Chronique du Capitaine 2015-33: Finike, Myra

Bonjour,
Je me suis réveillé à 8h45 et j’en suis encore tout surpris et j’ai bien dormi, réveillé vers 4 heures et j’avais froid pour la première fois depuis un sacré bout de temps. J’ai tiré un drap de coton par-dessus moi et me suis rendormi.
Donc après avoir mangé, je m’en vais prendre un taxi pour visiter Myra. Une belle visite qui me fait apprécier mon retour en terre lycienne.
Les dépôts de la rivière Demre ont fait que la côte s’est allongée de plusieurs milles. Myra c’est où se trouvent des tombes de roches et un théâtre romain. Myra était l’une des six plus importantes villes de l’ancienne Lycie (Xanthos, Patara, Olympos, Pinara, Tlos, et Myra) et a été la capitale de la province romaine de Lycia. À la suite des invasions arabes, les séismes et les inondations de la rivière Myrros, la ville devint en grande partie abandonnée. Il s’y trouve aussi une église dédiée à Saint Nicholas, patron des marins, aussi connu pour avoir été le père Noël original ainsi que pour la tradition des bas de Noël. Il est mort martyr en 655.

Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-32: Bozyasi, Anamur & Finike

Bonjour,
Dans ma dernière chronique je disais partir pour Ovacik Yarimadasi et si les vents étaient favorables, peut-être même Aydincik Limani. Eh bien j’ai passé tout droit à ces deux arrêts et me suis rendu à Bozyasi, une Coopérative. C’est écrit sur une bâtisse, mais c’est dans le milieu de nulle part. Le seul moyen de transport c’est le taxi et il ne se gêne pas pour nous arnaquer. J’étais fatigué, j’avais chaud, le garçon m’a demandé si je voulais aller au restaurant, il m’a fait comprendre qu’il me fallait prendre un taxi. Donc, un restaurant sans alcool avec plein de femmes à foulard et d’hommes en culotte courte. Elles ne doivent pas faire grand chose les femmes ici pour s’habiller autant et les hommes, on voit bien qu’ils ont dû travailler fort pour avoir eu autant chaud. Repas bien ordinaire, 40 livres turques, taxi 20 pour y aller et 15 pour revenir au bateau. Mis à part la chaleur, je ne peux pas voir pourquoi je commence à sauter des étapes pour me rapprocher de Marmaris.
Hier matin à 6hoo, je quittais Bozyasi pour Finike et ainsi sauter par-dessus quatre autres arrêts. Donc ce matin à 10h20, donc 28 heures plus tard, un autre saut au restaurant, une douche, mes photos téléchargées, il n’y a pas grand-chose à raconter mais je vous le partage quand même. Demain qu’est-ce que je fais? Je ne sais pas. Il y a Myra, la ville du Père Noël que j’avais manqué lorsque j’avais passé par ici. On verra, soit Myra, soit que je quitte?
Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-31: Agalimani, Tasucu & Silifke

Bon matin,
Hier quelle journée! Pour commencer très bien dormi, lever à quatre heures, départ à 5h15, un seul autre bateau dans la nuit soit un voilier que j’avais vu à Mersin qui a arrivé après que je me sois couché. Une fois les cordages qui retenaient Nomade à terre enlevés, il ne reste plus qu’à ramener l’ancre à bord et aller, oups, direction Tasucu.
C’est d’un calme plat. Vers 9 heures, le vent se lève, 12-13 nœuds du Nord-Est. Je déroule le génois et le courant m’aidant, je fais du 5-6 nœuds. Une heure plus tard, c’est l’accalmie avant la renverse et là le vent dans le nez, je décide de faire un arrêt à Agalimani (Bagsak). Jolie baie avec des restes de château qui n’est plus accessible, les militaires ayant décidé d’occuper le terrain. On peut même apercevoir les minarets. Donc à mon arrivée, deux bateaux à l’ancre. Les gens se baignent mais je suis suivi de 2 Gulets pleins de touristes, mais j’apprendrai des touristes turcs. Ici dans cette partie de la Turquie, ce sont surtout des Turcs qui viennent prendre leurs vacances. Après une baignade suivie d’une salade pour manger, je lève l’ancre direction Tasucu que j’ai pris soin d’appeler comme prévu car Mirach m’avait demandé de l’appeler 1 heure d’avance. J’arriverai 1 heure et 2 minutes après l’appel, et devinez quoi? Plus de place, un autre bateau est arrivé entre mon appel et mon arrivée et ils ont cru que c’était moi. Finalement on me fait glisser entre plusieurs petits bateaux de pêche. Je ne suis vraiment pas content et en plus l’eau et l’électricité sont trop loin donc pas accès. Mirach est supposé venir me voir. Je vais au petit resto-bar en face, personne ne parle anglais, seulement turc. Je demande une bière et on me dit qu’ils n’en ont pas. Je me lève en sacrant et va leur pointer du doigt de la bière. Je l’ai dit : c’est pas ma journée! Je bois ma bière en furie, le garçon vient me voir pour s’excuser, je l’envoie promener, je bouille, je peux très bien comprendre qu’il ne m’ait pas compris, mais si tu ne comprends pas, réponds pas!
Je retourne au bateau attendre Mirach qui n’arrive pas. Une couple d’heures plus tard je le rappelle. Je suis au bar, me dit-il, je vous attendais. Et bien moi je poirote dans le bateau et je vous attendais! Il arrive, il s’excuse, les gens du port ont pensé que lorsque l’autre bateau est arrivé c’était moi et ils leur ont donné ma place et eux ne veulent pas partir. Et bien moi je vais partir si je ne peux pas avoir accès à l’eau et à l’électricité, aussi bien être tranquille quelque part à l’ancre. Il décide finalement de déplacer un autre bateau du quai pour l’attacher sur une pendille dans le port. Devinez quoi ? Je me prends une pendille dans l’hélice en quittant les bateaux de pêche et un bon samaritain qui je pensais voulait m’aider a été enlever la pendille enroulée autour de l’hélice et m’a ensuite chargé 50 livres turques!!! J’aurais bien pu le faire moi-même, avoir su. Finalement, j’ai une place avec électricité pour 50 livres turques pour deux jours.
Il fait chaud, trop chaud, mais je voulais venir voir ici, et bien j’y suis, Disons que Chypre et la partie Sud-Est côté mer de la Turquie ne m’ont pas impressionné à date. Mon voisin qui avait pris ma place nous quitte vers 8h30 ce matin pour Karpaz Gate. Moi je vais prendre le Dolmus pour Silifke : 2 livres turques. On ne se plaindra pas et avec air conditionné en plus. Arrivé à Silifke la chaleur est accablante, la ville semble intéressante mais après 3 heures de marche je suis déçu. Mis à part le Château en haut de la montagne il n’y a pas grand-chose. Ma chemise est traversée de sueur et je ne suis qu’à mi-chemin pour le château. Je décide de rebrousser chemin. De retour à Tasucu, je m’endors comme rarement. Je me rends au bateau, allume les ventilateurs et me couche. Le temps de le dire, je dors. Trois heures plus tard, je me réveille et me sens mieux.
Demain matin, direction Ovacik Yarimadasi et si les vents sont favorables, peut-être même Aydincik Limani.
Bonne journée

Chronique du Capitaine 2015-30 : Mersin, Kizkalesi & Akyar Buku

Bonjour,
Deuxième réveil à Mersin, j’ai finalement bien dormi, première fois depuis plusieurs jours, il faisait trop chaud. Même avec deux ventilateurs toute la nuit directement sur moi, je dormais mal. Ce n’est pas frais, mais au moins je pouvais dormir. Avec le sommeil m’est revenu un peu plus le goût de visiter, de découvrir, mais je n’extentionnerai pas mon séjour ici, du moins si jamais je devrais le faire ça ne serait pas pour cette raison.
J’ai finalement pu avoir un peu d’information sur la ville. Il y a une gare de train, d’autobus, un port commercial, de pêche et une marina… OK il y a un opéra, le bazar et la maison d’Atatürk (il y aurait séjourné quelques jours), Pompeipolis et le musée maritime. Ce qui m’intéressait c’est l’histoire des alentours. Plein de vestiges de l’époque pré-romaine, entre autres Tasurus où serait né Saint-Paul; j’aime le nom, pas vous? Il y a aussi Urfa, le lieu de naissance d’Abraham. Antakya est recommandée par plusieurs Turcs rencontrés. Mais ces sites se passeront de moi.
J’ai fait une visite du musée maritime et Pompeipolis avec un couple de Français à quai pas loin de moi, Murielle et Luc, avec qui j’ai ensuite eu le plaisir de vider une de leurs bouteilles de rosé. Me voilà debout à 4h30 du matin pour un départ tôt, question de profiter du manque de vent pour avancer le long de la côte, car ici le vent du Sud-Ouest se lève aux alentours de 11 heures, donc pour le moment ça serait du vent de face.
Donc départ à 5h15 et premier détour pour photographier les deux châteaux. Un des deux est plus en ruine qu’autre chose, mais c’est ce que Kizkalesi avait à m’offrir. Ensuite j’arrive dans la baie de Akyar Buku, disons qu’il y a pas mal de gens et bateaux de touristes avec musique, mais je sais que ces bateaux finissent par quitter et que le calme revient.
Au menu, baignade et lecture. Demain, Tasucu, un arrêt de deux jours.

Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-29: De Karpaz Gate (Chypre-Nord) à Mersin (Turquie)

Bonjour à tous,
Je dois faire amende honorable, du moins aux gens de la marina de Karpaz Gate car ici ils se sont occupés de toute la paperasse. Je n’ai eu besoin que d’aller voir le douanier pour faire étamper mon passeport, tout le reste avait été fait par le maître du port et la même chose pour le départ. Merci!
Il faut dire que la marina se situe à quelques kilomètres du village de Yeni Erenkoy. De la marina, on peut louer une auto ou prendre le bus pour le village, ce que j’ai fait le lendemain de mon arrivée pour aller au marché de la semaine et j’y suis retourné le lendemain pour me faire couper les cheveux, une autre belle expérience mais rien comme la dernière fois. J’ai aussi fait connaissance avec un couple d’Américains qui vivent sur leur Trawler depuis 2002, leur port d’attache étant maintenant Israël. Et que dire de leur bateau, une merveille et des gens si gentils que j’espère bien les revoir le long de la côte turque.
Ah oui, je parlais des autobus! Il y a aussi la possibilité d’aller visiter Famagouste, Nicosie et Kyrenia, mais vu que j’avais déjà visité, j’ai passé outre. Il faut aussi savoir que si on fait notre entrée à Chypre-Nord, il sera impossible de se rendre du côté de Chypre-Sud à moins d’être le l’union européenne.
Mon départ de Karpaz Gate fut aussi peu compliqué que mon arrivée. C’est encore la marina qui s’est occupée de tout. La traversée pour la Turquie fut chaude et sans vent, même que les mouches ont commencé à m’envahir dès 4 heures du matin. Quelle merde, je les avais presque oubliées celles-là! Finis mes dodos de 15 minutes, je sors le tue-mouches et la guerre commence. Malgré le quasi génocide, leur nombre a eu raison de mon esprit guerrier, mais sachez que je n’ai jamais capitulé!
Vingt minutes avant mon arrivée, je commence à appeler la marina sans jamais aucune réponse. J’entre doucement dans la marina, je continue mes appels, un endroit quasi sinistre, encore moins de bateaux qu’à Karpaz Gate pour une marina aussi grande. Je vois quelques voiliers à un ponton, je me dirige donc vers ce ponton pour m’accoster. Après m’être bien amarré, un employé de la marina arrive avec une radio à sa ceinture. Ma première question a été de lui demander s’il écoutait le canal 72. Il semble que non, la marina le fait et ensuite leur parle supposément. Eh bien la marina ne l’écoute pas je peux vous le garantir. Et maintenant je dois me déplacer car il semble que j’ai pris la place de quelqu’un d’autre.
La meilleure des surprises : je suis arrivé au dernier jour du Ramadan et je dois faire mon entrée et acquérir un nouveau transit log, chose que je savais, mais là je dois payer du temps supplémentaire à tous ces pousseux de papiers. Résultat : 500$ au lieu de 250$. Ils me font chier! Moi qui avais l’intention de louer une auto et d’aller visiter plein d’endroits pour quelques jours, j’en ai perdu le goût, ajoutant la chaleur. Ce qui me passe par la tête le plus c’est de partir pour remonter vers Marmaris. Entre temps, je trouve un Vodafone et réactive mon téléphone turc ainsi que ma clé internet.
Hier soir, un petit vent se lève. Malheur, la pendille ne tient pas, le bateau chasse contre le quai. J’appelle la marina. Au troisième appel, quelqu’un me répond et je leur demande de venir au quai car la pendille ne tient pas. A ce moment-là, il est pas loin de minuit. Présentement, il est 9h30 du matin et personne n’est encore venu. Comme vous pouvez deviner, je me suis arrangé tout seul et qu’ils ne me disent pas que je suis à la mauvaise place.
Un petit mot sur Mersin : une grande ville pleine de tours d’habitation et il fait CHAUD.
Bonne journée
Serge

Chronique du Capitaine 2015-28: De Chypre-sud à Chypre-Nord

Bonjour à tous,
Certains d’entre vous connaissent mon aversion pour la paperasse et ceux qui s’y nourrissent, j’ai encore été bien servi! L’immigration qui vire une crise au capitaine d’un bateau parce qu’il ne part plus, car le propriétaire vient de l’appeler pour lui dire qu’il sera là dans quelques jours seulement. Les douanes qui me disent vendredi soir : « Amène ton passeport à la police et je vais l’étamper pour ta sortie de demain matin », et la police qui me dit : « Pourquoi ton passeport est étampé, il ne devrait pas. Ils auraient dû t’estampiller une carte à part ».
Je lui explique qu’à mon arrivée à Limassol Marina. il n’avait pas estampillé mon passeport mais bien une carte, mais à mon arrivée à St Raphael marina ils ont détruit la carte et estampillé mon passeport. Un autre frustré et je vais devoir attendre le lendemain matin pour l’étampe à 10h30. Le lendemain à 10h00, je passe et lui demande si le passeport est prêt. Là, je me fais engueuler parce qu’il n’est pas 10 h0, je quitte en claquant la porte… A 10h30 exact j’y retourne, un beau sourire de sa part comme si rien ne s’était passé, il étampe un autre formulaire, me donne mon passeport et me demande quand je vais quitter. « Je m’en vais CHIER ensuite je quitte », et de ce pas je quitte son bureau.
Je navigue depuis onze heures, il est minuit exactement et je suis en train de faire une entrée dans mon livre de bord et je me fais aveugler par d’immenses lumières qui se mettent à tourner et qui reviennent vers moi à tout instant. Je prends une de mes lumières et l’allume dans leur direction, paf ils reviennent vers moi, pas un mot juste cette maudite lumière aveuglante. Je prends le radio et essaie de prendre contact. Au début, pas de réponse ensuite quelqu’un se met à parler avec un grésillement qui émet un bruit de fond si fort que je ne peux rien comprendre. Je leur donne même mon numéro de cellulaire. Finalement, le bateau s’approche et ils se mettent à crier « Canal 16, canal 16 ». Je leur dis : « Je suis au canal 16 et j’essaie de vous parler depuis au moins 5 minutes ». « Canal 16, canal 16 », répètent-ils avec leur grosse lumière braquée sur moi. Je prends mon microphone et leur dis toujours en leur criant mais cette fois aussi dans la radio que je suis sur le canal 16 et là, le miracle se fit. Ils me répondent sur le canal 16. « Nous sommes la garde côtière turque, veillez vous identifier». « Ça fait plus de cinq minutes que je vous dis sur le canal 16 qui je suis, je répète, Je suis le voilier Nomade II, un voilier canadien et moi je suis Serge Paul, aussi un Canadien, et je suis seul à bord. J’arrive de Larnaka, à vous ».
Cette conversation dura 20 minutes, pour que je leur dise que je voudrais reprendre ma route car j’ai encore toute une nuit de navigation en avant de moi et s’ils ont d’autres questions, on peut continuer à parler. Ils me disent : « Pas de problème, mais demeurez à l’écoute sur le 16 ». «Demeurez à l’écoute sur le 16 me dis-je, grrr, sans commentaires! Et ils s’éloignent, pour me rappeler environ 10 minutes plus tard et me redire de demeurer à l’écoute sur le 16, et moi de leur répondre : « Je suis toujours à l’écoute sur le 16 lorsque je navigue, OVER! »
Je suis maintenant dans l’illégalité car Chypre-Nord n’est reconnu que de la Turquie, mon passeport n’est pas estampillé, j’ai plutôt une feuille avec leur étampe, car je pourrais me voir interdire accès à la Grèce avec une étampe de Chypre-Nord dans mon passeport.
Je vais demeurer ici pour les prochains trois jours avant de quitter pour Mersin au saut de 80 milles au lieu de 100. Mais ça sera une autre nuit de navigation.
Serge

Femme de marin 2015-25: Défi des Dames de coeur

Chaque année a lieu le Défi des Dames de coeur (http://www.couriraquebec.com/defidesdamesdecoeur/). L’an passé, ma fille m’a demandé d’y participer cette année et comme je commençais à peine à m’entraîner, j’avais dit oui avec plus d’espoir que de conviction. Mais l’entraînement durant l’été n’avait pas atteint mes espérances car j’arrivais difficilement à faire plus d’une minute de course à la fois, et rien n’avait progressé à la fin de l’été.

Cette année, le printemps a été très froid, pluvieux et l’été tardait à arriver, si bien que mis à part 2-3 « rides » de vélo, je n’avais pas fait grand chose. Faut dire aussi que le stress inhérent au boulot m’avait amenée à l’hôpital en ambulance et depuis, la fatigue est au rendez-vous. Il y a bien eu 3 semaines de vacances dernièrement mais cela n’a pas suffit à évacuer toute la fatigue et la lassitude que j’avais accumulées.

Mais ce matin, j’étais au rendez-vous pour le Défi des Dames de coeur avec ma belle Maude. Faut dire que 1200 femmes qui marchent et qui courent, c’était assez impressionnant à voir! J’avais décidé de marcher mon 5 km, tandis que Maude devait le courir. Mais la veille, elle a décidé de le marcher avec moi. C’était vraiment motivant d’être à ses côtés car je suis habituée à faire des choses seule, et un moment donné on oublie le feeling de faire des choses avec les autres.

Après 2 km, on a décidé de faire une petite minute de course ensemble. Moi, je me disais qu’avec la condition physique que j’avais présentement, ce serait bien la seule minute de course que je ferais durant la journée. Eh bien non! On s’est mises à alterner course et marche jusqu’à l’arrivée. On a terminé la course en courant et c’était vraiment impressionnant d’arriver sur le tapis rose, et d’entendre au micro nos noms: « Madeleine Hamel et Maude Hamel-Lepage, mère et fille ». J’étais vraiment fières de nous deux. Je vois des photos de ma fille faire des courses depuis 2 ans et pour la première fois, non seulement j’y étais, mais je participais avec elle. Ça été une belle expérience qu’on a partagée ensemble et comme dit ma fille, ça donne de l’espoir.

Merci, ma belle, de me donner la chance de vivre ces beaux moments avec toi. Tu es unique et je t’aime! xxx

Chronique du Capitaine 2015-27: Famagouste, Varosia, Bellapais & Kyrenia

Bonjour à tous,
Hier mon excursion aurait pu mieux débuter. J’ai été pris en charge par un chauffeur d’autobus qui ne parlait pas un mot d’anglais et mon papier disait que le tour était en anglais. Il a fallu plus de 30 minutes de viraillage pour finalement s’arrêter dans un stationnement où le chauffeur d’un autre autobus est venu chercher quelques-uns d’entre nous pour un autre tour et nous expliquer en anglais qu’il nous fallait attendre un autre autobus qui s’en venait pour nous. Finalement, nous avons eu une guide qui parle un excellent anglais, bon débarras!
Le tour commence finalement avec le tour du village fantôme (Varosia) qui se trouve réellement juste à côté de Famagouste. Varosia est cette ville que les Chypriotes grecs avaient dû fuir lors des bombardements de l’armée turque durant l’invasion de 1974, abandonnant tout derrière eux : linge, nourriture, meubles, auto, tout… et qui fut pillée et laissée à l’abandon, les gens n’ayant jamais eu l’autorisation de l’armée turque de revenir. Elle fut entourée de barbelés et mise hors limite.
Ensuite, Famagouste avec son port, son fort, sa vieille ville, sans oublier le château d’Othello qui vient juste (la semaine dernière) d’être ouvert au public après une restauration payée par l’Union Européenne. Ce château serait celui dont Shakespeare ferait allusion en parlant du port de Chypre dans sa pièce ‘Othello’.
Maintenant, direction Bellapais et son monastère tout juste à côté de Kyrenia. On peut y voir un arbre (L’arbre de la paresse) que l’écrivain Lawrence Durell décrivait dans son livre ‘ Citrons acides’. Ensuite, deux heures pour visiter Kyrenia, son port et son château. Très jolie ville mais un peu plus de temps aurait été apprécié pour visiter.
Ce matin après les formalités, je quitte Chypre Sud pour l’illégalité.
Serge

Chronique du Capitaine: Ajout de photos à la chronique 2015-26

Voici les photos qui allaient avec la chronique 26 du Capitaine sur Larnaka et Nicosie

Femme de marin 2015-24: Bon voyage, man!

Il ne faut pas toujours tourner la page, il faut parfois la déchirer.
Achille Chavée

Il avait 3 ans de moins que moi, et il est mort tout seul dans une chambre d’hôtel, loin de tous ceux qu’il aimait et qui l’aimaient. Loin de tout. C’était le plus jeune des 3 frères. C’est plate de même la vie. C’est plate de même la mort, ça vient vous chercher et ça vous avertit pas. Ça décide à votre place et ça fait aucune discrimination.
Parfois, ça n’a rien à voir avec ton rythme de vie : tu fais attention à ce que tu manges, tu te dis : « faut que je perde du poids », tu fais de l’exercice, t’as une pensée positive, tu réduis ton stress au maximum, tu fumes pas, tu bois pas, t’es fin avec tout le monde, tu aimes et tu es aimé, apprécié, t’as quasiment aucun vice. Et puis, pouf… quelque chose en toi se détraque, tu savais même pas que c’était en train de se détraquer et t’avais aucun contrôle là-dessus. C’est bête de même, et c’est injuste. Peu importe comment et quand ça arrive, la mort est toujours injuste.
Ça faisait 34 ans que je l’avais pas vu, mais je l’aimais bien. Il était drôle, il trippait sur Billy Joël. C’est ce que je me rappelle. C’était à une autre époque, alors que la vie s’ouvrait à nous tous. On était innocents…Du reste de sa vie, j’ai pas su grand-chose, il avait sûrement réalisé bien des rêves et en avait forgé d’autres qui l’attendaient, mais ça fesse toujours quand ça arrive à quelqu’un si jeune, plus jeune que soi. On ne voit pas le temps passer. On se retourne, on s’arrête et puis tout à coup on se rend compte qu’une vie a défilé. Ça peut être long une vie, mais ça peut être si court parfois…
C’est fantastique une vie, mais c’est aussi parfois un cube Rubik sur lequel on s’acharne parce qu’on ne trouve pas la solution qui nous sortirait de la « marde ». T’as juste envie de crisser le cube Rubik au bout de tes bras, mais faire ça c’est faire voler en éclats la vie au bout de ses bras aussi, et t’es pas le genre à lâcher la serviette. Alors, tu veux bien lâcher la corde parfois, juste donner un peu de « lousse », histoire de relaxer, mais même ça, tu sais pas toujours comment faire. Ça a l’air si simple pour les autres! Mais comme tout ce qui est simple, c’est suprêmement compliqué!
Peut-être que j’ai juste la chienne qu’il faut que je déchire la page sur certains aspects de ma vie… pendant que j’ai encore une vie!
Mais lui, il ne l’a plus. Et les gens qui l’aimaient ne pourront plus profiter de sa présence. Mes pensées vont vers eux. On se fait toujours des réflexions dans ce temps-là du genre : « profitons de la vie ». Mais jusqu’à quel point on se donne la permission de le faire, qu’on réalise nos rêves les plus fous? Ça a quelque chose d’alarmant.
Peut-être que c’est un élément de plus pour m’aider à m’amener là où je dois aller…
En attendant, man,  je pense à toi et je suis triste pour ceux qui restent.