Femme de marin 2018-13: Petite nostalgie…

 

Aujourd’hui, j’ai entendu ta voix.
C’était comme un cadeau qu’on n’attend pas.
Tu semblais fatigué mais faut dire que, présentement,
7 heures nous sépare dans le temps.

J’aurais aimé pouvoir sauter dans un avion et aller te surprendre,
me blottir dans tes bras et dormir en confiance.
Depuis toutes ces années qu’on vit ensemble,
C’est le plus long moment sans se voir, il me faut être patiente.

Nous cultivons, chacun de notre côté,
Des passions différentes mais pas opposées.
Toi, la mer qui te transporte au large,
Moi la peinture qui m’apaise et me rend sage.

Hier soir, je suis tombée sur une rare photo de toi,
Du temps que tu étais dans la marine, fier et droit.
C’était au temps où je ne te connaissais pas encore,
Mais crois-moi si ça avait été le cas, j’aurais sauté par-dessus bord.

Pour te suivre, peu importe le lieu et l’heure,
Je te porte, comme un sceau sur mon cœur.
Ne t’inquiète pas, je ne suis pas en perdition,
Mon cœur t’appartient, il n’a qu’une seule maison.

On a beau vieillir et s’affadir,
Le cœur, lui, a toujours le même désir.
Le feu brûle, aussi constant sous les braises,
Et mon amour pour toi n’a point de cesse.

Lorsque tu ne seras plus, si la vie t’arrache à moi,
Je me rappellerai tous ces beaux moments avec émoi.
Oh Capitaine, mon Capitaine,
La vie avec toi n’aura pas été vaine.

Tous ces malheurs passés et ces peines immondes,
Ont tracé le chemin pour que je te rencontre.
Tu auras beau être à dix mille lieues de moi,
Sache que je t’aime et que dans mon cœur, tu es Roi.

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Chronique du Capitaine 2018-08 : Gokceada, Çanakkale & Dardanelles

Après une attente pour une bonne fenêtre météo, bonne fenêtre météo il faut dire vite, disons une météo où le Meltem (vent du Nord-Est qui souffle sur la mer Égée) ne souffle pas trop fort pour pouvoir me rendre dans les Dardanelles jusqu’à Çanakkale qui est mon port d’entrée pour la Turquie. Mais à 79 milles nautiques, j’ai une option pour me reposer. C’est l’île de Gokceada, mais pas le meilleur des abris et je ne pourrais pas aller à terre non plus vu que mes formalités ne seront pas faites. Donc après 53 milles et un petit détour, je m’arrête à Aliki Tuzla Bu au Sud et à l’est de Gokceada, une bonne nuit de sommeil et je repars à 6 heures le lendemain matin direction Çanakkale cette fois. Les Dardanelles ne sont pas à prendre à la légère : des courants variant de 1 à 4 nœuds quand le Meltem ne souffle pas trop fort, sinon la force des courants augmente. Il ne faut pas oublier le trafic maritime non plus. Et ici pas de voile; tout doit se faire au moteur, question sécurité.

La marina de Çanakkale est petite mais efficace. En moins de rien je suis accosté, mais les papiers c’est autre chose : il m’en coutera 300 euros pour faire tous les papiers, mais en fin de journée le passeport est étampé, j’ai mon transit log et je peux maintenant me promener librement en Turquie, aller acheter ma carte Sim pour le téléphone, un billet pour le tour de Gallipoli la journée suivante, Troie et Bergame.

Gallipoli (Bataille des Dardanelles) : la bataille a eu lieu de mars 1915 à janvier 1916 et se passait entre Les Ottomans (pré Turquie) qui avait pris position du côté des Allemands et les Alliés (Angleterre, France, Terre-Neuve, Inde, Australie et Nouvelle-Zélande). Des milliers et des milliers de morts plus tard, les alliés, ne pouvant avancer, durent rebrousser chemin.

Cette histoire est encore enseignée en Nouvelle-Zélande et en Australie et il a même un jour férié en Australie. Deux Généraux à se rappeler« : Winston Churchill qui y perdit des plumes et Mustafa Kemal Atatürk qui devint en 1923 fondateur et premier président de la Turquie moderne.

Visite instructive et beaucoup appréciée

Prochaine étape :  Troie et Bergame

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Chronique du Capitaine 2018-07: Límnos

Límnos, quelle jolie île! Port d’entrée ou de sortie, c’est selon. Pour ma part, ce sera un port de sortie car ma prochaine partie du voyage sera en Turquie. Il faut savoir que lorsque nous voyageons en bateau il y a des ports spécifiques pour entrer ou sortir d’un pays. Ici c’est vraiment plaisant de voir tous ces voiliers battant différents pavillons. Turquie (2), français (3), Allemand (2), Suisse (Français à bord), Anglais (2), Américains (Turcs à bord), Afrique du Sud (1), Néo-Zélandais (1), Italien (2), Grec (3 + Suisse à bord) et moi Canada.

La ville Myrina est surplombée d’une ancienne forteresse que j’ai visitée une journée nuageuse et bien content de ne pas avoir eu le soleil directement sur moi. On peut rencontrer des chèvres et même des chevreuils que j’ai réussi à prendre en photo. Je dois admettre mon scepticisme pour les chevreuils avant d’en avoir vu un de mes propres yeux, mais c’est bien vrai. Myrina est une jolie petite ville bien propre et les gens accueillants.

Une journée a été réservée pour la location d’une auto pour faire le tour de l’île. Que de belles surprises. Oui, il y a de la roche, un peu de montagnes, mais surtout des champs et beaucoup de cultures, ce qui surpasse et de beaucoup tout ce que j’ai vu sur les autres îles grecques. Des céréales de toutes sortes, de la vigne à profusion et leur vin est un des bons vins grecs et à 11 euros le vinier on n’a pas à se plaindre. Je viens même d’en acheter 2, car demain je quitte la Grèce pour la Turquie et la mer Noire. Que dire aussi de leur architecture : ces maisons de pierres taillées sont splendides. Plusieurs sont abandonnées comme un peu partout en Grèce, mais beaucoup ont été rénovées pour devenir de splendides demeures.

Un petit mot sur les Grecs, quel pays avec une histoire si riche. J’ai beau lire encore et encore sur la Grèce, j’ai l’impression d’en connaître encore moins. Les sites archéologiques trouvent des traces d’humains remontant à plus de 10,000 ans et les Grecs y ont participé amplement. C’est triste de voir aujourd’hui la Grèce ayant tant de difficulté à s’en sortir. Je leur souhaite de nous émerveiller encore comme ils ont su le faire avec leurs philosophes, leurs écritures, leurs navigateurs, leurs constructions, leurs organisations politiques.

Prochaine étape la Turquie

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Femme de marin 2018-12: Exposition LystArt

Grosse journée de préparation pour l’événement LystArt qui s’en vient début juillet à Lyster. J’ai enfin décidé quelles toiles j’allais présenter. Je vous laisse les découvrir. Une grande partie d’entre elles vont être en exposition à la galerie l’ARTiste à partir de la semaine prochaine et sont disponibles dès maintenant si vous êtes intéressés. Des toiles de Sylvie Santerre y seront aussi.

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Chronique du Capitaine 2018-06 Thassos & Samothrace

Le tour de la péninsule du Mont Athos terminé, je jette l’ancre à Ormos Plati, une jolie baie sauvage où je verrai quelques bateaux de pêcheurs y passer quelques moments pour ensuite me laisser seul pour une nuit de sommeil paisible et bien abrité.

Le matin après un copieux déjeuner, départ direction l’île de Thassos, 30 milles nautiques plus à l’est, port de Limerai que j’avais visité l’an dernier avec la construction d’une marina en progrès. J’ai bien hâte de voir s’il y a du progrès de ce côté, sinon mis à part que c’est un endroit pour me reposer. Il n’y a pas grand-chose qui m’attire. Et non pas de progrès pour la marina, c’est vrai que c’est payé en grande partie par l’Union Européenne.

Samothrace (Somotraki), par contre, je n’ai pas encore vu et j’ai bien hâte d’y atterrir pour un autre 44 milles nautiques. Cette île est réputée pour avoir été le sanctuaire des Grands Dieux avec la Mère Terre comme Déesse principale.  Elle est située dans la partie nord-est de la mer Égée (mer de Thrace). C’est sur cette île que Phillipe II, roi de la Macédoine, rencontra Olympias qui devint la mère d’Alexandre le Grand. C’est sur le mont Fengari que Poséidon s’était assis pour regarder la bataille de Troie selon Homère. L’île est un endroit pour les amoureux de la nature et de la marche. Plusieurs sentiers sillonnent l’île, seules les plages de galets entourent l’île, pas de sable ici.

Prochaine étape l’île de Límnos

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Chronique du Capitaine 2018-05 Mont Athos

Mont Athos, quelle histoire que cette péninsule inhospitalière. Fondé au 7ième siècle par Pierre d’Athos, entre le dixième et douzième siècle il y eu jusqu’à 20,000 moines y travaillant. Protégé par les Byzantins qui y décrétèrent entre 1042 et 1054 que les femmes ne seraient pas permises,  situation qui perdure encore aujourd’hui. De nos jours, les moines sont environ 1,500, ils fonctionnent selon le calendrier Byzantin. Des 20 monastères 17 sont grecs, 1 Russe, 1 Bulgare et le dernier Serbe. Tout autour du Mont Athos il y a les Skites où vivent les moines, certaines de ces places n’étant uniquement accessibles que par des cordages, tout comme pour les ermites qui y vivent.

Malgré les pillages successifs au cours des siècles que ce soit les pirates, les Catalans, les Croisés (1204) les Ottomans (1821-1829), sans oublier que les Ottomans brulèrent leurs bibliothèques. La communauté orthodoxe semble en bon état et est protégée par la constitution grecque. Les moines étrangers doivent adopter la nationalité grecque.

Pour en savoir plus, je vous invite à lire sur le mont Athos. Pour ma part je suis bien content d’avoir pu faire le tour de cette presqu’île avec Nomade, mais soyez sans crainte, mes croyances n’ont pas changé.

Prochaine étape l’île de Thassos

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Chronique du Capitaine 2018-04 les mouillages

Veuillez excuser le retard, comme on dit c’était dû à un problème technique, mais me revoilà.

Le trajet pour Porto Koufos s’est bien passé, un peu de voile, et un peu de moteur, les vents n’étant pas très stables. J’anticipais mon arrivée, une des plus belles baies de la méditerranée, c’écrit noir sur blanc dans mon guide nautique (Imray). Peut-être une des belles baies de la Grèce et même là, pas selon mes critères à moi. Rien de vraiment spécial, mais pas laid quand même.

Après une nuit et un beau réveil au son des oiseaux, le déjeuner et je lève l’ancre pour Porto Sikias. Ren de spécial non plus si ce n’est de profiter des ancrages un peu moins occupés en ce début de saison.  Vu un petit vent du Nord je choisis de m’ancrer du côté Nord, pas de chance la houle venant du sud entre et fait rouler le bateau toute le nuit, grrr.

Après un lever un peu moins agréable, je quitte aussitôt mon café prêt. Je prends la direction vers Dhiaporos, mais décide de pousser jusqu’à Panagyias où il y a une marina et où je devrais pouvoir faire le ravitaillement. Le ravitaillement dis-je, un petit marché et pas de diesel à moins d’en acheter pour un minimum de 100 litres, ce qui est la capacité de mon réservoir. Un bon samaritain m’offre d’aller en chercher avec lui si j’ai des bidons, offre bien appréciée et ça me permettra de faire le tour de la péninsule du Mont Athos sans inquiétude plus tard.

Le lendemain départ tardif pour Ammouliani petite île, que j’avais visitée l’an dernier, avec un arrêt pour dîner et baignade sur les petites îles de Drenia avant d’aller m’amarrer au quai du village d’Ammouliani pour la nuit, bien protégé par deux bateaux.

Prochaine étape Le Mont Athos

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Femme de marin 2018-11: Inquiétez-vous pas, je vais très bien!

Extrait d’une conversation avec une artiste alors que je donne un atelier (ça dit à peu près ceci – pas du mot pour mot):

  • Ouin, faut que je te parle. J’ai lu tes derniers articles sur le blog de la Galerie l’ARTiste.
  • Ouin, quoi?
  • Ben, j’ai failli aller chez vous et te donner de l’Ativan pour te remonter le moral. T’avais l’air de pas bien aller!
  • (Face de chevreuil, comme à l’habitude) : Hein! Ben non, je vais très bien!

(En passant, je me suis fait le devoir d’aller lire mes derniers articles pour me demander ce que j’avais bien pu écrire qui fasse « freaker » certaines personnes sur mon état mental et j’ai pas trouvé). Mais sur le coup, je ne comprenais pas et je lui ai demandé des explications. Elle me répond que mes propos ont l’air déprimant. C’est qu’elle me suit religieusement (sur mon blog). C’est vrai que je narre bien des pans de ma vie qui ont été ce qu’on pourrait dire « sinueux » pour m’amener sur le chemin de l’art à accepter cette force que j’ai en moi mais que j’ai éludée pendant des années, compte tenu de mes antécédents (lire mes articles sur notre blog si vous n’avez toujours pas saisi).

Ça n’a rien d’exceptionnel. Quand j’écoute le parcours de bien des artistes, je me rends compte que beaucoup d’entre eux, surtout des femmes, ont un chemin de vie particulier, du moins pas linéaire, et j’en fais partie. On a beau se penser « exceptionnelles », à jaser avec les gens on se rend compte que les femmes ne font pas les choses de la même manière que les hommes. Loin de moi l’idée de faire une discrimination en tenant compte du sexe, mais il demeure que c’est un parcours qui diffère selon qu’on est un homme ou une femme. Je cite ici une étude importante de Spain, A. et Hamel, S. 1993) :

Les femmes pensent à leur avenir de manière globale et non sélective: ainsi, lorsqu’interrogées relativement à leur cheminement vocationnel, elles manifestent une préoccupation pour l’ensemble de la vie et non uniquement pour un choix strictement professionnel (Cook, 1991; Gallos, 1989). La représentation que les femmes se font de leur avenir inclut les contextes familial d’origine, familial actuel, scolaire et socio-économique. L’étude de besoins préalable à la conception 〚du programme Devenir〛 a mis au jour des préoccupations touchant la vie professionnelle, la vie amoureuse, la maternité et la vie sociale (loisirs et amitiés) (Spain & Hamel, 1991).
Donc, les femmes appréhendent l’avenir en tenant compte des diverses sphères d’activités de leur vie future. Je me suis toujours sentie interpellée par ces propos et je n’ai jamais cherché à faire comme « les hommes », tout simplement parce que je n’en suis pas un!
Somme toute, c’est ni mieux, ni pire; c’est juste différent. En tant que femme, je trouve intéressant de jaser avec les deux sexes. Qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme, j’aime voir ce qu’il y a de similaire et de différent, en d’autres mots, je suis plus intéressée par la démarche qu’autre chose. C’est vrai que les femmes ont un parcours différent des hommes parce qu’encore aujourd’hui, même s’il y a eu des améliorations, il demeure que les femmes se retrouvent souvent responsables de l’éducation des enfants (bon, ici j’entends mon chum qui va s’insurger contre l’idée parce qu’il s’est retrouvé responsable de l’éducation de son enfant à une époque où la majorité des hommes ne vivaient pas ce contexte; il se pense toujours dans la norme alors qu’il ne l’était pas. J’ai beau lui rappeler régulièrement, mais ça, c’est une autre histoire!). Les choses ont évolué et je salue bien bas des hommes que je connais et qui se sont impliqués activement dans l’éducation de leurs enfants. Ça a changé leur conception de la vie, mais aussi des relations hommes-femmes pour le mieux!
Cependant, il demeure que pour les femmes, j’entends bien plus des histoires qui relèvent du « syndrome de l’imposteur », comparativement aux hommes. Quand un artiste vient déposer ses œuvres à la galerie dans l’éventualité d’une exposition collective, j’entends plus de femmes se remettre en question en se comparant aux autres artistes, que d’hommes. On a encore du travail à faire pour que les artistes, amateurs ou professionnels, se donnent le droit d’exister dans leur singularité.
Autre tranche de vie : un jour, un ami artiste (homme) me dit que quelqu’un lui avait dit un jour qu’il peignait « comme un homme ». Vous vous en doutez : face de chevreuil de ma part pendant quelques secondes : « Heu… c’est quoi peindre comme un homme? ». Réponse de l’ami du genre, qui ressemble à : ben c’est une peinture énergique, d’un trait, sans hésitation, assurée ».
« Eh ben… ». Sais pas trop quoi répondre à ça! Avec du recul, me dis que je dois être un homme d’un certain point de vue. Y a-t-il une différence entre la façon de peindre quand on est un homme ou une femme? Y a-t-il des études scientifiques qui ont été faites là-dessus? Sais pas… Je ne parle pas ici des thèmes (genre « je peins des fleurs ou je peins des scènes violentes ou sanglantes »). Je parle juste du style, de l’assurance de peindre et de savoir où on va. Parce que la créativité, ça reste un mystère, quelque part. Parfois, on commence une toile. On la laisse mûrir quelque temps dans son coin. On y revient et on voit autre chose qu’on n’avait pas calculé au départ. L’art c’est souvent mystérieux. On le laisse surfer sur la vague.
Souvenir : je suis un atelier avec l’artiste-peintre Claire Desjardins. Je suis avec ma pote Sylvie Santerre. On passe une fin de semaine dans l’intimité de la création. J’observe Sylvie qui a tellement l’air de savoir où elle va. Du moins, c’est l’impression qu’elle me donne (parce que je suis toujours en train de me battre avec mon syndrome de l’imposteur – c’est mon problème, je sais!). Et moi, je sais jamais ce que je vais faire, je suis toujours dans le néant, le « no man’s land ». Claire s’approche de moi et me dit en anglais : « Tu as une façon de peindre tellement énergique, tes gestes sont assurés, tu n’hésites pas ». Devinez quoi? Face de…. Je vous le donne en mille…. Pas besoin de finir la phrase.
Je suis un peu estomaquée. Intérieurement, ma main tremble. Je me compare à tous les artistes qui sont là, dans ce groupe, qui ont l’air d’avoir 1000 ans d’expérience de plus que moi. En dedans, je sens qu’une vie n’est pas suffisante pour rattraper toutes les années perdues à m’évaporer ailleurs que dans l’art. Tout cela pour dire que j’ai terminé la fin de semaine, j’ai réussi à présenter mes productions, en anglais « slang » en plus. J’ai réussi à me faire comprendre tant dans la langue de Shakespeare que dans le contenu, même si j’en suis ressortie les dessous de bras humides!
Tout cela pour vous dire que, parfois, mes articles ont l’air d’être écrits par une fille qui déprime. Mais je fais juste essayer de me rapprocher de ce que ressentent la plupart des gens qui osent se mettre en danger avec tout ce que cela comporte. Je me rappelle encore, je ressens encore les « free games émotionnels » de l’adolescence, Je suis juste un « véhicule » pour transmettre ce que les gens ressentent quand ils peignent seuls dans leur « sous-sol » et qu’ils osent se mettre en danger. Je ressens les mêmes choses que vous : je doute, je me remets en question, j’ai envie de reculer parfois et de me terrer dans mon trou.
Pis, je me dis : « Fuck, ceux qui comprennent pas, qui mangent toute de la marde ». Parce que cette phrase, aussi dure qu’elle puisse être, est, au fond, tellement équilibrante pour l’égo!

 

Chronique du Capitaine 2018-03 : Un bon départ

Et c’est un départ, parti dimanche matin sous un beau soleil, peu de vent 5-9 nœuds et c’est parfait car j’ai besoin de me rassurer sur la santé de mon moteur qui a été réparé à la fin de l’an dernier, donc je tenais à le mettre à l’épreuve. Chose dite, chose faite et j’en sors pas mal plus en confiance. Par contre mon arrivée à Nea Moudhania sonne comme un réveil brutal. Ce fut jadis une marina qui laissé à elle-même et aux éléments est maintenant un désastre. Trois quais, avec boîtiers pour électricité et eau sur un des quais complètement détruits. Et que dire des sections de quai tenues ensemble par des bouts de cordage? Les conduits servant à acheminer l’eau et l’électricité sont complètement arrachés aux sections de quai. Je pourrais en parler longtemps mais j’arrête devant ce désastre! Quelqu’un doit payer pour ça et personne ne s’en occupe, complètement à l’abandon. Le serveur où j’ai pris un petit rouge local était bien sympathique, mais mon interaction avec les locaux fut minime, la fatigue ayant le dessus.

Après une longue et bonne nuit, excepté pour un réveil  vers minuit causé par une forte pluie, mais une fois les écoutilles fermées je retourne dans le lit jusqu’à 6 heures.

Un café, internet pour vérifier si la météo est toujours positive et c’est un autre départ pour Skioni cette fois, presqu’à la pointe sud de la première péninsule des Chalkidikis.

Après 5 heures de route vers Skioni et mon premier dauphin, j’arrive au petit port de pêche avec quelques places pour les bateaux visiteurs. Je jette l’ancre pour reculer au quai, aucun problème. J’ai même l’aide  d’un voisin de quai pour m’amarrer. Ensuite, belle surprise de l’autre côté du port soit une belle plage; je fais demi-tour, un costume de bain et la première baignade du voyage. Ensuite une promenade dans le village, ou un peu de touristes qui commencent à arriver. La saison est à son début mais elle commence doucement, le village va prendre vie, on peut le ressentir.  Ce matin je vois plusieurs voiliers qui sont arrivés cette nuit. Difficile d’imaginer comment ils ont pu trouver de la place. Pour ma part je préfère voyager de nuit et arriver de jour.

Prochaine étape Porto Koufo

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Femme de marin 2018-10: L’art c’est… comme grimper l’Everest

Le 22 mai dernier, à 5h02 du matin, le beau-frère de Sylvie,Mario Cantin,  (https://www.msn.com/fr-ca/news/other/lautre-mario-tr-c3-a8s-fier-de-larriv-c3-a9e-au-sommet-de-leverest-de-son-ami/ar-AAxJixZ,) atteignait le sommet de l’Everest après 2 mois et demi d’efforts et de difficultés de toutes sortes. Un seul mot : Impressionnée, je suis!Faire un tel périple c’est avant tout se sentir entièrement responsable de tout, de la destination, des moyens pour y parvenir, du matériel, et ce qu’on peut retirer des bénéfices entièrement et totalement. Il y a ici un sentiment d’intensité (de l’effort, du défi, de l’attention portée à chaque geste, à chaque pas). À coup sûr, le chemin est long, les embûches nombreuses. C’est, somme toute, un long périple au plus profond de soi-même.

Ça remet bien des choses en perspective quand je pense à l’aventure dans laquelle on s’est engagées, Sylvie et moi, depuis quelques mois. Ça n’a rien à voir avec l’ascension de l’Everest mais il y a des leçons à en tirer. Alors que nous nous apprêtons à faire un grand saut dans la « deuxième vie » de la galerie, il m’arrive parfois d’avoir peur. Peur de ne pas arriver financièrement, d’extrapoler les revenus escomptés, la somme de travail à abattre, les embûches non prévues, et j’en passe. Mais le message de Mario donne de l’espoir : persévérance et croyance dans ce qu’on projette fait en sorte que dans le pire, on tripe pareil!

Si les choses vont telles que prévues, nous signerons bientôt un bail pour un autre local qui se veut plus grand, plus adapté aux besoins sans cesse croissants de la galerie. Eh oui, je vous annonce en primeur qu’on déménagera en 2018. On s’apprête à aborder de nouveaux défis. Et si ça marche pas, on pourra toujours revenir à notre ancien local. Une chose est sûre : peu importe ce qui arrivera, la galerie l’ARTiste subsistera.