Femme de marin 2014-42: Touchante Mariz…

Commençons par l’origine de cette rencontre. Un commentaire que j’avais fait sur une de ses chroniques et sa réponse, suivie d’une autre sur une toile que j’ai créée il y a quelques années et qui apparaît sur mon site. Je lui dis que je l’ai toujours et que si elle la veut, je lui offre. C’est alors que nous convenons d’un lieu de rencontre pour la remise officielle.
Un petit bar animé, mais pour l’instant je suis seule, la première arrivée. Je sais qu’elle va me demander pourquoi je lui donne, moi qui ne la connais que par ses écrits et ses apparitions à la télé.
Ça m’arrive parfois, c’est comme ça. Un geste gratuit, sans attente d’un retour. J’ai vendu quelques toiles et mosaïques mais ce n’est pas ce qui me motive à créer. Une œuvre, quand elle est achevée, a terminé sa « job ». Parce que l’art est avant tout thérapeutique. C’est ce que je crois. On crée parce qu’on a un besoin vital. On pourrait dire que c’est égoïste mais un poème, une chanson, un roman, une toile, une chronique, peu importe, est un besoin de se dire, besoin d’extirper quelque chose de soi, besoin de guérir, se guérir, de boucler une unfinished business. Elle me dit ne pas avoir ce talent mais c’est faux. C’est juste qu’elle n’en n’est pas encore convaincue.
Michelle Blanc disait qu’avec le don vient le devoir. Devoir de transmettre, de partager avec le même objectif que celui qu’on avait au départ : se faire du bien, et par extension, faire du bien aux autres.
Mais comme toute œuvre, lorsqu’elle est terminée, ça ne nous appartient plus. Le public comprend parfois autre chose que ce que l’artiste voulait transmettre. Chacun prend pour soi sa part d’interprétation. Quelque chose de commun nous lie mais s’interprète différemment selon le vécu qui nous interpelle. L’œuvre achevée implique un deuil de la laisser aller. D’où le besoin de la diffuser. Cela n’a rien d’exhibitionniste. Le don reçu se donne au suivant.
Le resto se remplit tranquillement. J’attends Mariz. Le soleil se pointe le bout du nez. Je sirote mon Chardonnay. J’aime être en avance, m’approprier les lieux. La voilà qui entre. Elle me sourit et s’avance. Forme longiligne, des yeux brillants qui me rappellent une ancienne professeure : S.D. était grande, mince, de longs cheveux blonds noués en une tresse qui reposait nonchalamment sur son épaule, des yeux pétillants, un peu granola. Mariz lui ressemble mais elle a une féminité plus assumée qu’elle, et que moi lorsque j’avais son âge.
La toile patiente entre nous deux. Nous trinquons. On se découvre des lieux communs. Nous avons étudié au même endroit, dans la même discipline mais à quelques années d’écart car Mariz a presque l’âge de ma fille. Nous avons toutes les deux des parcours et des choix atypiques, des expériences similaires et cela nous amène sur un terrain connu, partagé où nous prenons conscience que nous avons gagné une bataille mais pas la guerre. Il y aura d’autres batailles, nous le savons bien. Une rencontre avec l’autre, c’est souvent une rencontre avec soi-même.
Nous sommes, chacune à notre façon, des portes-drapeau. Dans un régiment, c’est souvent le cave en avant qui chie dans son froc et se fait tirer dessus le premier. Mais c’est aussi celui qui a suffisamment de courage pour se mettre en avant de la scène et faire avancer les troupes.
Depuis, nous avons pris du galon. Les guerres nous ont été utiles. Nous savons bien que dans cette vie-ci, nous ne sommes pas désincarnées et qu’il faut faire avec la maison dont nous avons hérité. Aussi bien l’entretenir.
Le temps a filé à vive allure. J’aime les écrits et les propos de Mariz. Le regretté reporter de guerre Paul Marchand aurait dit : « Un bloc de passion lacéré à vif par des paroles ardentes et inspirées ». Je ne saurais mieux la décrire sinon rajouter qu’elle est une émotion et une intelligence sur deux pattes.
Hier soir, l’image n’avait pas d’importance puisque nous avons été au-delà du miroir. C’était facile. De l’expérience commune qu’on a vécue chacune de notre côté, on nous a souvent dit que nous étions courageuses. Paul disait encore : « Il n’y a pas de courage, il y a juste une dignité, énorme, imposante, fulgurante… »
Mariz possède cette dignité. Tête haute!
« Ne peuvent comprendre que ceux qui y sont… » (Jean Hatzfeld)

Femme de marin 2014-41: De retour et création d’Albums

Hey oui, nous sommes de retour depuis 2 semaines maintenant et les choses me semblent un peu irréelles, d’autant plus que la rentrée scolaire a débuté sur des chapeaux de roue! Les petits « nouveaux » universitaires se bousculent à ma porte et les nombreuses réunions s’empilent dans mon agenda.

Party time

Quant au Capitaine, il a repris ses bonnes habitudes avec ses nombreuses activités et projets,et il a déjà commencé à tracer sa route pour 2015 qui sera bientôt mise sur la page « Cartes ».

Nous avons aussi créé une nouvelle page « Albums » sur le site car comme beaucoup d’entre vous le savent déjà, à chaque année je crée un album des plus belles photos prises. Cette année, nous avons dû choisir avec difficulté celles qui font partie des albums 2014 parmi 5,159 photos. Deux albums ont été créés, soit un pour l’Italie et la Grèce et l’autre pour la Turquie.

J’en ai profité pour mettre aussi les liens pour les albums de 2013. Dans un avenir rapproché, les liens des albums des années antérieures viendront s’ajouter à cette page.

J’espère garder mon attitude zen dans les prochains mois à venir et mes nouvelles résolutions de me tenir en forme devraient aider… du moins je l’espère!

PressionPour me motiver encore plus, j’ai créé un site plus personnel avant de partir en vacances et je compte l’alimenter sous peu de nouveaux articles : http://cestpaslameraboire.wordpress.com/

D’ici là, bon automne, tout le monde!

 

Femme de marin 2014-40: 12e journée à Istanbul – le voyage s’achève

Dernière journée à Istanbul. Ce matin, nous sommes allés fureter sur l’avenue İstiklal, histoire de faire quelques dernières emplettes. Nous sommes arrêtés boire un café chez Caribou coffee, sorte de Starbucks où nous avons pu relaxer un moment.

La journée sera consacrée à ramasser nos affaires et faire un peu de ménage dans l’appartement avant de partir tôt demain matin, puis nous irons boire un dernier verre dans un petit bar des environs ce soir.

Après 4 mois de navigation, le Capitaine est bien heureux de revenir au bercail et nous avons bien hâte de revoir les amis et d’échanger sur nos étés de voile et de voyages. Les projets ne manquent pas pour cette année et nous sommes impatients de les mettre à exécution.

On dit que les voyages forment la jeunesse, réconfortent la vieillesse, mais les retours sont tout autant excitants car il ne faut pas les voir comme la fin d’un cycle, mais le début d’un autre tout aussi prometteur.

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Femme de marin 2014-39: 11e journée à Istanbul – Les îles aux Princes

Aujourd’hui, visite de 2 îles (Büyükada et Heybeliada) qui font partie d’un archipel de neuf îlots dans l la mer de Marmara, à une vingtaine de kilomètres au sud d’Istanbul et de l’entrée du Bosphore.
Durant la période byzantine, on y exilait dans des monastères les membres de la famille impériale et les aristocrates disgraciés – pratique poursuivie par les Ottomans. Au XIXe siècle, elles servent de lieu de villégiature aux riches familles d’Istanbul – on y trouve toujours aujourd’hui des villas de style victorien, notamment sur Büyükada, la grande île.
Pendant les mois d’été, les îles sont des destinations populaires pour des excursions d’une journée d’Istanbul. Comme les véhicules motorisés y sont interdits, le seul transport est le cheval et la charrette, ce qui constitue un havre de calme par rapport à Istanbul.
Nous descendons en premier sur l’île de Büyükada et nous nous promenons quelques temps. Comme il y a une marina, Serge va prospecter pour l’an prochain. Il y a effectivement beaucoup de calèches et une file interminable de gens attendent pour y faire un tour. L’odeur de crottin vient un peu assombrir la promenade quand on marche tout près des chevaux dans la rue. Nous faisons également un agréable dîner dans un petit restaurant en bord de mer.
Par la suite, nous reprenons le traversier pour aller sur l’île de Heybeliada mais il n’y pas pas grand chose à voir, sinon siroter un thé en regardant les gens monter et descendre des ferrys. Une jolie pause sous une brise qui est la bienvenue.
A notre retour vers Istanbul, j’ai enfin la joie de voir 2 dauphins émerger de l’eau pendant quelques minutes, mes premiers dauphins depuis que je navigue.
Demain sera notre dernière journée complète et nous ne savons pas encore ce que nous ferons.

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Femme de marin 2014-38: 10e journée à Istanbul – Sainte-Sophie

Ce matin, après s’être battus quelques temps avec la sonnette de l’appartement qui s’est mise à retentir sans arrêt et sans raison, nous sommes partis visiter l’attraction touristique phare d’Istanbul, Sainte-Sophie, qui est un joyau architectural qu’il ne faut pas manquer.

Nous y allions un peu à reculons car j’avais lu bien des critiques négatives sur Sainte-Sophie (file d’attente pas organisée, les tours opérateurs qui vous doublent avec leurs groupes de 50 personnes, prix trop élevé, achat du billet qui se fait dans la confusion et le tumulte, restauration d’une partie de l’édifice qu’on ne vous dit pas à l’entrée, etc.). J’avais également lu qu’il fallait encore revêtir des pieds à la tête la fameuse soutane, ce qui était loin de m’enchanter. Mais comme il s’agit d’une attraction majeure, ça aurait été bête d’aller à Istanbul et de ne pas l’avoir vue.

Nous arrivons sur place vers 9h30 et il y a une file d’attente mais pas si longue en ce début de matinée. Effectivement, il y a des guides tout le long de la file qui vous offrent leurs services mais nous n’en voulions pas. Nous devons en premier acheter le billet qui se fait effectivement un peu de façon erratique. Le prix de 30 TL (15 $) par personne nous semble aussi très élevé. Muni de notre billet,
nous passons sous un détecteur de métal (tout comme dans la plupart des attractions à Istanbul). Par la suite, nous devons passer une autre barrière où le dit billet est scanné. L’entrée sur le site se fait en entonnoir, comme à bien d’autres endroits que nous avons visités. Pour une ville qui reçoit autant de touristes à longueur d’année, l’organisation de la visite des sites est pas mal « broche à foin ».

Un peu d’histoire avant de continuer: La basilique Sainte-Sophie, qui signifie « Sagesse Divine », est une ancienne église chrétienne de Constantinople du 6e siècle, devenue une mosquée au 15e siècle (1453) après la conquête de la ville par les Turcs ottomans sous le règne du sultan Mehmed II.
Depuis 1934, le bâtiment est devenu un musée, interdit au culte, ayant conservé et restauré les éléments du lieu propre aux religions chrétiennes et musulmanes. L’édifice entouré de ses quatre minarets est devenu le plus célèbre monument d’Istanbul, faisant face à la célèbre mosquée Bleue, attraction touristique mais aussi lieu de prière.

Une immense coupole de 30 mètres de diamètre et 55 mètres de haut de même que des mosaïques recouvertes de feuilles d’or attirent aussitôt notre attention. Se mêlent en harmonie des éléments d’architectures byzantine et musulmane. On peut aussi visiter les tribunes plus haut avec de splendides mosaïques du 10e au 13e siècles. Et non, on ne nous a pas fait mettre la fameuse tunique car présentement le bâtiment est interdit au culte, comme j’ai dit plus haut.

Il faut savoir que ces dernières années, plusieurs édifices chrétiens ont réouvert au culte musulman. Des fidèles musulmans réclament depuis des années la réouverture de Sainte-Sophie au culte. Le gouvernement Erdogan, qui mène une politique d’islamisation, a déjà évoqué plusieurs fois cette hypothèse. Le gouvernement islamiste actuel, afin de galvaniser les masses conservatrices, souhaite reconvertir en mosquée le musée de la basilique Sainte-Sophie.

Mais pour l’instant, je peux dire que c’est un des endroits que j’ai le plus aimés, mieux même que la fameuse mosquée Bleue. Même si une partie de la basilique est en restauration, il demeure que c’était assez impressionnant de marcher dans une aussi vieille bâtisse qui garde toujours son cachet.

Par la suite, nous sommes allés visiter un petit musée ferroviaire situé dans la Gare, côté européen. Il n’y avait pas grand chose à voir sinon quelques éléments du fameux train Orient-Express qui nous ramenaient à une vieille époque des chemins de fer.

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Femme de marin 2014-37: 9e journée à Istanbul – Grand bazar et citerne basilique

Il a plu hier toute la soirée et probablement une partie de la nuit, si bien qu’au matin la ville est nuageuse et une brise fraîche est réellement la bienvenue. C’est la première journée qu’on se promène sans avoir cette sensation de chaleur et d’humidité intense sur la peau.

Nous partons visiter le Grand Bazar. C’est quelque 4,000 échoppes clinquantes du plus grand marché couvert d’Orient, temple du shopping artisanal malheureusement voué au tourisme.
Réparti sur 200 000 m², le Grand bazar est situé le long de 58 rues intérieures auxquelles on accède par 18 portes. Nous n’avons pas fait toutes les portes mais il y avait un policier à l’entrée de toutes celles par où nous sommes passés.

Considérablement élargi au 16e siècle sous Soliman le Magnifique, la partie la plus ancienne date de 1455 et a été construite en bois sur ordre de Mehmed II, à l’emplacement d’un ancien marché. Il a été restauré et partiellement reconstruit, à la suite d’un tremblement de terre en1894, Il fut ravagé plusieurs fois par des incendies, dont le dernier est survenu en 1954, détruisant la moitié du bâtiment.

Comme tous les bazars, il est organisé par quartiers regroupant chacun un certain type d’artisanat : bijoux, tapis, textiles, mosaïques, argenterie,…
Au centre, se trouve une vaste salle voûtée, le Bedesten, sorte de marché aux puces où s’entassent d’innombrables vieilleries : armes anciennes, bijoux, parures, vaisselles, argenteries, pièces de monnaie, etc…
Avec ses nombreuses « avenues », il devient très difficile de retrouver son chemin même si les portes sont numérotées. Nous nous y engloutissons et à l’heure matinale où nous arrivons (le bazar ouvre à 9h00 et il est 10h00), il n’y a pas encore foule même s’il y a beaucoup de monde. Beaucoup de commerçants nous invitent à venir voir leurs marchandises en nous disant bonjour en premier. Certains nous demandent d’où on vient mais rien de bien harassant.
Nous trouvons peu de kiosques qui vendent du linge pour enfants (cadeaux pour nos petits-enfants) et ceux qui en vendent ont des marques connues (Adidas, etc.). Nous finissons par en trouver un avec des logos et dessins d’Istanbul et discutons avec le vendeur. Celui-ci veut nous vendre un coton ouaté avec capuchon au prix de 75 TL (entre 35 et 40 $), ce qui est un prix beaucoup trop exagéré pour ce que ça vaut. Je sais bien qu’ils montent les prix pour pouvoir négocier mais nous ne sommes pas très portés sur la chose. Serge est en pétard et comme il déteste négocier, il ne se prête pas « au jeu » et suggère au vendeur qu’il commence par vendre son stock à des prix « décents » en premier. Nous quittons le kiosque en entendant le gars descendre ses prix mais il est trop tard pour Serge. Plus rien ne lui convient et pour lui, le gars a perdu sa vente.
Nous continuons de nous promener pendant un moment et ne trouvons plus rien qui fasse notre affaire. Je n’ai jamais vu autant d’or au mètre carré et je me demande vraiment si tous ces bijoux sont vrais ou si c’est du « fake ». Les prix sont parfois exagérés par rapport à d’autres endroits, et il ne faut surtout pas hésiter à marchander si vous savez y faire. Comme je n’aime pas me faire achaler, c’est parfois un peu énervant de voir les vendeurs s’approcher de nous pour nous attirer dans leurs boutiques. Même si je savais à l’avance que c’est comme ça que ça marche ici, ça a quand même gâché mon plaisir. De voir autant de bébelles m’a un peu donné le tournis, c’est vraiment étourdissant! Mais ça vaut la peine d’aller y faire un tour. C’est une activité touristique en soi!
Comme nous avons passé moins de temps que prévu dans le grand bazar, nous décidons d’aller visiter la Citerne bizantine. Comme nous n’avions pas prévu de faire cette visite aujourd’hui, je n’ai pas apporté mon appareil photo (Olympus OM DE- M5) qui prend de très belles photos même en contexte de faible lumière. Je le regrette mais nous nous contenterons des photos prises par le petit appareil numérique de Serge.
La Citerne Basilique d’Istanbul (Yerebatan Sarnici en turc) est une vaste pièce de 138 mètres de longueur et de 65 mètres de large. Ce palais englouti approvisionnait le palais de Topkapi en eau.Au fond de la citerne, des colonnes reposent sur deux têtes de la Méduse probablement prélevées d’anciennes villas.
Comme à la fontaine de Trévi, certains lancent une pièce et font un vœu.Cette citerne, qui fut construite par l’empereur Constantin au 4e siècle avant d’être agrandie par l’empereur Justinien en 532, fait penser à l’intérieur d’une église par sa salle gigantesque. Elle fut alimentée par les aqueducs édifiés par l’empereur Constantin plus au Nord de la ville. Elle avait pour rôle de fournir de l’eau au palais impérial de l’époque avec un réservoir de 80 000 mètres cubes d’eau. L’intérieur de la citerne est composé de 336 colonnes de huit mètres de hauteur récupérées dans différents temples de la ville de Kadiköy, non loin de Constantinople.. Plus précisément, 12 rangées de 28 colonnes supportant des voûtes et des arcs forment l’ensemble intérieur de la citerne. Deux de ces colonnes se distinguent par la représentation d’une tête de Méduse à leur base. La Citerne Basilique a également fait ses premiers pas dans le cinéma car elle a été utilisée pour tourner une partie du film de James Bond, « From Russia with Love ».

Outre le fait de se promener parmi les colonnes et de prendre quelques photos, le prix d’entrée de 20 TL (10 $) par personne est un peu exagéré compte tenu de ce qu’il y a à voir.

Par la suite, nous arrêtons manger à une terrasse d’un restaurant (Le Safran) dont la nourriture et le service sont excellents. Serge se moque un peu de mon allure de « raton laveur », vu que je porte continuellement des lunettes soleil, mais le serveur se fait tout à fait charmant en répliquant que je « look gorgious »! Compte tenu de son âge (dans la trentaine), du mien (58 ans), de l’absence de maquillage depuis que je suis en vacances et du turban qui orne mes cheveux non coiffés, je le trouve tout à fait mignon et charmant de me faire un tel compliment. Je le prends avec plaisir!

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Femme de marin 2014-36: 8e journée à Istanbul – son côté asiatique

Aujourd’hui, nous prenons le ferry pour aller du côté asiatique d’Istanbul. Je lis dans différents guides qu’il y a peu de touristes qui y vont et cela nous apparaît être le cas, du moins je vois moins de disparités chez les gens qui se promènent.

En arrivant dans le quartier d’Üsküdar, nous longeons le Harem Üsküdar Yolu qui est l’avenue près de la mer afin d’aller rejoindre la tour de Léandre que nous désirons visiter, tour qui se situe sur un tout petit ilot du Bosphore entre la rive européenne et la rive asiatique d’Istanbul. Cette tour fut construite en 408 avant J-C par le général grec Alcibiade, afin de contrôler les navires perses au sein du détroit du Bosphore. C’est alors un point de contrôle entre les villes de Byzance et de Chrysopolis. En 1110, le tour de Léandre fut reconstruite en forteresse par Alexis Comnène, empereur byzantin. Elle a ensuite été modifiée par les Turcs ottomans au cours du 15e et 18e siècles. La tour servit de phare pendant des siècles. Appelée par les Turcs Kiz kulesi, elle abrite désormais un café/restaurant offrant un panorama somptueux sur les rives d’Istanbul.

Nous arrivons à l’embarcadère et voyons qu’on nous charge 20 TL (10 $) par personne pour faire environ quelques centaines de pieds en bateau pour se rendre à la tour et y monter. On se regarde penauds et on trouve ça ridicule. On décide alors de s’attabler à une terrasse pour y boire un rafraîchissement et prendre des photos de la tour et du Bosphore. On y voit 2-3 gars qui nagent et je peux vous dire qu’on me paierait cher pour que je plonge dans le Bosphore qui est très pollué, semble-t-il! En plus, il y a beaucoup de courants.

Envie ici de vous partager une légende très répandue en Turquie en ce qui a trait à la tour de Léandre: Un oracle prédit à un sultan que sa fille serait mordue à mort par un serpent le jour de son 18e anniversaire. Pour écarter sa fille des serpents, le sultan fit alors construire la tour de Léandre pour la protéger jusqu’à ses 18 ans. Seul son père lui rendit alors visite au sein de la tour. Satisfait de son idée ingénieuse, le sultan apporta un panier de fruits exotiques à sa fille le jour de son 18ème anniversaire. Un serpent était caché dans les fruits et mordit alors la jeune princesse qui mourra devant son père à cet instant. La prophétie de l’oracle avait été respectée. La tour porta alors le nom de la fille du sultan, à savoir Léandre. Cependant, une seconde légende, d’origine grecque existe. C’est le mythe de Héro et Léandre. Léandre nageait chaque soir pour rejoindre Héro de l’autre côté du détroit. Un soir de tempête, la lumière tenue par Héro qui guidait Léandre s’éteignit à cause des vents. Léandre se perdit et se noya dans le détroit. Bouleversée, Héro se jeta de la tour et mourut. Deux belles légendes, c’est le fun, hein?

Par la suite, nous décidons d’aller visiter le Palais de Beylerbeyi, construit en 1865 par l’architecte Sarkis Baylan sous le règne du sultan Abdulaziz en remplacement d’un palais en bois édifié au début du 19ème siècle par le sultan Mahmud II.  En fait, le Palais de Beylerbeyi fut construit pour y accueillir les chefs d’États ou pour servir comme résidence d’été au sultan.

Dans Google, on estime que le Palais se situe à environ 7 km d’où nous sommes. Nous nous adressons donc à une employée d’un kiosque de tourisme aussi intéressée à nous renseigner que d’avoir envie de se faire mordre par un cobra! Elle nous indique d’une façon vague où prendre le bus et nous y allons à tâtons sans trop savoir lequel prendre exactement. Nous finissons par trouver lequel et nous nous y engouffrons parmi les gens. Serge demande alors au chauffeur combien cela coûte. Le gars lui prend 7 TL (3.50 $) et du petit change. On part rien que sur 2 roues presque et comme le bus est bondé, nous sommes debout à essayer de nous maintenir en équilibre pendant que le chauffeur conduit comme un pied dans les rues sinueuses. Vous imaginez la scène? Nous, on essayait de voir les pancartes indiquant le château et c’était impossible de consulter la carte, nos 2 mains étant occupées à se tenir à flot pour ne pas tomber.

Après 30 minutes de ce tour de manège, nous décidons de descendre, croyant qu’on était rendus. On s’informe à un gardien qui, pas trop sûr, s’informe à une autre personne et on se rend compte qu’on doit rebrousser chemin. On avait manqué l’arrêt d’environ 15 minutes. On reprend un autre bus qui nous charge 5 TL (2.50 $) cette fois-ci! On arrive à destination et nous décidons de manger à une terrasse. Comme il est 13h15, c’est l’appel à la prière et à chaque fois, je fais le saut d’entendre le muezzin « caller la shot » dans les haut-parleurs. Le serveur nous dit que le Palais est juste à côté. Après avoir marché encore quelques temps, croyez-le ou non, ben on a jamais trouvé le maudit Palais!! Fatigués et tannés, nous décidons de reprendre le ferry pour revenir sur la rive turque où nous habitons. Nous reprenons le bus pour nous rendre au ferry et cette fois-ci, le chauffeur ne nous charge rien, nous disant que ça prend une carte pour le bus! Voilà 2 chauffeurs précédents qui ont fait de l’argent avec nous. C’est donc nous les « têtes de Turcs »!!!

Arrivés au traversier, Serge recharge sa carte et comme les indications ne sont pas claires, nous prenons un bateau qui nous amène à hauteur du Musée naval, soit plus haut que l’endroit où nous sommes supposés arriver. On reprend un 4e bus qui, cette fois-ci, nous amène à bonne destination.

Ce fut une journée qui ne nous a pas trop gâtés côté découvertes. On se reprendra demain.

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Femme de marin 2014-35: 7e journée à Istanbul – Mange, vis, aime…

Aujourd’hui, visite du Musée naval d’Istanbul. Quand il y a un musée naval quelque part, Serge et moi aimons toujours nous y promener et j’apprends généralement plein de choses en questionnant le Capitaine. Peut-être que certains seront moins intéressés par les photos de cette chronique mais les Turcs avaient l’art de décorer leurs bateaux et c’est de vrais petits chefs-d’oeuvre que nous avons vus aujourd’hui!

Dans un autre ordre d’idées, pour parodier le film de Julia Roberts « Mange, prie, aime », je dirais des Stambouliotes: « Chante, prie, vend, klaxonne ».

A l’appartement, nous avons la télé satellite et j’aime toujours regarder quels types de postes sont diffusés dans un pays car cela donne une bonne idée de la culture ambiante.

Après une semaine d’écoute le soir, sur 224 chaînes disponibles, j’ai répertorié les sujets suivants:
60 postes diffusent de la musique: vidéos-clips à la tonne, émissions où on présentent des chanteurs et danseurs turcs, principalement de musique traditionnelle. Les Stambouliotes (habitants d’Istanbul) aiment chanter. Lorsqu’on se promène dans les rues, on entend régulièrement les hommes chanter. Cependant, je ne peux dire si la nature de leurs chants est religieuse ou non.
Environ 10 chaînes diffusent des émissions de prière. Quand on met le nez dehors, on entend régulièrement les muezzins psalmodier leurs psaumes dans les haut-parleurs installés un peu partout, surtout sur les sites touristiques. Saisissant au début, on finit par s’habituer.
Pas moins de 40 chaînes vous vendent des bébelles de toutes sortes: téléphones intelligents, électronique, cossins, bijoux et autres cochonneries du même genre. Le plus drôle est que c’est souvent le même bonhomme qui annonce en criant presque, de poste en poste. Dans les bazars, on se fait accrocher pour venir voir le stock des boutiques mais rien de vraiment gossant. Mais des bébelles, en veux-tu? En v’là! Trop c’est comme pas assez.
Environ 50 chaînes qui parlent d’affaires publiques et de nouvelles. En Turquie, ça jase et ça discute fort! Compte tenu de la difficulté de la langue, je n’ai jamais pu savoir de quel sujet il s’agissait.
Et ça klaxonne dans les rues toujours bondées de trafic incessant. Quand on déambule, il faut savoir se faufiler entre les voitures ou la constellation de gens qui arrivent dans tous les sens. Les Stambouliotes s’excusent rarement de vous accrocher au passage et c’est parfois irritant. Istanbul est une fourmillière qui n’arrête jamais!
Istanbul est une ville sale. Avec autant d’habitants, j’imagine qu’il n’est pas facile de gérer la propreté de la ville. Par contre, nous avons remarqué que bien des gens jettent leurs déchets par terre en marchant. Vraiment bizarre comme « concept »…

En revenant à l’appartement, nous avons toujours un petit rituel pour ne pas perdre le fil du voyage: Serge télécharge les photos et les classifie pendant que j’écris la chronique du jour. Puis, nous vérifions nos courriels et faisons un tour de piste sur FB. Je viens de tomber sur cet article de Stéphane Laporte qui m’a beaucoup touchée:
http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/stephane-laporte/201408/16/01-4792198-good-night-robin.php. Peut-être est-ce parce que j’ai toujours su que je n’avais pas une bonne chimie naturelle comme Stéphane Laporte et que, toute ma vie, je dois combattre une mélancolie qui me colle à la peau. Peut-être est-ce aussi parce qu’aujourd’hui nous avons appris le suicide de la tante de Serge (79 ans).

En conséquence, aujourd’hui plus que tout autre jour, j’ai envie de vous dire: « Mange, vis, aime ». Simplement…

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Femme de marin 2014-34: 6e journée à Istanbul – Le Musée d’art moderne

Ce matin, nous sommes allés visiter le Musée d’Art moderne d’Istanbul situé dans le quartier de Beyoglu où nous séjournons. Le Musée a été ouvert en décembre 2004 dans un ancien entrepôt de 8000 m² le long du Bosphore, entrepôt qui fut réaménagé par l’architecte italienne  Monica Bonvicini.

Le Musée d’Art moderne comporte de nombreuses peintures, sculptures, photographies et vidéos d’artistes turcs et internationaux à l’intérieur d’une collection permanente et d’expositions temporaires. A l’origine, les collections étaient composées principalement d’œuvres d’artistes turcs mais elles s’ouvrent progressivement à l’international.

Le musée donne une bonne rétrospective de l’art turc du XXème siècle et plus généralement de l’art moderne et contemporain, avec des oeuvres accessibles, bien expliquées et contextualisées. Une pause artistique, rafraichissante et au calme. Superbe, audacieux, lumineux.

Nous pouvions prendre des photos sans flash et nous vous donnons une rétrospective des oeuvres qui nous ont particulièrement plu à Serge et à moi. Certaines photos n’ont pas de titre mais c’est parce que nous ne les avons pas trouvées dans le livre que nous avons acheté à la boutique du musée.

Par la suite, Serge a été se promener pour visiter des boutiques d’équipement de plongée. Il en a trouvés à meilleur prix que ce qu’il a vu à date, mais cela demeure cher et le bateau nécessite d’autres priorités. Donc, à suivre…

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