissions, nourriture, boisson et surtout matériel nécessaire à la bonne progression des travaux (époxy, vis, peinture, etc. )
Mais je me dois des détentes parfois, un petit film le soir sur l’ordi ou une excursion comme celle que je viens de faire dans la baie d’Hisaronu. Oui, une journée sans travailler au bateau et des baignades, quel bonheur! Le tout débute en autobus à partir du port de Marmaris jusqu’à Hisaronu, pour ensuite prendre un bateau et faire le tour de différentes baies et îles balayées par un vent d’ouest venant de la mer Égée qui entre dans la baie et nous rafraîchit. Nous sommes seulement à 30 minutes de Marmaris qui, elle, est dans la mer méditerranée, et là nous voilà dans la mer Égée.
Première baie, Orhaniye avec sa pointe de sable qui s’avance dans la baie et qui donne l’impression de marcher dans la mer. Un arrêt et baignade dans une eau qui n’est pas des plus limpide. Par contre d’une température idéale, juste une bonne fraîcheur. Ensuite l’île de Kameriye, où se trouvent des chèvres, un vestige d’église et quelques arbres où on accroche un morceau de tissu en faisant un souhait, geste incompréhensible pour moi. C’est comme les religions, sans fondement et ça donne l’impression que quelque chose de magique va s’occuper de nous.
Maintenant la baie de Selimiye, une eau cristalline et une autre baignade, pour ensuite nous diriger vers Rabbit Island. A voir la quantité de lapins sur cette île, on comprend bien son nom. Petit arrêt, l’étrave sur la plage, le temps de prendre quelques photos et puis départ pour la baie de Çubucak, sans oublier d’admirer ces châteaux flottants que quelques multimillionnaires peuvent se payer. Une autre baignade, ce sera notre dernière avec une autre baie à l’eau cristalline et une montagne qui donne l’impression d’être faite de sable et de pierres.
On reprend l’autobus direction Marmaris, bien rafraîchi et pour continuer les travaux sous la chaleur.
Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-34: Karacaoren, Albatros marina

Bonjour,
Ça fait déjà deux semaines depuis ma dernière chronique, mettons la faute sur la chaleur. Comme exemple, ce matin à 6h15, il fait déjà 24 Celsius. Disons qu’une température plaisante pour dormir semble être revenue et je ne peux qu’être heureux.
La dernière fois que nous nous sommes parlé, j’étais à Finike et je me préparais à partir pour Kale Koy dans l’archipel de Kekova. J’y suis allé en effet mais plutôt dans la baie de Woodhouse où j’ai pu m’ancrer et me rafraîchir dans une eau limpide et combien plaisante. J’y avais aperçu quelques chèvres se promenant sur les pierres autour de la baie, je serai toujours admiratif de leur agilité. Sur mon tribord, un voilier allemand, gentille famille en vacances. Sur mon bâbord, quelques gulets qui se remplacent et déversent leur flot de touristes pour une baignade et repartent. En fin de journée il en restera deux, ça semble être des locations privées, ils y passeront la nuit. Tôt le matin, je quitte pour Bucaz Deniz, une petite baie pas trop loin de Kas et Kastellorizo, mais plus j’approche de la destination, plus je me dis : « Il y a un peu de vent, il n’est pas contre moi. Pourquoi pas faire le saut directement sur la baie de Karacaoren, il est supposé y avoir un restaurant et être bien protégé ». Donc après plus de 12 heures de navigation et 50 milles nautiques, je m’attache à un corps mort et prends réservation pour qu’on vienne me chercher à 20 heures. L’endroit est sympathique, l’ambiance est bonne, mais je suis trop fatigué pour l’apprécier à sa juste valeur. Je retourne sur Nomade pour dormir jusqu’au lever du soleil.
À 5h30, je lâche l’amarre du corps mort, direction Disibilmez Buku, mais ça n’a pas pris beaucoup de temps. Les vents étant encore meilleurs qu’hier, je change de cap, direction Marmaris, 51 milles nautiques que je ferai en 9 heures cette fois ci. Je ne sais pas encore où je laisserai Nomade pour l’hiver.
Je n’ai pas l’intention de retourner à Yacht marina, je n’ai pas aimé l’attitude des gens dans l’office, j’y reviendrai plus tard. Marmaris club marina que je ne connais pas, qui est récente, je leur ai écrit et je n’ai pas reçu de réponse. Mauvaise façon de débuter, mais je vais m’y arrêter et je verrai, et Albatros qui m’avait été recommandé par Thierry Sagnes, Français ayant fait le tour du monde sur son voilier et maintenant capitaine pour bateaux de gens disons plus fortunés que moi.
Marmaris club marina : disons que l’accueil fut un désastre, j’ai viré de bord cap sur Albatros. Je les appelle sur téléphone et on me dit m’avoir répondu en juin. Ok c’est possible, moi je n’ai jamais vu ce courriel, mais pas grave, pas de place à quai me dit-on. Je vais devoir m’ancrer et aller les voir. Aussitôt demandé, aussitôt fait. Personne très gentille, les prix sont encore meilleurs que je pensais et si je veux sortir de l’eau immédiatement ils peuvent me prendre. Absolument, leur dis-je! Pendant qu’elle fait les papiers, je retourne sur Nomade pour l’amener au quai de sortie et vlam je suis à terre! Je devrai attendre au lendemain pour faire nettoyer la coque et qu’ils me placent où Nomade dormira pour l’hiver.
Pour ceux que ça peut intéresser, je vais vous faire un petit tableau des plus et des moins d’Albatros et de Yacht marina :

Sans titreDernièrement mes travaux, et oui durant l’inspection par un « surveyor » ce printemps, il a dit que le bateau avait le pont trop humide et que je devais faire les corrections nécessaires. Premièrement après avoir ouvert le pont, qu’un petit endroit d’humidité grrr, mais les travaux sont en cours.
J’ai décidé aussi d’installer un frigo, je me dois bien ça, je crois du moins.

Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-33: Finike, Myra

Bonjour,
Je me suis réveillé à 8h45 et j’en suis encore tout surpris et j’ai bien dormi, réveillé vers 4 heures et j’avais froid pour la première fois depuis un sacré bout de temps. J’ai tiré un drap de coton par-dessus moi et me suis rendormi.
Donc après avoir mangé, je m’en vais prendre un taxi pour visiter Myra. Une belle visite qui me fait apprécier mon retour en terre lycienne.
Les dépôts de la rivière Demre ont fait que la côte s’est allongée de plusieurs milles. Myra c’est où se trouvent des tombes de roches et un théâtre romain. Myra était l’une des six plus importantes villes de l’ancienne Lycie (Xanthos, Patara, Olympos, Pinara, Tlos, et Myra) et a été la capitale de la province romaine de Lycia. À la suite des invasions arabes, les séismes et les inondations de la rivière Myrros, la ville devint en grande partie abandonnée. Il s’y trouve aussi une église dédiée à Saint Nicholas, patron des marins, aussi connu pour avoir été le père Noël original ainsi que pour la tradition des bas de Noël. Il est mort martyr en 655.

Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-32: Bozyasi, Anamur & Finike

Bonjour,
Dans ma dernière chronique je disais partir pour Ovacik Yarimadasi et si les vents étaient favorables, peut-être même Aydincik Limani. Eh bien j’ai passé tout droit à ces deux arrêts et me suis rendu à Bozyasi, une Coopérative. C’est écrit sur une bâtisse, mais c’est dans le milieu de nulle part. Le seul moyen de transport c’est le taxi et il ne se gêne pas pour nous arnaquer. J’étais fatigué, j’avais chaud, le garçon m’a demandé si je voulais aller au restaurant, il m’a fait comprendre qu’il me fallait prendre un taxi. Donc, un restaurant sans alcool avec plein de femmes à foulard et d’hommes en culotte courte. Elles ne doivent pas faire grand chose les femmes ici pour s’habiller autant et les hommes, on voit bien qu’ils ont dû travailler fort pour avoir eu autant chaud. Repas bien ordinaire, 40 livres turques, taxi 20 pour y aller et 15 pour revenir au bateau. Mis à part la chaleur, je ne peux pas voir pourquoi je commence à sauter des étapes pour me rapprocher de Marmaris.
Hier matin à 6hoo, je quittais Bozyasi pour Finike et ainsi sauter par-dessus quatre autres arrêts. Donc ce matin à 10h20, donc 28 heures plus tard, un autre saut au restaurant, une douche, mes photos téléchargées, il n’y a pas grand-chose à raconter mais je vous le partage quand même. Demain qu’est-ce que je fais? Je ne sais pas. Il y a Myra, la ville du Père Noël que j’avais manqué lorsque j’avais passé par ici. On verra, soit Myra, soit que je quitte?
Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-31: Agalimani, Tasucu & Silifke

Bon matin,
Hier quelle journée! Pour commencer très bien dormi, lever à quatre heures, départ à 5h15, un seul autre bateau dans la nuit soit un voilier que j’avais vu à Mersin qui a arrivé après que je me sois couché. Une fois les cordages qui retenaient Nomade à terre enlevés, il ne reste plus qu’à ramener l’ancre à bord et aller, oups, direction Tasucu.
C’est d’un calme plat. Vers 9 heures, le vent se lève, 12-13 nœuds du Nord-Est. Je déroule le génois et le courant m’aidant, je fais du 5-6 nœuds. Une heure plus tard, c’est l’accalmie avant la renverse et là le vent dans le nez, je décide de faire un arrêt à Agalimani (Bagsak). Jolie baie avec des restes de château qui n’est plus accessible, les militaires ayant décidé d’occuper le terrain. On peut même apercevoir les minarets. Donc à mon arrivée, deux bateaux à l’ancre. Les gens se baignent mais je suis suivi de 2 Gulets pleins de touristes, mais j’apprendrai des touristes turcs. Ici dans cette partie de la Turquie, ce sont surtout des Turcs qui viennent prendre leurs vacances. Après une baignade suivie d’une salade pour manger, je lève l’ancre direction Tasucu que j’ai pris soin d’appeler comme prévu car Mirach m’avait demandé de l’appeler 1 heure d’avance. J’arriverai 1 heure et 2 minutes après l’appel, et devinez quoi? Plus de place, un autre bateau est arrivé entre mon appel et mon arrivée et ils ont cru que c’était moi. Finalement on me fait glisser entre plusieurs petits bateaux de pêche. Je ne suis vraiment pas content et en plus l’eau et l’électricité sont trop loin donc pas accès. Mirach est supposé venir me voir. Je vais au petit resto-bar en face, personne ne parle anglais, seulement turc. Je demande une bière et on me dit qu’ils n’en ont pas. Je me lève en sacrant et va leur pointer du doigt de la bière. Je l’ai dit : c’est pas ma journée! Je bois ma bière en furie, le garçon vient me voir pour s’excuser, je l’envoie promener, je bouille, je peux très bien comprendre qu’il ne m’ait pas compris, mais si tu ne comprends pas, réponds pas!
Je retourne au bateau attendre Mirach qui n’arrive pas. Une couple d’heures plus tard je le rappelle. Je suis au bar, me dit-il, je vous attendais. Et bien moi je poirote dans le bateau et je vous attendais! Il arrive, il s’excuse, les gens du port ont pensé que lorsque l’autre bateau est arrivé c’était moi et ils leur ont donné ma place et eux ne veulent pas partir. Et bien moi je vais partir si je ne peux pas avoir accès à l’eau et à l’électricité, aussi bien être tranquille quelque part à l’ancre. Il décide finalement de déplacer un autre bateau du quai pour l’attacher sur une pendille dans le port. Devinez quoi ? Je me prends une pendille dans l’hélice en quittant les bateaux de pêche et un bon samaritain qui je pensais voulait m’aider a été enlever la pendille enroulée autour de l’hélice et m’a ensuite chargé 50 livres turques!!! J’aurais bien pu le faire moi-même, avoir su. Finalement, j’ai une place avec électricité pour 50 livres turques pour deux jours.
Il fait chaud, trop chaud, mais je voulais venir voir ici, et bien j’y suis, Disons que Chypre et la partie Sud-Est côté mer de la Turquie ne m’ont pas impressionné à date. Mon voisin qui avait pris ma place nous quitte vers 8h30 ce matin pour Karpaz Gate. Moi je vais prendre le Dolmus pour Silifke : 2 livres turques. On ne se plaindra pas et avec air conditionné en plus. Arrivé à Silifke la chaleur est accablante, la ville semble intéressante mais après 3 heures de marche je suis déçu. Mis à part le Château en haut de la montagne il n’y a pas grand-chose. Ma chemise est traversée de sueur et je ne suis qu’à mi-chemin pour le château. Je décide de rebrousser chemin. De retour à Tasucu, je m’endors comme rarement. Je me rends au bateau, allume les ventilateurs et me couche. Le temps de le dire, je dors. Trois heures plus tard, je me réveille et me sens mieux.
Demain matin, direction Ovacik Yarimadasi et si les vents sont favorables, peut-être même Aydincik Limani.
Bonne journée

Chronique du Capitaine 2015-30 : Mersin, Kizkalesi & Akyar Buku

Bonjour,
Deuxième réveil à Mersin, j’ai finalement bien dormi, première fois depuis plusieurs jours, il faisait trop chaud. Même avec deux ventilateurs toute la nuit directement sur moi, je dormais mal. Ce n’est pas frais, mais au moins je pouvais dormir. Avec le sommeil m’est revenu un peu plus le goût de visiter, de découvrir, mais je n’extentionnerai pas mon séjour ici, du moins si jamais je devrais le faire ça ne serait pas pour cette raison.
J’ai finalement pu avoir un peu d’information sur la ville. Il y a une gare de train, d’autobus, un port commercial, de pêche et une marina… OK il y a un opéra, le bazar et la maison d’Atatürk (il y aurait séjourné quelques jours), Pompeipolis et le musée maritime. Ce qui m’intéressait c’est l’histoire des alentours. Plein de vestiges de l’époque pré-romaine, entre autres Tasurus où serait né Saint-Paul; j’aime le nom, pas vous? Il y a aussi Urfa, le lieu de naissance d’Abraham. Antakya est recommandée par plusieurs Turcs rencontrés. Mais ces sites se passeront de moi.
J’ai fait une visite du musée maritime et Pompeipolis avec un couple de Français à quai pas loin de moi, Murielle et Luc, avec qui j’ai ensuite eu le plaisir de vider une de leurs bouteilles de rosé. Me voilà debout à 4h30 du matin pour un départ tôt, question de profiter du manque de vent pour avancer le long de la côte, car ici le vent du Sud-Ouest se lève aux alentours de 11 heures, donc pour le moment ça serait du vent de face.
Donc départ à 5h15 et premier détour pour photographier les deux châteaux. Un des deux est plus en ruine qu’autre chose, mais c’est ce que Kizkalesi avait à m’offrir. Ensuite j’arrive dans la baie de Akyar Buku, disons qu’il y a pas mal de gens et bateaux de touristes avec musique, mais je sais que ces bateaux finissent par quitter et que le calme revient.
Au menu, baignade et lecture. Demain, Tasucu, un arrêt de deux jours.

Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-29: De Karpaz Gate (Chypre-Nord) à Mersin (Turquie)

Bonjour à tous,
Je dois faire amende honorable, du moins aux gens de la marina de Karpaz Gate car ici ils se sont occupés de toute la paperasse. Je n’ai eu besoin que d’aller voir le douanier pour faire étamper mon passeport, tout le reste avait été fait par le maître du port et la même chose pour le départ. Merci!
Il faut dire que la marina se situe à quelques kilomètres du village de Yeni Erenkoy. De la marina, on peut louer une auto ou prendre le bus pour le village, ce que j’ai fait le lendemain de mon arrivée pour aller au marché de la semaine et j’y suis retourné le lendemain pour me faire couper les cheveux, une autre belle expérience mais rien comme la dernière fois. J’ai aussi fait connaissance avec un couple d’Américains qui vivent sur leur Trawler depuis 2002, leur port d’attache étant maintenant Israël. Et que dire de leur bateau, une merveille et des gens si gentils que j’espère bien les revoir le long de la côte turque.
Ah oui, je parlais des autobus! Il y a aussi la possibilité d’aller visiter Famagouste, Nicosie et Kyrenia, mais vu que j’avais déjà visité, j’ai passé outre. Il faut aussi savoir que si on fait notre entrée à Chypre-Nord, il sera impossible de se rendre du côté de Chypre-Sud à moins d’être le l’union européenne.
Mon départ de Karpaz Gate fut aussi peu compliqué que mon arrivée. C’est encore la marina qui s’est occupée de tout. La traversée pour la Turquie fut chaude et sans vent, même que les mouches ont commencé à m’envahir dès 4 heures du matin. Quelle merde, je les avais presque oubliées celles-là! Finis mes dodos de 15 minutes, je sors le tue-mouches et la guerre commence. Malgré le quasi génocide, leur nombre a eu raison de mon esprit guerrier, mais sachez que je n’ai jamais capitulé!
Vingt minutes avant mon arrivée, je commence à appeler la marina sans jamais aucune réponse. J’entre doucement dans la marina, je continue mes appels, un endroit quasi sinistre, encore moins de bateaux qu’à Karpaz Gate pour une marina aussi grande. Je vois quelques voiliers à un ponton, je me dirige donc vers ce ponton pour m’accoster. Après m’être bien amarré, un employé de la marina arrive avec une radio à sa ceinture. Ma première question a été de lui demander s’il écoutait le canal 72. Il semble que non, la marina le fait et ensuite leur parle supposément. Eh bien la marina ne l’écoute pas je peux vous le garantir. Et maintenant je dois me déplacer car il semble que j’ai pris la place de quelqu’un d’autre.
La meilleure des surprises : je suis arrivé au dernier jour du Ramadan et je dois faire mon entrée et acquérir un nouveau transit log, chose que je savais, mais là je dois payer du temps supplémentaire à tous ces pousseux de papiers. Résultat : 500$ au lieu de 250$. Ils me font chier! Moi qui avais l’intention de louer une auto et d’aller visiter plein d’endroits pour quelques jours, j’en ai perdu le goût, ajoutant la chaleur. Ce qui me passe par la tête le plus c’est de partir pour remonter vers Marmaris. Entre temps, je trouve un Vodafone et réactive mon téléphone turc ainsi que ma clé internet.
Hier soir, un petit vent se lève. Malheur, la pendille ne tient pas, le bateau chasse contre le quai. J’appelle la marina. Au troisième appel, quelqu’un me répond et je leur demande de venir au quai car la pendille ne tient pas. A ce moment-là, il est pas loin de minuit. Présentement, il est 9h30 du matin et personne n’est encore venu. Comme vous pouvez deviner, je me suis arrangé tout seul et qu’ils ne me disent pas que je suis à la mauvaise place.
Un petit mot sur Mersin : une grande ville pleine de tours d’habitation et il fait CHAUD.
Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-28: De Chypre-sud à Chypre-Nord

Bonjour à tous,
Certains d’entre vous connaissent mon aversion pour la paperasse et ceux qui s’y nourrissent, j’ai encore été bien servi! L’immigration qui vire une crise au capitaine d’un bateau parce qu’il ne part plus, car le propriétaire vient de l’appeler pour lui dire qu’il sera là dans quelques jours seulement. Les douanes qui me disent vendredi soir : « Amène ton passeport à la police et je vais l’étamper pour ta sortie de demain matin », et la police qui me dit : « Pourquoi ton passeport est étampé, il ne devrait pas. Ils auraient dû t’estampiller une carte à part ».
Je lui explique qu’à mon arrivée à Limassol Marina. il n’avait pas estampillé mon passeport mais bien une carte, mais à mon arrivée à St Raphael marina ils ont détruit la carte et estampillé mon passeport. Un autre frustré et je vais devoir attendre le lendemain matin pour l’étampe à 10h30. Le lendemain à 10h00, je passe et lui demande si le passeport est prêt. Là, je me fais engueuler parce qu’il n’est pas 10 h0, je quitte en claquant la porte… A 10h30 exact j’y retourne, un beau sourire de sa part comme si rien ne s’était passé, il étampe un autre formulaire, me donne mon passeport et me demande quand je vais quitter. « Je m’en vais CHIER ensuite je quitte », et de ce pas je quitte son bureau.
Je navigue depuis onze heures, il est minuit exactement et je suis en train de faire une entrée dans mon livre de bord et je me fais aveugler par d’immenses lumières qui se mettent à tourner et qui reviennent vers moi à tout instant. Je prends une de mes lumières et l’allume dans leur direction, paf ils reviennent vers moi, pas un mot juste cette maudite lumière aveuglante. Je prends le radio et essaie de prendre contact. Au début, pas de réponse ensuite quelqu’un se met à parler avec un grésillement qui émet un bruit de fond si fort que je ne peux rien comprendre. Je leur donne même mon numéro de cellulaire. Finalement, le bateau s’approche et ils se mettent à crier « Canal 16, canal 16 ». Je leur dis : « Je suis au canal 16 et j’essaie de vous parler depuis au moins 5 minutes ». « Canal 16, canal 16 », répètent-ils avec leur grosse lumière braquée sur moi. Je prends mon microphone et leur dis toujours en leur criant mais cette fois aussi dans la radio que je suis sur le canal 16 et là, le miracle se fit. Ils me répondent sur le canal 16. « Nous sommes la garde côtière turque, veillez vous identifier». « Ça fait plus de cinq minutes que je vous dis sur le canal 16 qui je suis, je répète, Je suis le voilier Nomade II, un voilier canadien et moi je suis Serge Paul, aussi un Canadien, et je suis seul à bord. J’arrive de Larnaka, à vous ».
Cette conversation dura 20 minutes, pour que je leur dise que je voudrais reprendre ma route car j’ai encore toute une nuit de navigation en avant de moi et s’ils ont d’autres questions, on peut continuer à parler. Ils me disent : « Pas de problème, mais demeurez à l’écoute sur le 16 ». «Demeurez à l’écoute sur le 16 me dis-je, grrr, sans commentaires! Et ils s’éloignent, pour me rappeler environ 10 minutes plus tard et me redire de demeurer à l’écoute sur le 16, et moi de leur répondre : « Je suis toujours à l’écoute sur le 16 lorsque je navigue, OVER! »
Je suis maintenant dans l’illégalité car Chypre-Nord n’est reconnu que de la Turquie, mon passeport n’est pas estampillé, j’ai plutôt une feuille avec leur étampe, car je pourrais me voir interdire accès à la Grèce avec une étampe de Chypre-Nord dans mon passeport.
Je vais demeurer ici pour les prochains trois jours avant de quitter pour Mersin au saut de 80 milles au lieu de 100. Mais ça sera une autre nuit de navigation.
Serge