Sous peu, le début de la nouvelle saison…

La saison de voile 2015 va commencer bientôt. L’hiver a été rude pour tout le monde et a laissé peu d’inspiration pour l’écriture mais par contre, j’ai été plutôt productive côté oeuvres. Voici ma dernière en peinture faux vitrail sur toile: ma version de « Les voisins II » d’après une oeuvre et un canevas de l’artiste Ginette Maillé. Enjoy!

Les voisins II

Nouveaux ajouts sur le site

Pour ceux et celles que ça intéresse, il y a 2 nouveaux ajouts sur notre site.

Dans l’onglet Nomade II, vous retrouverez la liste des cours que Serge a pris tout au long des années pour parfaire son expérience de navigateur.

Dans l’onglet Bienvenue, a été ajoutée une liste plus détaillée des endroits où Serge a été à chaque année.

Si vous avez des questions à poser au Capitaine, n’hésitez pas. Écrivez-nous!

Femme de marin 2015-01: Triste semaine…

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Je vous mets un article que l’humoriste Martin Petit a écrit suite à l’attentat contre Charlie-Hebdo:

http://envedette.ca/stars/nouvelles-stars/martin-petit/

Et une caricature de Serge Chapleau.

Posez toujours des questions que les réponses ne viendront jamais endormir. C’est  tout ce que j’aurai à dire…

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Femme de marin 2014-44: Calmer la bête…

Ce ne sont pas les grandes tragédies qui conduisent un être humain à l’asile,
Ce n’est pas la mort de ses amours, c’est un lacet de bottine
Qui se rompt lorsque le temps manque.
Charles Bukowski

Je suis une grande tragédienne. C’est connu. Du moins, de mon entourage. Mon amie Guylaine se plaisait à me qualifier, le revers de la main sur son front, de « Oh, drame-Mado! » quand nous étions à l’université. Et le pire c’est qu’elle avait raison! De ma plus grande force (i.e. raconter) naissait mes plus grands drames (i.e. me croire). Ça pouvait être dans le vice comme dans le versa…

Dernièrement, j’ai assisté à une conférence du Dr. Serge Marquis, celui-là même qui a écrit un livre très instructif sur soi-même : Pensouillard le hamster – petit traité de décroissance personnelle. Ça n’a rien à voir avec de la psycho-pop, genre de livres que j’exècre au plus haut point! Sa conférence s’intitulait : « Calmer la bête ». Quel est le lien avec mon côté tragi-comique? C’est que la bête est en fait le petit hamster qu’on se plaît à faire courir dans notre tête. C’est notre cerveau qui ne veut pas s’arrêter et qui, jour et nuit, rumine, angoisse, planifie et s’affole. Le hamster est une métaphore de notre Ego. Tout part de là. Les réactions et sensations désagréables apparaissent parce que notre Ego est froissé. On se sent rejeté, jugé, imparfait, imposteur.

Le hamster est le pire monstre que l’humanité a créé parce qu’il augmente notre état de stress et met en péril notre système immunitaire. J’ai appris lors de cette conférence que lorsqu’on vit un état de stress, ça prend 6 heures au système immunitaire pour redevenir efficace. Six heures! Je n’ose même pas calculer combien de jours j’ai perdus dans ma vie parce que j’ai laissé place à l’anticipation et que la majorité du temps, mon hamster a couru pour rien!

Mais il ne suffit pas de prendre conscience de ça pour que la bête cesse de tourner en rond. Ça prend de la discipline pour savoir s’arrêter, mot qui est révolutionnaire aujourd’hui, selon l’opinion du Dr. Marquis, parce que nous vivons dans une société qui est pressée. C’est peut-être en partie pourquoi nous abdiquons souvent. Pourtant, nous changeons tout au long de notre vie, c’est un signe d’évolution. Il est faux de penser que tout se joue avant 6 ans. Il faudrait plutôt dire que tout se joue avant 100 ans. Ce serait une pensée plus optimiste et encourageante!

Il y a eu aussi, dans la même semaine, une conférence donnée par Mylène Paquette, la première femme en Amérique du Nord à traverser l’Atlantique à la rame. Je suis allée lui parler après sa conférence et elle m’a dit que malgré ce projet qu’elle avait accompli, elle avait toujours peur de l’eau, mais qu’on pouvait décider de continuer à nourrir ses peurs – autrement dit, faire courir son hamster – ou les confronter, ce qui, somme toute, est une façon de « calmer la bête ».

Durant sa conférence, elle projetait des images qu’elle avait prises durant son périple et une m’a particulièrement frappée. Elle racontait combien elle anticipait sa rencontre avec les requins car elle devait régulièrement plonger sous la coque pour aller la nettoyer. Avant son départ, elle avait commencé un long travail de visualisation avec une psychologue. Elle avait installé sous la coque une caméra go-pro pour se prendre en photo et nous montra la première photo qu’elle avait prise. On la voit tête sous l’eau, et un tout petit poisson passe près d’elle. Celle qui avait perdu tant de temps à imaginer de gros poissons épeurants, se retrouvait devant cette petite bête inoffensive…

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C’est une photo magnifique qui m’a beaucoup émue et qui m’émeut toujours à chaque fois que je la regarde. Peut-être est-ce parce que j’ai très peur de me retrouver sous l’eau. Je ne sais pas pourquoi j’ai cette peur depuis que je suis jeune. Je n’ai trouvé aucun événement que je puisse relier à l’origine de cette peur. Peut-être est-ce tout simplement que l’eau cristallise une peur diffuse que je n’arrive pas à nommer autrement. Mais peut-être que cette photo m’émeut aussi parce que c’est une image très forte au sens métaphorique!

J’ai compris il n’y a pas longtemps que chercher constamment l’origine de ses peurs est vain car ça use. J’essaie d’en être plus consciente aujourd’hui et quand j’y arrive, je me demande si c’est une pensée qui m’est utile et constructive. J’essaie de plus penser que de pensouiller.

Même si le terme est galvaudé, le Dr. Marquis parle de la capacité d’être présent (à soi, aux autres, à ce qu’on vit), ce qui diminue forcément l’anticipation. Rien de bien sorcier mais c’est pas mal plus facile à dire qu’à faire, je sais… Mais au lieu de dire constamment : « J’aimerais être un artiste », j’ai commencé à me dire et à dire aux autres : « Je suis une artiste ». C’est à ce moment-là que j’ai ressenti combien le milieu dans lequel je travaille était loin de mes aspirations et talents, mais une phrase du Dr. Marquis rend ce quotidien plus acceptable :

« Il faut découvrir en nous ce qui ne vieillit jamais ». La capacité d’aimer, de créer, de transmettre, d’apprendre, de savourer….

Depuis quelques jours, ma bête est plus calme, réduite à une image plus réaliste, un petit poisson qui vogue près de ma coque. Ça fait du bien…

Femme de marin 2014-43: Dépasser l’horizon…

Hier soir, conférence de Mylène Paquette à la CONAM, une association qui s’intéresse au milieu du nautisme, dont nous sommes membres.

Mylène, pour ceux et celles qui ne la connaissent pas encore, est la première femme originaire d’Amérique du Nord à avoir réussi la traversée de l’océan Atlantique Nord à la rame en solitaire en 2013.

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Je peux vous dire que de toutes les conférences auxquelles j’ai assisté depuis que je suis membre (une dizaine d’années), c’est celle qui m’a le plus tenue en haleine, la plus touchante, émouvante, vibrante et drôle. Celle aussi qui m’a le plus parlé, comme on dit, car Mylène et moi avons quelque chose en commun: notre peur de l’eau.

A la fin de la conférence, je suis allée la trouver  et je lui ai demandé: « Au début de votre conférence vous avez mentionné que votre peur de l’eau était à l’origine de ce projet de traverser l’océan. Question simple: J’aimerais savoir si vous avez guéri votre peur de l’eau? ».

Elle n’a pas hésité une minute et m’a dit: « Non. Mais vous savez, une peur, on peut la nourrir comme on peut la confronter ».

Ça m’a rassurée parce que depuis quelques temps, je travaille sur mes peurs, sur le petit hamster que j’ai dans la tête et qui en vire une shot depuis que je suis toute petite. C’était bizarre aussi parce que depuis quelques temps, je mijote un article qui tourne autour de ça: vivre avec nos peurs réelles et imaginaires. Alors, c’était une rencontre qui tombait à point.

Je me suis dit que c’est un mythe de croire que toutes nos peurs finissent par disparaître quand on les confronte mais cela fait en sorte que dans l’obstacle qui se dresse devant nous, il y a aussi un apprentissage….

C’est un article qui fait tranquillement son chemin dans ma tête, et dont je devrais bientôt accoucher sur ce site et sur mon autre site C’est pas la mer à boire.

A suivre…

Femme de marin 2014-42: Touchante Mariz…

Commençons par l’origine de cette rencontre. Un commentaire que j’avais fait sur une de ses chroniques et sa réponse, suivie d’une autre sur une toile que j’ai créée il y a quelques années et qui apparaît sur mon site. Je lui dis que je l’ai toujours et que si elle la veut, je lui offre. C’est alors que nous convenons d’un lieu de rencontre pour la remise officielle.
Un petit bar animé, mais pour l’instant je suis seule, la première arrivée. Je sais qu’elle va me demander pourquoi je lui donne, moi qui ne la connais que par ses écrits et ses apparitions à la télé.
Ça m’arrive parfois, c’est comme ça. Un geste gratuit, sans attente d’un retour. J’ai vendu quelques toiles et mosaïques mais ce n’est pas ce qui me motive à créer. Une œuvre, quand elle est achevée, a terminé sa « job ». Parce que l’art est avant tout thérapeutique. C’est ce que je crois. On crée parce qu’on a un besoin vital. On pourrait dire que c’est égoïste mais un poème, une chanson, un roman, une toile, une chronique, peu importe, est un besoin de se dire, besoin d’extirper quelque chose de soi, besoin de guérir, se guérir, de boucler une unfinished business. Elle me dit ne pas avoir ce talent mais c’est faux. C’est juste qu’elle n’en n’est pas encore convaincue.
Michelle Blanc disait qu’avec le don vient le devoir. Devoir de transmettre, de partager avec le même objectif que celui qu’on avait au départ : se faire du bien, et par extension, faire du bien aux autres.
Mais comme toute œuvre, lorsqu’elle est terminée, ça ne nous appartient plus. Le public comprend parfois autre chose que ce que l’artiste voulait transmettre. Chacun prend pour soi sa part d’interprétation. Quelque chose de commun nous lie mais s’interprète différemment selon le vécu qui nous interpelle. L’œuvre achevée implique un deuil de la laisser aller. D’où le besoin de la diffuser. Cela n’a rien d’exhibitionniste. Le don reçu se donne au suivant.
Le resto se remplit tranquillement. J’attends Mariz. Le soleil se pointe le bout du nez. Je sirote mon Chardonnay. J’aime être en avance, m’approprier les lieux. La voilà qui entre. Elle me sourit et s’avance. Forme longiligne, des yeux brillants qui me rappellent une ancienne professeure : S.D. était grande, mince, de longs cheveux blonds noués en une tresse qui reposait nonchalamment sur son épaule, des yeux pétillants, un peu granola. Mariz lui ressemble mais elle a une féminité plus assumée qu’elle, et que moi lorsque j’avais son âge.
La toile patiente entre nous deux. Nous trinquons. On se découvre des lieux communs. Nous avons étudié au même endroit, dans la même discipline mais à quelques années d’écart car Mariz a presque l’âge de ma fille. Nous avons toutes les deux des parcours et des choix atypiques, des expériences similaires et cela nous amène sur un terrain connu, partagé où nous prenons conscience que nous avons gagné une bataille mais pas la guerre. Il y aura d’autres batailles, nous le savons bien. Une rencontre avec l’autre, c’est souvent une rencontre avec soi-même.
Nous sommes, chacune à notre façon, des portes-drapeau. Dans un régiment, c’est souvent le cave en avant qui chie dans son froc et se fait tirer dessus le premier. Mais c’est aussi celui qui a suffisamment de courage pour se mettre en avant de la scène et faire avancer les troupes.
Depuis, nous avons pris du galon. Les guerres nous ont été utiles. Nous savons bien que dans cette vie-ci, nous ne sommes pas désincarnées et qu’il faut faire avec la maison dont nous avons hérité. Aussi bien l’entretenir.
Le temps a filé à vive allure. J’aime les écrits et les propos de Mariz. Le regretté reporter de guerre Paul Marchand aurait dit : « Un bloc de passion lacéré à vif par des paroles ardentes et inspirées ». Je ne saurais mieux la décrire sinon rajouter qu’elle est une émotion et une intelligence sur deux pattes.
Hier soir, l’image n’avait pas d’importance puisque nous avons été au-delà du miroir. C’était facile. De l’expérience commune qu’on a vécue chacune de notre côté, on nous a souvent dit que nous étions courageuses. Paul disait encore : « Il n’y a pas de courage, il y a juste une dignité, énorme, imposante, fulgurante… »
Mariz possède cette dignité. Tête haute!
« Ne peuvent comprendre que ceux qui y sont… » (Jean Hatzfeld)

Femme de marin 2014-41: De retour et création d’Albums

Hey oui, nous sommes de retour depuis 2 semaines maintenant et les choses me semblent un peu irréelles, d’autant plus que la rentrée scolaire a débuté sur des chapeaux de roue! Les petits « nouveaux » universitaires se bousculent à ma porte et les nombreuses réunions s’empilent dans mon agenda.

Party time

Quant au Capitaine, il a repris ses bonnes habitudes avec ses nombreuses activités et projets,et il a déjà commencé à tracer sa route pour 2015 qui sera bientôt mise sur la page « Cartes ».

Nous avons aussi créé une nouvelle page « Albums » sur le site car comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, à chaque année je crée un album des plus belles photos prises. Cette année, nous avons dû choisir avec difficulté celles qui font partie des albums 2014 parmi 5,159 photos. Deux albums ont été créés, soit un pour l’Italie et la Grèce et l’autre pour la Turquie.

J’en ai profité pour mettre aussi les liens pour les albums de 2013. Dans un avenir rapproché, les liens des albums des années antérieures viendront s’ajouter à cette page.

J’espère garder mon attitude zen dans les prochains mois à venir et mes nouvelles résolutions de me tenir en forme devraient aider… du moins je l’espère!

PressionPour me motiver encore plus, j’ai créé un site plus personnel avant de partir en vacances et je compte l’alimenter sous peu de nouveaux articles : http://cestpaslameraboire.wordpress.com/

D’ici là, bon automne, tout le monde!

 

Femme de marin 2014-40: 12e journée à Istanbul – le voyage s’achève

Dernière journée à Istanbul. Ce matin, nous sommes allés fureter sur l’avenue İstiklal, histoire de faire quelques dernières emplettes. Nous sommes arrêtés boire un café chez Caribou coffee, sorte de Starbucks où nous avons pu relaxer un moment.

La journée sera consacrée à ramasser nos affaires et faire un peu de ménage dans l’appartement avant de partir tôt demain matin, puis nous irons boire un dernier verre dans un petit bar des environs ce soir.

Après 4 mois de navigation, le Capitaine est bien heureux de revenir au bercail et nous avons bien hâte de revoir les amis et d’échanger sur nos étés de voile et de voyages. Les projets ne manquent pas pour cette année et nous sommes impatients de les mettre à exécution.

On dit que les voyages forment la jeunesse, réconfortent la vieillesse, mais les retours sont tout autant excitants car il ne faut pas les voir comme la fin d’un cycle, mais le début d’un autre tout aussi prometteur.

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Femme de marin 2014-39: 11e journée à Istanbul – Les îles aux Princes

Aujourd’hui, visite de 2 îles (Büyükada et Heybeliada) qui font partie d’un archipel de neuf îlots dans l la mer de Marmara, à une vingtaine de kilomètres au sud d’Istanbul et de l’entrée du Bosphore.
Durant la période byzantine, on y exilait dans des monastères les membres de la famille impériale et les aristocrates disgraciés – pratique poursuivie par les Ottomans. Au XIXe siècle, elles servent de lieu de villégiature aux riches familles d’Istanbul – on y trouve toujours aujourd’hui des villas de style victorien, notamment sur Büyükada, la grande île.
Pendant les mois d’été, les îles sont des destinations populaires pour des excursions d’une journée d’Istanbul. Comme les véhicules motorisés y sont interdits, le seul transport est le cheval et la charrette, ce qui constitue un havre de calme par rapport à Istanbul.
Nous descendons en premier sur l’île de Büyükada et nous nous promenons quelques temps. Comme il y a une marina, Serge va prospecter pour l’an prochain. Il y a effectivement beaucoup de calèches et une file interminable de gens attendent pour y faire un tour. L’odeur de crottin vient un peu assombrir la promenade quand on marche tout près des chevaux dans la rue. Nous faisons également un agréable dîner dans un petit restaurant en bord de mer.
Par la suite, nous reprenons le traversier pour aller sur l’île de Heybeliada mais il n’y pas pas grand chose à voir, sinon siroter un thé en regardant les gens monter et descendre des ferrys. Une jolie pause sous une brise qui est la bienvenue.
A notre retour vers Istanbul, j’ai enfin la joie de voir 2 dauphins émerger de l’eau pendant quelques minutes, mes premiers dauphins depuis que je navigue.
Demain sera notre dernière journée complète et nous ne savons pas encore ce que nous ferons.

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