Chronique du Capitaine 2015-1: De retour à Marmaris (Turquie)

Déjà deux jours que je suis parti de la maison. Premier vol Montréal-Amsterdam, très bien passé. Ensuite, Amsterdam-Istanbul. Je ne peux pas me plaindre là non plus. Maintenant le métro jusqu’à la station Otogar d’où je prends l’autobus jusqu’à Marmaris.
J’ai fait une erreur car j’ai décidé d’essayer une ligne d’autobus différente sans demander le temps du trajet. J’ai donc pris Turgutreis au lieu d’Ulusoy que j’avais pris en sens inverse l’an passé, donc presque 5 heures d’autobus de plus au lieu de prendre un chemin presque direct. Il se rend à Ismir sur la mer Égée, pour ensuite descendre la côte.
Enfin arrivé au bateau, priorité est de nettoyer la cabine avant pour pouvoir dormir, ensuite m’assurer que j’ai un téléphone et une clé internet qui fonctionne. Le nettoyage du bateau avance bien, le téléphone c’est réglé, mais je vais devoir aller visiter mes copains de Vodaphone pour l’internet. Je veux avoir un internet qui fonctionne avant mon départ pour Cappadoce le 21 au matin (retour le 26). D’ici là, de l’entretien sur le bateau occupera mon temps, mais je vous promets des photos de Cappadoce.
Je vous souhaite tous un bel été et si vous désirez voir le trajet que j’ai planifié pour cet été, vous pourrez me suivre sur notre site maler999.wordpress.com et ensuite rendez-vous à l’onglet Cartes.

FEMME DE MARIN 2015-4 : C’EST QUI LE GÉNIE???

Grand départ du Capitaine aujourd’hui. On file sur l’autoroute en direction de l’aéroport. Il est 14 heures et déjà le trafic est dense (as usual…). En embarquant sur la 520, Serge se rappelle qu’il avait commandé une antenne de radio chez Boathouse. On va donc faire une bifurcation vers cette entreprise d’équipements de bateaux avant d’aller le déposer pour son vol.
La nouvelle configuration de l’échangeur Dorval est un vrai nid de serpents et échelles qui met nos nerfs à bout! On viraille pendant presque une demi-heure avant de trouver l’endroit. Je ne sais pas qui est le petit génie qui s’est réveillé une nuit en se disant que ce serait une brillante idée de créer ce jeu grandeur nature, mais j’aimerais bien le rencontrer pour lui foutre mon poing sur la gueule! Une chance qu’on est un peu en avance et qu’on peut se permettre de perdre du temps dans les sens uniques et les pancartes qui ne sont pas complètement installées, ou, si elles le sont, changent de noms et de directions selon les humeurs des grands penseurs! M’enfin… C’est Montréal, avec tout ce que cette ville comporte de grandeurs et de frustrations.
Après les au revoir et les mots doux d’usage, j’ai enfin pu déposer mon Capitaine à l’aéroport pour ses vols et transports qui dureront 2 jours puisqu’il n’aboutira au bateau que samedi, jour où j’irai déjeuner avec ma pote Alice avec qui je dois commencer à planifier notre voyage en Irlande qui aura lieu l’an prochain. Par la suite, j’irai chez mon autre pote Lili-les-Bains récupérer mon maillot griffé qu’elle m’a fait (Happy girl I am!). Je ne pourrai parler à mon Capitaine que dimanche.
D’habitude, environ un mois avant chaque départ, la tension monte dans la maison. Le Capitaine est fébrile et a déjà la tête dans le voyage et tous les deux nous avons hâte au départ. Cette année, les choses se sont passées plus rondement. On sentait moins l’heure des adieux, le Capitaine et moi étions plus sereins, si bien que j’étais encore dans la mélancolie du départ ce matin, ayant de la difficulté à le réaliser. Pour garder un regard positif, je mets cette baisse de tension non seulement sur l’habitude qu’a créée notre vie de couple (depuis 8 étés, c’est entré dans les mœurs), mais aussi sur le fait qu’après 11 ans de vie commune, nous avons trouvé notre rythme. Je ne me sens pas le cœur arraché (même si sa présence va me manquer). Je me suis même récompensée en allant faire une petite virée chez Omer Deserres au retour (histoire de m’acheter d’autres toiles pour garnir mon mur de la Joie), et je prends un petit verre de vin à sa santé en écrivant cette chronique (bon, il est 16h30 mais c’est toujours l’heure du cocktail quelque part dans le monde!).
La mélancolie passagère va bientôt s’installer pour quelques jours mais cette année, j’en doute car je suis débordée au bureau par un printemps plutôt rock’n roll et toutes les tâches que je dois assumer en plus des miennes (personnel en congé de maladie, mouvement de personnel, grève des professeurs qui oblige à prévoir différents scénarios de reprise de cours, etc.). Ce qui fait que j’ai eu peu de temps pour penser à moi, m’admirer le nombril. Mes rares temps libres ont plutôt été occupés à peindre, activité qui met mon cerveau à off et me vide l’esprit d’idées négatives. J’en suis fort aise… Aussi, la santé de ma maman me préoccupe et il faudra que je mette la main à la pâte concernant ce dossier. A suivre….
Mais il y aura de doux moments cet été : mon annuel souper de sacoches, voir plus souvent les girls et ma fille que j’adore, mon voyage à Chypre pour rejoindre le Capitaine, le Défi des Dames de cœur (course que je ferai avec ma fille en juillet), quelques jours de vacances avec mes amours Christine et Guylaine, et peut-être une visite de ma sœur et sa fille. J’envisage donc l’été qui vient comme un ressourcement, les bonnes habitudes prises (81 livres perdues, en kilos ça fait presque 37 kilos).
Et les chroniques tant du Capitaine que les miennes recommencent. Yé!!!!

Femme de Marin 2015-3: Mon mur de la joie…

Voici quelques-unes des peintures que j’ai faites depuis le début de 2015. Il s’agit de peinture faux vitrail (Pebeo) sur toile et plusieurs d’entre elles sont inspirées des peintures de Karla Gerard, une peintre américaine qui se décrit comme une  » Folk Art/Abstract Painter ». J’ai modifié certaines toiles soit en y ajoutant des éléments ou en changeant certaines couleurs. Certaines autres toiles sont inspirées soit de voyages que j’ai faits ou de paysages que j’aime.

J’ai toujours été attirée par les maisons. Je ne sais pas pourquoi mais j’y vois un havre de paix. J’aime aussi la peinture naïve parce qu’elle déborde de couleurs et qu’il en faut dans cette vie!

J’appelle cet endroit « mon mur de la joie » parce que les regarder m’apaise et me rend joyeuse, même si j’ai passé une journée de merde :-)

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Femme de Marin 2015-2: Vogue mon petit navire…

C’est le retour de mes chroniques et de celles du Capitaine!!!

Plus que 7 jours avant le départ de mon Capitaine et l’avalanche de travail au bureau m’empêche de sombrer dans l’annuelle mélancolie qui me gagne généralement quelque temps avant son départ et les jours qui suivent.

Les premiers jours sont toujours habités par un silence pesant qui recouvre la maison lorsque j’y reviens après une journée mouvementée au bureau. Au fur et à mesure que les semaines « sans » s’installent, le silence devient un havre de paix dans lequel je me réfugie avec béatitude, plus je vieillis. Mais il demeure que je suis toujours un peu tiraillée entre l’envie d’avoir le Capitaine près de moi, et le soulagement qu’il parte naviguer. Je sais que ça le rend heureux, qu’il connaît sa chance mais je dois dire que ce style de vie, même s’il a quelques inconvénients (qui n’en a pas?) répond tant à mes envies de couple qu’à mon besoin de vie solitaire. Il en est de même pour lui.

Fière de penser que notre couple devient plus serein avec le temps. On s’en fait moins pour certaines choses, on n’angoisse plus autant qu’avant pour d’autres. Même si nous avons toujours nos prises de bec sur les mêmes sujets, on arrive à trouver un terrain d’entente qui est plus salvateur. Faut dire que j’ai travaillé fort depuis les deux dernières années sur ma façon de prendre les choses, de mieux gérer mon angoisse et mon stress. Les problèmes de santé ont fait que je n’ai pas eu le choix d’aborder les événements autrement sinon j’y aurais laissé ma peau. Peut-être que lorsqu’on avance en âge, on se déleste d’un tas de bibittes qui nous pourrissent la vie, je ne sais pas…

Une autre chose dont je suis fière est le passage de mon Capitaine dans un rôle de professeur. Après avoir passé les 10 dernières années à tenter de le convaincre de transmettre ses connaissances en navigation, il s’est enfin essayé à donner un cours de radiotéléphonie maritime et il trippe tellement qu’il veut remettre ça à son retour en donnant d’autres cours. C’est que j’ai toujours été persuadée « qu’avec le don vient le devoir », au sens où si on a un talent pour quelque chose, il faut le transmettre et ne pas garder ça pour soi. C’est comme donner au suivant. Je n’ai pas assisté au cours qu’il a donné mais en bonne « moussaillonne » que je suis, j’ai servi de cobaye pour sa pratique (ce qui a rafraîchi ma mémoire car il y avait longtemps que j’avais suivi le cours… et oublié). Je dois avouer qu’un coup la gêne surmontée et la mise en application de quelques conseils donnés, je l’ai trouvé pas mal bon. Il était dans son élément et lorsque quelqu’un parle de sa passion, ça ne peut qu’être intéressant!

Pour ma part, je suis en pleine création artistique : production d’une vingtaine de tableaux depuis presque deux mois, avec l’idée de faire une sorte de mur d’exposition près de l’escalier qui mène au sous-sol. Dès que ce sera terminé, je posterai une photo.

Pour ceux et celles qui veulent connaître le trajet du Capitaine, voici le lien : https://maler999.wordpress.com/cartes/. Par la suite, recherchez sur la page le lien pour le trajet de 2015.

J’irai le rejoindre à Chypre. D’ici là, on se souhaite un été plus clément que fut l’hiver…

Sous peu, le début de la nouvelle saison…

La saison de voile 2015 va commencer bientôt. L’hiver a été rude pour tout le monde et a laissé peu d’inspiration pour l’écriture mais par contre, j’ai été plutôt productive côté oeuvres. Voici ma dernière en peinture faux vitrail sur toile: ma version de « Les voisins II » d’après une oeuvre et un canevas de l’artiste Ginette Maillé. Enjoy!

Les voisins II

Nouveaux ajouts sur le site

Pour ceux et celles que ça intéresse, il y a 2 nouveaux ajouts sur notre site.

Dans l’onglet Nomade II, vous retrouverez la liste des cours que Serge a pris tout au long des années pour parfaire son expérience de navigateur.

Dans l’onglet Bienvenue, a été ajoutée une liste plus détaillée des endroits où Serge a été à chaque année.

Si vous avez des questions à poser au Capitaine, n’hésitez pas. Écrivez-nous!

Femme de marin 2015-01: Triste semaine…

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Je vous mets un article que l’humoriste Martin Petit a écrit suite à l’attentat contre Charlie-Hebdo:

http://envedette.ca/stars/nouvelles-stars/martin-petit/

Et une caricature de Serge Chapleau.

Posez toujours des questions que les réponses ne viendront jamais endormir. C’est  tout ce que j’aurai à dire…

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Femme de marin 2014-44: Calmer la bête…

Ce ne sont pas les grandes tragédies qui conduisent un être humain à l’asile,
Ce n’est pas la mort de ses amours, c’est un lacet de bottine
Qui se rompt lorsque le temps manque.
Charles Bukowski

Je suis une grande tragédienne. C’est connu. Du moins, de mon entourage. Mon amie Guylaine se plaisait à me qualifier, le revers de la main sur son front, de « Oh, drame-Mado! » quand nous étions à l’université. Et le pire c’est qu’elle avait raison! De ma plus grande force (i.e. raconter) naissait mes plus grands drames (i.e. me croire). Ça pouvait être dans le vice comme dans le versa…

Dernièrement, j’ai assisté à une conférence du Dr. Serge Marquis, celui-là même qui a écrit un livre très instructif sur soi-même : Pensouillard le hamster – petit traité de décroissance personnelle. Ça n’a rien à voir avec de la psycho-pop, genre de livres que j’exècre au plus haut point! Sa conférence s’intitulait : « Calmer la bête ». Quel est le lien avec mon côté tragi-comique? C’est que la bête est en fait le petit hamster qu’on se plaît à faire courir dans notre tête. C’est notre cerveau qui ne veut pas s’arrêter et qui, jour et nuit, rumine, angoisse, planifie et s’affole. Le hamster est une métaphore de notre Ego. Tout part de là. Les réactions et sensations désagréables apparaissent parce que notre Ego est froissé. On se sent rejeté, jugé, imparfait, imposteur.

Le hamster est le pire monstre que l’humanité a créé parce qu’il augmente notre état de stress et met en péril notre système immunitaire. J’ai appris lors de cette conférence que lorsqu’on vit un état de stress, ça prend 6 heures au système immunitaire pour redevenir efficace. Six heures! Je n’ose même pas calculer combien de jours j’ai perdus dans ma vie parce que j’ai laissé place à l’anticipation et que la majorité du temps, mon hamster a couru pour rien!

Mais il ne suffit pas de prendre conscience de ça pour que la bête cesse de tourner en rond. Ça prend de la discipline pour savoir s’arrêter, mot qui est révolutionnaire aujourd’hui, selon l’opinion du Dr. Marquis, parce que nous vivons dans une société qui est pressée. C’est peut-être en partie pourquoi nous abdiquons souvent. Pourtant, nous changeons tout au long de notre vie, c’est un signe d’évolution. Il est faux de penser que tout se joue avant 6 ans. Il faudrait plutôt dire que tout se joue avant 100 ans. Ce serait une pensée plus optimiste et encourageante!

Il y a eu aussi, dans la même semaine, une conférence donnée par Mylène Paquette, la première femme en Amérique du Nord à traverser l’Atlantique à la rame. Je suis allée lui parler après sa conférence et elle m’a dit que malgré ce projet qu’elle avait accompli, elle avait toujours peur de l’eau, mais qu’on pouvait décider de continuer à nourrir ses peurs – autrement dit, faire courir son hamster – ou les confronter, ce qui, somme toute, est une façon de « calmer la bête ».

Durant sa conférence, elle projetait des images qu’elle avait prises durant son périple et une m’a particulièrement frappée. Elle racontait combien elle anticipait sa rencontre avec les requins car elle devait régulièrement plonger sous la coque pour aller la nettoyer. Avant son départ, elle avait commencé un long travail de visualisation avec une psychologue. Elle avait installé sous la coque une caméra go-pro pour se prendre en photo et nous montra la première photo qu’elle avait prise. On la voit tête sous l’eau, et un tout petit poisson passe près d’elle. Celle qui avait perdu tant de temps à imaginer de gros poissons épeurants, se retrouvait devant cette petite bête inoffensive…

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C’est une photo magnifique qui m’a beaucoup émue et qui m’émeut toujours à chaque fois que je la regarde. Peut-être est-ce parce que j’ai très peur de me retrouver sous l’eau. Je ne sais pas pourquoi j’ai cette peur depuis que je suis jeune. Je n’ai trouvé aucun événement que je puisse relier à l’origine de cette peur. Peut-être est-ce tout simplement que l’eau cristallise une peur diffuse que je n’arrive pas à nommer autrement. Mais peut-être que cette photo m’émeut aussi parce que c’est une image très forte au sens métaphorique!

J’ai compris il n’y a pas longtemps que chercher constamment l’origine de ses peurs est vain car ça use. J’essaie d’en être plus consciente aujourd’hui et quand j’y arrive, je me demande si c’est une pensée qui m’est utile et constructive. J’essaie de plus penser que de pensouiller.

Même si le terme est galvaudé, le Dr. Marquis parle de la capacité d’être présent (à soi, aux autres, à ce qu’on vit), ce qui diminue forcément l’anticipation. Rien de bien sorcier mais c’est pas mal plus facile à dire qu’à faire, je sais… Mais au lieu de dire constamment : « J’aimerais être un artiste », j’ai commencé à me dire et à dire aux autres : « Je suis une artiste ». C’est à ce moment-là que j’ai ressenti combien le milieu dans lequel je travaille était loin de mes aspirations et talents, mais une phrase du Dr. Marquis rend ce quotidien plus acceptable :

« Il faut découvrir en nous ce qui ne vieillit jamais ». La capacité d’aimer, de créer, de transmettre, d’apprendre, de savourer….

Depuis quelques jours, ma bête est plus calme, réduite à une image plus réaliste, un petit poisson qui vogue près de ma coque. Ça fait du bien…

Femme de marin 2014-43: Dépasser l’horizon…

Hier soir, conférence de Mylène Paquette à la CONAM, une association qui s’intéresse au milieu du nautisme, dont nous sommes membres.

Mylène, pour ceux et celles qui ne la connaissent pas encore, est la première femme originaire d’Amérique du Nord à avoir réussi la traversée de l’océan Atlantique Nord à la rame en solitaire en 2013.

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Je peux vous dire que de toutes les conférences auxquelles j’ai assisté depuis que je suis membre (une dizaine d’années), c’est celle qui m’a le plus tenue en haleine, la plus touchante, émouvante, vibrante et drôle. Celle aussi qui m’a le plus parlé, comme on dit, car Mylène et moi avons quelque chose en commun: notre peur de l’eau.

A la fin de la conférence, je suis allée la trouver  et je lui ai demandé: « Au début de votre conférence vous avez mentionné que votre peur de l’eau était à l’origine de ce projet de traverser l’océan. Question simple: J’aimerais savoir si vous avez guéri votre peur de l’eau? ».

Elle n’a pas hésité une minute et m’a dit: « Non. Mais vous savez, une peur, on peut la nourrir comme on peut la confronter ».

Ça m’a rassurée parce que depuis quelques temps, je travaille sur mes peurs, sur le petit hamster que j’ai dans la tête et qui en vire une shot depuis que je suis toute petite. C’était bizarre aussi parce que depuis quelques temps, je mijote un article qui tourne autour de ça: vivre avec nos peurs réelles et imaginaires. Alors, c’était une rencontre qui tombait à point.

Je me suis dit que c’est un mythe de croire que toutes nos peurs finissent par disparaître quand on les confronte mais cela fait en sorte que dans l’obstacle qui se dresse devant nous, il y a aussi un apprentissage….

C’est un article qui fait tranquillement son chemin dans ma tête, et dont je devrais bientôt accoucher sur ce site et sur mon autre site C’est pas la mer à boire.

A suivre…