Femme de marin 2017-24: Je vous présente mon mentor, Sylvie Santerre

Jusqu’à date, je n’avais eu qu’un mentor dans la vie : Jean Leahey, lors de mes études en orientation. Un maître dans le domaine de la psychologie. Un genre de Dumbledore qui vous guide dans votre quête existentielle.

Quand j’ai osé me lancer publiquement comme artiste, je me disais que ce serait cool d’avoir un mentor dans ce domaine. Mais j’étais réaliste. Moi qui peignais en secret dans mon sous-sol, tout comme je cachais précieusement mes écrits dans mes tiroirs au début, je me demandais qui voudrait bien investir de l’énergie à me guider. On est toujours champion à se flageller soi-même. Pas besoin des autres pour en ajouter une couche…

Novembre 2015 : sous l’invitation de la présidente d’Artistes de cœur, j’ose mettre le nez et mes toiles dehors pour la première fois. L’exposition est exténuante non seulement parce que je dois exposer mes toiles, mais surtout parce que je dois m’exposer à la face du monde. Avoir devant moi des gens qui évaluent mes toiles est une vraie torture!

Le dernier jour de l’exposition, j’apprends que l’équipe en place va se dissoudre et qu’arrivera une nouvelle mouture. Je décide sur un coup de tête de m’y adjoindre. La présidente annonce sa remplaçante, Sylvie Santerre. Derrière le peloton, j’étire la tête timidement et je vois une petite bonne femme toute blonde, l’air sérieux, tatouage de fleurs sur l’épaule. Elle me jauge du regard, un coup d’œil qui dure des siècles dans ma tête. Je ne connais personne. Moi, la sauvage qui peux passer des jours entiers en mou dans mon antre, je ne sais plus trop si j’ai pris la bonne décision. Je le fais surtout parce que je n’ose pas encore exposer seule et que faire partie d’une équipe me donne le sentiment d’être épaulée, soutenue, chose que je ne retrouve plus depuis des années dans ma profession.

Les mois passent. Le printemps 2016 annonce la tenue des réunions pour la nouvelle année. Craintive, je conduis jusqu’à la Galerie l’Artiste dont Sylvie est propriétaire. Je suis déjà entrée dans des galeries que je trouvais froides, pompeuses, impersonnelles. Mais là, c’est autre chose : c’est un petit endroit tout à fait charmant, simple, sympathique. Il y a toujours du bon café et de la couleur sur les murs. La musique est bonne et les gens chaleureux. Sylvie offre des ateliers de créativité qui n’ont rien à voir avec le côté statique de ce que j’ai vécu à date. Son parcours de vie est atypique et cela se reflète dans sa façon d’animer. Vous y entrez avec plein de doutes sur vos épaules et vous ressortez avec un chef-d’œuvre que vous avez envie d’encadrer. Jamais de commentaires négatifs, jamais de critiques destructrices; que des suggestions pour vous faire avancer. « Là, t’es bloquée? Recule-toi, va fumer, tu reviendras tantôt ». Ou encore : « Regarde ça, y a quelque chose là-dedans qui se dessine ». « Ah oui? ». Second regard plus assumé. Et toujours cette musique lounge en fond de scène qui vous inspire. Inspire… expire….

Sylvie, c’est une émotion sur deux pattes en équilibre face à la vie. Un jour, je lui demande si elle veut être mon mentor, sans trop savoir ce que ça fait au juste un mentor. Elle m’a regardée simplement et elle a dit : « Ok ». C’était fini, on n’en a plus reparlé. Sauf une fois quand elle guidait d’autres participantes dans l’atelier et qu’elle ne me disait jamais rien. J’ai dit : « Tu ne me dis jamais rien. J’attends toujours que tu me dises tes commentaires ». Elle a répondu : « Ça s’en vient! ».

Pourtant, j’ai déjà eu un autre mentor mais c’était dans un autre domaine. Au fond, c’est la même affaire. Un mentor c’est quelqu’un qui a de l’avance sur le chemin que vous voulez suivre. Il est là pour vous éclairer, vous montrer la prochaine étape que vous devez franchir pour avancer. C’est pas quelqu’un qui vous dit : « Fais ci, fais ça », c’est juste quelqu’un qui vous éclaire lorsque vous êtes dans le noir et que vous n’y voyez rien.

Aujourd’hui, on a passé l’après-midi ensemble à peindre à sa galerie. Je l’observe du regard. Son geste est juste, assuré. Elle peint sur 4-5 toiles en même temps. Elle crée les couleurs avec assurance. Moi, je torche ma toile et je ne suis pas satisfaite. Je suis prise avec une commande de toiles jaunes que j’hais! J’hais le jaune parce que c’est pas dans ma palette.  Je la refais trois fois pour l’abandonner en dernier ressort et travailler sur autre chose.

Elle crée des toiles comme je fais des tartes. Une vraie pondeuse! Et elle me sort tout de go : « Je suis toujours en train de me demander si ce que je fais va plaire aux gens ». OMG!!!! Batinsse! Si t’as des doutes, moi qu’est-ce que j’ai???

Je m’assois et je l’écoute parler de sa vie, des rencontres et des gens qui ont de l’importance pour elle. Je me sens bien. Sylvie, c’est toujours simple avec elle. On fend jamais un cheveu en quatre et c’est reposant. Moi, j’en ai marre des gens qui passent de Caïf à Pilate pour trouver une solution. Elle fait juste te rebrancher sur ton nombril. Rien de narcissique, juste toi face à toi et face au monde.

Ma traversée, c’est pas sur l’Atlantique que je dois la faire. C’est avec un pinceau à la main et elle qui me sourit.

Chronique du Capitaine 2017-08: Skopelos, Alonissos, Skiathos

20 Juillet : Skopelos, Alonissos, Skiathos

Excursion pour la journée. Je quitte le voilier pour le bateau excursion. Départ à 9h30 où nous passerons par le nord de Skopelos (île des saints). Eh oui, plus de 360 églises, chacune ayant son saint excepté une église qui, elle, demeure ouverte à l’année longue, les autres n’ouvrent leurs portes que la journée de la fête de leur saint. Pourquoi tant d’églises, me direz-vous? Plusieurs histoires circulent, mais la plus probable serait que les pirates (j’y reviendrai) ne touchaient pas aux gens qui s’étaient réfugiés dans les églises. Pour une population d’environ 4,700 personnes, ça fait quand même beaucoup d’églises. Skopelos est aussi l’île où furent tournées certaines scènes du film Mama Mia. Après un arrêt dans le port de Skopelos et une visite de la ville, nous reprenons la route pour Alonissos en passant par la petite île de St-George.

En approchant Alonissos par le sud nous pouvons voir la vieille ville (ville des pirates) au sommet des montagnes. Entrés dans le port de Patitiri, deux autobus sont mis à notre disposition pour nous amener à la vieille ville, chose que je suis bien content d’avoir faite. Vous pourrez en juger vous-même par les photos. Barbarossa et Barbe rouge, pour n’en nommer que les deux plus connus, font partie des pirates ayant vécu sur Alonissos. Aujourd’hui la majeure partie de l’île est un parc maritime avec dauphins et phoques moine que je n’aurai pas eu le plaisir de rencontrer. Ensuite, retour vers Skiathos en passant par le Sud de Skopelos où il y a quand même plusieurs mouillages comparativement au Nord qui est pas mal moins accueillant.

21 juillet : visite de Skiathos en moto

Après avoir pris possession de ma moto, un arrêt à la station-service est nécessaire, car ne vous attendez pas à recevoir un véhicule avec le plein d’essence, impossible en Grèce, croyez-moi. Et là commence le viraillage : un chemin sans issue, un autre qui me ramène au point de départ, suivi d’une randonnée dans ce qui est rendu un sentier, mais finalement j’aurai fait le tour de l’île en visitant un monastère soit Evaggelistra, qui, même s’il avait des guénilles à l’entrée pour se couvrir (surtout les femmes), si on n’entre pas dans l’église, pas de problème. Et vous savez quoi? J’ai vu plus d’églises que tous mes cauchemars réunis auraient pu me faire imaginer! Ensuite vers le Kastro et quelle route encore dans les montagnes, ma moto avait parfois de la difficulté à se rendre en haut des côtes. Mais le pire fut la marche d’une heure au gros soleil, parce que moi, bon christ de gars, j’avais écouté le locateur qui disait : « En dehors des routes asphaltées vous ne devez pas aller ».  Mais tous y allaient, excepté MOI! Et après m’être rendu au bout de la route, j’ai abandonné l’idée de prendre le sentier pour le Kastro, car il me fallait retourner et en montant en plus.

Maintenant la côte sud de Skiathos et là aussi moins sauvage avec plein de plages qui n’ont rien à envier aux îles du Sud comme Cuba et autres, mis à part la tranquillité de certains endroits.

😉 Koukounaries (la grande plage) pour la nommer est une petite merveille.

Demain retour sur le continent cap vers Damoukhari.

Bonne journée

Serge

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Chronique du Capitaine 2017-07: Vathikelon, Orei, Skopelos, Alonissos

 

Vathikelon, jolie baie profonde mais protection complète, sur le continent est bien appréciée surtout après le brassage d’Arkitsa. Un méga yacht, le ‘Sunday’, 58 mètres avec sur sa hanche pour ne pas dire son mollet un cruiser d’environ 60 pieds. Un voilier est venu nous tenir compagnie en fin de journée, sinon le calme complet. Sur l’eau je veux dire, car sur terre une meute de chiens dans une grande cour grillagée aiment aboyer à m’écœurer aussitôt qu’une autre vie s’approche d’eux.

Après une bonne nuit de sommeil, me voilà à siroter un café et lire sur Orei qui sera mon prochain arrêt car je désire faire le plein de carburant avant de partir pour Skiathos dans les Sporades Nord. Donc Orei me voilà, joli petit port avec des origines datant de 4,000 AC, mais mise à part le bœuf de marbre récupéré de la mer par les pêcheurs, pas grand signe de cette vie antérieure. Le port offre une bonne protection, une plage et une rue face au port plein de restaurants, mais l’arrière-cours si on peut dire nous montre une ville pas trop en forme. Il y a un chantier maritime pas trop loin où on peut sortir le bateau de l’eau, ce qui est quand même bien.

Direction Skiathos (île des Miracles). Jolie ville, mais avec les vents de travers je ne parviens pas à m’amarrer au quai du port. C’est un bien pour un mal, comme on dit. Je serai à l’ancre donc beaucoup plus tranquille, pas de foule qui marche à quelques pas du bateau et t’examine de tous les bords, mais comme je me rendrai compte la première nuit, il y a un club pas loin qui fait tourner sa musique une partie de la nuit.

Je prends un billet pour une excursion guidée, une bonne journée demain qui me fera visiter Skopelos (l’île des Saints) ainsi qu’Alonissos (île des Pirates). Mais ce sera pour une autre chronique.

Bonne journée

Serge

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Femme de marin 2017-23: Les raisons pour lesquelles je ne traverserai pas

Je suis de retour de voyage où j’ai été en Grèce rejoindre mon Capitaine avec une amie, ma sœur spirituelle. On est mardi soir et je décide d’écrire à Lili, ma designer préférée. Extrait de notre conversation :

  • Et toi, mon idole, t’es rendue où dans ta folie????
  • Ah, t’es drôle! De quelle folie tu parles? Je savais pas que j’étais ton idole.
  • Ta traversée.
  • OMG! Ben, tu vas être déçue. J’ai pris la décision de ne pas y aller. L’idole prend une débarque, hein?
  • Yes, BRAVO!
  • Ahhh, je pensais que tu serais déçue!
  • INTELLIGENTE!!! Encore plus mon idole! Xxx

Jeudi, dîner avec une autre amie qui s’enquiert de mon voyage et qui me demande où en est rendu mon projet de traversée. Je lui explique les raisons de mon choix. Elle me répond que ça prend beaucoup de courage pour assumer une telle décision. Ben coudonc!!! Moi, qui me sentais mal à l’idée de revirer mon capot de bord, j’avais pas envisagé ça de même!

Les deux derniers jours passés en Grèce, nous avions navigué d’Athènes jusqu’au Cap Sounion parce que ma pote Guylaine voulait vivre l’expérience et que ça faisait l’affaire du Capitaine qui était coincé par le temps. On part et on navigue avec le Meltem collé au cul! Je passe 6 heures à être tétanisée sur mon siège. Pour parodier une publicité de Loto-Québec: Imaginez 6 semaines!!!!

Au retour de voyage, Guylaine couche chez moi avant de retourner à Québec. Le soir, elle me dit :

  • Pourquoi tu veux faire cette traversée? Je te connais depuis 25 ans et je t’ai toujours vue calme dans les moments de stress. Quand on a navigué, tu étais stressée et tu perdais tes repères pendant les 6 heures qu’a duré le périple. Suis pas sûre que tu vas « toffer » les semaines de traversée. Tu devrais te poser les vraies questions!

Ça m’a fait réfléchir. Je me suis rendue compte que j’étais pas prête pour ça et que je le serai probablement jamais. Sur le coup, j’ai paniqué. Parce que je sentais tout le poids de la décision que j’avais prise quand on était arrivés à destination. Parce que je sentais le poids de la déception que j’allais causer à tout le monde : le Capitaine, les amis de voile, celles et ceux qui me lisent, qui étaient fiers de ma décision de traverser, celles et ceux qui l’avaient fait et qui se disent : « Ne comprennent que ceux qui y sont ».

La vie étant ce qu’elle est, nous, pauvres petits pions, nous pensons parfois, bien plus souvent qu’autrement, que  nous la contrôlons alors que c’est tout le contraire. Elle se charge bien souvent de nous remettre les yeux en face des trous en nous mettant, sur notre chemin, des épreuves qui exigent que nous choisissions nos priorités et que nous laissions tomber certains objectifs qui ne sont pas nécessaires à notre développement. C’est ce qui est arrivé!

Il y a à peine un an, le cancer a emporté ma sœur aînée en à peine 2 mois et demi. À peine remise de cette immense peine, mon frère m’annonce par courriel, 3 jours après mon arrivée en Grèce, qu’il sera opéré pour une ablation d’un rein avec une masse grosse comme un ballon de football. Au moment où j’écris ces lignes, il se remet tranquillement de l’opération et on ne saura pas avant 2 mois de quoi il retourne concernant cette tumeur. Ma mère, qui souffre de la maladie d’Alzheimer, ne sait rien. C’est mieux ainsi. Tout ce beau monde habite Québec alors que je suis à Montréal et que j’ai maintenant la responsabilité des affaires de ma mère. Pour ajouter à tout ça, ma belle-mère est aux soins palliatifs. Je suis allée la voir ce soir et on a jasé de la vie, du sens de la vie, de son impression d’avoir fait son possible et de son ras-le-bol, de son envie indéfectible de partir au plus vite. Partie comme c’est là, j’en suis à me demander si je ne les enterrerai pas tous!

Et me voilà sur le voilier à essayer de me rappeler les manœuvres que j’avais faites pour la dernière fois il y a 4 ans. Je panique, je suis énervée, je sens que je n’ai pas l’énergie nécessaire pour tout faire et écouter clairement ce que le Capitaine me demande de faire, car on se rappelle : le Capitaine est seul maître à bord. Il s’énerve et je comprends malgré tout.  Je sens que je vais le décevoir, que je vais décevoir tout le monde. Et soudain, le hamster dans ma tête cesse de tourner. Il fait la grève et brandit une pancarte : « WOHHH, la folle, stop! Qu’est-ce que t’es en train de faire?».

J’ai 61 ans, la fatigue me gagne, j’ai encore et toujours la responsabilité de la famille sur les épaules, et je vais m’en rajouter? Tout ça pourquoi? Tu cours après quoi, la vieille? Possible que, comme dit une amie, je suis courageuse de prendre cette décision et de m’écouter… Mais je ne me sens pas de même. Je sens que la vie me bouffe et que je dois mettre mes priorités aux bonnes places. C’est que, voyez-vous, ma place est sûrement auprès des gens qui n’en peuvent plus, pas auprès de ceux qui n’en ont pas fini avec la vie. C’est de même, faut pas chercher plus loin.

Je sais, je pourrais rien n’écrire de tout ça pour me justifier. Mais c’est que, voyez-vous, j’ai déjà publié 2 articles pour une revue sur les raisons pour lesquelles j’allais traverser et je sais qu’il y a du monde, je ne sais pas qui, qui me lisent et qui ont hâte de connaître la suite. Alors, je leur dois bien ça. Ça me taraude depuis mon retour de Grèce, depuis que j’ai pris la décision de ne pas le faire. C’est juste une partie remise. En fait, je n’en sais rien. Peut-être que ce sera dans cette vie-ci, peut-être dans une autre. C’est pas important. Ce qui est important, c’est cette vie-ci. Ce que je vais en faire pour ce qu’il me reste de temps.

Faut dire aussi que ma discussion avec ma belle-mère aujourd’hui a aidé. Elle est très lucide face à ce qu’il l’attend : la mort. Elle n’a pas de regrets, malgré tout ce qu’elle a pu faire de pas correct dans sa vie. Elle en garde un souvenir positif, pour mourir en paix. Alors, en conduisant vers chez moi, je me suis demandée ce qui importait : plaire aux autres de peur qu’ils nous laissent, ou aller dans le sens de ses valeurs. Dois-je vous donner la réponse?

Alors, c’est comme ça : je ne traverserai pas. Pas parce que je suis « chicken », mais parce que ce n’est pas mon rêve présentement. C’est juste que je ne suis pas sur mon « X » si je le fais. Moi, ce qui me passionne présentement, c’est d’être un support pour les autres, de les aider à traverser des périodes difficiles, et d’être dans mon atelier en train de peindre. Le bonheur est simple. Suffit de s’arrêter et de se poser les bonnes questions!

Cap Sounion

Chronique du Capitaine 2017-6: Khalkis, Unnamed Bay et Arkitsa

Me revoici, après un mois exactement, que de belles choses visitées ou revisitées! Mado était venue avec sa grande amie Guylaine et selon leurs dires, elles ont adoré le voyage! Nous avons pu visiter l’Acropolis et son musée, marché dans la Plaka, été voir Santorini, Folegandros et Sifnos, ensuite Archova et Delphes, remonté aux Météores, un coup de cœur pour moi. Redescendre dans le Péloponèse en passant par le canal du Golfe de Corinthe, visiter Corinthe, Néma, Mycènes, Nauplie, Épidaure, Momenvasia, Mistra et clôturer le tout par une nuit à l’ancre au Cap Sounion.

Maintenant que mes deux femmes sont parties, moi je fais route vers le nord, en passant entre le continent et l’île d’Évia. Quel dépaysement, vraiment différent des Cyclades et des îles Saronic, un peu plus près des Dodécanèse je dirais. Mais sans le touriste étranger, les touristes ici ce sont surtout les Grecs. Beaucoup d’endroits où on ne parle pas anglais, même dans les restaurants, ça coûte moins cher, les épiceries sont mieux diversifiées, fini les maisons blanches et bleues.

L’aquaculture est omniprésente au point de rendre des baies impropres à la baignade. Hier soir j’ai aussi vu une usine qui émettait de la pollution à un niveau que je pensais disparu en Europe (Larimna-Grèce). C’était triste à voir.

La chaleur qui était accablante depuis plus d’un mois se fait encore sentir de jour, mais les nuits depuis 4 jours sont tolérables au point où hier j’ai dû tirer un drap sur mes épaules durant la nuit. Quel plaisir surtout quand l’eau oscille entre 26-29 Celsius.

Petite anecdote : si on navigue par bateau pour se rendre au Sporades on a deux choix : on passe entre le continent et l’île d’Évia ou au large d’Évia où il y a peu d’endroits pour s’accoster ou s’ancrer. J’ai donc choisi le côté continental, mais il y a une chose à savoir c’est qu’il y a un pont à traverser et ce pont n’ouvre que la nuit, jamais le premier vendredi du mois, au coût de 35.65 euros et tarif majoré de 50% la fin de semaine, sans oublier une certaine difficulté à trouver de la place pour s’amarrer sur le côté nord du pont.

Ce que certains peuvent trouver folklorique est la procédure pour passer ce pont. Deka et enregistrement du bateau à l’autorité portuaire, après paiement, Deka, enregistrement, assurance et papier de l’autorité portuaire à la police du port qui regarde les papiers d’un air sévère, te les redonne et te dit entre 21h 30 et 04h 00 on va t’appeler, tu dois répondre, ensuite environ 20 minutes on te rappelle pour que tu puisses passer. Donc radio allumée au canal désigné à partir de 21h 15 j’attends vers 23h 50, ils commencent les appels. Chaque bateau inscrit est appelé et tu dois confirmer sinon ils continuent à appeler, ensuite standby tu attends encore, la plupart des bateaux se mettent à tourner en rond de nuit. Il faut être vigilant et surprise ensuite tu reçois un appel général de procéder à la queue leu leu en gardant une distance sécuritaire. Chacun pour soi.

Arkitsa, dernier arrêt et non le moindre, je n’ai pas dormi de la nuit ou si peu. Durant les accalmies (2) j’ai pu fermer l’œil environ 30 minutes chaque fois. Vague de un à deux mètres avec parfois des belles surprises avec des vagues un peu plus grosses, de la pluie une bonne partie de la nuit, mais quand même l’ancre a bien tenue, j’en suis presque surpris. Donc vers 6h 30 le vent baisse à 12-15 nœuds, les vagues s’aplatissent. Je décide de quitter pour le prochain ancrage que j’avais cédulé qui se trouve à 22 milles nautiques avec la variance de vent et vagues en route. Mais la destination sera dans la prochaine chronique.

Serge

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Femme de marin 2017-22: Retour au bercail

Après avoir passé une dernière soirée à Cap Sounion, nous avons mis le cap sur Olympic Marina et avons passé la journée à faire nos bagages pendant que le Capitaine préparait le bateau vers une nouvelle destination. Ce matin, nous nous sommes levés tôt et avons pris un dernier déjeuner avant de partir vers l’aéroport d’Athènes. Comme le Capitaine avait beaucoup de milles nautiques à faire, nous sommes parties plus tôt pour qu’il puisse gagner du temps.

Ce fut une longue journée d’attente et de vol  d’une durée de 10 heures mais tout s’est bien passé, pas même une turbulence. Pour revenir à la maison, nous avons pris un taxi Uber et avons dû tolérer le parfum et le verbiage trop soutenus du chauffeur qui affichait, malgré cela, une gentillesse hors du commun.

Rendues à la maison, je me suis dépêchée d’aller faire une petite épicerie (lait, pain, etc.) afin de pouvoir se mettre quelque chose dans l’estomac avant d’aller dormir. Nous nous sommes improvisées un souper fait d’une bonne coupe de vin et d’une pointe de pâté au poulet St-Hubert, ce qui nous changeait des souvlakis au porc, de la sauce tzatziki et des frites! Il a plu légèrement ce soir et la température est bien différente de la Grèce qui vit présentement une autre vague de chaleur. Ici, il faisait un pénible 19 degrés à notre arrivée. Faudra que je range mes gougounes et que je sorte les botillons et les jeans longs, on dirait!

Voici les endroits que nous avons visités durant notre voyage:

https://www.google.com/maps/d/u/0/viewer?mid=1uRdw1Jxs80SMWiaa67FmnvfBiWI&ll=38.087690322987896%2C23.5330302000001&z=8

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Femme de marin 2017-21: Cap Sounion et autres péripéties…

Ce matin, nous larguons les amarres pour Cap Sounion. Nous sommes à peine partis (nous arrivons à la sortie de la marina) que mon moteur s’arrête! On demande de l’aide à la radio et un zodiak de la marina arrive alors que nous venons d’accoster. Serge regarde ce qui se passe pour se rendre compte que quelque chose bloque l’entrée d’air du moteur. Il arrange le tout et on repart.

Lorsqu’il a fait installer le nouveau moteur l’an passé, la configuration du système fait que l’avant et le reculons sont à l’envers. Serge se trompe et on frappe un gros cruiser juste en avant de nous au lieu de reculer. Bon, on n’est pas rentré à plein régime dedans, mais suffisamment pour faire une petite poque. Serge sort du bateau en murmurant : « Ouin, ça va me coûter une beurrée! ». Guylaine et moi, on ne dit rien et on se regarde en faisant la grimace. Serge va discuter avec les 2 Russes qui possèdent le bateau. Ils lui serrent la main. Bon… ça s’annonce pas trop mal! Après 10 minutes de discussion, les Russes demandent 100 Euros à Serge. Ce dernier nous dira plus tard qu’il s’en est tiré à très bon compte car la réparation du cruiser devrait tourner aux alentours de 1000 Euros. Ils ont été de vrais gentlemen!

On finit par partir et on lève les voiles. Le Meltem (le vent de la mer Égée) se lève également et nous atteignons parfois 23 nœuds de vent. Bon, pour les vieux loups de mer, c’est une belle navigation. Pour Guylaine aussi, qui en est à sa première expérience de voile, elle trippe complètement. Je suis heureuse pour elle.

Mais pour moi, il en est tout autre. Le voyage durera environ 6 heures. Je n’ai pas navigué depuis 4 ans et toutes les peurs et malaises me reviennent, comme si c’était hier. La mer n’est pas trop agitée, mais quand même plus que ce que nous avions prévu.

La vie étant ce qu’elle est, elle nous réserve parfois des surprises qui nous remettent les yeux en face des trous. Oui, j’avais dit que j’allais traverser, qu’il fallait que j’essaie ça malgré mes peurs, mais faut croire que certaines circonstances permettent de faire des choix autres. En voulant que Guylaine fasse un super beau voyage, en voulant lui donner la chance de vivre une journée de navigation sur la mer Égée (en passant, ça se place bien dans une conversation : « Ouais… j’ai navigé sur la mer Égée, rien de moins!!), cela m’a permis de voir que ma réalité est tout autre que mon Capitaine et que mes amis qui naviguent et que je dois me respecter là-dedans. Donc, la décision ne fut pas trop longue à prendre : finalement, je ne traverserai pas l’Atlantique en décembre prochain. Sylvie Santerre : cesse de trouver une comptable de remplacement pour la post-exposition d’Artistes de Cœur; je vais faire la job jusqu’au bout.

C’est aussi une rude journée émotive pour moi, d’autant plus que je songe à mon frère qui est opéré aujourd’hui. Comme nous sommes à l’ancre présentement, je n’aurai probablement pas de nouvelles avant mon retour dans 2 jours.

Un jour à la fois, comme on dit. Demain, nous nous rendons à notre destination finale avant notre retour au Québec, Guylaine et moi : Olympic Marina.

Femme de marin 2017-21: Cap Sounion

Il nous reste 2 jours avant notre retour. Ce matin, nous partons pour Cap Sounion et nous serons à l’ancre, donc possible qu’on ne puisse pas utiliser Internet. Par la suite, nous partirons pour notre dernière destination soit Olympic Marina.

Aujourd’hui, j’ai une pensée pour mon frère Denis qui se fait opérer pour l’ablation d’un rein. Espérons qu’il n’y aura pas de suites désagréables.

Femme de marin 2017-20: Mystras

Arrivés à Mystras la veille, nous déjeunons et partons pour visiter l’ancienne cité médiévale. Mystras, la « merveille de Morée », fut bâtie en amphithéâtre autour de la forteresse élevée en 1249 par le prince d’Achaïe, Guillaume de Villehardouin. Reconquise par les Byzantins, puis occupée par les Turcs et les Vénitiens, la ville fut entièrement abandonnée en 1832. À partir de 1834, les habitants commencèrent à abandonner progressivement le site au profit de la ville moderne de Sparte. Seul demeure un ensemble saisissant de ruines médiévales dans un paysage d’une grande beauté.

Guylaine, plus en forme que moi (ostie de nerf sciatique, heille!! Une semaine de douleurs, ça va faire là!!! Hâte de voir mon ostéopathe au retour). Donc, nous laissons Guylaine en haut de la forteresse qu’elle redescendra à son rythme, tandis que Serge me laisse plus bas, là où je peux visiter quelques vestiges de l’endroit sans trop grimper. J’y découvre une ancienne église dont les fresques sur les murs sont saisissantes. Les photos que j’ai prises ne rendent vraiment pas justice aux détails et couleurs qui restent.

Comme partout où nous sommes allés en Grèce, le chant des cigales est assourdissant. On dirait une éolienne qui fonctionne à plein régime. J’entends au loin les cloches d’un troupeau de chèvres; pittoresque!

Puis, nous repartons pour Athènes par l’autoroute. Deux heures trente de trajet et nous voilà rendus. Dans l’après-midi, Guylaine et moi allons nous baigner à la piscine au bout de la marina. Plutôt cher pour avoir une chaise et le droit de se tremper les fesses dans l’eau… Nous comptons que nous sommes à peu près 4 personnes de plus de 40 ans parmi plus d’une centaine de jeunes adultes qui ont tous la même allure : même coupe de cheveux, mêmes tatous, mêmes pecs développés au gym. Pour les filles : même genre de costume de bain, mêmes ongles longs et colorés, et en prime tout le monde pitonne sur son cellulaire. Ils ressemblent tous à des gosses de riches qui se sont donné rendez-vous au même endroit. Rarement vu autant de conformité au mètre carré! Guylaine et moi buvons notre Pina Colada en jasant du bon vieux temps. Demain est un autre jour…

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Femme de marin 2017-19: Long trajet jusqu’à Mystra

Hier soir, nous sommes arrivés à Epidaure après s’être un peu perdus dans les champs de vignes pour chercher l’hôtel. Nous le trouvons enfin et ça ressemble un peu à un genre de motel de deuxième ordre. Personne à l’horizon sauf la propriétaire des lieux qui nous accueille gentiment. Notre chambre ressemble à un dortoir : trois lits simples enlignés un à côté de l’autre, un petit frigidaire, télé et air climatisé. Par contre, une super belle piscine remplie de feuilles. Serge s’offre pour la nettoyer, ce qui semble plaire à la proprio. Le bar est minimaliste : pas de pina colada (Guylaine en a demandé un et la proprio a fait une face pas de face!), pas de vodka, que des liqueurs douces, du thé glacé et de la bière au citron. On se rabat là-dessus! Encore une fois, il ne semble pas y avoir d’autres touristes que nous. On se baigne un peu puis nous allons faire un tour au « centre-village » et nous soupons sur une jolie terrasse sur le petit port. L’atmosphère et le lieu sont des plus charmants.

Ce matin, la proprio revient et nous prépare un succulent déjeuner. On constate qu’une autre chambre semble occupée. Nous continuons notre périple en voiture et prenant la côte Est de la Péloponnèse. Nous longeons la mer Égée jusqu’à Léonidion où nous nous perdons dans le village qui est fait comme un soleil avec plusieurs petites routes tout autour. Même notre GPS en perd la tête et n’arrête pas de nous dire : « tournez à gauche, tournez à droite, revenez à gauche…. ». Nulle part dans le village nous ne voyons âme qui vive et nous finissons par trouver une vieille dame qui marche le long du chemin et qui nous dit d’aller tout droit. Je pense qu’elle n’a pas dû comprendre la moitié de ce qu’on disait et on recommence notre ritournelle. On se met à blaguer dans la voiture en disant que probablement tout le village attend qu’on vire fous pour sortir et nous dévaliser!! C’est vraiment spécial de voir que le village, tout comme bien d’autres, semble inhabité.

Au bout d’un moment, on finit par trouver quelqu’un dans les champs d’oliviers qui nous oriente sur le bon chemin. Notre GPS reprend également ses esprits et nous poursuivons pendant des kilomètres sur les routes sinueuses des montagnes. Parfois, pendant de longs bouts, il n’y a même pas de garde-fous qui nous séparent des ravins et c’est avec prudence que nous avançons. A intervalles réguliers, nous voyons des petits promotoirs en bord de route qui sont surmontés par des petites églises miniaturisées (2 fois la grosseur d’une boîte à malle) qui rappellent que quelqu’un est mort là. Étonnant de voir le nombre de ces promontoirs. Nous finissons par atteindre Monemvasia. La cité a donné son nom à un cépage, puis à un vin célèbre au Moyen Âge, le malvoisie, qui était exporté jusqu’en  Angleterre. Selon une légende populaire, George Plantagenêt, duc de Clarence,  condamné à mort en 1478 pour avoir comploté contre son frère le roi Édouard IV d’Angleterre, aurait choisi de mourir noyé dans un tonneau de ce vin. Pour ceux et celles que ça intéresse, vous pouvez aller lire sur cette ville, au lien suivant : https://fr.wikipedia.org/wiki/Monemvasia. Une célèbre forteresse y domine, appelée le Gibraltar de la Grèce. C’est une cité médiévale qui vaut vraiment de s’y arrêter.

Malgré mon nerf sciatique qui me fait souffrir depuis une semaine et le nombre d’heures passées en voiture qui n’arrangent rien, nous continuons quand même jusqu’à Mystra, histoire de raccourcir notre retour à Athènes demain. Nous y découvrons un joli petit village vraiment charmant et typique. Elle est située à 5 km de Sparte, est vraiment un lieu à visiter en Grèce.
Cet ensemble de monastère byzantins et la forteresse qui les surplombe sont vraiment des bijoux d’architectures très bien conservés. Mystra fut fondée par les Francs en 1249, qui venaient d’abandonner Sparte, puis elle fut cédée aux Byzantins.

Formant une sorte de République autonome à l’époque byzantine au XIIIème siècle et XIVème siècles, la ville de Mystra est aujourd’hui minuscule et liée qu’au tourisme. Là encore, il y a peu de touristes à part nous. Nous terminons la soirée par un bon repas et demain nous irons visiter les alentours avant de revenir à Athènes.

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