Femme de marin 2020-06: Allo, le retour à la terre!

Comme disait Marie-Lise Pilote dans un de ses anciens sketches: »Enlève-moi ma brassière et terre cuite pis mets-moé sur un banc de poissons »….

Automne 2020-Hiver 2021: Retour à la terre!!! Ma créativité ne se fera pas tant dans mon atelier d’artiste que dans ma cuisine.

Demande-moé pas ce que je vais faire cet automne; Ai acheté une yaourtière, un four à pain, un autoclave, des pots Mason, pis plein d’autres affaires pour cuisiner, aussi construire un jardin surélevé avec la créativité de mon Capitaine… Tout pour devenir le plus possible autosuffisant alimentairement parlant!!! Faut changer ses habitudes à cause de la pandémie ??? Ben, checke-moé aller… M’a faire pousser mes herbes pis encruchonner comme il y a 12 ans quand mon chum a traversé l’Atlantique pis qu’on a dû faire de la bouffe pour qu’il survive tout ce temps-là !! L’affaire va être ketchup!

Femme de marin 2020-05: Avec le temps…

 

 

 

 

Cette photo… il y a 10 ans, ma mère fêtait ses 80 ans. Elle était pimpante, coquette, malgré la maladie d’Alzheimer qui avait commencé à faire ses ravages. Quelques indices, certes, mais à peine perceptibles.

Dix ans ont passé. Oui, elle est toujours là et fêtera en septembre ses 90 ans, mais cette décennie l’a, d’une certaine façon, décimée. Lorsque je l’ai appelée ce matin pour lui souhaiter une belle fête des Mères, elle était surprise parce qu’elle ne savait plus quel mois on était. Même si elle passe ses journées à écouter la télé qui diffuse en continu les dévastations de la pandémie, elle ne réalise pas tout ce que ça implique. Certaines journées, elle peut m’appeler 4-5 fois par jour pour  que je lui envoie de l’argent afin d’aller chez le coiffeur, changer ses lunettes ou magasiner. Elle ne réalise pas ce que veut dire “confinement” parce que pour elle, ça ne change rien, toujours cloîtrée dans sa résidence pour personnes semi-autonomes. Alors, à chaque fois, je dois lui expliquer que c’est impossible. À chaque fois, elle ne comprend pas et me rappelle une demi-heure plus tard pour me demander la même chose.

Même si je lui ai dit que nous avons vendu la maison à Montréal et que nous serons près d’elle à Québec à la fin juin, je devrais me réjouir qu’elle oublie la nouvelle et qu’à chaque fois que je lui rappelle, c’est une nouvelle surprise pour elle, un petit bonheur instantané, mais il m’arrive aussi de me désoler de lui faire de la peine quand elle me demande pourquoi ma soeur aînée ne lui donne pas de nouvelles et que je doive lui dire qu’elle est décédée, une inième fois,  il y a presque 4 ans…

Je pense à ma chum Christine qui a perdu sa mère la semaine passée et qui surfe sur les hauts et les bas des émotions de ce qu’implique le sentiment d’avoir un parent âgé et ces temps de pandémie. Je songe au fait que lorsque nos parents partiront, nous serons les prochains. Je me questionne sur le fait qu’il y a, quelque part, un bénéfice à ne plus se rappeler, que c’est moins souffrant quelque part, et le fait que je ne veux pas oublier une parcelle de tout ce que j’ai vécu.

J’ai été troublée d’entendre ce soir à Tout le monde en parle, Yvon Deschamps qui a demandé à sa conjointe de lui promettre de ne pas finir en CHLSD, et je me suis surprise à demander à mon Capitaine la même chose, et j’ai compris combien cette promesse était lourde de responsabilités et de conséquences pour lui (autant que ce le serait pour moi, en fin de compte). Moi qui suis devant le majestueux fleuve depuis 6 semaines, qui vis au gré du temps qu’il fait, je n’ai pas envie de finir entre 4 murs froids, vous me comprenez n’est-ce pas?

Oui, ma mère est toujours vivante, mais l’idée de la savoir seule devant sa télé, de ne pas avoir de visites, d’attendre que « le temps passe » et d’oublier ce que fut sa vie tel un feu qui consume peu à peu m’est souvent si insupportable que je préfère vaquer à d’autres occupations. L’impuissance occupe de plus en plus l’espace et l’idée de revenir au plus tôt à Québec se fait pressante…

Maman, peu importe que tu oublies…, moi, je n’ai pas encore oublié… Merci d’avoir été un phare entre moi et mon père. Merci de m’avoir guidée dans cette tourmente qu’a été ma vie… Bonne fête des mères, même si tu ne me lis pas. Au moins, j’ai pu te le dire encore cette année!

LÉO FERRÉ – Avec le temps

 Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie le visage et l’on oublie la voix
Le coeur, quand ça bat plus,
C’est pas la pein’ d’aller chercher plus loin
Faut laisser faire et c’est très bien
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre qu’on adorait, qu’on cherchait sous la pluie
L’autre qu’on devinait au détour d’un regard
Entre les mots entre les lignes et sous le fard
D’un serment maquillé qui s’en va faire sa nuit
Avec le temps,
Tout s’évanouit.

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Mêm’ les plus chouette’s souv’nirs ça t’a un’ de ces gueul’s
À la Gal’rie j’farfouill’
Dans les rayons d’la mort
Le sam’di soir quand la tendresse s’en va tout’ seule
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
L’autre à qui l’on croyait pour un rhum’ pour un rien
L’autre à qui l’on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l’on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l’on s’traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien.

Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
On oublie les passions et l’on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas
Les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid
Avec le temps…
Avec le temps, va, tout s’en va
Et l’on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l’on se sent glacé dans le lit de hasard
Et l’on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l’on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment
Avec le temps on n’aime plus

Femme de marin 2020-04: De quoi était fait votre dernière année?

Avril 2019 : Je viens de prendre ma retraite et je suis associée à une galerie d’art depuis un an. Je travaille autant, sinon plus, que lorsque j’étais active professionnellement. La galerie m’occupe 7 jours sur 7, même lorsque je n’y suis pas physiquement (i.e. les textos, les courriels, les tâches, etc.). Il m’arrive de me sentir exténuée, de ne plus être capable de poursuivre le même rythme qu’avant. J’étouffe un peu, beaucoup…

Mai 2019 : Je prépare mes toiles pour l’exposition Artistes de cœur qui aura lieu en novembre. Comme à chaque exposition, depuis 5 ans, je doute. (sur moi, mon talent, mes compétences à titre d’artiste, sur ma place dans l’organisation et en ce monde… sur n’importe quoi qu’on peut s’imaginer…., la CATA…).  Je me demande si ce que je produis plaira au public. Je me couche tard, ma créativité étant à son meilleur en fin de soirée. De toute façon, j’ai plus rien qui me retient le lendemain, alors….

Juin 2019 : Mon Capitaine est parti pour ses 4 mois annuels en Europe. J’occupe la maison à moi seule. Je savoure… « As usuel », je vogue entre être bien avec moi-même et m’ennuyer de mon Capitaine, je prépare mon voyage en France avec ma pote Claudine en août.

Juillet 2019 : Je réfléchis depuis quelques temps à l’idée de m’évaporer ailleurs qu’à la galerie. J’ai d’autres projets qui me parlent et m’interpellent plus que ce qui me retient à la galerie. L’idée globale est que la vie est trop courte et que je ne pourrai pas réaliser tout ce qui me trotte dans la tête. Il me faut donc faire des choix, déchirants pour certains mais faciles pour d’autres.

Août 2019 : Je me dissocie de la galerie d’art, je pars avec ma pote Claudine à Paris pour une semaine de « décrochage ». C’est le rêve, je décroche, je suis sur mon X. À mon retour, j’accueille le Capitaine qui revient au bercail pour la 12e année. Je suis heureuse. Il est là, je me colle contre lui, la nuit venue. Je dors et je ronfle comme c’est pas possible. Je me sens en sécurité.

Septembre 2019 : Je prépare les travaux pour le revêtement extérieur de la maison. Les journées sont exténuantes mais pleines de promesses. Je magasine, je compare, je jauge, j’écoute les conseils de ceux qui ont de l’expérience, pis en fin de compte, je fais à ma tête (bien, à moitié!!!).

Octobre 2019 : Nous débutons les travaux du revêtement extérieur de la maison. Je passe mon temps à élaborer des menus et faire des allers-retours chez Patrick Morin! Je m’achète des bottes de travail de « Pilote et filles » et je savoure le simple moment de les chausser comme lorsqu’on embarque dans des pantoufles! Ma fille fête son premier anniversaire de mariage avec un gars formidable. Pour moi, à 63 ans, c’est pas trop tôt de ne plus m’inquiéter!!

Novembre 2019 : Depuis un mois, je passe mon temps à grimper dans les échafauds à l’extérieur de la maison, de vaincre ma peur des hauteurs et la préparation de repas pour nos amis qui supervisent les travaux et viennent nous aider les fins de semaine. L’Exposition Artistes de cœur a lieu. J’expose mais mon cœur n’y est pas, mon corps étant occupé à vaincre mon vertige lorsque je grimpe en hauteur et le bonheur de voir enfin les rénovations de la maison achevées. Je me fous pas mal de vendre mes toiles ou pas. Je suis ailleurs. Je pars fumer avec ma pote Lise durant les « gardes » et on parle de nos avenirs avec un brin d’ironie.

Décembre 2019 : Mon Capitaine m’annonce qu’il songe à ne plus donner de cours de navigation. Je réfléchis sur le fait que lorsque je l’ai connu, je lui avais dit que lorsque je serais à la retraite et que plus rien ne me retiendrait à Montréal, j’aimerais revenir à mon point d’origine, soit la ville de Québec.

Janvier 2020 : Mon Capitaine met son plan à exécution. Je lui remets en mémoire mon désir de revenir à Québec car, désormais, plus rien ne nous oblige à vive à Montréal. Le Capitaine acquiesce.

Février 2020 : Nous contactons notre courtière immobilière pour lui demander s’il serait mieux de mettre la maison en vente avant ou après notre départ en Europe en mai. Elle nous répond que le marché est pour les vendeurs présentement et qu’il serait mieux de s’essayer. Nous osons et mettons la maison en vente.

Mars 2020 : La maison est vendue et l’acheteuse nous demande si on peut la libérer pour le 1er avril. On fait des boîtes! Une visite chez ma mère à sa résidence pour personnes semi-autonomes me convint de rester au Québec car il m’apparaît que sa santé se dégrade (elle va avoir 90 ans). On fait des boîtes!  Je décide donc de ne pas partir, mais par la suite, la pandémie devient mondiale. Mon Capitaine ne peut plus partir à la date prévue en Europe. On fait des boîtes!  Suite à l’annonce du premier ministre du Québec de fermer les entreprises et de mettre le Québec sur pause, nous devançons notre déménagement d’une semaine de peur d’être coincés à Montréal. On finalise les boîtes la veille du déménagement.

Le lendemain du déménagement, l’endroit où nous devions rester n’est plus possible pour toutes sortes de raisons. Mon Capitaine (comme à son habitude) trouve une solution et nous partons à la Malbaie.

Oh… j’avais oublié : le 9 mars, je  fête mes 64 ans et je me sens intérieurement comme si j’avais toujours 30 ans, mais extérieurement, lorsque je me regarde dans un miroir le matin, c’est autre chose!! Bof… pas important, c’est la vie!

Avril 2020 : Nous sommes à la Malbaie depuis 6 semaines et nous y sommes très heureux même si nous sommes un peu comme des SDF (sans domicile fixe), en attendant d’intégrer notre nouvelle maison en juillet.  Nous jasons régulièrement avec nos vendeurs qui deviendront sûrement des amis après la vente.

La pandémie nous aura permis de reprendre notre souffle, de récupérer du stress des derniers mois et de prendre conscience qu’on est dans une position privilégiée.

Je profite de la vie, du temps qui passe, que, malgré le manque de créativité et de matériel pour créer pour l’artiste que je suis, j’avais besoin de ce temps d’arrêt pour décider du temps qu’il me reste sur cette Terre. Bonne est la vie!!!! Pour parioder Boucar Diouf, je me demande à quoi ça sert un être humain?? Je suis pas plus avancée sur ma place en ce monde, sur la réponse à cette question, mais la pandémie me sert à moins m’angoisser sur cette question, à me dire que, pour le temps qu’il me reste, je le veux de qualité à faire ce qui me plaît.

MORALE : Chaque décision, prise indépendamment, semble insignifiante mais somme toute, cela aboutit à une décision de vie qui prend une direction toute autre. Au bout du compte, c’est pas une si mauvaise place que ça!!! No complaint, just let go!!!!

Mado:-)

Femme de marin 2020-03: Quand les planètes s’alignent…

Y a des tas des phrases qui veulent rien et tout dire, genre : « Y arrive rien pour rien » ou encore « Toute est dans toute ». Il demeure que par ces temps troubles, des décisions prises séparément s’avèrent au bout du compte, mises bout à bout, une suite d’événements qui est pour le mieux. C’est comme si les planètes s’alignaient!

1ère décision : bien avant la pandémie, notre acheteuse nous demande quelle serait la date la plus rapide pour prendre possession de la maison. Alors qu’on pensait la quitter pour le 1er mai, nous avançons la date du 1er avril, ce qui nous oblige à demander à une amie de Québec si elle veut nous héberger jusqu’à la date de notre départ en Europe, soit le 15 mai.

2e décision : Suite à une visite à ma mère dans sa résidence de personnes semi-autonomes, je constate la dégradation rapide de sa maladie (i.e. Alzheimer) et je décide de ne pas partir en Europe, trop angoissée de la laisser à mon entourage. Je sais que je serai incapable de profiter pleinement de mon séjour là-bas et de rester détachée de ce qui pourrait lui arriver durant mon absence.

3e décision : Comme mon amie ne peut pas m’héberger passé la date du 15 mai, je me mets à la recherche d’un Airbnb pour m’héberger jusqu’au déménagement le 1er juillet.

4e décision : lundi de la semaine passée, le premier ministre Legault annonce la fermeture de toutes les entreprises, sauf les entreprises essentielles. Comme les déménageurs n’ont pas encore été classés dans les « essentiels », je saute sur le téléphone et appelle ma compagnie de déménagement pour devancer celui-ci d’une semaine. On prend r.v. pour le lendemain matin. On se dit que comme les électroménagers ont été vendus à mon acheteuse et qu’ils resteront dans la maison, on pourra toujours faire du camping avec notre lit gonflable.

5e décision : Le lendemain du déménagement (mercredi), mon amie de Québec m’appelle pour me dire que compte tenu qu’une de ses amies qui habite chez elle travaille aux soins à domicile et qu’elle est à risque, compte tenu aussi que notre venue fera qu’on sera 5 dans la maison, son inquiétude augmente au point qu’elle songe à aller s’isoler ailleurs, ce qui, à mon avis, n’a pas de bon sens. Pas question pour moi de la faire évacuer de sa maison parce qu’on arrive! Je raccroche, décontenancée et très émotive. Fidèle à ce qu’il a toujours été, le Capitaine a peut-être une solution…

6e décision : Le Capitaine appelle un de ses amis dont la famille possède des chalets à la Malbaie. Après entente, nous plions bagages et nous partons nous y installer jusqu’au 15 mai. Ici, nous sommes au bord du majestueux fleuve St-Laurent. La vue est magnifique, le fleuve est calme, l’air est frais, le temps est doux. Il y a pire…

Même si nous avons été cloîtrés dans la maison depuis un mois à Montréal, nous demeurons ici encore pendant 14 jours sans aller à la Malbaie, histoire de respecter les règles. Nous pétons le feu côté santé et on s’astreint à ne faire que des petites marches dans les alentours pour se dégourdir les jambes.

La vérité? C’est que je suis bien contente d’avoir quitté Montréal à temps. Toutes ces décisions prises une à une semblent être des petits deuils, mais au bout du compte, il faut voir que cela aboutit à une situation qui est idéale pour nous dans les circonstances, même si, côté financier, c’est pas le Pérou!

On verra pour la suite le 15 mai en espérant qu’il n’y aura pas d’autres mauvaises surprises. J’ai juste hâte d’être dans ma nouvelle maison. Pas d’autres ambitions…

Femme de marin 2020-02: On switche au mode solution plutôt que brailler sa vie

En ces temps d’incertitude les choses changent vite. Notre amie qui habite déjà avec un cuisinier de restaurant sans travail et une coloc qui travaille dans les services essentiels à domicile (ce qui la place dans un  travail  à haut risque) m’a appelée aujourd’hui quant à son hésitation à nous accueillir moi et mon chum dans la maison la semaine prochaine On serait 5 personnes à se partager un espace restreint. On comprend tellement ( et on va pas briser une belle amitié pour ça). On  s’est onc revirés sur un dix cennes coupé en 4 et avons fait appel à un ami de voile dont la fille est propriétaire de chalets à la Malbaie. Vu notre situation précaire de devoir partir demain, nous avons accepté l’offre même si le prix est substanciel et non prévu dans notre budget présentement. On va s’ajuster.

Comme il faut savoir s’adapter aux circonstances, nous partirons pour un séjour de 6 semaines dans un chalet de la Malbaie, juste en face du fleuve à méditer et prendre des marches. Outre le prix, nous nous estimons encore très chanceux d’avoir trouvé une solution!  (Merci encore  au Capiatine et à sa créativité). Même si sur le coup des nouvelles qui fusent j’ai eu un petit trémolo dans la voix, cela ne dure pas longtemps et on se met en mode solution. On lâche pas la gang!

Femme de marin 2020-01: Long time no paint, no write, no read…

Ce n’est pas dans mes habitudes d’être aussi longtemps sans écrire, mais il faut dire que la fin de 2019 a été remplie de plein d’imprévus et le début de 2020 n’a pas cédé sa place avec toute l’histoire de la pandémie. Retournons un peu en arrière. Je vous avertis : vu que ça fait longtemps que j’ai pas écrit et que j’occupe une maison vide pour une semaine, cette chronique va être un peu longue à lire, d’autant plus que j’ai pas grand-chose d’autre à faire pour l’instant.

FIN ÉTÉ 2019

J’ai décidé de quitter la galerie pour toutes sortes de raisons personnelles et professionnelles dont je vous épargnerai les détails, question de regarder vers l’avant. À l’automne, après avoir passé les 5 dernières années à rénover l’intérieur de la maison, nous décidons de refaire tout le revêtement extérieur. Nous passons presque 2 mois dans les échafauds à travailler 7 jours sur 7, ce qui ne me laissait pas de temps pour peindre, trop éreintée le soir pour faire autre chose que m’éfouairer sur le divan en attendant que vienne le sommeil. La créativité ne s’était pas évaporée; c’est juste qu’elle avait pris une autre tournure plus manuelle et physique, un grand bien pour mon moral.

S’il y a une chose que j’ai apprise durant cette période (outre des techniques de construction) c’est que si tu veux faire baisser ton niveau d’angoisse, fais du travail physique. Le soir, t’es tellement envahie par les douleurs musculaires que ça demande trop d’énergie pour résoudre tes crises existentielles!

FIN AUTOMNE 2019

Le Capitaine parlait de plus en plus de ses insatisfactions en ce qui avait trait à l’organisme pour lequel il donnait des cours de navigation, maugréant à chaque fois qu’il était de retour d’une réunion. Ouin, ouin… on en dit bien des affaires!!

Sauf qu’un jour, il m’annonce qu’il quittait définitivement l’organisation. Oh bo-boy!! L’éfouairée que j’étais sur le divan s’est redressée d’une traite, une lumière rouge s’allumant dans mon cerveau.

Moi : Euh…. Chéri, t’es sérieux, là?

Capitaine : Oui, très sérieux!

Moi : Te rappelles-tu quand on s’est connus, je t’avais dit que si un jour plus rien ne nous retiendrait à Montréal, j’aimerais revenir à Québec?

FÉVRIER 2020 :

L’idée fait son chemin, le Capitaine n’y faisant pas opposition. On s’informe à notre courtière pour savoir s’il serait mieux de mettre la maison en vente avant de partir en Europe ou lors de notre retour l’automne prochain. Elle nous dit que présentement le marché est aux vendeurs et que ce serait un bon temps de s’essayer. Nous voilà pris dans la paperasse jusqu’aux oreilles, signature de contrats, séance photos, grand ménage et on «feng shuise » la maison.

Le premier jour de l’affichage sur le Web, on a des offres d’achat multiples. On en accepte une et on festoie. Je m’endors heureuse et un peu incrédule devant cette chance qui s’offre à nous.

Une semaine plus tard, c’est la visite de l’inspecteur en bâtiment des acheteurs que j’ai rebaptisé affectueusement l’inspecteur en démolition! On sollicite notre présence pour le résumé à la fin et là, c’est la déferlante : pas un pouce carré de la maison n’a été épargné. Tout y passe. Le moindre défaut est examiné à la loupe. La moutarde monte au nez du Capitaine tandis que je pompe l’huile silencieusement. Tout l’amour et le travail qu’on a mis dans cette maison depuis les dernières années viennent de s’écrouler comme un château de cartes. J’ai presque l’impression qu’on habite un taudis! Je vois la face de mon chum qui se décompose et celle des vendeurs qui s’assombrit à mesure que l’inspecteur parle. J’ai envie de prendre une cuite. Je pars me coucher, la mort dans l’âme. Le lendemain, on apprend que les acheteurs se sont retirés et c’est à reculons que je pars à Québec car j’avais déjà prévu des visites de maisons. Je ne sais plus si ça vaut la peine de continuer la démarche.

Québec : il fait un froid de canard, les pneus crissent sur la neige. J’ai 6 visites prévues. La première m’enchante mais les 5 autres sont décourageantes. Entre les photos sur le Net et la réalité, il y a loin de la coupe aux lèvres. J’ai pas envie de remettre ça pour un autre voyage car depuis 3 semaines j’ai épluché le Net et rien ne correspond vraiment à ce que nous voulons, sauf la première maison que j’ai vue. Le Capitaine étant occupé au Salon du Bateau pour la fin de semaine, je lui demande de venir me rejoindre le dimanche soir pour qu’on retourne la voir ensemble le lundi matin. Elle lui plaît. On fait une offre conditionnelle à la vente de notre maison et on retourne à Montréal, espérant  vendre notre maison à nouveau. Je suis stressée parce qu’une vente conditionnelle, c’est ordinaire! Il se passe une semaine avant qu’un autre visiteur nous fasse une offre qu’on accepte.

Le plan était tout simple : On quittait la maison le 1er avril (pour accommoder l’acheteur), on remisait notre stock et on allait rester chez une amie à Québec jusqu’à notre départ pour l’Europe le 15 mai, puis on intégrait notre nouvelle maison à notre retour à la fin août. Que pouvait-il y avoir de plus compliqué dans la vie? Je vous le donne en mille….

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué? Je veux pas entrer dans les détails mais tout ce que je peux vous dire c’est qu’à date on l’a pas eu facile. En fait, rien n’a été facile. Je vais vous imager ça en prenant l’exemple du film catastrophe typique. Prenons le film Volcan : les gens ont l’intelligence d’aller vivre dans une petite ville au pied d’un volcan qui a la bonne idée de péter (parce que c’est dans sa nature de péter). Le séduisant Pierce Brosnan (la vedette du film) file à 200 km à l’heure dans sa Jeep (parce qu’un Jeep c’est un Jeep!) tandis que toute la ville s’écroule sous les amoncellements de lave et de détritus que crache le volcan. Bien entendu, la Jeep et ses occupants sont 2 secondes en avance de la décharge, échappant ainsi à un cruel destin. Vous connaissez la suite : le héros sauve la vie des gens qu’il aime, (les autres meurent) et surtout de l’h…. de chien qui est resté dans les décombres d’une maison en train de japper sa vie (d’où l’expression : « C’est quoi le but du chien dans le film? »).

Donc, tout ce préambule pour vous dire que j’ai l’impression d’être Pierce Brosnan (le séduisant, vous l’ai-je dit?) qui échappe de justesse au pire destin (jusqu’à date) : on vend notre maison, on passe chez le notaire et on trouve une maison juste avant que la pandémie s’étende. Le jour où le premier ministre annonce que les entreprises ferment, je réussis à faire devancer le déménagement d’une semaine. On doit signer avec la notaire le 1er mai pour l’achat de l’autre maison et elle me confirme aujourd’hui qu’il n’y a pas de changement. Depuis quelques temps, j’ai l’impression quasi constante qu’un gros morceau de lave va s’étamper sur mon front! Bon, c’est quoi le prochain « move » pour l’éviter???

Commence une nouvelle ère pour nous parce que cette année, j’ai jamais eu autant l’impression de porter le nom de notre bateau : Nomade. Pour les 3 prochains mois, nous serons sans domicile fixe. Pas des SDF, mais des nomades qui squattent chez les autres. Notre planning est un incessant re-planning. Faut dire que juste avant l’événement de la pandémie, j’avais décidé de ne plus partir 3 mois avec mon chum, compte tenu de l’état de santé de ma mère qui frôle les 90 ans. A la voir s’égrainer jour après jour de la sorte, je n’aurais pas été capable de vivre ce voyage en Europe d’un air guilleret à la barre du bateau. Je ne pouvais pas confier le sort de ma mère à mon entourage avec un air détaché. J’ai donc décidé de rester. Le Capitaine, comme à son habitude, s’est retourné sur un dix cennes. Maintenant que toutes les frontières mondiales sont fermées, que les marinas font de même et qu’il est interdit de naviguer, on ne sait pas trop quand il va partir. Il passe son temps à faire des plans B, C, et je ne serais pas surprise que la semaine prochaine, il y ait un plan D. A suivre….

Non, on n’est pas à plaindre. Il y en a des plus mal foutus que nous, c’est sûr. La leçon à retenir : c’est qu’on ne contrôle rien, surtout pas la vie dans toute l’amplitude qu’elle nous montre. Il faut savoir s’adapter. Quelle surprise étonnante que cette vie, ne trouvez-vous pas?

FEMME DE MARIN 2019-10 : RETOUR SUR UN LONG CHEMINEMENT…

2007 : Nous sommes un an avant la traversée de l’Atlantique que mon Capitaine a décidé de faire. Cette traversée qui aura lieu en 2008 avait comme nom Retour aux sources. Pour comprendre ce que cela comportait, je vous invite à explorer ce lien : https://www.escalenautique.qc.ca/pdf/archives/bilan%20tech.pdf

Donc, nous sommes en 2007. J’ai pris la décision de traverser moi aussi, même si je ne connais pas grand-chose de la navigation à la voile (quelle naïveté de ma part!). À cette époque, je naviguais avec le Capitaine depuis 3 ans. Durant tout ce temps, j’avais pris des cours de toutes sortes en navigation (navigation de plaisance, météorologie, VHF, théorie et design de voilier, radiotéléphonie, mesures d’urgence en mer, etc.). J’avais même eu droit à des cours personnalisés par mon Capitaine. Malgré toutes ces connaissances, je n’arrivais pas à gérer ma peur des eaux profondes : Je shake des rotules dès que le voilier gîte un peu trop et que la mer commence à gronder. Le Capitaine savait que je n’y arriverais pas et moi j’aimais croire au Père Noël, mais la vie n’est pas dupe. Elle vous ramène toujours, d’une façon ou d’une autre, au concept de réalité, aussi féroce et douloureux que cela puisse être…

Donc, en  prévision de 2008 où 13 voiliers québécois quitteront le Québec le 6 juillet  à destination de La Rochelle, nous décidons l’année précédente de faire un voyage aux Iles-de-la-Madeleine avec un couple d’amis qui possèdent un voilier (donc ils ont des connaissances en navigation) mais qui s’embarqueront avec nous, afin de voir si on peut vivre ensemble pendant 6 semaines dans un espace aussi restreint qu’un voilier de 32 pieds. Comme disait un des navigateurs participants : « C’est comme vivre à 4, 24 heures sur 24, dans une salle de bain pendant environ un mois et demi ». Tout un défi de logistique, d’organisation et de psychologie!

La traversée aux Iles-de-la-Madeleine a duré 22 ½ heures. Quand on est arrivés à l’Étang-du-Nord, c’était le matin. On a pris une douche puis on est allés déjeuner au Café de la Côte. Ma décision était déjà prise. J’ai dit à la gang : « Oubliez-moi pour la traversée. C’est pas pour moi! ». J’avais déjà visualisé le scénario : Durant la nuit de traversée, plutôt calme pour mes coéquipiers, mais infernale pour moi, j’avais pris conscience que j’étais un danger « public » pour eux et que ce n’était pas une bonne idée de poursuivre mon projet. Mon Capitaine et les autres le savaient déjà avant que je leur aie divulgué ma décision. Ça s’est arrêté là et le projet s’est continué sans moi.

L’année suivante, tout le monde est parti et je suis restée seule sur le quai à brailler ma vie et ma décision. C’est pas parce qu’on décide quelque chose qu’on le digère automatiquement. Comme disait un de mes anciens profs d’université : « C’est pas parce qu’on comprend, qu’on prend! ».

Donc, durant toutes les années qui ont suivies, je me suis appliquée à digérer ma décision, à faire en sorte que je ne me sente plus coupable de ne pas avoir fait partie de l’aventure. Objectif de vie comme on dit, mais il restait toujours un fond de culpabilité de ne pas avoir essayé cette affaire-là. En fait, c’est faux ce que je viens de dire. J’ai essayé bien des choses dont l’hypnothérapie pour savoir pourquoi j’avais peur des eaux profondes, moi qui sais nager mais qui n’arrive pas à nager sur place dans les eaux profondes. Essais infructueux. J’en étais rendue à presque jeter la serviette et me dire qu’il n’est pas nécessaire de gagner tous les combats qu’on se donne comme objectifs dans la vie, et que c’est pas grave!

Mais cette décennie n’a pas été stérile. Elle m’a permis de me concentrer sur mes passions et de développer certains projets qui me tenaient à cœur dont le fait de devenir co-propriétaire d’une galerie d’art. Cela m’a permis d’acquérir certaines compétences qui m’ont rassurée sur ma résilience à surmonter certaines difficultés dans ma vie. Et comme je dis toujours : « Avec le don vient le devoir ».

Cela m’a permis aussi de me brancher sur mes compétences initiales de conseillère d’orientation où je recevais des clients qui n’avaient même pas un secondaire I et qui me disaient que leur objectif était d’avoir un salaire à 6 chiffres! Qu’est-ce que je pouvais leur dire dans ce moment-là : « Ouin… oublie-ça » ou « Ok, qu’est-ce qu’on peut faire pour que tu te rapproches, d’une façon réaliste et réalisable, de ton rêve? ». Non seulement il me fallait utiliser mes compétences pour les autres, mais pour moi-même!

L’année en cours en a été une décisive où j’ai réalisé que je n’avais probablement plus 20 ans coulés dans le béton devant moi. Il n’y a pas urgence en la demeure mais quand même… Cette petite crotte sur le cœur de n’avoir pas fait la traversée demeure. Rien pour m’empêcher de dormir mais quand même! À mes derniers instants, je ne veux pas être obsédée par l’idée que j’ai dit non à quelque chose qui aurait pu faire la différence.

J’ai donc décidé qu’en 2020, j’allais accompagner mon Capitaine dans une de ses traversées, que j’allais être là du début à la fin, même si cela vaut quelques discussions corsées en cours de route (connaissant le caractère du Capitaine…). Non, je ne serai jamais une moussaillonne exemplaire, mais je veux essayer, douze ans plus tard. Rien n’est jamais trop tard…

Il y a la préparation d’ici mai 2020 (qui est déjà commencée). Il y aura des centaines de discussions. Il y aura le départ et l’arrivée. Il y aura le périple jonché d’anecdotes. Il y aura le retour, et si tout se déroule bien, une conférence qui suivra en 2020 ou 2021. Il y aura des milliers de petits détails dont je vous ferai part et d’autres que je garderai pour moi. Il y aura une aventure hors du commun… le récit d’une vie ordinaire avec un homme extraordinaire! À suivre…

Mado

Femme de marin 2019-09: Mon Weirdo…

Je n’attends pas un héros. Je me suis sauvée moi-même il y a longtemps. Je n’ai pas besoin que quelqu’un me complète. Je suis entière, même seule. Je veux juste un weirdo avec qui vivre des aventures. Quelqu’un qui danse avec moi, m’embrasse quand je m’y en attends le moins et me fait rire. C’est tout.
Brooke Hampton

Mon Weirdo c’est mon Capitaine avec qui je prépare une belle aventure pour l’été prochain et de nombreux chantiers en perspective d’ici là.

Ma vie est faite de tournants, de portes tournantes sans me demander ce que je serais devenue si j’avais pris telle porte plutôt qu’une autre (pour être honnête, ça m’est arrivé quelques fois de me poser la question mais je ne m’y suis pas trop attardée car la réalité me rattrapait toujours). Bien que ce soit difficile, j’essaie maintenant de me centrer sur l’avenir et non sur le passé, parce que, vous le savez bien, on ne peut rien changer de ce qui a été, mais on a du pouvoir sur ce qui sera..

Bizarrement, lorsqu’on décide de lâcher prise, des propositions se présentent. Alors qu’autrefois, je m’investissais entièrement dans tel projet en me sentant obligée d’en délaisser d’autres, j’entrevois maintenant plein de possibilités qui pourraient s’amalgamer. C’est ainsi que notre projet de faire les canaux l’été prochain de Marseille à Amsterdam pourrait faire en sorte de faire naître d’autres projets futurs: une conférence post-voyage, un livre qui regrouperait mes chroniques de Femme de Marin cumulées depuis plus de 10 ans, une exposition de mes toiles inspirée de photos de maisons prises au cours de mes voyages, la possibilité de devenir rédactrice d’un magazine nautique (je dors encore là-dessus sur cette récente proposition)….

Mais d’ici là, un gros chantier nous attend présentement, soit le revêtement extérieur de la maison. Ça a l’air de rien dit de même, mais quand on possède une maison qui a au moins 70 ans d’âge, qui a été rafistolée autrefois par quelqu’un qui botchait sans trop se préoccuper du futur, que vous enlevez des couches et des couches de revêtements qui n’en finissent plus, vous avez tendance à vous décourager par moments. C’est là que la patience et l’écoute de l’autre entrent en jeu. Je dis toujours qu’on pellettera quand il y aura de la neige, mais là il « neige » et on doit faire avec le plus de patience et de positivisme possible.

Mille projets dont je n’aurais jamais cru la réalisation possible dans cette vie se pointent et me font du gringue! Quand j’ai connu le Capitaine, je me rappelle d’une phrase qu’il m’avait dite: Avec moi, tu vas voir que c’est pas les projets qui manquent, mais plutôt le temps et l’argent!.

La vie lui a donné raison. Bientôt 16 ans qu’on fait vie commune, nous avons toujours eu des projets communs alliés à des projets personnels. Je continue dans le même sens mais j’ai envie de faire prospérer les projets communs, de faire fleurir ce qui nous lie en terme de complicité, ce qui a toujours fait notre force malgré les aléas de la vie.

Quelque chose en moi me dit que j’ai fait les bons choix malgré les incertitudes à venir. Gratitude: merci la vie!

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FEMME DE MARIN 2019-08 : Tout un Capitaine, ce Serge!

Ce matin, en mettant à jour notre site, je me suis amusée à compiler quelques statistiques depuis que Serge a traversé l’Atlantique en 2008 :

ANNÉES JOURS
NAVIGATION
HEURES
NAVIGATION
PORTS MILLES
MARINS
2008 31 714 7 1570
2009 52 187 21 653
2010 123 318 54 1905
2011 99 239 40 1147
2012 92 292 61 1432
2013 103 318 59 1441
2014 72 264 58 1188
2015 135 390 51 2083
2016 121 381 54 2421
2017 143 494 32 4467
2018 141 327 48 3487
2019 93 384 50 1991
       
TOTAL 1205 4308 535 23785

Il faut ajouter que sur les 4,308 heures de navigation, 906 ont été faites de nuit. Serge a visité 23 pays et 128 îles.

Serge a présentement fait 23,785 milles marins depuis 2008. Si on convertit ces milles marins en kilomètres (23,785 x 1,852), on arrive à 44,050 km. Si on estime présentement que la circonférence de la terre est d’environ 40,074 kilomètres (mesurée à l’équateur), Serge a depuis longtemps fait le tour de la terre en terme d’équivalences kilométriques. Ici ne sont pas calculées toutes les heures de navigation qu’il a faites avant 2008 et lorsqu’il était dans la marine.

À noter : 1,205 jours de navigation, c’est l’équivalent de 3 ans et 3 mois parti en mer. Petit fait cocasse : si nous avions vécu au XVe siècle et que Serge avait été un grand explorateur et qu’il était parti en mer alors que j’aurais été enceinte, son enfant aurait eu 3 ans à son retour (en admettant qu’il soit revenu), et je me serais depuis longtemps rongé les doigts jusqu’aux coudes faute d’avoir de ses nouvelles!

Donc, apprécions notre époque et les bons côtés d’Internet! Et que continue encore à voguer le navire.

Femme de marin 2019-07: Bon retour, Capitaine… bienvenue aux projets communs!

Eh oui, le Capitaine arrive samedi le 10 août. Trois mois sans s’être vus! Je ne suis pas du genre à m’ennuyer toute seule mais sa présence me manque!  Le retour va être émouvant et intense!

L’année devrait être exceptionnelle puisqu’elle sera consacrée à des projets communs entre le Capitaine et moi : rénovation du revêtement extérieur de la maison et préparation de notre périple pour l’an prochain : faire les canaux en bateau de Marseille à Amsterdam. Si la santé nous prête vie et que celle de ma mère se maintient (elle aura quand même 89 ans en septembre), nous devrions enfin réaliser un projet de navigation ensemble! J’ai aussi d’autres projets personnels, ne soyez pas inquiets!

Je suis excitée comme une puce! La retraite est tout sauf ennuyante. Après avoir réalisé le rêve d’être co-propriétaire d’une galerie d’art, je me tourne vers d’autres horizons et la vie est bonne et belle!

Bienvenue chez toi, Capitaine, et, après 16 ans de vie à tes côtés, que la fête continue!