Chronique du Capitaine 2014-50: Marmaris-Dalyan (Turquie)

Samedi 26 juillet,

Comme mentionné lors de mon dernier petit mot, hier j’ai été visiter Dalyan et le tombeau des Rois. Embarquement à 8h45 pour départ à 9h00 qui finalement a eu lieu à 9h30. Ensuite on suit la côte pour voir Marmaris du large avec ses 7 km de plage et hôtels, Oui, ville touristique mais plaisante quand même. On voit Icmeler au loin et  maintenant on sort de la baie de Marmaris, direction Dalyan, notre but ultime, du moins le mien, car à voir les gens sur le bateau, je crois que la majorité y sont là pour le soleil et la promenade sur la mer.

Premier arrêt : une grotte, intéressante mais sans plus, ensuite un autre arrêt pour la baignade et cette fois nous aurons droit à 30 minutes, l’eau est fraîche et bienvenue. On lève l’ancre et on repart, ralentissement a l’île Ylancik aussi connue sous le nom de l’île aux dauphins nous dit-on, car souvent les dauphins seraient vus à nager et sauter autour de cette île. Bon, peut-être mais pas aujourd’hui! Ce que le guide ne mentionne pas c’est que nous sommes aussi à l’entrée d’une baie qui est interdite à la plaisance, car au fond de cette baie se trouve une grande base militaire de l’OTAN.

Direction Iztuzu où se trouve la plage aux tortues et où fut filmé le film la Reine Africaine avec Humphrey Bogart et Katherine Hepburn (Africain Queen). Nous pouvons aussi voir des tortues Caouannes (caretta caretta), plusieurs cette fois mais pas aussi clairement que celle que j’ai vue entre Katakolon et Kiparissia en Grèce. Ici, ils les attirent en lançant des crabes attachés à une ficelle, et elles semblent se faire prendre chaque fois mais ne font qu’effleurer la surface et retournent dans les profondeurs. Par la suite, baignade sur la presqu’île de sable brûlant où les tortues viennent pondre leurs œufs avant de retourner à la mer. Ici, la plage est interdite de 20h à 8h pour laisser les tortues pondre et les petits aller à la mer. De jour, ils mettent des cages au-dessus des endroits où se trouvent les œufs pour ne pas les déranger.

Nous prenons maintenant les chenaux entre les rosiers pour se rendre à Dalyan où j’ai bien hâte de voir les tombeaux des rois Lycéens creusés à même le roc. Certains sont immenses, d’autres que des petits trous dans la montagne. Tout dépendait des moyens économiques de la famille. Malheureusement on ne peut pas aller les visiter, seulement regarder de loin comme nous faisons.

Dernière étape : bain de boue suivi d’un bain dans une source d’eau chaude qui est supposé avoir des vertus thérapeutiques et nous rendre la peau comme une peau de bébé. Ok, à 61 ans, je suis peut-être en train de retourner en enfance mais la peau de bébé je n’ai pas. Pas grave, tant qu’à y être, pourquoi pas?

Maintenant, nous sommes sur notre retour. Presqu’une heure pour retourner à notre bateau qui nous attend à Iztuzu, ensuite une demi-heure d’attente avant les deux heures de navigation pour retourner à Marmaris et un trente minutes supplémentaires pour moi à partir de Dolmus pour le retour à Yat Marina.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Femme de marin 2014-26: Ma vie c’est de la marde????

On ne choisit pas la direction du vent mais on peut ajuster ses voiles….

Merci, Alice, de me rappeler cette phrase que je connaissais déjà mais que j’ai bien souvent de la misère à appliquer. Faut dire que l’été 2014 n’a pas été la meilleure dans ma vie : fourmis charpentières qui envahissent la maison et le terrain, jouer à cache-cache avec une moufette dans la cour arrière, dépenses imprévues pour éliminer tout ça, 4 mois sans voir mon chum, et finir avec un poste que je n’ai pas eu parce qu’il y avait un test sur des bases de données que je n’utilise pas dans le cadre de mon travail.

Vous connaissez l’histoire des 3 gars qui sont enfoncés dans la marde jusqu’au cou? Il y en a un qui dit aux autres : « Hey, les gars, j’ai envie de péter! »… Ben, j’ai l’impression qu’il s’est lâché lousse présentement….

Faut se concentrer sur les choses qui vont positives dans la vie : j’ai encore un boulot (que je pourrais appeler un boulet parfois, mais bon, j’ai dit qu’il fallait se concentrer sur les choses positives), j’ai une fille qui est enfin heureuse, j’ai perdu 60 livres et ma santé s’en porte mieux, je commence à me remettre en forme, j’ai des amies fidèles qui sont toujours là malgré la distance, et surtout un Capitaine qui m’épaule peu importe ce qui arrive et malgré qu’il ne soit pas là physiquement. J’ai la chance de faire des voyages qui m’ouvrent l’horizon et même si je ne suis pas une pro de l’ajustement des voiles, je peux compter sur tout ce beau monde pour m’enseigner qu’il ne faut pas lâcher.

Y faut juste que je me le répète à tous les jours, et ces temps-ci plusieurs fois par jour. Show must go on!

Chronique du Capitaine 2014-49: Marmaris 3 (Turquie)

Rien de nouveau, juste un petit mot pour vous dire que les travaux avancent et que je devrais aller faire ma première excursion vendredi.

Pour ce qui est du bateau, le cirage de la coque est terminé, j’ai commencé à vernir et à refaire les joints d’étanchéité des hublots. J’ai profité de la piscine, quelle merveilleuse façon de se rafraîchir, mais j’ai agi en con: j’ai oublié ma carte guichet dans une distributrice de billets et maintenant je dois aller la récupérer demain après-midi à la banque de Marmaris. Aujourd’hui ce sera les hublots tribord et un peu plus de vernis.

J’ai hâte à l’excursion à laquelle je me suis inscrit pour la visite de Dalyan par bateau pour vendredi, le clou de la visite étant les tombes des Rois qui ont été creusées à même la montagne, mais je saurai vous en dire plus samedi matin.

Là-dessus, bonne journée!

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Chronique du Capitaine 2014-48: Première visite de Marmaris (Turquie)

Samedi 19 juillet

Je n’écris pas souvent, que voulez-vous? Les travaux sur le bateau font que je n’ai pas grand-chose de nouveau à vous raconter. hier après-midi, j’ai pris congé du bateau pour aller faire un tour à Marmaris, voir si je pouvais m’acheter une clé internet, pas de problème si je réussis à trouver les bons magasins. Cinq minutes plus tard et je partais avec une clé wifi qui fonctionne à merveille. J’ai ainsi pu déambuler dans la ville, parcourir le Bazard, m’être fait achaler pour une coupe de cheveux, et j’ai finalement capitulé, visiter le château qui contient un petit musée archéologique. J’ai également été voir le terminal d’autobus pour voir comment procéder pour me rendre à Istanbul, mais je n’ai pas encore arrêté mon choix, il y en a trop. Je ne les ai pas comptées mais il y a plusieurs compagnies qui font le trajet. Je vais essayer de me renseigner avec les gens d’ici pour voir ce qu’ils me suggèrent.

J’ai aussi pris des renseignements sur les sorties qui sont proposées soit  par bateau, cheval, jeep, autobus dans les alentours, vraiment beaucoup de choix intéressants. Par exemple, on offre un safari en jeep au travers les forêts de pin, les routes de montagne et la visite de quatre villages, ou un tour en bateau pour aller visiter Dalyan et les tombeaux des rois, avec baignade et bain de boue, ou la descente de rivière en pneumatique, ou une visite à Ephesus pour voir les ruines grecques et romaines, ou Pamukkale et sa grandiose piscine de calcaire. Donc je commence par quoi et quand? Ok, la priorité demeure le bateau mais je vais aussi en profiter.

En attendant, voici quelques photos de Marmaris.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Chronique du Capitaine 2014-47: Marmaris (Turquie)

Lundi 14 juillet

Pas possible de faire simple il me semble, mon guide disait bien que nous pouvions faire les papiers d’entrée ainsi que les douanes ici à Yat marina, et bien non! On en fait une partie ici et ensuite il faut prendre le bateau et se rendre au quai des douanes qui. par hasard, n’avait pas de place car des bateaux d’excursion y étaient amarrés. C’est une exception me dit-on, mais il aurait dû faire une exception pour moi aussi et faire mes papiers ici à Yat Marine. Bon, ça ne marche pas de même ça a tout l’air! Accoster à un quai de cargo avec le vent qui souffle toujours contre le quai à 18-20 nœuds, des pneus qui font presque une demi longueur de mon bateau, juste parfait pour le gelcoat. Les papiers avec les douaniers sont faits et là je retourne à ma marina pour finaliser mes papiers avec je ne sais trop qui, et ensuite la marina, mon contrat pour la sortie de l’eau, mais une autre surprise, je dois enlever les voiles avant de sortir de l’eau. Allez, au travail, Serge, une autre chose de faite, on vient me voir tu veux sortir maintenant? Certainement, et bien me voici sur la terre ferme, assis dans Nomade avec le ventilateur sur moi pour vous écrire ce petit mot. Bon ici j’ai l’électricité, l’eau, mais le wifi ne se connecte pas, par contre j’ai une bière froide.

Mardi 15 juillet

Hier j’ai réussi à nettoyer la ligne de flottaison ainsi que la partie de la coque qui est normalement sous l’eau. J’ai commencé à rincer les cordages et ma journée était faite. Ce matin, encore un peu de fraîcheur, ça fait du bien, douche, déjeuner, j’ai déjà d’autres cordages à rincer, j’essaie de nettoyer et ranger à mesure, sinon je ne me retrouverai plus. Voilà, le gros des cordages est fait. L’ancre, sa chaîne, son câblot et le puits sont bien rincés et sècheront pour la nuit. J’ai été porter ma grand-voile chez le voilier, une petite réparation qui m’a coûté 70 lyres turques. J’ai commandé un échafaud pour pouvoir bien nettoyer la coque et réviser les hublots. Ensuite j’ai été récupérer mon linge à la buanderie avant de prendre le dolmus pour Marmaris (Les dolmus sont des fourgonnettes qui effectuent un trajet prédéterminé, en milieu rural comme en ville), le dolmus entre l’autobus et le taxi, un peu comme ce que nous pouvons trouver en Tunisie, pas cher et bien commode. J’ai pu ainsi récupérer un numéro de téléphone turque, mais pas encore de wifi et pas certain combien de temps mon téléphone sera valide, il doit être enregistré et je n’ai pas encore trouvé où je pouvais faire ça.

J’allais à Marmaris pour rencontrer des gens du club Marmaris, des personnes qui se parlent tous les matins sur le VHF  et j’espérais recevoir de l’information pertinente aux travaux que j’ai à faire sur le bateau, et bien je ne les ai jamais vus, mais j’ai fait connaissance de gens vraiment charmants, Thierry un Français, Patrick et Meryem un Suisse marié à une Turque, tous vivants de leur passion de la voile. Une merveilleuse soirée, un excellent repas en parfaite compagnie, quoi demander de mieux? Merci à vous trois pour cette charmante soirée qui est tombée à point!

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Chronique du Capitaine 2014-46: Rhodes (Dodécanèse-Grèce) et Marmaris (Turquie)

Me voici à Yat Marine juste à côté de Marmaris en Turquie. C’est ici que je planifie laisser le voilier jusqu’à la saison prochaine. Hier, je suis arrivé trop tard pour les formalités douanières et sans avoir passé les douanes rien d’autre ne se fait. Donc, ce matin à 9h00, je dois rencontrer la personne qui m’aidera pour les douanes, il semble que ça soit le processus ici.

Entretemps, laissez-moi vous parler de Rhodes : jolie ville avec ses fortifications des croisés de la St-Jean, plus qu’imposantes je dois admettre. et la vieille ville à l’intérieur de ses murs. Il faut savoir que Rhodes à une grande histoire qui a commencé bien avant les croisés. L’île était un point tournant pour le commerce entre l’Afrique, l’Asie, la Grèce et l’Italie. Trois de ses ports sont mentionnés par Homère. Cette île a vécu en paix ou à peu près jusqu’à ce qu’elle se fasse saccager par Cassius en 43 AJ, pour ensuite sauter d’un envahisseur à l’autre soit les Byzantins, les Sarazins, les Vénitiens ensuite les Génois qui donnèrent asile aux chevaliers de St-Jean qui devinrent les maîtres des lieux trois ans plus tard. Ensuite, vinrent les Ottomans, suivis des Italiens en 1912, et durant la deuxième guerre mondiale l’île tomba sous le contrôle allemand avant de devenir grecque en 1947. Mais assez d’histoire si ce n’est que cela ressemble un peu à l’histoire de cette région toute entière et qu’un jour, ces guerres finiront peut-être pour de bon?

Revenons à Rhodes que j’ai quitté un peu trop vite, mais étant pressé par le temps, la météo n’étant pas favorable, n’ayant pas accès au port dû au manque de place, je me faisais balloter à l’ancre. Je me suis dit tant qu’à me faire balloter par le vent, aussi bien en prendre avantage et j’ai donc quitté la Grèce après plus de 15 îles ainsi qu’une partie de la côte Ouest centrale ainsi que la Péloponnèse d’Ouest et du Sud, disons que je n’ai pas à me plaindre.

La traversée fut très bien jusqu’à l’approche de la baie de Marmaris avec un vent de travers oscillant entre 21-28 nœuds. Par contre, une fois dans la baie, le vent tournant au Nord fit que l’approche fut plus lente. J’appelle à la marina pour m’annoncer, parfait quelqu’un m’attendra à l’entrée, me dit-on. Ostie! Ils m’attendent oui, pas de place me dit-on. Je leur réponds que j’ai une confirmation par courriel mais même réponse. Je rappelle, on me dit de patienter, je tourne en rond, j’attends, je tourne toujours en rond, fuck-it! Je vais m’attacher après votre bateau, leur dis-je, et oups, les voilà qui sautent dans leur zodiac et me donnent une place. Pourquoi faire simple quand ça peut-être compliqué?

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Femme de marin 2014-25: Nostalgie…

« Une des dispositions constantes de l’homme est de souhaiter être ailleurs que là où il est. » (Jacques Réda)

Dit autrement : « Be careful on what you wish ». Il arrive un moment où malgré toutes les beautés qu’on voit, la lassitude s’empare de nous. Ce qu’on désirait le plus est là, devant soi, et pourtant…

Même dans les voyages les plus fous, la routine s’installe : tracer sa route pour le lendemain, prendre une bonne nuit de sommeil, se lever tôt, boire son café, lâcher les amarres et partir conquérir une autre terre, arriver à bon port, mettre en ordre ses papiers, débarquer dans un lieu nouveau, explorer, faire connaissance avec de nouvelles personnes à ajouter sur sa liste, s’asseoir à un café, commander une bière, un mets et… ouvrir son portable pour communiquer avec sa belle, lui parler quelques instants, et souhaiter qu’elle soit là près de nous pour partager des moments d’émerveillement.

Au bout d’un moment, tous les pays se ressemblent. D’une certaine façon, tous les cafés en bord de mer montrent le même paysage et on ressent une nostalgie indéfinissable devant ces destinations que nous avions tracées depuis des mois. Voilà, nous y sommes et pourtant… Il arrive un moment où on a envie de rentrer dans ses terres simplement parce que ce sont les nôtres et pas celles qu’on avait envie de conquérir par-dessus tout. L’hiver viendra à nouveau et une nouvelle route se tracera en prévision du prochain voyage.

On peut se lasser de tout, simplement parce que lorsqu’on a vu un dauphin, un musée, un site archéologique, on les a tous vus. C’est affreux de dire ça alors qu’il y a tant de gens qui ne pourront jamais vivre de telles expériences et pourtant… Même ceux qui ne se lassent jamais de voyager, qui se détachent facilement de leurs proches, ressentent parfois le manque de ceux-ci, ou le manque de quelque chose qui relève du quotidien.

Où que vous puissiez aller, n’oubliez jamais une chose : vous vous emportez avec vous-mêmes.

Et même si vous restez, il y a toujours quelqu’un, quelque part, qui vous manque. Il y a cette vie que vous continuez, toujours la même, et qui vous amène à réfléchir sur elle, sur votre façon de la mener, sur les joies et les peines que vous vivez sans ce quelqu’un qui est au large.

Le goût du retour se fait sentir, c’est le cycle normal des choses. Il y a les départs planifiés, souhaités, l’attente des chroniques et des photos qui font rêver, les rendez-vous à distance qui sont parfois perturbés par des problèmes de communications, puis les retrouvailles anticipés et les retours interminables.

Parfois, il m’arrive de craindre que ma vie soit la continuité de celle de ma mère qui m’avait confié un jour, alors que mon père était décédé, avoir vécu sa vie en filigrane de la sienne. Cette année, le Capitaine revient avec moi. Il me semble ne pas lui avoir suffisamment tenu la main, ne pas avoir assez marché à ses côtés, avoir fait trop souvent abstraction de sa façon de voir la beauté du monde et sa manière toute particulière d’en saisir le sens. La lassitude de celle qui reste…

Envie de projets unificateurs, le temps passe si vite même si parfois il semble s’arrêter. Encore quelques semaines et je pourrai entendre ton rire et me détendre dans tes bras. J’ai la nostalgie de tes blagues idiotes, de ton souffle régulier la nuit lorsque tu dors à mes côtés, de ton bras qui se pose nonchalamment sur moi lorsque tu t’enfonces dans le sommeil, de tes silences lorsque tu me regardes, de ton regard d’azur lorsqu’il va plus loin que les vagues qui se soulèvent. Il y a tellement de choses que j’ignore encore de toi. Tu es ma plus belle terre à découvrir!

3061818515_1_3_AFVEHql3

Chronique du Capitaine 2014-45: Emborios-Nisoi Khalki (Dodécanèse-Grèce)‏

Bonjour,

J’avais bien dit que je pousserais peut-être un peu plus loin, et bien 21 heures plus tard et 97 milles nautiques sous la coque, me voici à Emborios sur l’île de Khalki. Rhodes la majestueuse, est juste à côté, mais j’aurai quand même 37 milles à faire demain pour me rendre dans la ville du même nom et remplir les papiers nécessaires avant de quitter la Grèce pour probablement 2 ans, car présentement je ne crois pas revenir en Grèce avant 2016. L’an prochain, ce sera le Sud-Est de la Turquie ainsi que Chypre, ce qui devrait remplir ma saison de navigation.

Emborios, la seule ville de cette île est vraiment axée sur le tourisme, mais aussi très charmante. Ici les bateaux de touristes venant de Rhodes, sa voisine, y déversent leur lot de visiteurs pour en ramener d’autres. Il y a quelques hôtels ainsi que des pensions et un quai flottant pour y accueillir quelques bateaux, avec eau mais sans électricité, ni douche ni Wifi, mais le wifi est disponible sur la plupart des terrasses. Deux petits marchés et un musée archéologique qui n’était pas ouvert malgré les heures d’ouverture affichées.

La navigation fut sans problème. J’ai rencontré deux porte-conteneurs et deux autres cargos de vrac et quelques dauphins qui ne sont malheureusement pas demeurés très longtemps. Un peu de voile au début, ensuite surtout du moteur. Un merveilleux lever de soleil au-dessus de Rhodes.

Sur ce, je vous souhaite une belle journée et à demain peut-être?

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Chronique du Capitaine 2014-44: Sitia (Crète, Grèce)

Bonjour,

Me voici à Sitia, dernière escale en Crète, ce coin de pays que j’aurai vu trop vite. Mon impression de la Crète : c’est à voir! Pour les gens en premier, tu les sens sincères, gentils, ensuite la beauté naturelle de l’île et ses villes qui ont toutes gardées un cachet spécial pour leur vieille ville. Oui très touristiques, mais un cachet de revenez-y aussi.

Sitia, qui n’a pas l’air bien accueillant en arrivant de la mer, est bien sympathique avec sa grande plage et ses nombreux restaurants tout le long du port, mais est quand même la moins jolie des villes visitées de la Crète. Ici, comme beaucoup d’autres endroits en Grèce, pas vraiment d’information où accoster, pas d’eau ni électricité, pas de douche, la police du port va peut-être venir te collecter un minimum, peut-être pas. Personnellement j’aimerais payer un minium avec un minimum de services et d’informations.

Hier soir. j’allais quitter le voilier pour aller manger sur une terrasse, quand quelqu’un m’appelle. Kritos, un marin de la marine militaire grecque qui m’invite à aller partager leur BBQ et bière sur le quai. J’y ai rencontré un autre marin de la marine marchande qui, lui, a déjà fait escale à Montréal en 1977 et il en gardait de très jolis souvenirs, 3 archéologues qui font des fouilles ici pas loin et d’autres personnes tous aussi sympathiques. Une très belle soirée qui s’est terminée par une bonne nuit de sommeil qui a été bien appréciée.

Ma planification montre le prochain arrêt Limin Fri sur l’île de Kasos, mais j’attends la météo de ce midi pour me brancher. Je vais peut-être continuer jusqu’au port de Karpathos sur l’île du même nom ou même pousser plus loin. Ici, le Meltem (vent de la mer Égée) commence à se faire sentir, j’arriverai peut-être en Turquie avec quelques jours d’avance, on verra.

Bonne journée

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Femme de marin 2014-24: Chéri, tu es mon phare…

L’avantage d’avoir un conjoint qui vit loin de vous pendant quelques mois c’est que vous avez toute son attention lorsque vous vivez des problèmes, des inquiétudes, des crises existentielles parce qu’il n’est pas occupé à clouer une planche de cèdre, tondre sa pelouse, lire son journal ou à hurler devant un match de hockey télévisé pendant que vous lui parlez sur Skype.

Les précieuses minutes où vous réussissez à maintenir la communication Internet sans que l’ordinateur gèle ou tout autre problème de transmission font en sorte de transformer la conversation en moments de grâce qui vous remontent le moral plus qu’un petit gin tonic saurait le faire. Pourquoi ai-je mentionné gin tonic? J’aime même pas ça!

C’est fou ce qu’un simple « Je te comprends » ou « Lâche pas, mon amour! » a sur ma libido endormie! Et comment ne pas s’attendrir lorsque je lis : « Je me sens tellement impuissant à ne pas pouvoir régler tes problèmes ». Isn’t that cute?

Bon, je suis une grande fille et je suis très bien capable de régler moi-même mes problèmes ou, à défaut, de me claquer une dépression temporaire et circonstancielle (jamais plus d’une heure par jour!), mais je dois avouer qu’avoir un mâle Alpha dans sa vie qui démontre un intérêt sincère devant mes occasionnelles ulcérations, ça a de quoi fouetter le désir et attiser les rapprochements. Comme quoi la proximité ne se calcule pas toujours en mètres et  le désir se tisse de fibres qui ne sont pas uniquement charnelles en vieillissant.

N’est-il pas rassurant de sentir que votre vieux loup de mer ne vous balance pas par-dessus bord dès qu’il a quitté le nid familial? Point n’est nécessaire d’avoir toujours les solutions, de toute façon ce n’est pas dans ce but que les confidences ont lieu. Comme je dis toujours : tout le monde a besoin d’être entendu et compris. N’est-ce pas là l’essentiel?

Merci d’être là, tout près…

bocal