Chronique du Capitaine 2019-19 : Baléares Majorque-Pollença

Bonjour de Baléares,

Après Soller, petite navigation jusqu’à Cala de Calobra où on met l’ancre et on en profite pour une autre baignade, l’eau toujours aux alentours de 26-27 Celsius. Ensuite direction Cala de San Vincente pour une autre baignade et cette fois on décide d’y passer la nuit, mais pas une des meilleures idées car nous allons rouler un peu trop pour toute la nuit, mais que de beaux endroits. Le lendemain direction Pollença, mais pas sans s’être arrêtés  à Cala en Gossabla pour une autre baignade.

À Pollença surprise : la réservation que j’étais tout fier d’avoir réussi à faire n’a semble-t-il pas fonctionné, mais il y a de la place pour deux jours. Marche dans le port suivie d’un souper au restaurant. Benoît nous quitte aussitôt le repas terminé, il semblerait que le roulement de la nuit précédente a eu le meilleur sur lui. Encore un peu de découvertes avant de retourner à la marina, douche et un peu d’internet au bar de la marina et ensuite dodo pour moi aussi.

Le lendemain, location d’auto pour visiter la partie Nord et Est de l’île. Les routes toujours aussi plaisantes à conduire, surtout en montagnes ou Benoît est tout heureux de rencontrer des cyclistes et je ne manque pas ma chance de lui tirer la pipe. Mais la vue des montagnes est tout simplement splendide. Ensuite un arrêt pour manger à Sineu au centre de Majorque, puis départ pour Porto Cristo pour y visiter une cave avec ses stalactites et stalagmites, suivi d’un court arrêt à Alcudia avant de retourner l’auto.

Départ tôt pour Minorque qui se trouve à 35 milles de nous, mais en fait nous en ferons 40 pour essayer de se positionner favorablement pour le vent qui est annoncé en milieu d’après-midi. Le tout s’est bien déroulé et nous voici à Ciudadela sur l’île de Minorque.

Bonne journée

Serge

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Chronique du Capitaine 2019-18 : Baléares Majorque-Soller-Ibiza

Bonjour des Baléares,

Après une traversée avec un peu de vent 7 heures plus tard nous sommes à San Telmo, petit mouillage bien protégé de tous les vents excepté du Sud, devinez quoi? Le vent du Sud s’est levé et a soufflé toute la nuit et mes amis Benoît et Marc en ont souffert, sans oublier la senteur de diesel omniprésente donc Marc a pu déceler la source le lendemain et la réparer. Donc le lendemain matin, direction Soller : joli endroit à mi-chemin entre le sud et le nord de l’île, c’est de cet endroit que j’espérais visiter Palma la ville et l’île elle-même. Première difficulté : faire une réservation en ligne, car ils n’acceptent pas les réservations par téléphone et je ne réussis pas à enregistrer Nomade. Je les appelle sur la radio et on me répond de rappeler à 18 heures pour voir s’il y a de la place, on s’ancre dans la baie en attendant.

Un Suisse quitte son catamaran aussi à l’ancre et passe derrière nous en ramant. Il offre de m’amener à terre et de me ramener, offre que j’accepte avec plaisir. Une fois à terre je réussis à rejoindre la capitainerie et après explication ils acceptent de m’aider à enregistrer Nomade, mais ne peuvent pas me donner de réservation. Ça ne fait rien, le bateau est enregistré, une étape de faite. Plus tard on réussit à avoir une place pour deux nuits on en veut trois, on verra plus tard. Pour le moment baignade, douche, bière, internet et repas, suivi d’une petite marche et retour au bateau pour une meilleure nuit de sommeil malgré la chaleur, car on ne réussit pas à se connecter pour faire fonctionner le grand ventilateur sur le 220 volts.

Petite anecdote : en naviguant entre San Telmo et Soller nous avons un spectacle inusité à la péninsule de la Foradada : trois bateaux à l’ancre de grosseurs différentes, en regardant sur mon AIS je vois le M.Y. Titian Pearl 30 mètres disons que c’est quelque chose que beaucoup de gens iraient voir au Québec. Le deuxième La Sultana 64 mètres ouf… c’est du bateau! Et le troisième le Rising Sun 139 mètres. Le 30 mètres semble minuscule et perdu, imaginez mon 9 mètres à côté, complètement surréaliste!

Journée de visite pour Palma. Nous prenons le train entre le port de Soller et la ville de Soller, pour ensuite prendre un autre train de Soller et Palma. Trajet touristique plaisant et nous voici en pleine chaleur à Ibiza juste à côté de la gare d’autobus pour le retour et à la limite de la vieille ville pour nous touristes. Très jolie vieille ville avec ses rues piétonnières, ses boutiques, restaurants, beaucoup de gens mais pas trop. Après s’être rendus dans le port on remonte la vieille ville par d’autres chemins pour en apprécier encore plus l’ensemble.

De retour au bateau on se fera avec des vents tournoyants et assez forts toute la nuit. Le lendemain matin Benoît réussit à nous réserver un troisième jour à quai et on loue une voiture pour visiter le sud de l’île. Validemossa, Banyalbufar, Estellencs, Andratx, Cala Santanyi, Cala Figuera, Santanyi, Campos Porreres, Montuiri, Algaida, Bunyola auront été sur notre trajet. Que de beaux paysages, le sud et l’ouest en montagnes, l’est plus en plaines.

Bonne journée

Serge

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Chronique du Capitaine 2019-17 : Baléares-Formentera-Espalmador-Ibiza

Bonjour des Baléares,

Après une traversée avec un tout petit peu de vent, 4heures 25 minutes de voile pour 52 heures 35 minutes de moteur, on ne peut pas dire qu’Éole nous a choyés. Mais quand même une bonne traversée sans problème. Premier arrêt à Cala Sahona une baie qui nous donne la mesure de la population de plaisance de l’endroit. Des bateaux partout, mais cela on s’en doutait si ce n’est des avertissements des gens qui disaient : « Vous allez aux Baléares en juillet c’est plein de monde ». Ils avaient raison, en remontant la côte ouest de Formentera avant notre arrêt on pouvait voir des bateaux arrêtés tout le long du littoral. Mais nous sommes quand même surpris en voyant le nombre de bateaux à l’ancre dans cette baie. Mais on était dû pour la baignade et le savon, quel plaisir après 3 jours en mer et dans une eau à 26 centigrades.

On lève l’ancre, direction Espalmador où les moorings sont déjà tous réservés, donc on revient un peu sur nos pas et nous jetons l’ancre pour la nuit. Petite nuit tranquille malgré un fin de journée plutôt achalandée où les bateaux arrivent et repartent, ensuite le vent nous bercera et nous tiendra au frais pour la nuit, quel bonheur.

Lendemain matin direction Puerto de Santa Eulalia del Rio qui se trouve à 16 milles au nord sur l’île d’Ibiza, selon mon guide nautique de IMRAY dernière édition. Les marinas s’occuperont des papiers d’entrée. ERREUR! Après avoir fait toute la paperasse de la marina, payé et être en train de reculer au quai qui m’a été assigné, le marinero me dit d’appeler la marina immédiatement et d’arrêter les manœuvres et oui à quelques mètres du quai. Je ne comprends pas, on me dit de retourner au quai de service immédiatement, donc j’obtempère. De retour à la capitainerie, on m’explique que la police m’ordonne d’aller à Ibiza, de prendre place à une des marinas et de les contacter pour qu’ils viennent faire les papiers d’entrée. Donc direction Ibiza que j’avais voulu éviter dû aux coûts exorbitants annoncés dans mon guide IMRAY entre 200 et 236 euros la nuit, mais arrivant d’un pays qui ne fait pas partie du Schengen je n’ai pas le choix. Mais je ne suis pas à court de surprises! Les deux premières marinas n’ont pas de place disponible, mais je trouve enfin une place à Botafoch marina pour 350 euros plus l’eau et l’électricité. Oui vous avez bien lu. Vous comprendrez que nous y demeurerons qu’une seule nuit. Imaginez le scénario suivant : je vais à la marina pour faire le paiement final, la facture totale s’élève à 211,76 Euros. Je suis content de payer 211,76 Euros pour un bateau de 9 mètres, complètement débile. Eh oui, l’employé avait fait une erreur au moins il l’a corrigée car la journée précédente il me disait que je n’avais pas le choix et que je devais payer les 350 Euros, ah ah.

En soirée petite sortie dans la vieille ville qui me fait penser à Saint-Tropez un peu, avec ses petites rues, bars et restaurants sur le port, un Méga-Yacht (Lady Moura) et plusieurs autres de plus de 60 mètres. Les rues sont pleines, je reconnais l’Espagne. Une belle soirée, mais de retour au bateau la brise n’est plus au rendez-vous par contre mais avec les ventilateurs le sommeil se fait bien.

Lendemain matin direction le Nord de l’île avant de me diriger vers l’île de Dragonnera au Sud-Ouest de Majorque le lendemain. Le plan initial était Cabrera mais la personne venue faire nos papiers d’entrée, nous a dit que Cabrera était fermé au public et après avoir essayé d’accéder au site en ligne pour faire ma réservation le site ne fonctionnait plus. Donc on oublie Cabrera, ainsi qu’une visite plus approfondie de l’île d’Ibiza avec les prix exorbitants de leur marina, même Sata Eulalia est plus de 100 Euros par jour.

Après une nuit à l’ancrage de Puerto Caletas, une baie entourée de montagnes de pierre avec peu de végétation sur les rebords, mais des maisons toutes situées trop près des falaises selon moi et pas de plage. Avec une nuit plutôt calme mais ponctuée de vents catabatiques, nous nous apprêtons à quitter pour Majorque environ 45 milles d’ici.

Retour en arrière. Je ne crois pas vous avoir parlé de Georges? Georges de Port Kalamos, Georges le marinero qui dirige, accueille au moins une vingtaine de bateaux de plaisance par jour, jour après jour du moins durant la période estivale. Il le fait d’une main de maître, avec gentillesse, efficacité et toujours le sourire, en plus gratuitement. Ok il a un restaurant, où le wifi est gratuit, où pour un faible coût on peut prendre nos douches, faire laver notre linge et en plus le service au restaurant est impeccable. Pourquoi est-ce que je vous parle de Georges? Je ne pouvais m’empêcher de comparer la gentillesse et surtout l’efficacité de Georges avec les Algériens, les premiers au port de pêche, plus bêtes que ça je croyais qu’il ne s’en faisait plus et au port commercial une dizaine pour nous aider à amarrer, ok je fais erreur, à nous regarder nous amarrer. Ensuite pour le déplacement au quai à carburant encore plus de monde et si ce n’était des gens sur les bateaux de pêche sur nos deux côtés, on peut parler de spectateurs, ça se passe de commentaires.

Là-dessus, bonne journée à tous.

Serge

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Chronique du Capitaine 2019-16 : Tunisie-Algérie

Bonjour des Baléares,

Comment écrire cette chronique? Mes équipiers Benoît et Marc, découvrent la Tunisie et le vivent très différemment que moi. Donc même si mes textes ne représentent que mes opinions, je tenais à le préciser encore plus clairement.

La Tunisie est un beau pays avec la mer au Nord et à l’Est, le désert au Sud et les montagnes à l’Ouest et comme voisin l’Algérie avec un potentiel énorme. La Tunisie qui a eu la malchance de vivre sous une dictature pendant trop longtemps, a dû vivre  le ‘Printemps Arabe’ vous vous souvenez? Ce soulèvement populaire a fait  suite à ce pauvre Tunisien qui se faisait harceler par la police parce qu’il essayait de faire vivre sa famille dans la rue. Il  avait fini par s’immoler n’en pouvant plus. Le président Tunisien dont j’oublie le nom avait dû fuir en Égypte, ensuite en Arabie Saoudite. À ce moment, tous les espoirs étaient permis. Les touristes venaient déjà pour leurs plages. En plus de l’arabe, le français était courant et beaucoup de Tunisiens parlaient l’anglais, l’éducation était de bonne qualité, des élections libres se préparaient et la religion s’en ait mêlée et certains fanatiques en ont profité pour faire quelques attentats, dont celui sur la plage de Sousse où une personne seule armée d’un AK47 de mémoire est arrivée sur la plage et avait tué je ne me rappelle plus combien de touristes. Vous imaginez la suite : les touristes ont fui le pays, le chômage a augmenté et le pays peine à s’en sortir et aussitôt que les choses semblent vouloir s’améliorer, un autre attentat, pas aussi dévastateur mais qui fait quand même les manchettes, dit aux touristes quelque chose comme : « on ne veut pas de vous ici ».

Je ne sais pas si je me trompe ou pas mais j’ai eu la nette impression que moins de jeunes comprenaient le français. Dans la presse locale lors de notre arrivée, on pouvait lire que certains trains ne roulaient plus faute de carburant. Pour un pays à côté de l’Algérie et la Lybie, qui sont de gros producteurs de pétrole, c’est spécial!  La Lybie vit ces problèmes mais quand même. Le lendemain, deux attentats à Tunis où des policiers sont visés par des kamikazes, le président est ensuite annoncé mort puis c’est démenti en disant qu’il était tout simplement entré à l’hôpital. À Bizerte où nous étions, il était supposé avoir un festival de musique. Ils avaient même commencé à monter le « stage » puis tout a été arrêté et éventuellement démonté. Une manifestation dans le souk s’est terminée par la police arrêtant des manifestants et où même Benoît qui était sur place,  avait eu le malheur de prendre des photos. Il s’est vue questionné, obligé de s’identifier et d’effacer les photos qu’ils avaient pris, un policier vérifiant même sur sa caméra que le tout avait bien été effacé. Une attaque à un poste de communication a aussi été repoussée par les militaires.

La police est omniprésente et parfois peu respectueuse des gens et cela n’aide certainement pas le climat dans son ensemble. En mer, nous nous sommes faits demander de nous identifier par trois fois. En arrivant à Bizerte, trois corps d’officiels sont venus me poser des questions, prendre nos papiers, ont fait des photocopies et nous les a ramenés avant de pouvoir aller faire les formalités à la marina qui n’est pas du tout à la hauteur des attentes créées en regardant son site internet. Tous les crochets dans les toilettes/douches sont brisés et leur réaction lorsque je les ai rapportés a été un haussement d’épaule en voulant dire : « eh oui, c’est ainsi »!  L’accès à internet est hors de ce monde, cher et de très courte durée à la fois. Comparativement, Tabarka d’où nous avons quitté la Tunisie, est un petit port de pêche et bien plus sympathique malgré un manque de services.

À Tabarka, port de pêche près de la frontière algérienne, on nous trouve une place à l’épaule d’un voilier en acier qui nous permet de partager leur eau et électricité. Tabarka, petite ville qui semble bien plaisante si ce n’est ses fonctionnaires, eh oui les douaniers, il demeure que la police des frontières, la garde nationale, m’ont fait chier royalement. Cinq heures de paperasses, d’attentes, d’arguments, en  partie dû à un supposé règlement où ils ne peuvent nous donner de diesel dans des bidons. Nous avions 374 milles nautiques à faire et une météo qui annonçait encore peu de vents et moi, je voulais mettre toutes les chances de mon bord. Rien à faire, j’ai même eu l’argument d’un brillant policier des frontières que si le réservoir du bateau ne contenait que 100 litres, c’est que le bateau ne peut pas en avoir plus…

En fin de compte, je me suis exaspéré et me suis dit : « Qu’ils aillent au diable, ils méritent le pays qu’ils ont! ». Mais là on continuait à me poser des questions jusqu’à ce que je leur dise : « Je ne réponds plus à vos questions, je veux les passeports et je quitte! ». Mais non, ils continuaient à me parler, me questionner jusqu’à ce que je leur dise : « Je veux appeler mon ambassade, car vous ne voulez pas me donner nos passeports! », Et là on me les donne finalement, mais sans diesel.

Nous quittons direction Algérie, même si nous n’avons pas de visas, on verra bien comment ça se passe. Dix-sept milles plus loin, on entre dans le port de pêche d’El Kala. Nous sommes reçus par différents hommes en uniforme dont un militaire en uniforme. Une fois amarrés, on nous dit que nous devons aller au port commercial, même pas le droit d’aller à terre excepté pour Benoît qui se fait dire de revenir au bateau immédiatement.

On lâche les amarres direction port commercial. Encore plus d’officiels pour un total d’environ une vingtaine en tout mais près de dix sur place à un moment donné. Beaucoup de paperasses, mais d’une grande gentillesse. Maintenant nous voilà rendus à notre raison d’être ici : le diesel. Pas de problème, nous dit-on. Deux policiers vont à la banque changer 20 euros en dinars algériens pour 90 litres de diesel. Oui, vous avez bien lu! Mais là nous devons nous déplacer et une certaine difficulté se manifeste. Ah non,  pas possible me dis-je, mais finalement le tout se place et nous recevons environ 85 litres, le reste semble pour eux.

Nous aurions aimé demeurer sur place une heure de plus pour manger avant de reprendre la mer, mais ça semblait trop compliqué. Nous voilà au large avec une bonne houle pour la première heure, ensuite nous voilà partis pour ce qui sera 60 heures de navigation.

Serge d’Espalmador aux Baléares

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Chronique du Capitaine 2019-15 : Pantelleria

Bonjour de Pantelleria,

Et voici Pantelleria, troisième île Italienne habitée au Sud de la Sicile que je visite. Elle se situe à mi-chemin avec la Tunisie, mais quand même plus au Nord que les deux autres, Lampedusa et Linosa que j’avais visitées en 2012. Celle-ci m’avait été recommandée par M. Pennimpede. Nick, tu peux dire à ton père que c’était une très bonne recommandation.

Il y a deux ports à Pantelleria, le vieux et le nouveau. Si jamais vous venez en bateau, prenez le vieux pour sa proximité avec la ville et sa propreté. Même si 60 euros c’est cher pour une nuit, ça en vaut l’arrêt. Pantelleria a maintenant une population de 7,000 personnes pour 40,000 à la fin de la dernière guerre.

Un peu rouleur avec une houle du Nord-Ouest, mais quand même très bien. Deuxième journée, location d’une auto pour faire le tour de l’île. Je m’étais fait dire que la route ne faisait pas le tour de l’île. Erreur elle le fait et elle est à faire, je vous recommande de le faire si vous en avez la chance. Ici pas de plage mais plusieurs endroits pour descendre à l’eau et se rafraîchir dans cette mer cristalline.

J’ai eu la chance de rencontrer un Finlandais qui vit maintenant dans le sud de la France et qui navigue en Méditerranée. J’ai pu lui demander quelques conseils sur la mer Baltique et plus spécifiquement la Finlande, chose qui ne devrait pas me nuire dans mes préparations à venir.

Ensuite départ pour La Tunisie, ville de Bizerte pour être plus exact. Une autre traversée de 105 milles nautiques sans vent. Nous avons quand même reçu un Mayday, un homme serait passé par-dessus bord et demandait de garder les yeux ouverts, mais nous ne pouvions pas aider, nous étions à plus de 150 milles passés le lieu. Bonne chance à cette personne et ça nous rappelle de demeurer aux aguets tout le temps.

Serge

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Chronique du Capitaine 2019-14: Malte

Bonjour de Malte,

Et oui nous y voilà, la Grèce est finie pour moi, du moins avec Nomade, mais je doute y retourner. Comme j’ai déjà dit, manque de temps et manque d’argent…

Je prends quelques lignes pour vous donner mes impressions sur ce pays si riche en histoire, autrefois si célèbre avec ses légendes, ses Dieux, sa poésie, sa philosophie, ses jeux (olympiques), ses navigateurs et j’en passe. Pays à voir, à visiter, à étudier même. On me demande souvent où aller? Tout dépend de ce que nous cherchons, de ce que nous aimons, j’ai quand même visité 65 îles de ce pays toutes habitées mis à part deux de mémoire. La grande majorité est à voir, à terre. Plein d’endroits aussi à voir, les Météores, Athènes, Sparte, Delphes pour n’en nommer que quelques-unes. Donc ça vous tente? Allez-y.

Malte un autre bel endroit. J’y suis pour ma deuxième fois et je profite plus du temps pour faire des réparations et relaxer, mais j’aime toujours. En plus j’ai fait connaissance d’Angela, une connaissance de Benoît et avec qui nous sommes allés manger hier soir. Quelle personne merveilleuse et pleine d’énergie! Merci Angela!

Je suis retourné visiter le vieux Valetta et nous avons été manger à Il-Burgu et en avons profité pour visiter quelques méga-Yachts. Le lendemain, départ pour Blue Lagoon, plage de l’île de Comino. Plein de touristes mais je tenais à faire voir cet endroit à mes coéquipiers et nous offrir une baignade. Ensuite direction Pantelleria, qui ne fut pas de tout repos avec une vague de travers arrière qui a fait rouler le bateau toute la soirée et toute la nuit.

Serge

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Chronique du Capitaine 2019-13 : Meganisi, Skorpios, Vlikho & Lefkas

Bonjour de Malte,

Partis de Kalamos, nous avons fait un petit détour par Port Leone sur cette même île. Village abandonné après un tremblement de terre en 1953, il ne reste plus que l’église que des dames viennent de façon régulière entretenir. Ensuite après avoir contourné l’île par le sud, direction Méganisi, île avec plusieurs mouillages intéressants surtout au nord, nous choisissons Kapali pour une baignade. Ensuite direction Skorpios, l’ancienne île des Onassis qui fut vendue à Dmitri Ryboloviev pour 100,000,000 livres sterling. Cette île avait été achetée par Onassis lui-même en 1962 pour 11,000 euros. Il est triste de voir tout ce qui a été fait pour éloigner les plaisanciers de l’île.

Ensuite direction Vlikho sur l’île de Lefkada, grande baie peu profonde avec beaucoup de voiliers. Joli endroit bien protégé mais dû au nombre impressionnant de bateaux à l’ancre, je ne la recommande pas pour la baignade. Avec le voilier Impulsion à l’épaule, nous passerons la soirée à jaser de tout et de rien. Une merveilleuse soirée en très bonne compagnie.

Le lendemain matin direction Lefkas d’où nous appareillerons pour Malte dimanche, le temps de faire quelques réparations, le plein de carburant, une dernière rencontre avec Mireille qui est arrivée ce matin pour son changement d’équipage. Lefkas est la ville principale de l’île de Lefkada avec beaucoup de bateaux. On pourrait dire que c’est un point tournant pour la navigation en mer Ionienne (nom donné à la mer Méditerranée côté Ouest de la Grèce) Plusieurs bases de location soit à Lefkas même ou aux alentours, au moins 4 endroits pour hiverner à sec tout près. Et en plus la ville a un certain charme.

Seul bémol à notre violon, il n’y a pas de vent ou si peu c’est quasi irréel! J’ai beau regarder la météo dans tous les sens il n’y a pas de vent et il n’y en n’a pas plus eu pour se rendre à Malte. Un peu plus de 7 heures de très petits vents oùnous avons pu faire de la voile sur un total de 70,6 heures de navigation pour se rendre à Malte. Par contre un trafic maritime assez dense, quelques dauphins qui ont tout simplement passé, quelques tortues qui semblaient avoir peur du bateau, et des moutons morts – photos à l’appui – entre 10 et 15 selon nos estimations. Selon notre expert maritime Benoît, ils auraient probablement été jetés par-dessus bord d’un bateau transportant du bétail vivant et qui ne voulait pas arriver à destination avec des bêtes mortes. C’est notre hypothèse, nous en avons aucune preuve, mais admettons qu’il n’y a pas beaucoup d’explications logiques pour ces moutons sur notre trajet en pleine mer.

Nous demeurons ici pour les trois prochaines nuits avant de partir pour l’île Italienne de Pantelleria.

À bientôt

Serge

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Femme de marin 2019-06: Le temps est venu…

Un jour je parlerai de cet amour dont je n’ai jamais douté, pas une seconde douté, et je montrerai comme il m’a délivré de tout et de lui-même d’abord, comment depuis il m’accompagne, léger, léger, léger. (Christian Bobin)

J’ai le cœur gros. J’ai dû prendre une décision pour mon bien-être avant tout.

C’est un mélange de peine et de joie en même temps. C’est un sentiment étrange avec des free games dans les émotions. Des hauts et des bas, des moments de joie et de tristesse qui se côtoient.

Chère amie, je t’ai serrée dans mes bras pendant que tu déballais des mots au travers tes larmes. Moi, mes larmes, elles étaient intérieures. Rien ne sortait sur le coup, mais j’avais aussi le cœur fissuré en mille miettes. Notre force a toujours été de pouvoir nous asseoir en face et de se parler franchement. On s’est dit, pour la xième fois, qu’on s’aimait.

En ce moment, je suis assise devant mon écran et je braille comme un veau qui doit se séparer de sa mère. J’ai vécu 2 années formidables à tes côtés. Sylvie, tu m’as tellement appris sur moi-même et sur ma fibre artistique! Chacun de tes ateliers a été un enseignement. Tu as fait émerger de moi des choses qui dormaient profondément et pour cela, je t’en serai toujours reconnaissante!

Le hic c’est que ça ne vient pas de toi mais de moi, de l’âge que j’ai, du temps qui passe à si vive allure, de la conscience du temps qui passe. Ah… si seulement je t’avais rencontrée il y a 15 ans! On a fait un duo d’enfer quand même!

La décision s’est prise officiellement aujourd’hui. Je vais terminer l’année avec la galerie l’ARTiste à titre d’associée et, par la suite, je vais demeurer collaboratrice régulière et membre VIP.

L’amitié est peut-être cet espace qui nous permet de nous transformer sans nous brûler complètement (Jean-François Vézina).

Sylvie, tu m’as donné le plus beau cadeau qui soit : qu’il faut suivre son cœur malgré les aléas de la vie. Si parfois, il arrive des jours où tu te questionnes, repense à ça, au cadeau que tu m’as fait et qui tente maintenant de voguer sur son navire. Repense à la mission que tu t’es donnée et qui a atteint sa cible. Quant à moi, je n’ai aucune idée si la mer sera agitée par moments. J’imagine que oui, par contre, car la vie, malgré nos attentes, est tout sauf un long fleuve tranquille!

Sylvie, tu m’as donné une place auprès de ton « enfant », la galerie, mais c’est le tien et ce serait vanité de ma part de me l’approprier. Je dois maintenant réaliser mes projets, fermer la boucle sur d’anciens que j’avais abandonnés pour toutes sortes de raisons, plus ou moins bonnes. Plus le temps passe et moins il m’en reste. Je sais que tu comprends.

Mais même si je vogue auprès de mon Capitaine, même si je tente de terminer un livre et de monter une conférence sur le processus créatif, ta place ne sera jamais prise, quoi qu’il advienne! Ces 2 années passées près de toi m’ont permis de poursuivre ma route et c’est à toi que je le dois.

Tu ne m’as pas mise au monde, mais tu m’as fait grandir.

« Nous étions, toi et moi, les meilleurs amis qui aient jamais existé. » On ne saurait le dire de façon plus touchante et plus belle. (Liv Ullmann).

Sylvie, tu es une « mère veilleuse »!

Mado

Femme de marin 2019-05: Bonne fête à un père créatif!

C’était l’hiver lorsque tu es devenu père. Même si tu trouvais que tous les bébés étaient laids, tu as dû ressentir une certaine fierté la première fois que tu l’as tenu dans tes bras. Et tu es reparti voguer sur d’autres eaux parce que c’était ton métier, ta profession, ton projet de vie.

Et puis, un jour, quelques mois plus tard, tu t’es retrouvé seul avec cet enfant dont tu devais t’occuper. Tu ne t’es pas questionné longtemps, tu ne t’es pas trituré les boyaux et les méninges. Tu as pris ton fils dans tes bras en tournant la page sur une carrière navale que tu avais planifiée depuis la tendre enfance. Tu es parti te coucher, tu avais fermé le tiroir pour en ouvrir un autre, et lorsque tu t’es réveillé le lendemain matin, tu lui as souri en lui servant ses céréales. C’était aussi simple que ça, un autre chapitre de ta vie commençait.Comme je te connais, ça a dû se passer un comme ça, à peu de choses près. Tu as réinventé ta vie, tu as réécrit ta route et tu as fait preuve de créativité quotidiennement pour t’adapter à ce rôle que peu de pères occupaient à l’époque. Tu as pris tes responsabilités parce que tu l’aimais.

Un de mes anciens professeurs à l’université disait : « Ce n’est pas parce qu’on comprend, qu’on prend! ». Tu n’as pas perdu ton temps à te questionner, tu as pris le rôle qui te revenait, un point c’est tout. Tu savais déjà que lorsqu’on navigue sur une mer, on doit ouvrir les bras et accueillir toutes ses humeurs, quoi qu’il arrive, et s’adapter. Tu as toujours été un bon soldat, ça je le sais. Mais cette fois-ci, ce n’était pas tant le devoir qui t’appelait que l’amour d’un père.

Malgré tes crises épisodiques de « la-la », tu m’as appris la tempérance, la patience, l’engagement, l’action, la vie, quoi!

En cette journée de fêtes des pères, voilà que je décide que d’autres « mères » m’appellent. Il y a eu tant de mères qui m’ont entourée depuis des années : Guylaine, Christine, Claudine, Sylvie, et tous les artistes qui m’ont accompagnée et encouragée.

Mais cette journée des pères, elle t’appartient. Ta créativité est différente, tu n’as eu de cesse de recréer ta vie continuellement et ça m’a toujours inspirée. Mission accomplie, mon amour! Bonne fête des pères.

Mado

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Femme de marin 2019-04: Vous aurez beau garder l’enfant d’un autre, ça ne fera pas de vous une mère!

J’ai la mâchoire bloquée.

Je suis dans le bureau de ma formidable ostéopathe. C’est mon 3e traitement. Les choses s’améliorent mais l’affaire n’est pas encore ketchup! Lors du premier traitement, elle m’avait dit que j’étais tellement crispée dans ma tête qu’il fallait que ça descende au niveau du ventre. Elle ne savait pas ce que je vivais. Elle m’avait simplement demandé si j’étais stressée. J’ai éclaté de rire en lui disant non. C’était sarcastique. J’ai juste répondu que je devais prendre des décisions. Elle m’a dit que je n’avais qu’à les prendre lorsque je les sentirais au lieu de les raisonner.

Je suis repartie complètement démantibulée. C’est comme si un camion m’avait frappée en pleine gueule. J’ai passé la journée effoirée dans mon fauteuil, le pot d’Advil sur la table, tous les muscles et les articulations du visage en berne. J’ai été en shot down pour les 2 jours qui ont suivi. Puis, j’ai remonté la pente en mangeant du mou. J’ai pas oublié ce qu’elle m’a dit. Depuis, le travail se fait autant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Ce matin, j’arrive à son bureau et plutôt que de commencer par le traitement, on jase un peu. Je lui parle des rencontres et des réflexions que j’ai faites depuis la dernière fois qu’on s’est vues. Il y en a un qui m’a raconté les histoires que l’acquisition d’une de mes toiles a générées parmi les personnages qu’il a accumulés durant toute sa vie. Il y a aussi une amie dont le conjoint a possiblement un cancer. Et une autre qui est déjà à une croisée des chemins sur ce qu’elle veut vraiment après juste un an qu’elle se soit lancée en affaires. Il y a tous les gens que j’ai rencontrés lors de la fête de ma retraite et qui m’envient de faire ce que je veux quand je le veux (maudit, qu’on paraît bien de l’extérieur)! Il y a la maison et la galerie qui me grugent de l’énergie. Il y a les photos paradisiaques de la Grèce que m’envoie mon conjoint et qui me font me demander pourquoi je suis en train de ramer à contre-courant alors que je devrais être auprès de lui en train de naviguer et me la couler douce, de me bourrer la face de sa présence et de tous ces beaux paysages, à me laisser inspirer par eux au travers mes toiles avant de disparaître. Il y a toutes ces petites choses du quotidien que je me mets sur les épaules et qui me font grimacer la plupart du temps. Il y a toutes ces décisions que je prends à contrecœur. Il y a toutes ces fois où je fais plaisir aux autres plutôt que m’écouter et me respecter.

Je confie à mon ostéopathe que depuis qu’elle m’a dit qu’il fallait que ça descende, je n’arrive pas à le faire. Elle me répond avec un beau sourire que depuis une demi-heure qu’elle m’écoute, je n’ai fait qu’apporter des réponses à mes questions. Pour elle, tout est clair et je me rends soudain compte pour la première fois que j’ai MES réponses. Elle me demande pourquoi je ne mets pas en action mes décisions. Je me rends compte que ce ne sont pas tant les décisions qui sont difficiles que les conséquences qu’elles apportent : décevoir les autres, le jugement des autres, alors qu’en aucun temps je suis obligée de me justifier. C’est ma vie, après tout!

Je lui réponds que, généralement, j’attends d’avoir un plan B avant de fermer la porte au plan A. Elle rétorque que le contraire n’est pas désastreux. Dit de même, ça peut parfois ouvrir des portes qu’on croyait fermées à double tour.

Mes préoccupations m’éloignent de ma créativité. J’ai envie de terminer mon livre sur le processus créatif, de finaliser ma conférence, de peindre comme bon me semble. Et malgré tout cela, je n’ai aucune idée de l’aboutissement de ces projets.

Mais tout est bloqué, comme ma mâchoire. Je serre trop les dents. Rien ne me nourrit et je ne me sens pas épanouie dans ce que je fais. Tout va à l’encontre de mon désir de ralentir, d’adopter un rythme qui me respecte. Je tire partout et j’appelle cela la cible. Je me perds de vue alors que je mets tout le monde dans ma mire, sauf moi, ou si peu… Comme une neurasthénie (état durable d’abattement accompagné de tristesse) que je combats sans cesse en me bottant le cul et m’infligeant des tâches qui ne me satisfont pas mais qui m’occupe ailleurs. On pourrait dire ça de même…

Pour imager la patente, on pourrait dire que je m’occupe des enfants des autres, plutôt que du mien, ce qui ne fait pas de moi une mère pour autant, tant que je ne m’occuperai pas de « mon enfant intérieur».

J’entends déjà les commentaires des gens : « Ouin…, mais c’est quoi le rapport avec l’art? ».

Bien, je vais vous répondre :

1- Peut-être pas grand-chose à prime abord parce que je ne suis pas dans la peau des autres pour définir à leur place ce que l’art veut dire pour eux.

2- Par contre, je sais que l’art, ou peu importe l’activité que l’on fait, doit être quelque chose qui nous nourrit et nous épanouit. Je prends pour exemple mon conjoint qui, bien qu’à la retraite, ne compte plus les heures hebdomadaires qu’il met dans la préparation de sa navigation et des cours qu’il donne. Et quand il fait ça, il est heureux et il ne passe pas son temps à me faire chier. Moi, je me surprends à compter encore mes heures bien souvent et j’en fais damner une couple. Je suis chiante mais je me soigne…

J’en arrive à un constat où ma créativité se retrouve bloquée et ça m’inquiète. Je sais, dans mes nombreux articles, j’ai écrit comment la créativité n’était pas un long fleuve tranquille et linéaire. Mais quand le manque de créativité s’étire sur une longue période et, qu’en plus, ça commence à vous faire suer, c’est peut-être le signe que les choix qu’on a faits ne correspondent plus à la place où vous devez être, ce que j’appelle « être sur son X ». Je dirais que présentement je suis partout, sur mon W, Y, Z, mais pas sur mon X, ça c’est sûr!

Work in progress….

Mado