Femme de marin 2019-09: Mon Weirdo…

Je n’attends pas un héros. Je me suis sauvée moi-même il y a longtemps. Je n’ai pas besoin que quelqu’un me complète. Je suis entière, même seule. Je veux juste un weirdo avec qui vivre des aventures. Quelqu’un qui danse avec moi, m’embrasse quand je m’y en attends le moins et me fait rire. C’est tout.
Brooke Hampton

Mon Weirdo c’est mon Capitaine avec qui je prépare une belle aventure pour l’été prochain et de nombreux chantiers en perspective d’ici là.

Ma vie est faite de tournants, de portes tournantes sans me demander ce que je serais devenue si j’avais pris telle porte plutôt qu’une autre (pour être honnête, ça m’est arrivé quelques fois de me poser la question mais je ne m’y suis pas trop attardée car la réalité me rattrapait toujours). Bien que ce soit difficile, j’essaie maintenant de me centrer sur l’avenir et non sur le passé, parce que, vous le savez bien, on ne peut rien changer de ce qui a été, mais on a du pouvoir sur ce qui sera..

Bizarrement, lorsqu’on décide de lâcher prise, des propositions se présentent. Alors qu’autrefois, je m’investissais entièrement dans tel projet en me sentant obligée d’en délaisser d’autres, j’entrevois maintenant plein de possibilités qui pourraient s’amalgamer. C’est ainsi que notre projet de faire les canaux l’été prochain de Marseille à Amsterdam pourrait faire en sorte de faire naître d’autres projets futurs: une conférence post-voyage, un livre qui regrouperait mes chroniques de Femme de Marin cumulées depuis plus de 10 ans, une exposition de mes toiles inspirée de photos de maisons prises au cours de mes voyages, la possibilité de devenir rédactrice d’un magazine nautique (je dors encore là-dessus sur cette récente proposition)….

Mais d’ici là, un gros chantier nous attend présentement, soit le revêtement extérieur de la maison. Ça a l’air de rien dit de même, mais quand on possède une maison qui a au moins 70 ans d’âge, qui a été rafistolée autrefois par quelqu’un qui botchait sans trop se préoccuper du futur, que vous enlevez des couches et des couches de revêtements qui n’en finissent plus, vous avez tendance à vous décourager par moments. C’est là que la patience et l’écoute de l’autre entrent en jeu. Je dis toujours qu’on pellettera quand il y aura de la neige, mais là il « neige » et on doit faire avec le plus de patience et de positivisme possible.

Mille projets dont je n’aurais jamais cru la réalisation possible dans cette vie se pointent et me font du gringue! Quand j’ai connu le Capitaine, je me rappelle d’une phrase qu’il m’avait dite: Avec moi, tu vas voir que c’est pas les projets qui manquent, mais plutôt le temps et l’argent!.

La vie lui a donné raison. Bientôt 16 ans qu’on fait vie commune, nous avons toujours eu des projets communs alliés à des projets personnels. Je continue dans le même sens mais j’ai envie de faire prospérer les projets communs, de faire fleurir ce qui nous lie en terme de complicité, ce qui a toujours fait notre force malgré les aléas de la vie.

Quelque chose en moi me dit que j’ai fait les bons choix malgré les incertitudes à venir. Gratitude: merci la vie!

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FEMME DE MARIN 2019-08 : Tout un Capitaine, ce Serge!

Ce matin, en mettant à jour notre site, je me suis amusée à compiler quelques statistiques depuis que Serge a traversé l’Atlantique en 2008 :

ANNÉES JOURS
NAVIGATION
HEURES
NAVIGATION
PORTS MILLES
MARINS
2008 31 714 7 1570
2009 52 187 21 653
2010 123 318 54 1905
2011 99 239 40 1147
2012 92 292 61 1432
2013 103 318 59 1441
2014 72 264 58 1188
2015 135 390 51 2083
2016 121 381 54 2421
2017 143 494 32 4467
2018 141 327 48 3487
2019 93 384 50 1991
       
TOTAL 1205 4308 535 23785

Il faut ajouter que sur les 4,308 heures de navigation, 906 ont été faites de nuit. Serge a visité 23 pays et 128 îles.

Serge a présentement fait 23,785 milles marins depuis 2008. Si on convertit ces milles marins en kilomètres (23,785 x 1,852), on arrive à 44,050 km. Si on estime présentement que la circonférence de la terre est d’environ 40,074 kilomètres (mesurée à l’équateur), Serge a depuis longtemps fait le tour de la terre en terme d’équivalences kilométriques. Ici ne sont pas calculées toutes les heures de navigation qu’il a faites avant 2008 et lorsqu’il était dans la marine.

À noter : 1,205 jours de navigation, c’est l’équivalent de 3 ans et 3 mois parti en mer. Petit fait cocasse : si nous avions vécu au XVe siècle et que Serge avait été un grand explorateur et qu’il était parti en mer alors que j’aurais été enceinte, son enfant aurait eu 3 ans à son retour (en admettant qu’il soit revenu), et je me serais depuis longtemps rongé les doigts jusqu’aux coudes faute d’avoir de ses nouvelles!

Donc, apprécions notre époque et les bons côtés d’Internet! Et que continue encore à voguer le navire.

Femme de marin 2019-07: Bon retour, Capitaine… bienvenue aux projets communs!

Eh oui, le Capitaine arrive samedi le 10 août. Trois mois sans s’être vus! Je ne suis pas du genre à m’ennuyer toute seule mais sa présence me manque!  Le retour va être émouvant et intense!

L’année devrait être exceptionnelle puisqu’elle sera consacrée à des projets communs entre le Capitaine et moi : rénovation du revêtement extérieur de la maison et préparation de notre périple pour l’an prochain : faire les canaux en bateau de Marseille à Amsterdam. Si la santé nous prête vie et que celle de ma mère se maintient (elle aura quand même 89 ans en septembre), nous devrions enfin réaliser un projet de navigation ensemble! J’ai aussi d’autres projets personnels, ne soyez pas inquiets!

Je suis excitée comme une puce! La retraite est tout sauf ennuyante. Après avoir réalisé le rêve d’être co-propriétaire d’une galerie d’art, je me tourne vers d’autres horizons et la vie est bonne et belle!

Bienvenue chez toi, Capitaine, et, après 16 ans de vie à tes côtés, que la fête continue!

Chronique du Capitaine 2019-21 : France-Marseille

Bonjour à tous, bonjour la France,

Eh oui, nous sommes arrivés en France, dernier pays cette année et dernier pays à visiter en Méditerranée, car comme j’ai déjà mentionné mon plan est de remonter rivières et canaux l’an prochain pour me rendre aux Pays-Bas. Mais pour le moment c’est encore la Méditerranée et la traversée de Minorque aux Baléares. Ça s’est quand même bien passé, nous avons même réussi à faire plus de 10 heures de voile. Disons qu’Éole ne nous a pas été favorable cette année, mais on n’a quand même pas eu de mauvais temps.

Donc après une traversée qui avait bien commencé sous voile qui nous nous a poussés pendant plus de 10 heures, ce fut l’accalmie, donc au moteur pour le reste du voyage. Après plus de 36 heures, nous voilà dans le vieux port de Marseille pour le lever du jour. Pas de chance car pas de place au port, demi-tour on sort du port direction le Frioul où nous trouvons place à quai sans difficulté. Le seul problème est que nous devons prendre la navette pour se rendre à Marseille. Benoît et Marc en profitent pour aller visiter la vieille ville et moi à la recherche des policiers aux Frontières que j’ai pu trouver après plus de quatre heures mais d’un service impeccable. Je suis de retour dans le vieux port, j’en profite pour m’acheter une carte SIM française avec SFR.

Ensuite un peu de marche pour me rappeler Marseille, suivie d’une visite chez le coiffeur et les retrouvailles avec mes co-équipiers pour un repas en ville et le retour au Frioul. Le lendemain un peu d’internet et de marche, le Frioul est très sec mais ça fait partie de son charme. Le su lendemain, direction Fos-sur-Mer où je pensais trouver un restaurateur grec que j’avais connu lors d’un de mes arrêts en 2010, mais pas de chance. Nous finissons la soirée dans une fête festive juste à côté du port.

Lendemain matin après le déjeuner, c’est le départ pour Port Navy Services à Port-Saint-Louis-Du-Rhône où j’ai rendez-vous à 14h30 pour sortir Nomade de l’eau. Eh oui, c’est la fin d’un beau et plaisant voyage malgré certaines petites anecdotes. Quelques statistiques :  92 jours, 50 arrêts, 80 heures de nuits pour 2,008 milles nautiques ou 3,719 kilomètres. Le surlendemain c’était déjà le départ de mes équipiers et copains de voyage qui ont su mettre un peu de différence dans mes voyages.

Merci Benoît, merci Marc! Que cette expérience ait pu vous apporter autant de plaisir que pour moi.

Maintenant deux semaines de travaux avant mon retour à la maison.

Bon été à vous tous.

Serge de Nomade II

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Chronique du Capitaine 2019-20 : Baléares-Minorque

Bonjour à tous, adios Baléares,

Minorque, l’île la plus au nord des Baléares, plutôt petite avec deux grandes baies une à l’ouest Ciudadela et l’autre Mahon ou Mao à l’est. Nous sommes arrivés à Ciudadela en venant de Pollença sur Maillorque, un trajet de 40 milles qui s’est bien passé.

Une difficulté rencontrée un peu partout aux Baléares, c’est la réservation des marinas, mais nous avons quand même pu avoir une place à quai, mais pas question de payer pour 3 jours. À chaque matin il faut aller voir la capitainerie et les téter un peu pour qu’ils daignent nous dire ok pour une autre journée à la fois. Ça leur donne un sentiment d’importance, j’imagine, mais nous ça complique la planification. Quand même nous avons pu nous louer une voiture pour aller visiter l’île, pas trop compliqué, la route principale fait un T de Ciudadela à Mahon de l’ouest en est avec un embranchement pour le nord vers Fornells. Les autres routes ne sont vraiment pas larges, souvent il faut ralentir lors d’une rencontre surtout avec les murets de pierre de chaque côté.

L’île est jolie, les gens sont bien et nous avons eu la chance d’écouter un spectacle en plein air de folklore espagnol avec lequel je trouvais beaucoup de similitudes à notre folklore québécois. Le lendemain en auto ce fut le tour de l’île de recevoir notre visite en auto et la troisième journée, un peu de travaux au bateau et l’ouverture du festival du cinéma de Minorque, avec une peinture en direct sur le son d’une guitare, le tout suivi d’un premier film que je ne pourrais commenter, mon espagnol étant bien trop limité.

Après 3 jours à Ciudadela, départ pour la baie de Son Saura où nous verrons les bateaux arriver et repartir jusqu’au coucher de soleil. On se retrouve entourés de 3 Hamels (voiliers français de voyage plutôt dispendieux) pour la nuit. L’eau à 27 Celsius, mais pour la première fois depuis longtemps ce matin la fraîcheur est au rendez-vous 21 Celsius. Un autre petit saut, pas tout à fait 3 heures et nous voilà à Cala Covas, minuscule baie où une fois à l’ancre on doit amener une ligne à terre sinon pas de place. J’ai la chance de me voir offrir de l’aide pour amener la ligne à terre par un voisin Français que je doublerai en nageant plus tard. L’eau n’est pas très propre à notre arrivée, mais devient limpide en fin de journée, tant mieux me dis-je. On peut voir tout autour de la baie des ouvertures dans le rocher. Cet endroit fut habité à l’époque préhistorique, quand même impressionnant!

Direction Port Mahon (Mao). Après avoir navigué dans la baie de Mahon pour 3,2 milles, nous voici à la marina de Menorca tout au fond. Accueil très cordial. Nous sommes bien contents d’avoir une place à quai et pas trop cher à 50 euros pour la nuit, eau, électricité comprises. Nous en profitons pour visiter la ville encore un peu plus et on se retrouve pour souper dans une ancienne poissonnerie où nous allons nous régaler de différents tapas. Après une bonne nuit, direction Addaya, splendide petite ville dans le fond d’une baie bordée de récifs, donc pas recommandé d’y entrer de nuit. Mais une fois à l’intérieur, d’une protection totale.

Addaya qui devait être notre avant- dernier arrêt sera finalement notre point de départ pour la France. On avait jeté un coup d’œil à Fornells durant notre visite en auto et la météo nous annonçait un petit vent favorable au départ avant la pétole pour le reste du voyage, aussi bien en profiter. Pour ce qui est d’Addaya, c’est très mignon, très bien protégé, très peu de places à quai, mais on peut s’ancrer. Il n’y a pas beaucoup de services à proximité mais ça vaut l’arrêt.

Bonne journée

Serge

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Chronique du Capitaine 2019-19 : Baléares Majorque-Pollença

Bonjour de Baléares,

Après Soller, petite navigation jusqu’à Cala de Calobra où on met l’ancre et on en profite pour une autre baignade, l’eau toujours aux alentours de 26-27 Celsius. Ensuite direction Cala de San Vincente pour une autre baignade et cette fois on décide d’y passer la nuit, mais pas une des meilleures idées car nous allons rouler un peu trop pour toute la nuit, mais que de beaux endroits. Le lendemain direction Pollença, mais pas sans s’être arrêtés  à Cala en Gossabla pour une autre baignade.

À Pollença surprise : la réservation que j’étais tout fier d’avoir réussi à faire n’a semble-t-il pas fonctionné, mais il y a de la place pour deux jours. Marche dans le port suivie d’un souper au restaurant. Benoît nous quitte aussitôt le repas terminé, il semblerait que le roulement de la nuit précédente a eu le meilleur sur lui. Encore un peu de découvertes avant de retourner à la marina, douche et un peu d’internet au bar de la marina et ensuite dodo pour moi aussi.

Le lendemain, location d’auto pour visiter la partie Nord et Est de l’île. Les routes toujours aussi plaisantes à conduire, surtout en montagnes ou Benoît est tout heureux de rencontrer des cyclistes et je ne manque pas ma chance de lui tirer la pipe. Mais la vue des montagnes est tout simplement splendide. Ensuite un arrêt pour manger à Sineu au centre de Majorque, puis départ pour Porto Cristo pour y visiter une cave avec ses stalactites et stalagmites, suivi d’un court arrêt à Alcudia avant de retourner l’auto.

Départ tôt pour Minorque qui se trouve à 35 milles de nous, mais en fait nous en ferons 40 pour essayer de se positionner favorablement pour le vent qui est annoncé en milieu d’après-midi. Le tout s’est bien déroulé et nous voici à Ciudadela sur l’île de Minorque.

Bonne journée

Serge

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Chronique du Capitaine 2019-18 : Baléares Majorque-Soller-Ibiza

Bonjour des Baléares,

Après une traversée avec un peu de vent 7 heures plus tard nous sommes à San Telmo, petit mouillage bien protégé de tous les vents excepté du Sud, devinez quoi? Le vent du Sud s’est levé et a soufflé toute la nuit et mes amis Benoît et Marc en ont souffert, sans oublier la senteur de diesel omniprésente donc Marc a pu déceler la source le lendemain et la réparer. Donc le lendemain matin, direction Soller : joli endroit à mi-chemin entre le sud et le nord de l’île, c’est de cet endroit que j’espérais visiter Palma la ville et l’île elle-même. Première difficulté : faire une réservation en ligne, car ils n’acceptent pas les réservations par téléphone et je ne réussis pas à enregistrer Nomade. Je les appelle sur la radio et on me répond de rappeler à 18 heures pour voir s’il y a de la place, on s’ancre dans la baie en attendant.

Un Suisse quitte son catamaran aussi à l’ancre et passe derrière nous en ramant. Il offre de m’amener à terre et de me ramener, offre que j’accepte avec plaisir. Une fois à terre je réussis à rejoindre la capitainerie et après explication ils acceptent de m’aider à enregistrer Nomade, mais ne peuvent pas me donner de réservation. Ça ne fait rien, le bateau est enregistré, une étape de faite. Plus tard on réussit à avoir une place pour deux nuits on en veut trois, on verra plus tard. Pour le moment baignade, douche, bière, internet et repas, suivi d’une petite marche et retour au bateau pour une meilleure nuit de sommeil malgré la chaleur, car on ne réussit pas à se connecter pour faire fonctionner le grand ventilateur sur le 220 volts.

Petite anecdote : en naviguant entre San Telmo et Soller nous avons un spectacle inusité à la péninsule de la Foradada : trois bateaux à l’ancre de grosseurs différentes, en regardant sur mon AIS je vois le M.Y. Titian Pearl 30 mètres disons que c’est quelque chose que beaucoup de gens iraient voir au Québec. Le deuxième La Sultana 64 mètres ouf… c’est du bateau! Et le troisième le Rising Sun 139 mètres. Le 30 mètres semble minuscule et perdu, imaginez mon 9 mètres à côté, complètement surréaliste!

Journée de visite pour Palma. Nous prenons le train entre le port de Soller et la ville de Soller, pour ensuite prendre un autre train de Soller et Palma. Trajet touristique plaisant et nous voici en pleine chaleur à Ibiza juste à côté de la gare d’autobus pour le retour et à la limite de la vieille ville pour nous touristes. Très jolie vieille ville avec ses rues piétonnières, ses boutiques, restaurants, beaucoup de gens mais pas trop. Après s’être rendus dans le port on remonte la vieille ville par d’autres chemins pour en apprécier encore plus l’ensemble.

De retour au bateau on se fera avec des vents tournoyants et assez forts toute la nuit. Le lendemain matin Benoît réussit à nous réserver un troisième jour à quai et on loue une voiture pour visiter le sud de l’île. Validemossa, Banyalbufar, Estellencs, Andratx, Cala Santanyi, Cala Figuera, Santanyi, Campos Porreres, Montuiri, Algaida, Bunyola auront été sur notre trajet. Que de beaux paysages, le sud et l’ouest en montagnes, l’est plus en plaines.

Bonne journée

Serge

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Chronique du Capitaine 2019-17 : Baléares-Formentera-Espalmador-Ibiza

Bonjour des Baléares,

Après une traversée avec un tout petit peu de vent, 4heures 25 minutes de voile pour 52 heures 35 minutes de moteur, on ne peut pas dire qu’Éole nous a choyés. Mais quand même une bonne traversée sans problème. Premier arrêt à Cala Sahona une baie qui nous donne la mesure de la population de plaisance de l’endroit. Des bateaux partout, mais cela on s’en doutait si ce n’est des avertissements des gens qui disaient : « Vous allez aux Baléares en juillet c’est plein de monde ». Ils avaient raison, en remontant la côte ouest de Formentera avant notre arrêt on pouvait voir des bateaux arrêtés tout le long du littoral. Mais nous sommes quand même surpris en voyant le nombre de bateaux à l’ancre dans cette baie. Mais on était dû pour la baignade et le savon, quel plaisir après 3 jours en mer et dans une eau à 26 centigrades.

On lève l’ancre, direction Espalmador où les moorings sont déjà tous réservés, donc on revient un peu sur nos pas et nous jetons l’ancre pour la nuit. Petite nuit tranquille malgré un fin de journée plutôt achalandée où les bateaux arrivent et repartent, ensuite le vent nous bercera et nous tiendra au frais pour la nuit, quel bonheur.

Lendemain matin direction Puerto de Santa Eulalia del Rio qui se trouve à 16 milles au nord sur l’île d’Ibiza, selon mon guide nautique de IMRAY dernière édition. Les marinas s’occuperont des papiers d’entrée. ERREUR! Après avoir fait toute la paperasse de la marina, payé et être en train de reculer au quai qui m’a été assigné, le marinero me dit d’appeler la marina immédiatement et d’arrêter les manœuvres et oui à quelques mètres du quai. Je ne comprends pas, on me dit de retourner au quai de service immédiatement, donc j’obtempère. De retour à la capitainerie, on m’explique que la police m’ordonne d’aller à Ibiza, de prendre place à une des marinas et de les contacter pour qu’ils viennent faire les papiers d’entrée. Donc direction Ibiza que j’avais voulu éviter dû aux coûts exorbitants annoncés dans mon guide IMRAY entre 200 et 236 euros la nuit, mais arrivant d’un pays qui ne fait pas partie du Schengen je n’ai pas le choix. Mais je ne suis pas à court de surprises! Les deux premières marinas n’ont pas de place disponible, mais je trouve enfin une place à Botafoch marina pour 350 euros plus l’eau et l’électricité. Oui vous avez bien lu. Vous comprendrez que nous y demeurerons qu’une seule nuit. Imaginez le scénario suivant : je vais à la marina pour faire le paiement final, la facture totale s’élève à 211,76 Euros. Je suis content de payer 211,76 Euros pour un bateau de 9 mètres, complètement débile. Eh oui, l’employé avait fait une erreur au moins il l’a corrigée car la journée précédente il me disait que je n’avais pas le choix et que je devais payer les 350 Euros, ah ah.

En soirée petite sortie dans la vieille ville qui me fait penser à Saint-Tropez un peu, avec ses petites rues, bars et restaurants sur le port, un Méga-Yacht (Lady Moura) et plusieurs autres de plus de 60 mètres. Les rues sont pleines, je reconnais l’Espagne. Une belle soirée, mais de retour au bateau la brise n’est plus au rendez-vous par contre mais avec les ventilateurs le sommeil se fait bien.

Lendemain matin direction le Nord de l’île avant de me diriger vers l’île de Dragonnera au Sud-Ouest de Majorque le lendemain. Le plan initial était Cabrera mais la personne venue faire nos papiers d’entrée, nous a dit que Cabrera était fermé au public et après avoir essayé d’accéder au site en ligne pour faire ma réservation le site ne fonctionnait plus. Donc on oublie Cabrera, ainsi qu’une visite plus approfondie de l’île d’Ibiza avec les prix exorbitants de leur marina, même Sata Eulalia est plus de 100 Euros par jour.

Après une nuit à l’ancrage de Puerto Caletas, une baie entourée de montagnes de pierre avec peu de végétation sur les rebords, mais des maisons toutes situées trop près des falaises selon moi et pas de plage. Avec une nuit plutôt calme mais ponctuée de vents catabatiques, nous nous apprêtons à quitter pour Majorque environ 45 milles d’ici.

Retour en arrière. Je ne crois pas vous avoir parlé de Georges? Georges de Port Kalamos, Georges le marinero qui dirige, accueille au moins une vingtaine de bateaux de plaisance par jour, jour après jour du moins durant la période estivale. Il le fait d’une main de maître, avec gentillesse, efficacité et toujours le sourire, en plus gratuitement. Ok il a un restaurant, où le wifi est gratuit, où pour un faible coût on peut prendre nos douches, faire laver notre linge et en plus le service au restaurant est impeccable. Pourquoi est-ce que je vous parle de Georges? Je ne pouvais m’empêcher de comparer la gentillesse et surtout l’efficacité de Georges avec les Algériens, les premiers au port de pêche, plus bêtes que ça je croyais qu’il ne s’en faisait plus et au port commercial une dizaine pour nous aider à amarrer, ok je fais erreur, à nous regarder nous amarrer. Ensuite pour le déplacement au quai à carburant encore plus de monde et si ce n’était des gens sur les bateaux de pêche sur nos deux côtés, on peut parler de spectateurs, ça se passe de commentaires.

Là-dessus, bonne journée à tous.

Serge

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Chronique du Capitaine 2019-16 : Tunisie-Algérie

Bonjour des Baléares,

Comment écrire cette chronique? Mes équipiers Benoît et Marc, découvrent la Tunisie et le vivent très différemment que moi. Donc même si mes textes ne représentent que mes opinions, je tenais à le préciser encore plus clairement.

La Tunisie est un beau pays avec la mer au Nord et à l’Est, le désert au Sud et les montagnes à l’Ouest et comme voisin l’Algérie avec un potentiel énorme. La Tunisie qui a eu la malchance de vivre sous une dictature pendant trop longtemps, a dû vivre  le ‘Printemps Arabe’ vous vous souvenez? Ce soulèvement populaire a fait  suite à ce pauvre Tunisien qui se faisait harceler par la police parce qu’il essayait de faire vivre sa famille dans la rue. Il  avait fini par s’immoler n’en pouvant plus. Le président Tunisien dont j’oublie le nom avait dû fuir en Égypte, ensuite en Arabie Saoudite. À ce moment, tous les espoirs étaient permis. Les touristes venaient déjà pour leurs plages. En plus de l’arabe, le français était courant et beaucoup de Tunisiens parlaient l’anglais, l’éducation était de bonne qualité, des élections libres se préparaient et la religion s’en ait mêlée et certains fanatiques en ont profité pour faire quelques attentats, dont celui sur la plage de Sousse où une personne seule armée d’un AK47 de mémoire est arrivée sur la plage et avait tué je ne me rappelle plus combien de touristes. Vous imaginez la suite : les touristes ont fui le pays, le chômage a augmenté et le pays peine à s’en sortir et aussitôt que les choses semblent vouloir s’améliorer, un autre attentat, pas aussi dévastateur mais qui fait quand même les manchettes, dit aux touristes quelque chose comme : « on ne veut pas de vous ici ».

Je ne sais pas si je me trompe ou pas mais j’ai eu la nette impression que moins de jeunes comprenaient le français. Dans la presse locale lors de notre arrivée, on pouvait lire que certains trains ne roulaient plus faute de carburant. Pour un pays à côté de l’Algérie et la Lybie, qui sont de gros producteurs de pétrole, c’est spécial!  La Lybie vit ces problèmes mais quand même. Le lendemain, deux attentats à Tunis où des policiers sont visés par des kamikazes, le président est ensuite annoncé mort puis c’est démenti en disant qu’il était tout simplement entré à l’hôpital. À Bizerte où nous étions, il était supposé avoir un festival de musique. Ils avaient même commencé à monter le « stage » puis tout a été arrêté et éventuellement démonté. Une manifestation dans le souk s’est terminée par la police arrêtant des manifestants et où même Benoît qui était sur place,  avait eu le malheur de prendre des photos. Il s’est vue questionné, obligé de s’identifier et d’effacer les photos qu’ils avaient pris, un policier vérifiant même sur sa caméra que le tout avait bien été effacé. Une attaque à un poste de communication a aussi été repoussée par les militaires.

La police est omniprésente et parfois peu respectueuse des gens et cela n’aide certainement pas le climat dans son ensemble. En mer, nous nous sommes faits demander de nous identifier par trois fois. En arrivant à Bizerte, trois corps d’officiels sont venus me poser des questions, prendre nos papiers, ont fait des photocopies et nous les a ramenés avant de pouvoir aller faire les formalités à la marina qui n’est pas du tout à la hauteur des attentes créées en regardant son site internet. Tous les crochets dans les toilettes/douches sont brisés et leur réaction lorsque je les ai rapportés a été un haussement d’épaule en voulant dire : « eh oui, c’est ainsi »!  L’accès à internet est hors de ce monde, cher et de très courte durée à la fois. Comparativement, Tabarka d’où nous avons quitté la Tunisie, est un petit port de pêche et bien plus sympathique malgré un manque de services.

À Tabarka, port de pêche près de la frontière algérienne, on nous trouve une place à l’épaule d’un voilier en acier qui nous permet de partager leur eau et électricité. Tabarka, petite ville qui semble bien plaisante si ce n’est ses fonctionnaires, eh oui les douaniers, il demeure que la police des frontières, la garde nationale, m’ont fait chier royalement. Cinq heures de paperasses, d’attentes, d’arguments, en  partie dû à un supposé règlement où ils ne peuvent nous donner de diesel dans des bidons. Nous avions 374 milles nautiques à faire et une météo qui annonçait encore peu de vents et moi, je voulais mettre toutes les chances de mon bord. Rien à faire, j’ai même eu l’argument d’un brillant policier des frontières que si le réservoir du bateau ne contenait que 100 litres, c’est que le bateau ne peut pas en avoir plus…

En fin de compte, je me suis exaspéré et me suis dit : « Qu’ils aillent au diable, ils méritent le pays qu’ils ont! ». Mais là on continuait à me poser des questions jusqu’à ce que je leur dise : « Je ne réponds plus à vos questions, je veux les passeports et je quitte! ». Mais non, ils continuaient à me parler, me questionner jusqu’à ce que je leur dise : « Je veux appeler mon ambassade, car vous ne voulez pas me donner nos passeports! », Et là on me les donne finalement, mais sans diesel.

Nous quittons direction Algérie, même si nous n’avons pas de visas, on verra bien comment ça se passe. Dix-sept milles plus loin, on entre dans le port de pêche d’El Kala. Nous sommes reçus par différents hommes en uniforme dont un militaire en uniforme. Une fois amarrés, on nous dit que nous devons aller au port commercial, même pas le droit d’aller à terre excepté pour Benoît qui se fait dire de revenir au bateau immédiatement.

On lâche les amarres direction port commercial. Encore plus d’officiels pour un total d’environ une vingtaine en tout mais près de dix sur place à un moment donné. Beaucoup de paperasses, mais d’une grande gentillesse. Maintenant nous voilà rendus à notre raison d’être ici : le diesel. Pas de problème, nous dit-on. Deux policiers vont à la banque changer 20 euros en dinars algériens pour 90 litres de diesel. Oui, vous avez bien lu! Mais là nous devons nous déplacer et une certaine difficulté se manifeste. Ah non,  pas possible me dis-je, mais finalement le tout se place et nous recevons environ 85 litres, le reste semble pour eux.

Nous aurions aimé demeurer sur place une heure de plus pour manger avant de reprendre la mer, mais ça semblait trop compliqué. Nous voilà au large avec une bonne houle pour la première heure, ensuite nous voilà partis pour ce qui sera 60 heures de navigation.

Serge d’Espalmador aux Baléares

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Chronique du Capitaine 2019-15 : Pantelleria

Bonjour de Pantelleria,

Et voici Pantelleria, troisième île Italienne habitée au Sud de la Sicile que je visite. Elle se situe à mi-chemin avec la Tunisie, mais quand même plus au Nord que les deux autres, Lampedusa et Linosa que j’avais visitées en 2012. Celle-ci m’avait été recommandée par M. Pennimpede. Nick, tu peux dire à ton père que c’était une très bonne recommandation.

Il y a deux ports à Pantelleria, le vieux et le nouveau. Si jamais vous venez en bateau, prenez le vieux pour sa proximité avec la ville et sa propreté. Même si 60 euros c’est cher pour une nuit, ça en vaut l’arrêt. Pantelleria a maintenant une population de 7,000 personnes pour 40,000 à la fin de la dernière guerre.

Un peu rouleur avec une houle du Nord-Ouest, mais quand même très bien. Deuxième journée, location d’une auto pour faire le tour de l’île. Je m’étais fait dire que la route ne faisait pas le tour de l’île. Erreur elle le fait et elle est à faire, je vous recommande de le faire si vous en avez la chance. Ici pas de plage mais plusieurs endroits pour descendre à l’eau et se rafraîchir dans cette mer cristalline.

J’ai eu la chance de rencontrer un Finlandais qui vit maintenant dans le sud de la France et qui navigue en Méditerranée. J’ai pu lui demander quelques conseils sur la mer Baltique et plus spécifiquement la Finlande, chose qui ne devrait pas me nuire dans mes préparations à venir.

Ensuite départ pour La Tunisie, ville de Bizerte pour être plus exact. Une autre traversée de 105 milles nautiques sans vent. Nous avons quand même reçu un Mayday, un homme serait passé par-dessus bord et demandait de garder les yeux ouverts, mais nous ne pouvions pas aider, nous étions à plus de 150 milles passés le lieu. Bonne chance à cette personne et ça nous rappelle de demeurer aux aguets tout le temps.

Serge

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